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10 janvier 2011

je compte

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Je me souviens de l'étonnement de mon psy, il y a quelques mois déjà puisque j'en ai fini avec lui depuis l'été dernier, lorsque je lui ai dit un jour qu'en nageant, je comptais. Quelle drôle d'idée, n'y a-t-il rien de mieux à faire en nageant ? J'ai compris qu'une partie de mon univers lui était incompréhensible, et qu'il y avait des choses de moi auxquelles il n'accédait pas. C'est comme avec le blog : il n'a jamais perçu ce que l'échange avec des anonymes pouvait représenter, le rôle que jouait socialement l'entrée d'inconnus dans une part intime de soi, dans mon travail même d'analyse. J'avais choisi un psy homo pour au mois n'avoir pas à m'expliquer en détail sur des pratiques ou des situations, être certain qu'il les comprendrait d'une simple allusion, mais c'est sur d'autres aspects que nos sphères se dissociaient.

Car oui, dans l'eau, je compte. Je compte tout le temps. Je ne fais que compter.

Une séance idéale fait 2.000 mètres, mais une séance étriquée peut s'arrêter à 1.500. Jamais à moins. Mon cinquante mètre de crawl bien lancé et bien étiré nécessite 40 mouvements (48 pour le dos crawlé, 21 pour le papillon et 18 pour la brasse). Quand je fais mieux c'est une victoire, si je fais moins je me ressaisis.

Donc je compte : un, deux, trois, on respire à droite, quatre, cinq, six, on respire à gauche, sept, huit neuf... si tout va bien, je franchis la ligne intermédiaire au 15ème mouvement.

J'ai trois types de séance : la dominante dos crawlé, la dominante papillon, et intercalée entre les deux, la dominante crawl.

En moyenne, je vais nager quatre fois par semaine, idéalement cinq, quelques fois seulement trois.

En quatre séances, je boucle ainsi un cycle : séance crawl, séance dos, séance crawl, séance papillon. Puis je recommence. Il faut bien calculer quand a lieu la séance papillon, car elle s'accommode mal d'un bassin surchargé.

nageur en érection.jpgUne séance crawl se décompose de la façon suivante : 1.000 mètres de crawl, suivis d'un panaché (300m brasse, 100m 4 nages, 100m dos brassé, 200m 4 nages, 100m dos brassé, 100m 4 nages, 100m dos brassé), le dos brassé étant un mouvement de relaxation, d'étirement et de récupération.

La séance dos se déroule sur le même principe : 1.000 mètres dos crawlé, suivis du cocktail de nages alternées.

Tout comme la séance de papillon : sauf que là, 1.000 mètres d'affilée en papillon, ce n'est pas à ma portée. J'alterne dix fois 50m en papillon et 50m en retour brassé de récupération. Avec de longs étirements du dos et des jambes à chaque virage.

Je compte, mais je ne me chronomètre pas. Compter me donne des repères, me permet de vérifier la justesse de mes sensations. Mais je ne suis pas un performeur.

Un jour WajDi m'avait surpris à me demander en combien de temps je faisais mon 100m crawl en sprint. Il me dit que lui l'avait fait tourner autour de 1 minute 20, 1 minute 21. Je me suis alors mis à vérifier mes temps pour constater que j'arrivais poussivement à 1 minute 50, 1 minute 48 en poussant bien. Pendant quelques semaines j'ai travaillé mon sprint, et le 100m le plus rapide que j'ai réalisé alors devait se situer à 1 minute 37.

Si je cultive aujourd'hui mon goût pour le sprint, consacrant dans une séance de crawl, 4 de mes 50m à des pointes de vitesse, c'est sans chronomètre. Juste pour la sensation.

