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30 mars 2011

triste valse

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Elle est vieille et malade. Son fils la veille, allongé dans un lit près du sien. Soudain des gens s'approchent, des hommes, l'un d'eux l'invite à danser : une valse enlevée, emprunte d'une retenue mélancolique. Et elle tourne, elle tourne, puis la musique s'apaise, elle retourne s'étendre. Son fils est toujours là, près d'elle. Les hommes aussi sont encore là autour d'elle. A nouveau on l'invite à danser, la musique s'égaye à nouveau, et elle tourne, et les bras de cet homme, et la musique, et ce rythme qui s'accélère, et ces bras qui la tiennent, et la musique qui va vite, vite, de plus en plus vite, qui s'emballe... Dans la folle ronde, elle dévisage son cavalier, le reconnaît : c'est la mort.

C'est avec ces mots que John nous a introduit à la Valse triste du finlandais Sibelius, un des magnifiques morceaux du programme que le Rainbow Symphony Orchestra donnait ce week-end à l'Église Réformée des Batignolles.

Que dire encore de ce concert ? Que le RSO s'impose décidément, parmi les orchestres amateurs, comme un ensemble qui a l'audace de s'attaquer à un répertoire peu connu et profond, qu'il parcourt un XXème siècle délicat mais accessible, que ses interprétations sont soignées, qu'il impose une approche musicale maîtrisée et brillante, qui en éclipse les imperfections techniques. Les lenteurs, les silences, les contrastes, tout fonctionne et appelle les frissons.

La Valse triste m'a tenu longtemps la chaire de poule en haleine, surtout dimanche, où la musicalité du propos était à son comble.

Le concert avait des couleurs nordiques : on y jouait aussi deux œuvres contemporaines hypnotisantes de l'Estonien Arvo Pärt, la Simple Symphony du britannique Benjamin Britten, au troisième mouvement intense, et en bis, un extrait de Per Gynt, du norvégien Edvard Grieg. Le tout - c'est une marque de fabrique du RSO - émaillé de deux œuvres de compositeurs français : la Petite symphonie de Gounod, et Pelléas et Mélisandre, de Gabriel Fauré.

Avec ce choix, cordes et vents ne jouaient pas systématiquement ensemble, et l'on pouvait plus aisément s'essayer à écouter les différents instruments de l'orchestre, à les reconnaître, à disséquer les phrases pour y retrouver par exemple les yeux noisette d'un violoncelle ou les orbites bleu-rieur d'un hautbois.

La valse des politiques, dimanche soir, n'était franchement pas plus gaie. Entre illusions et aveuglement, on avait l'impression sur les plateaux télé que la mort de notre système politique actuel leur échappait : après tout, il y avait bien des élus, et des battus, tout pouvait donc continuer comme d'habitude. Et tant pis si c'est la famille Le Pen qui menace de nous faire entrer dans la danse...

Commentaires

Je m'y suis laissé prendre même si je préfère les cordes, et c'est de mieux en mieux le RSO, joli moment.

Écrit par : Bougrenette | 31 mars 2011

-> Bougrenette -> Oui, parce que les vents, c'est plus ingrat, c'est assez impitoyable, les attaques sont difficiles et un cor a vite fait de dérailler... mais en l'occurrence, ils s'en sortent de mieux en mieux, j'ai moi trouvé de la subtilité dans leur jeu...

Écrit par : Oh!91 | 02 avril 2011

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