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10 février 2011

c'est beau, un peuple en révolution

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C'est beau de voir un peuple rassemblé. La place al-Tahrir est belle, occupée par une foule qui s'essaye à un bonheur nouveau, celui de porter ensemble un même combat.

Mon Caire s'est transfiguré, jour après jour, se transforme encore et n'est qu'à la lisière de sa mue. Ma Tunis se cherche toujours, dans une actualité occultée par un Orient plus incertain. Ma Damas gronde-t-elle aussi sous cape ? En tout cas des espoirs ont claqué dans le ciel : un peu flous, sans doute, mais qui sortent le monde arabe des clichés où l'enferment dictateurs et islamophobes confondus : des Moubarak-dégage1.jpgespoirs de dignité, de justice, d'intégrité, de liberté ! De ces petites choses simples si malmenées de par le monde, si contrariées jusqu'à nos propres portes.

Le grand cirque de la politique se poursuit dans l'incrédulité, attise la colère, brouille les cartes, et se répète, sans frontière, à l'infini. Ses maîtres, où qu'ils soient, sont les mêmes acrobates. Qu'ils fuient en turbojet à la première alerte, qu'ils mettent en scène un transfert flou du pouvoir. Qu'ils occupent deux heures durant face à des âmes innocentes les ondes de la compassion sur la chaîne du populisme télévisuel, ils gèrent au mieux le même bastringue de la corruption, poussés par les fortunes puissantes qui ont besoin de ces dérisoires 1309602_photo-1297373954037-1-0_640x280.jpgmurailles, mais avec de belles valises à sauvegarder pour leurs propres compte. Ou honteux des pommes où ils ont croqué. Dans le secret défloré de jets privés.

Tunis exhale aujourd'hui un jasmin printanier, Le Caire des chichas douces-amères, et au moins l'on respire. Pendant ce temps, mal-prévoyant sans doute, Paris agite l'épouvantail brun d'un multiculturalisme coupable, pas beaucoup plus malin que les autres mais tablant sur une haine bonne conseillère pour les cyniques et les désespérés.

Intriguer pour brouiller les cartes, décourager les peuples d'intervenir, les tenir loin des manettes... Ils sont les mêmes. Sauf que leurs peuples expérimentent et retrouvent le sens de l'histoire.

Commentaires

Que j'aime ce billet, d'un connaiSseur...et qui change des conneries qu'on nous bassine...merci

Écrit par : arthur | 11 février 2011

Ainsi donc, tout un peuple de huit français réunis sur la place Francis-Bouygues n'ont pas réussi à faire démissionner un président au pouvoir de plus en plus contesté... ce n'est qu'un début, je suppose.

Écrit par : manu | 11 février 2011

-> arthur -> merci de ton commentaire...
-> manu -> ...alors que la confrontation d'un panel trié sur le volet de trois millions d'Egyptiens avec un président impopulaire dans le studio al-Tahrir n'a pas non plus suffi à renouer les fils de la confiance... ce n'est qu'un combat, je confirme.

Écrit par : Oh!91 | 11 février 2011

Très beau billet comme toujours.

Écrit par : Gouli | 11 février 2011

-> Gouli -> merci pour le "comme toujours" ;-)

Écrit par : Oh!91 | 12 février 2011

Les commentaires sont fermés.