Je ne suis pas seul à compter. Un auteur scandinave a publié un livre sur les stupidités de notre civilisation. J'y ai appris qu'en consacrant 10 heures par semaine à la natation, transport et turlute sous les douches inclus, je gagnais trois ans d'espérance de vie, mais que quand à 85 ans j'aurais nagé pendant 55 ans, ce sont exactement trois ans de ma vie qui n'auront été consacrés qu'à nager.

Et puis il y a les ambiguïtés. Jusqu'à vendredi dernier, chaque fois que je demandais à l'ami qui me tourmente si je comptais pour lui, j'avais inéluctablement comme réponse qu'il comptait sur moi. Tu parles comme ça pouvait me rassurer ! J'ai donc pris le temps de lui expliquer la différence qu'il y avait, dans la langue française, entre ces deux sens de "compter", et j'ai reçu vendredi un texto qui me disait que oui, je comptais pour lui, suivi d'un smiley tout sourire. Ce qui ne l'a pas empêché de se tourner, sans égard pour mes larmes, vers une autre jeunesse miroitante ce week-end.

Et c'est là toute la différence entre compter, et être aimé. Ça brille moins. Moi, je compte.

Commentaires

Quand tu contes, c'est pas mal non plus...

Écrit par : RPH | 10 janvier 2011

Au lieu de poursuivre d'insensées chimères extrème-orientales, tu ferais mieux de regarder autour de toi ceux qui te veulent du bien et que tu balaies d'un revers de main. Mais la nature est ainsi faite que tu collectionnes les turlutes sans lendemain et sur-investit dans une relation pathologique.
Dommage...

Écrit par : décu | 10 janvier 2011

Trois ans de ta vie à compter des longueurs, ça reste impressionnant.Sans parler du dicton - quand on aime, on ne compte pas.
Mais bon, les dictions, hein...

des bises

Écrit par : manu | 10 janvier 2011

-> RPH -> merci. Quant à toi, tu es en compte chez moi, reviens quand tu veux...
-> déçu -> Ma foi, les turlutes se font rares et tristes, et la collection s'étiole, si tu veux tout savoir. Quant au balais et au revers de main, ce sont des ustensiles absents de ma panoplie, même s'il est vrai que ma capacité à aimer, se fracassant depuis trois ans sur cette chimère, laisse autour de moi des frustrations désolées. Je te concède être trop fragile pour avoir le coeur à les caresser, ou à m'y consoler. Mais ton indignation au fond, ne signe-t-elle pas que tu as des comptes à régler avec tes propres obsessions, récurrentes et tout autant pathologiques ?
-> manu -> et moi, je compte, et j'aime. C'est peut-être pour ça que je ne refais pas surface....

Écrit par : Oh!91 | 10 janvier 2011

Ah qu'il est difficile de dialoguer avec un être enfermé dans ses obsessions et ses tourments.
Ta passion, aussi immédiate que démesurée, pour la musique a quelque chose de maladif et est une façon de garder ton amour près de toi.
Qand comprendras tu Oh, qu'en étant toi même, tu attireras autant qu'en essayant d'être "le bon élève" que tu as toujours- si j'en crois ton blog, mon seul point de référence, essayé d'être.

Écrit par : décu | 10 janvier 2011

-> déçu -> Que je sois enfermé dans les obsessions et les tourments, c'est indéniable. Qu'il soit ainsi difficile de me raisonner, tout autant. Un ange y peinerait. Mais ne dit pas que notre échange ne relève pas du dialogue. Je répondrais à ce que tu dis sur mon rapport à la musique dans une note, parce que le sujet est un peu plus complexe qu'il n'y paraît, et son lien avec l'amour peut-être encore plus profond que tu ne l'imagines.
Sur la nécessité d'être moi-même, j'y souscris à 200 %, ce qui ne résoud pas l'affaire. J'avais même fait une note, il y a très longtemps, sous l'intitulé "Mon nom est personne", t'en souviens-tu ? http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2009/06/14/mon-nom-est-personne.html
Aimé, je sais qui je suis, désaimé, je ne suis plus personne. Voilà que j'ai retrouvé un psy gratos, moi !... Allez, replie tes ailes, ami !

