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13 juillet 2011

le doigt maléfique

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Me voilà donc arrivé. Sur des traces et dans des rumeurs familières. L'accablante chaleur de l'été continental m'y est hospitalière, comme me l'était, en janvier dernier, la rudesse de l'hiver. Igor m'attendait à l'aéroport, et sa mère dans l'appartement avec une soupe froide aux fruits rouge, des darnes frites de silure, et un gâteau aux châtaignes... C'était hier en milieu d'après-midi.

Accroche-toi, parce que là, contre vents et marées, libre de toutes contraintes, libre de mes assouvissements les plus stériles, je vais me lâcher. Et t’inonder. Lire et écrire, c'est à cela que Budapest me réussit le mieux. Après l'eau !

Mon séjour débute pourtant sur une profonde frustration : j'avais hâte d'être là pour me jeter à corps perdu dans les eaux hongroises : les eaux fraîches, toniques et vivifiantes de celles dont sont nés de nombreux champions olympiques, où je m'étais promis de renouer avec une pratique quotidienne de la natation, et ses eaux chaudes, pour soigner mon dos et le reste.

Benjamin m'avait prévenu à la seconde même où nous faisions connaissance, évoquant la toute première grève de l'histoire d'EasyJet qui faisait planer une incertitude sur notre vol : "en voyage, il m'arrive tout le temps quelque chose : je porte la poisse". Et de citer pèle-mêle la rupture d'avec sa copine à la veille de son voyage à Lisbonne du printemps dernier, les visites répétées dans ses bagages de soute, la roue d'un avion qu'il avait fallu changer in-extremis lors de sa précédente expérience avec EasyJet... En installant mon bagage dans le compartiment de la cabine de l'appareil, pour prendre place à côté de lui, puisqu'il avait décidé que je lui concocterai le programme idéal pour ses huit jours de vacances à Budapest, étant entendu qu'il ne pouvait pas rater l'occasion de finir d'emballer sa nouvelle copine qui le rejoindrait le surlendemain... Une brusque douleur au dos, un faux mouvement, mon doigt qui se retrouve coincé je ne sais pas trop comment, et le long de l'ongle de l'annulaire gauche, côté intérieur, un lambeau de peau et de chair abandonné en sacrifice sur l'autel de la poisse promise... Notre vol pouvait désormais se dérouler en toute quiétude !

J'ai géré la plaie comme j'ai pu dans le tumulte de l'embarquement puis pendant le vol, l'ai aspergée de Betadine à mon arrivée, et me voilà interdit de bassin pour quelques jours...!! Et ça, ce n'était pas prévu du tout du tout... Quelle déception !

Benjamin avait au moins pour lui dans le regard un mélange improbable de profond et de juvénile, un poil joliment blond sur d'attirants genoux déjà hâlés, un sourire généreux et un don devenu rare pour la spontanéité. En deux heures de vol, plus les démêlés de l'embarquement, nous avons eu le loisir de reprendre deux ou trois versions de son programme, de comparer les devis de travaux de l'appartement de sa copine et ceux de ma maison, d'échanger quelques rapides impressions de voyage. Son goût pour les femmes n'a malheureusement pas semblé flancher une seule seconde. Connaissant bien les Hongroises, je pressens que ça copine ferait bien d'arriver fissa, en effet !

A J+1, je soigne ma blessure, surveille sa cicatrisation, retrouve la famille avec délectation. Dans les quartiers pavillonnaires où nous avons retrouvé aujourd'hui la sœur d'Igor et les siens, les rues sont jonchées de flaques de cerises écrasées, les branches ploient sous le poids des pêches et des abricots. Je goûte sans m'en rassasier à cette nature et à sa prodiguialité à même la ville...

Benjamin ne m'a pas encore envoyé de "rapport circonstancié". Mais il me l'a promis.

Commentaires

Ça commence bien ! Désolé j'ai souris, j'en ai honte, mais c'est sympa ce deuxième degré. Bon, si tu arrives à trouver de l'huile de millepertuis (macération de fleurs dans l'huile d'olive pendant 40 jours au soleil) tu seras sauvé en peu de temps. Je sais qu'il y a en Croatie, pourquoi pas à Budapest ?

Écrit par : estèf | 13 juillet 2011

Ah Budapest ... est ce que tu vas nous donner des nouvelles de Kiraly? Ca doit être plein de petits français en cette saison, non?
Bon retour aux ... sources
Gat

Écrit par : Gat | 14 juillet 2011

-> estéf -> J'ai pas tenté le millepertuis de Budapest. Là, on était au delà du jeu de piste ! Mais entre chaleur et Betadine, les choses s'améliorent plus vite que prévu. Finalement, il n'y a rien eu de vraiment grave ;
-> Gat -> Hélas, le Kiraly... je n'irai pas, non, et voilà pourquoi, si ça t'a échappé : http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2011/05/05/la-mort-du-kir%C3%A1ly.html

Écrit par : Oh!91 | 15 juillet 2011

Les commentaires sont fermés.