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26 juin 2011

un ange passe

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Je suis sorti la tête de l'eau, mais comme à chaque fois, quand je crois pouvoir reprendre mon souffle, une main perverse ou un boulet égaré me ramènent vers le fond et je finis au bord de l'apoplexie, étendu sur le rivage, étonné de m'être encore laissé prendre. Enfin bon, pour les plus curieux, le meilleur compte rendu du week-end de l'Oh!, c'est encore chez mon amie Fiso qu'on le trouve...

Les mois de juin passent, finissent et se ressemblent. Ils ont leur inattendue fraicheur, leurs coups de vents d'étés encore dissimulés, leurs vachardises des mercis oubliés. On s'attend à cueillir des bouquets embaumés par douzaines, mais l'on découvre que les pétales sont déjà tous tombés.

Il y a trois ans, m'annonçant qu'il fallait mettre fin à notre liaison amoureuse parce qu'un autre homme venait d'entrer dans sa vie, avec qui il projetait fidélité et éternité, me laissant paralysé, celui que j'aimais me fit écouter une interprétation du concerto en ré de Tchaïkovski - dont j'avais du dire qu'il était pour moi une pièce de référence - et je pleurais au son des violons offerts en consolation, sans encore savoir si c'était sur son bonheur promis ou si j'étais simplement en train de me découvrir amoureux - au moment-même où il me devenait interdit de l'être.

akiko_suwanai.pngIl y a trois ans, Akiko Suwanai jouait ainsi Tchaïkovski sur YouTube et m'arrachait des larmes. Et voilà que je l'ai retrouvée sur scène, au Théâtre du Châtelet, mercredi dernier, pour jouer ce même concerto de mes mêmes rêves, pour en livrer une interprétation somptueuse, avec l'Orchestre de Navarre - un peu balourd mais attentif à son jeu.

Trois ans s'étaient écoulés, jour pour jour à si peu près, ce même concerto, cette même virtuosité toute japonaise, à la musicalité rare et raffinée, ce même Tchaïkovski aux mélodies invraissemblables, aux côtés de ce même amant illusoire, toujours là, et toujours inaccessible. Mais toujours là. Mais toujours en fuite. Mais toujours...

Le lendemain, c'était grève à Bastille, et Otello a été donné sans décor ni mise en scène. Les chants en ont été transcendés. Rien n'y fit : Desdémone fut tuée, et Otello, sans repentir, sacrifia sa propre vie sur l'autel des violences faites aux femmes.

Samedi enfin, hier quoi, un ange ailé a survolé la marche des fiertés. J'y suis retourné sans état d'âme après plusieurs années de vacances, pour défiler auprès de mes amis du Rainbow Symphony Orchestra et me croire violoncelle. En prévision de quelque rendez-vous galant à venir, je m'étais apprêté le matin, dans un recoin de ma salle de bain resté à l'abri du chantier et des plâtres. Le poil raccourci et le sexe rasé, j'allais me joindre à la fête dans un semblant de réconciliation avec mon corps empâté par trois mois de surmenage. Est-ce pour cette raison que plusieurs fois, des baisers me furent envoyés à la volée, que IMGP2411.JPGde beaux garçons vinrent s'accrocher à mon cou, m'inviter à caresser leurs torses ou me firent traverser le cortège pour juste s'offrir en photo avec moi, ou encore qu'un couple de pseudo-Ecossais s'amusèrent à soulever leur kilt et à laisser apparaître des membres bien à leur aise ?

L'ange - au hautbois plus léger que les ailes - souriait à qui mieux mieux et aux photographes de tout poil, virevoltait au dessus de cette belle après-midi ensoleillée, festive et revendicative. Et je me plus à retrouver mon sourire en miroir dans le sourire des autres.

Aujourd'hui, en matinée, si Bastille n'est plus en grève, c'est le Crépuscule des Dieux. Les ailes de l'ange devraient virer au noir. Qui a dit qu'il n'avait pas de sexe ?

16 juin 2011

une passionaria de l'eau au festival de l'Oh!

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Le festival de l'Oh!, c'est déjà pour ce week-end.

Mon ami Nicolas t'a préparé avec soin tout un programme, riche et coloré, aux parfums indiens, étonnemment bien documenté et pour tout dire, plutôt allêchant.

Si jamais tu y fais un saut, on aura peut-être l'occasion de s'y croiser ?

En tout cas, moi, j'y plonge ! Comme l'an passé. Notamment pour rencontrer cette merveilleuse figure des combats pour un autre monde, qu'est Vandana Shiva. Après tout, ce n'est pas si souvent que l'eau du gange se jette en Seine.

12 juin 2011

la fulgurante matérialité de l'eau

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Je suis retourné nager cette semaine. Une première fois mercredi, puis encore vendredi et hier. De petites séances, après plus de quinze jours d'arrêt total des turbines. Les récentes douleurs de mon dos sont ennuyeuses, mais pas handicapantes, et j'ai décidé, comme je le fais chaque fois également en cas de tendinite naissante, de ne pas m'y soumettre. Attendre qu'une douleur s'en aille, c'est souvent lui laisser toute la place pour s'installer.