Écrit par : Oh!91 | 10 janvier 2011

Hum intéressant :-) (je parle des commentaires) quand au reste tu sais, enfin plus ou moins, certaines choses viennent de l'intérieures c'est profond c'est personnel c'est humain, personne ne peut et ne devrait avoir de leçon à donner quand à la façon de vivre l'amour. je t'aime et je t'embrasse ; -)

Écrit par : Bougrenette | 10 janvier 2011

J'ai hésité ce matin à lancer le bal et je suis assez content d'avoir laissé la place à RPH.
Je ne sais pas comment tu fais pour compter. Moi je n'y arrive pas. Compter les longueurs, les pompes, les atouts, les bouts.. je finis toujours par perdre le compte. Alors si jamais j'étais près de toi il ne faudrait pas compter sur moi pour compter à ta place. Mais toi, tu ne t'en laisse pas compter.
Pas plus tard qu'hier, j'écrivais un billet et je tentais de recompter quelques histoires du passé. J'en ai oublié alors que j'ai bonne mémoire.
Alors aimer sans compter avec le risque d'en perdre la raison ? Chacun son exercice de style...

Écrit par : estèf | 10 janvier 2011

Comme Bougrenette a raison! en matière d'amour, personne ne peut penser pour toi..
'à sa place moi je ferai .. et ... '
et bien NON personne n'est à ta place, chaque histoire est unique, seul toi tu finiras par trouver les réponses.

Écrit par : Gilles | 11 janvier 2011

-> Bougrenette -> Je ne prends pas les réactions comme des leçons, maiscomme des tentatives sincères de m'encourager à sortir de ma situation. Qui sait si j'y trouve, plus ou moins consciemment, des raisons pour tourner mon tourment en colère, et ma colère en rejet. En tout cas, j'étais plus serein hier soir, en dépit des derniers mots échangés et du silence, et j'ai dormi cette nuit. Et sans cacheton !...
-> estéf -> Les bons comptes font les bons amis, et ça, ça ne compte pas pour du beurre...
-> Gilles -> J'espère finir. A la minute où j'écris, j'ai une résolution froide inscrite en moi, qui m'apaise. Saurais-je m'y tenir ?

Écrit par : Oh!91 | 11 janvier 2011

-> Bougrenette et Gilles -> contrairement à ce que vous pensez, il n'est pas nécéssaire d'être béat devant les errements de ceux qui, à un titre ou un autre, vous sont chers.
Sans juger ou s'ériger en grand Mammamouchi du Yaka, je pense avoir le devoir de dire à Oh " Arrête de déconner, mec; tu nous gonfles"
C'est viril, vous ne comprenez peut être pas.

Écrit par : déçu | 11 janvier 2011

blog découvert grâce à Eau SAuvage..J'adore..mais très riche...je vais revenir , pour en tirer la sustantifique moelle..merci...

Écrit par : arthur | 11 janvier 2011

C'est marrant moi aussi je compte en nageant , je compte et refais ma vie , 10.15.20 fois ...
Ne te laisse pas abattre et regarde autour de toi ceux qui t'aiment.Ils comptents aussi et je suis sur qu'ils comptent sur toi .
Alors plonger dans l'eau c est chouette mais ne pas se noyer .
Je t embrasse ..

Écrit par : eausauvage | 11 janvier 2011

-> déçu -> (...)
-> arthur -> Attention à ne pas t'y noyer quand même. Merci de la visite !
-> eausauvage -> Merci aussi de ce premier commentaire. Ceux qui m'aiment et ceux que j'aime sont là dans mon cœur, tout près et ils m'aident à tenir debout. Ton attention me touche.

