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05 juin 2011

rêver de bonheur à minuit, à Paris ?

minuit_a_paris.jpg

J'essaie de tenir à jour cette petite chronique - poussivement hebdomadaire - avant de retrouver l'énergie et le temps d'un récit plus régulier de ma vie. D'ici la fin du mois, sans doute, j'espère, nous verrons...

Je suis allé voir Minuit à Paris, lundi dernier. Je n'étais plus allé voir de Woody Allen depuis belle lurette. Et celui-ci en particulier, quoi qu'on en eût dit plutôt du bien, je m'étais bien juré de ne pas y mettre les pieds... Qu'est ce que ce cinéaste, qui incarne le rêve démocrate américain, était allé donc faire dans la galère d'un pied à l'étrier cinématographique de Carla Bruni ! Ça puait grave le people, la complaisance, ou je ne sais quelle opération commerciale. Mais l'ami à qui je ne sais rien refuser, et qui se ressource du désir de retrouver les images de son Paris rêvé, celui de ses premiers pas de touriste japonais, celui des artistes dans lesquels il reconnut son goût pour le XXème siècle, un Paris de lumière et de distinction, d'audace, de créativité construite - cet ami, donc, qui était le seul à le pouvoir, m'a fait ravaler ma salive. Et j'ai pris un certain plaisir dans cette plongée au coeur de ce Paris pour le coup vraiment patrimonial - ignorant de ses faubourgs, de sa banlieue, de ses quartiers craignos qui en dépit de tout constituent la métropole vivante - mais où confluaient les images d'un mythe éculé, la nostalgie des époques dissolues, une pensée philosophique légère sur le temps qui passe et sur l'amour impossible pour les choses du passé.

En sortant, après une moule-frites chez Léon et une coupe glacée à l'Amareno de Bastille, il était près de minuit, nous sommes passés devant le tournage d'un film. Au café de l'industrie - curieusement le lieu de notre premier rendez-vous - on reconnut Gad Elmaleh. Une figurante est venue papoter trois minutes, le temps de nous préciser qu'il s'agissait du prochain film de James Huth, réalisateur de Brice de Nice, et qu'elle-même avait joué une femmes du Paris des années 20 dans le Woody Allen d'où nous sortions. Ne l'avions-nous pas reconnu dans une des femmes à l'éventail ?

En ce lieu, en ce temps, dans ce minuit parisien aux torpeurs estivales qui était cette fois le nôtre, je fus appelé par cette curieuse conjonction de choses passées, aimées, impossibles, tenaces malgré tout même en l'absence d'espoir, balancé entre réel et factice, entre tangible et illusoire, entiché d'une nostalgie poisseuse qui m'accompagna tout au long du chemin vers chez lui, sur ce chemin que trois ans et demi plus tôt nous avions fait main dans la main pour le finir sexe contre sexe...

Le film s'appellera Un bonheur ne vient jamais seul. Foutaise, il ne vient jamais, ni seul ni accompagné, c'est une illusion, point !

Ou alors c'est moi le vieux con ?

Le jeudi soir, toujours à Bastille, j'avais laissé ma place à Igor pour accompagner notre Bougre nationale voir les Noces de Figaro. L'Opéra était entouré d'un cordon de CRS, pour parer à toute tentative d'intrusion par les indignados de la Place de La Bastille. Dans la nuit, au moment de venir récupérer ma joyeuse troupe, le dispositif m'apparut spectaculaire et totalement disproportionné. article_bastille.jpgPresque des figurants d'opéra. Quand je fis remarquer à un CRS que ces jeunes gens se revendiquaient pacifistes et non violents, que c'était inscrit dans leur charte de rassemblement, qu'ils ne réclamaient que le bonheur - tiens ? - et la démocratie directe, il me fit juste observé que c'était bien pourquoi il n'avait ni casque ni matraque avec lui, puis il m'indiqua la position d'une autre brigade, un peu plus loin, à la porte de sortie, pour me préciser que celle-là était plus discutable, ayant été convoquée à la demande de Ségolène pour éviter une bousculade nuisible. Peut-être une simple rumeur, c'est la saison...

Ah! Et puis dans la semaine, il y a une rencontre, une entrevue, une simple caresse, attendue, espérée, qui n'a pas pu se faire, faute de temps ou de mauvaises coïncidences. Et puis - ce n'est pas la moindre des frustrations - je n'ai pas nagé depuis presque dix jours.

20:54 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (11)

Commentaires

Si, le bonheur existe ! J'en témoigne. Et figures-toi que, à l'encontre de tous les clichés, ça me fiche la trouille. Finalement, c'était plus confortable pour moi de croire que l'amour m'était dorénavant interdit. Plus sécurisant depuis mon deuil de me morfondre dans un amour impossible.
Maintenant un Chérubin invraisemblable m'oblige à regarder -et aimer- la réalité, et me convainc qu'il a besoin de moi.
La vie est redoutable. Et merveilleuse.
Oui, c'est bien moi, Boby le suicidaire, qui dit ça...

