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08 janvier 2011

le retour de Bertrand

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La secrétaire est restée un moment perplexe, se demandant si elle devait me transférer ce mail, reçu dans la boîte de messagerie du service et écrit dans une langue incompréhensible, ou si elle devait le mettre directement à la corbeille, bien qu'en objet, mon nom y fut mentionné en toutes lettres.

J'étais en réunion, elle a consulté une de mes collègues, et me l'a finalement transmis ce lundi. Il avait été envoyé le 27 décembre.

Il m'a laissé moi-même un peu rêveur.

Écrit dans un hongrois sec et sans accent, au style indéfinissable, à demi protocolaire (Cher Monsieur, Vieil ami), mais usant du tutoiement, il me sommait ainsi :

"J'aimerais beaucoup te rencontrer à nouveau. J'ignore s'il en est de même pour toi, mais si c'est le cas, moi aussi je suis à Paris, voici mon numéro de téléphone et mon adresse mail. D'ici-là, porte-toi bien. Bertrand"

Avais-je seulement eu un ami hongrois qui s'était appelé Bertrand ? Quel drôle de prénom pour un Hongrois d'ailleurs. Et puis, comment m'aurait-il donc retrouvé ? Et s'il n'était pas hongrois, pourquoi m'écrirait-il dans cette langue exotique alors qu'il disait vivre à Paris ? Ma Boîte mail n'avait-elle pas plutôt été victime d'une intrusion par je ne sais quel virus exploitant la liste de mes contacts, ou ayant repéré ma magyar connexion ?

J'avais son nom et son prénom, je fis donc quelques recherches sur Google. Je trouvai d'abord un blog en friche, avec une photo qui ne m'évoquais rien, je découvris des liens avec un danseur-chorégraphe hongrois, je vis des racines du côté de la Moselle, et puis encore, et puis encore, puis j'ai relu ce prénom, Bertrand...

Et d'un coup, le chat m'a sauté au visage. Tout est devenu clair. Et si excitant. Mais oui, bien-sûr, c'est Bertrand. Il n'y a pas si longtemps que je te parlais de notre histoire, d'ailleurs. Ou plutôt que j'en parlais à mon blogo-filleul πR. Car Bertrand, c'est celui grâce à qui je découvrais le chemin de la sortie du placard. Retourne lire cette histoire : ce sont deux billets qui racontent pour l'un notre rencontre, et pour l'autre les démêlés avec ma conscience et son rôle dans cette étape cruciale de ma vie.

Bertrand revient, donc. Et comme quatorze ans plus tôt, en choisissant ses premiers mots dans la langue hongroise pour se jouer de ma naïveté. Sauf qu'entre temps, j'ai appris à m'en débrouiller, moi aussi, de cette belle langue, logique et sournoise ! Et ma réponse a su le bluffer un peu, je crois.

Quelle joie et quelle surprise !

Et du coup, tu sais quoi ? Nous nous revoyons dés ce soir à Paris. Dans une configuration qui va me paraître étrange : en présence de nos compagnons respectifs, comme les témoins du temps passé. Ou pour prévenir une nouvelle soudure ?

Quelque part dans l'est de Paris, au même moment, un verdict sera en délibéré, sans moi, où se jouera ma mise à mort ou un nouveau sursis. Ma rencontre avec Bertrand devrait m'aider à ne pas y penser trop.

Commentaires

O temps suspends ton vol...

Écrit par : estèf | 08 janvier 2011

c'est un vrai jeu de piste....

Écrit par : RPH | 09 janvier 2011

Il n'y a pas de hasard. Tu le sais bien.

Écrit par : feekabossee | 09 janvier 2011

-> estéf -> Bah ! Le temps cherche parfois à se suspendre, mais la vie autour finit toujours par le rattraper. L'essentiel est de ne pas perdre la lumière du regard. C'était très beau, de nous revoir...
-> RPH -> Et à ce jeu là, on peut dire que Bertrand est opiniâtre...
-> feekabossee -> Ben là, c'est sûr, cela ne doit rien au hasard... Et je suis content parce qu'apparemment - il a lu les deux billets sur notre rencontre - il y a trouvé une grande proximité avec ses propres souvenirs, et les lire sur Internet lui a été un vrai trouble.

Écrit par : Oh!91 | 09 janvier 2011

Les commentaires sont fermés.