Écrit par : Oh!91 | 12 janvier 2011

Alors tiens debout stp tu veux bien ? pour le reste tu sais ce que j en pense non ? (email)

Écrit par : eausauvage | 12 janvier 2011

"Qand comprendras tu Oh, qu'en étant toi même, tu attireras autant qu'en essayant d'être "le bon élève" que tu as toujours- si j'en crois ton blog, mon seul point de référence, essayé d'être"
je le trouve bien péremptoire
....et si ce besoin d'être "bon" élève ou bon ailleurs était avec vos comptes un besoin... non de paraître mais d'ÊTRE acteur de votre vie , de la controler pour rassurer votre fragilité.
D'offrir ou de s'offrir un objectif d'excellence pour lui donner un sens et rayonner pour vos amis.
Je vous envie moi qui laisse aller tant de choses sans compter.
J'ai la pathologie inverse , suis allergique aux dates , au comptes, aux sommes depuis toute jeune .....et quelquefois les vides sont des gouffres même si je ne les mesure pas...peut être encore plus profond si on ne sait pas les chiffres de ses lacunes ; on rajoute des 0 pour être "lucide" ou cynique
est ce que cela compte mon incapacité à dénombrer ...il faudrait le demander à mes ennemis ou à mes amis lol

Écrit par : MarieMouillette | 12 janvier 2011

Je partage l'avis de MarieMouillette oh ! arrêtes de vouloir toujours être un exemple

Écrit par : eausauvage | 12 janvier 2011

Errements ? viril ?
Pas sur que l'incompréhension soit bien ciblée.
Si il est viril de s'adresser ainsi a ceux qui sont chers, sur un blog, entre sous entendus perso et reproches ouverts, alors je veux bien une définition de virilité, et éventuellement de devoir aussi. J'ai pour habitude de dire à Oh! entre 4 yeux ou par mail (ci-dessus à gauche) ce qui peut me poser problème, dans le cas présent ou serait mon problème ? a quel titre ce qu'il peut avoir a écrire ou dire peut il me gonfler puisque je viens le lire et que c'est mon choix pas le sien.

Écrit par : Bougrenette | 13 janvier 2011

-> eausauvage -> Je suis debout... Mais surtout parce que je reçois des signes favorables... Mais relis bien ce que dit MarieMouillette : je comprends qu'elle ne me reproche pas de vouloir être un exemple, ce qui n'est d'ailleurs pas mon cas, mais regrette, elle, de ne pas réussir à être suffisemment en maîtrise... je crois que son propos relativise au contraire la tonalité de certains comentaires...
-> MarieMouillette -> merci de ton passage et de ton témoignage... je crois que je comprends ce que tu exprimes. cela dit, parvenir à lâcher prise, c'est sans doute une des choses qui me manquent le plus, et aussi qui me font vraiment défaut. A bientôt ;
-> Bougrenette - > A propos de 4 yeux... tu n'oublies pas qu'on se voit bientôt ?...

Écrit par : Oh!91 | 13 janvier 2011

Euh je ne voulais en rien être désagréable , j 'espère que tu l'as compris . Je ne te connais pas assez, du tout, pour me permettre quelconque jugement.
Je pense tout comme Mariemouillette que nous (et je m y inclus) avons besoin de contrôler (ou d 'en avoir l'impression ) peut être par ce qu'un jour les choses nous ont échappées , non ? Avoir un objectif d'excellence c 'est bien , mais il ne faut pas que ça se retourne contre nous et que l'échec (il y en a toujours) nous paralyse. A bientôt cher oh?

Écrit par : eausauvage | 13 janvier 2011

-> eausauvage -> Je ne sais pas si je recherche l'excellence. Je crois que non. Dans la vie, je cherche surtout à dissimuler ma médiocrité. Je compense en me livrant à des petits défis personnels et quotidiens, car j'ai beaucoup à me prouver sans doute... T'inquiète, le blog est fait pour ça, personne n'est désagréable ici...

Écrit par : Oh!91 | 16 janvier 2011

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