Écrit par : Boby | 06 juin 2011

C'était superbe les noces grâce à toi manquait que toi : -) c'était bien quand tu racontais, c'est beau quand tu l'écris, 10 ? ça craint du boudin chouchou, tu vas finir par te déshydrater comme une sirène hors de la mer, ou comme le capitain Némo sans sous marin ou comme ... bon c'est une autre histoire

Écrit par : Bougrenette | 07 juin 2011

Ho Bastille !
Ho Le café de l'industrie !
Ho le bonheur à minuit à Paris !
Ho une simple caresse, attendue, espérée ...
Nan rien [soupir]

Écrit par : feekabossee | 09 juin 2011

Ouf ! Je suis bien content de ne pas laisser de commentaire juste derrière Boby dont le parcours m'incite à beaucoup d'humilité.
Et alors, pourquoi plus de piscine? Et une simple caresse qui ne peut de faire faute de temps : Qu'y avait-il donc de si urgent?
Pardon de poser des questions intimes alors que je ne suis si souvent qu'un lecteur clandestin

A te lire,
Gat

Écrit par : Gat | 10 juin 2011

Je partage tes suspicions initiales. Mon petit doigt, cinéphile averti, m´a fait part des mêmes doutes. Quand je le vois faire un film dans la plus artificielle des villes européennes, Barcelone, la ville préférée des américains qui ne sortent de leur pays que pour se retrouver entre eux (et des français qui n´aiment l´Espagne que "ma non troppo"), je crains que papy ne commence à gâtifier.
Et j´ai trop aimé ses classiques pour prendre le risque d´une déception, je préfère les revoir. Le dernier que j´avais vu à sa sortie, et beaucoup aimé, fut "Everybody says I love you", où, sa tendre ironie intacte, il se riait de ses clichés d´américain sur Paris. Je crains qu´il n´ait perdu cette distance et ne prenne aujourd´hui ses archétypes trop au sérieux.

@Boby: content de te relire! Après tant d´années, ça me fait plaisir de te voir reprendre du poil de la bête (non, je ne me réfère pas à notre velu ami Oh!)

Écrit par : Deconstructing zarxas | 10 juin 2011

-> Boby -> Hola, grand frère, ça fait plaisir de te lire dans cet état de grâce. Profite de ce bonheur. Moi, ça me rassure de voir qu'il peut débouler sur le tard. En attendant, j'essaie de gérer. Aujourd'hui, ça va plutôt mieux... La bise.
-> Bougrenette -> Vous et les noces m'avez manqué aussi... C'était un peu tristoune, malgré tout, le trottoir en qui se d'opéra. Mais bon, Igor n'a pas si souvent profité de la chose, alors. La bise aussi...
-> feekabossee -> Jolis, ces parallèles. Ravi de savoir que tu remontes bientôt à l'été, j'espère bien réussir à te voir à nouveau...
-> Gat -> Voudrais-tu connaître tous mes petits secrets ? Le manque de temps, c'est que je suis chef d'un projet, dont les échéances sont très prochaines, et qu'une charge de travail m'a empêché d'honorer des rendez-vous plus agréables, et aussi d'aller à la piscine, voilà tout...
-> zarxas -> Jolie analyse. Je ne suis pas loin de te suivre. Mais au delà de ses archétypes désuets, il a un vrai talent de raconteur, non ?

Écrit par : Oh!91 | 11 juin 2011

j'ai trouvé ce woody allen vraiment décevant...mais la compagnie de certains spectateurs fait sans doute voir les choses autrement...toujours autant de plaisir à lire ton blog

Écrit par : arthur | 13 juin 2011

j'ai trouvé ce woody allen vraiment décevant...mais la compagnie de certains spectateurs fait sans doute voir les choses autrement...toujours autant de plaisir à lire ton blog

Écrit par : arthur | 13 juin 2011

-> arthur -> la compagnie peut rendre complaisant, en effet. mais de fait, j'ai parfois ride bon cœur malgré tout...

Écrit par : Oh!91 | 16 juin 2011

Eh bien je me suis fait de nouveau "avoir" par Woody Allen. Et me suis juré devant témoins qu'on ne m'y reprendrait plus. Pour pleins de raisons. Assez perdu de temps avec nombre de ses films décevants et insipides.
Mais les goûts et les couleurs...

Écrit par : Laurent | 19 juin 2011

-> Laurent -> Ravi de te voir passer par là, et 100% d'accord sur ton diagnostic. C'est à quel âge, la retraite, déjà ?

Écrit par : Oh!91 | 26 juin 2011

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