Me replonger dans le bassin m'a fait du bien, c'est peu dire. j'aimerais décrire dans un long paragraphe, ou même en plusieurs pages, l'état de quasi jouissance que m'a procuré la toute première impulsion. J'ai cru pourfendre, immergée, une falaise de glaise, m'introduire dans une anfractuosité utérine. J'étais phoque en eaux glacées, spermatozoïde en pleine compétition. Le temps de ces trois premiers mètres, je sentais l'eau frétiller sur ma peau, se faire écrin soyeux, me toucher plus qu'à l'accoutumée, caresser mon corps depuis la pointe extrême de mes doigts qui ouvraient la piste, jusqu'au bout de mes orteils tendus. J'ondulais, j'étais porté, j'incisais la masse aqueuse, puis, émergeant à la surface, mes membres retrouvaient leur rythme et leurs réflexes, oublieux des vacances où je les avais forcés. Je nageais comme avant la pause, plus sensible simplement à la portée de l'eau, lui découvrant une matérialité inédite, fulgurante et orgasmique.

Ce qui n'empêche que je passe mon week-end de Pentecôte au bureau, et que ce n'est pas pour m'amuser à bloguer. Donc j'en reste là. Je serai à nouveau dans le grand bain demain, dès 8 heures avant de me remettre au travail. Au moins, j'y oublie les poussières du chantier et la turbulence des cœurs.

17:58 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nager, natation, sensation

05 juin 2011

rêver de bonheur à minuit, à Paris ?

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J'essaie de tenir à jour cette petite chronique - poussivement hebdomadaire - avant de retrouver l'énergie et le temps d'un récit plus régulier de ma vie. D'ici la fin du mois, sans doute, j'espère, nous verrons...

Je suis allé voir Minuit à Paris, lundi dernier. Je n'étais plus allé voir de Woody Allen depuis belle lurette. Et celui-ci en particulier, quoi qu'on en eût dit plutôt du bien, je m'étais bien juré de ne pas y mettre les pieds... Qu'est ce que ce cinéaste, qui incarne le rêve démocrate américain, était allé donc faire dans la galère d'un pied à l'étrier cinématographique de Carla Bruni ! Ça puait grave le people, la complaisance, ou je ne sais quelle opération commerciale. Mais l'ami à qui je ne sais rien refuser, et qui se ressource du désir de retrouver les images de son Paris rêvé, celui de ses premiers pas de touriste japonais, celui des artistes dans lesquels il reconnut son goût pour le XXème siècle, un Paris de lumière et de distinction, d'audace, de créativité construite - cet ami, donc, qui était le seul à le pouvoir, m'a fait ravaler ma salive. Et j'ai pris un certain plaisir dans cette plongée au coeur de ce Paris pour le coup vraiment patrimonial - ignorant de ses faubourgs, de sa banlieue, de ses quartiers craignos qui en dépit de tout constituent la métropole vivante - mais où confluaient les images d'un mythe éculé, la nostalgie des époques dissolues, une pensée philosophique légère sur le temps qui passe et sur l'amour impossible pour les choses du passé.

En sortant, après une moule-frites chez Léon et une coupe glacée à l'Amareno de Bastille, il était près de minuit, nous sommes passés devant le tournage d'un film. Au café de l'industrie - curieusement le lieu de notre premier rendez-vous - on reconnut Gad Elmaleh. Une figurante est venue papoter trois minutes, le temps de nous préciser qu'il s'agissait du prochain film de James Huth, réalisateur de Brice de Nice, et qu'elle-même avait joué une femmes du Paris des années 20 dans le Woody Allen d'où nous sortions. Ne l'avions-nous pas reconnu dans une des femmes à l'éventail ?

En ce lieu, en ce temps, dans ce minuit parisien aux torpeurs estivales qui était cette fois le nôtre, je fus appelé par cette curieuse conjonction de choses passées, aimées, impossibles, tenaces malgré tout même en l'absence d'espoir, balancé entre réel et factice, entre tangible et illusoire, entiché d'une nostalgie poisseuse qui m'accompagna tout au long du chemin vers chez lui, sur ce chemin que trois ans et demi plus tôt nous avions fait main dans la main pour le finir sexe contre sexe...

Le film s'appellera Un bonheur ne vient jamais seul. Foutaise, il ne vient jamais, ni seul ni accompagné, c'est une illusion, point !

Ou alors c'est moi le vieux con ?

Le jeudi soir, toujours à Bastille, j'avais laissé ma place à Igor pour accompagner notre Bougre nationale voir les Noces de Figaro. L'Opéra était entouré d'un cordon de CRS, pour parer à toute tentative d'intrusion par les indignados de la Place de La Bastille. Dans la nuit, au moment de venir récupérer ma joyeuse troupe, le dispositif m'apparut spectaculaire et totalement disproportionné. article_bastille.jpgPresque des figurants d'opéra. Quand je fis remarquer à un CRS que ces jeunes gens se revendiquaient pacifistes et non violents, que c'était inscrit dans leur charte de rassemblement, qu'ils ne réclamaient que le bonheur - tiens ? - et la démocratie directe, il me fit juste observé que c'était bien pourquoi il n'avait ni casque ni matraque avec lui, puis il m'indiqua la position d'une autre brigade, un peu plus loin, à la porte de sortie, pour me préciser que celle-là était plus discutable, ayant été convoquée à la demande de Ségolène pour éviter une bousculade nuisible. Peut-être une simple rumeur, c'est la saison...

Ah! Et puis dans la semaine, il y a une rencontre, une entrevue, une simple caresse, attendue, espérée, qui n'a pas pu se faire, faute de temps ou de mauvaises coïncidences. Et puis - ce n'est pas la moindre des frustrations - je n'ai pas nagé depuis presque dix jours.

20:54 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (11)