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07 mars 2011

blancs baisers d'Oslo

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J'ai le don pour choisir des destinations où se déroulent à mon insu de grandes compétitions internationales. Il y a deux ans, je renouais avec les plaisirs du ski à Val d'Isère, pile au moment des championnats du monde de ski alpin. Et me voici à Oslo dans les derniers jours des championnats du monde de ski nordique. Du coup, j'y croise nombre d'athlètes professionnels, de sportifs du dimanche ou de compétiteurs décrépis, dotés d'accréditations de toutes les couleurs autour du cou, qui me rappellent la belle époque, quand je courrais les jeux olympiques, de Sidney, puis de Salt Lake City, arborant moi-même une accréditation de premier niveau sur la poitrine.

Ma foi, l'esprit de fête qui règne dans les principaux quartiers d'Oslo n'est pas désagréable. Une ambiance familiale, ce dimanche, où se jouait le 50 kilomètres de fonds, suivi par dix millions d'yeux norvégiens, dans les tribunes, sur des télés domestiques ou sur les grands écrans disposés dans la ville, autour de hot-dogs à la moutarde. On ne pouvait pas passer à côté. Les restos en sont restés désespérément vides jusqu'à 16h.

La rue principale est jonchée, pour l'occasion, de sculptures sur glace, toutes de démesure. Il faut dire qu'il ne fait pas chaud, par ici, c'est le moins que l'on puisse dire, au point que le fjord d'Olso, gelé malgré sa salinité, est impraticable aux croisières.

Par contre, un magnifique soleil a baigné la baie tout le week-end. A notre arrivée, samedi, pour notre visite à l'Opéra. Puis dimanche, pour la promenade sur le port, près de l'hôtel des Nobels, et la visite de la Galerie nationale.

Oslo a les dimensions d'une petite ville de Province. Il faut le savoir avant d'arriver : inutile d'acheter un pass de transport public ! Tout, ou presque, peut se faire à pied. Même entravé par un compagnon au dos cassé. Ça fait autant d'économisé, c'est comme la gratuité des musées, et tant mieux parce que dès qu'il s'agit de manger, là, ça cartonne dur : accroche-toi pour trouver quelque part un plat du jour à moins de 20 euros !

ketil-hugaas-camilla-kjc3b8ll-magne-fremmerlid-in-lulu10-foto-erik-berg-276x300.jpgLa mise en scène de Lulu nous a réjouis : pleine de trouvailles et d'ingéniosité, dans ses principes et dans sa réalisation. Le deuxième acte était un peu décevant, et l'interprète de Lulu manquait sans doute de puissance, mais l'ensemble était inspiré, la distribution homogène, le son de l'orchestre presque sublime, et l'idée de faire jouer les solos - de violon, de piano et d'accordéon - sur scène lors du troisième acte apportait un relief très à propos à la partition d'Alban Berg. Un excellent moment qui à lui seul nous épargnait la déception du voyage. L'Opéra en lui-même, l'édifice, je veux dire, est vraiment impressionnant. Achevé en 2008, au toit en pente douce qui va trouver son appui dans les profondeurs aquatiques, il semble émerger de la croûte glacée, la transpercer d'une somptueuse orgue de bois. On dit que c'est le seul Opéra qui se laisse marcher sur le toit. Il dispose en tout cas d'une acoustique exceptionnelle, et d'une agréable ergonomie.

Comme dans tous les pays nordiques, le vestiaire est obligatoire. Mais à notre grande surprise, celui de l'Opéra n'est pas sécurisé. A chaque place assise correspond un numéro de patère, et chacun y suspend son pardessus ou son manteau, sans surveillance, bien que dans la zone de libre accès. La même chose à l'entrée de la Galerie nationale, du reste, où ton vêtement n'est pas mieux surveillé que les Munch ou le Van Gogh. Venant d'où nous venions, d'un monde où l'incivilité s'est installée en mode de rébellion et d'affirmation au point que notre démocratie soit menacée par une périlleuse opération Marine Le Pen, il est doux et réconfortant de voir ici régner cette tranquillité rassurée. Et preuve que l'immigration n'y est pour rien : la Norvège comme tous les payse scandinaves, sont des terres d'asile, la mosquée est le premier bâtiment religieux que nous ayons rencontré en venant de l'aéroport, et l'arabe ne se parle pas moins souvent dans la rue qu'à Paris !!

Aujourd'hui, le temps se couvre un peu, les températures vont sans doute s'en ressentir. Bons baisers et belles pensées...

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