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31 décembre 2010

des chiffres et des maux

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En quelques chiffres, décembre, ce fut :

27 kilomètres nagés, pour le corps et les ans,
4 concerts, 4 opéras et 1 spectacle de danse, pour l'esprit sans doute,
8 jours à Budapest et 4 à Aix-en-Provence, pour moins voir le temps passer,
17 notes publiées,
262 connexions à entre2eaux le seul 28 décembre, comme un afflux soudain au retour des familles.

En quelques mots, décembre, ce fut :

Des connexions écclectiques, où se mêlent le sexe (prépuce et branlette toujours en tête du palmarès, à côté d'hommes nus, de vestiaires, et de diverses expériences sexuelles), la musique (Hélène Grimaud est convoitée, mais aussi Patricia Petibon dans Lulu, ou le Lac des Cygnes), la Hongrie (à la recherche des Bains Kiraly, de gnocchis hongrois ou en quête d'un Budapest gay), et toute une ribambelle de thématiques plus ou moins épicées, dont je retiens le théâtre de l'obscène, la pipe malgache, la courbe de tes yeux, la Tamise salée, une lettre à mon père, la Colombe à l'enfant de Picasso, la Princesse hottentote, l'anneau sacré de l'amour, et surtout, va savoir pourquoi, Nous sommes vivants de Neruda.

En quelques maux, décembre ce fut :

De l'éloignement, du silence,
une victoire blessée, le regard qui se détourne,
le retour triomphal des larmes, et du somnifère,
et cette question au goût amer :

lâcher l'affaire, ou par orgueil, par vanité, poursuivre le combat en martyre ? Et au passage empôcher les dividendes d'aventures musicales partagées...

(moralité, qu'est-ce que c'est bien, un blog, pour tout lâcher et garder la tête hors de l'eau !)

Joyeux réveillon !

 

09:54 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (6)

30 décembre 2010

Stockholm

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Je voulais te parler de mon trouble, des vagues-à-l'âme qui me traversent. J'y ai peiné, mais voilà, c'est fait, on va donc pouvoir passer à autre chose et revenir à la musique.

Je voudrais juste dire et redire qu'en écrivant ainsi, j'utilise le blog pour ce à quoi il sert : parler de moi. Je n'y parle donc que de moi.

Tu pourrais y voir un récit à charge, le portrait d'un ingrat, te prendre de pitié pour moi, mais mon intention n'est pas d'orienter ainsi ta vision de l'ami qui est en cause. Le seul sujet, c'est moi. C'est ma façon de vivre les choses, de m'y soumettre, de les vivre sur le mode de la soumission, ou de les dire ainsi.

Ce trouble, c'est d'abord et avant tout mon procès. Et si l'on doit juger un persécuté, il n'y a pas pour autant de persécuteur.

Mon ami est innocent de son manque d'amour. Il est libre et pur. Je ne suis ligoté que par les projections que j'en conçois.

Aime-moi,  console-moi, accompagne-moi. Mais s'il-te-plaît, ne l'accable pas, ne le fragilise pas. Il est libre et pur. Et moi, j'écris pour me libérer, pour me soulager, ne parlant que de moi, usant de l'excès pour retrouver du souffle.

Au fond, ce n'est qu'une petite littérature...

23:46 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (7)

29 décembre 2010

la croix que je porte, ou l'origine du trouble

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- Dis-moi l'adresse du bonheur !

Bon, eh bien je m'y essaye... Des jours que les mots affluent en vrac au bout de mes doigts, qu'ils me brûlent l'estomac, m'embarrassent la poitrine, se fracassent sur des pics d'adrénaline, ou se noient dans des larmes revenues par surprise, qu'ils trainent de-ci de-là au milieu d'une vie qui se déroule malgré eux, ou entassés en fatras à ne plus savoir par quel bout les prendre. Des jours que je cherche à les coudre, pour faire un lit à ce qui est déjà plus qu'un trouble.

Face au désert, il n'y a que deux attitudes : s'engager, avec la certitude d'un eldorado, ou renoncer. S'arrêter au milieu du gué, c'est la mort, et je suis lancé. Alors, attention, je vais hennir...

As-tu eu l'occasion, depuis que tu viens visiter ce blog - à mon grand plaisir, je le répète - de lire ces billets que j'avais regroupés sous l'intitulé Trilogie de l'impossible ? Je suis retombé dessus par hasard, alors que je recherchais en vain un document égaré dans le foutoir de mon ordi, et comme j'avais des heures à perdre, le temps d'un trajet en TGV vers le sud, je les ai relus, non sans surprise. Putain ! Qu'est-ce qu'on peut sortir de son bide, en proie au chagrin d'amour !

Le chagrin a fait fait long feu, d'ailleurs - dix-huit mois fermes sans larme, avant Noël, c'était un signe, non ? - mais pas l'obsession. La relation s'est reconstruite. Enfin, une relation, sans nom. La comptant en moments passés ensemble, en projets conçus ensemble, en émotions vécues ensemble, en nuits au toit partagé, beaucoup sans doute y verraient les stigmates d'un vrai concubinage. Mais elle se jauge aussi aux liens de dépendance, à leurs équinoxes qui installent, de part et d'autre du tandem, des pôles d'affection et d'irritation, d'amour et de crainte, de quête et de rejet, de besoin et d'oppression. Tu peux y lire alors la tension extrême qui relie autant qu'elle éloigne, à la perpétuelle limite de la rupture. Et qui peut-être permet à la structure de tenir.

Il est heureux que j'aie arrêté le psy, car si j'avais du soumettre cette relation à l'examen de l'analyse, elle aurait mis à jour, je le crains, quelques tonnes de stupéfiants ou d'artifices qui relèvent plus de la poudre à canon que de la bibliothèque rose.

cheval triste.jpgVoilà néanmoins ce que moi je peux en dire. Je suis rendu au stade de la monture. Sans moi, il avance dans la vie empêtré, il va moins vite, moins loin. Ses journées se ramènent à un horizon étroit, ponctué de dépressions. Livré à des choix qu'il ne peut pas commettre. Il trébuche sur la langue. Il se perd dans les dédales de la bureaucratie. Son dos le handicape pour suivre le rythme soutenu de ses répétitions. Alors moi, j'aboule. Au premier signe, au premier coup de sifflet. Attendant la caresse qui me fera remuer la queue quand l'humeur lui en viendra, mais subissant inlassablement les coups, les encaissant sans philosophie ni révolte.

Les coups, enfin... la grande promesse qui ne vient pas, les "tu m'as manqué", ou "j'ai besoin de toi" qui avortent à la première syllabe dans un timide gémissement, sans parler des "je t'aime", ou "tu m'excites" que je n'attends plus depuis longtemps. Je suis le cheval, la jument, qui patiente à l'écurie, attendant sans fin la petite gratification : l'accolade enveloppante et chaude de sincérité, les quelques pas de marche bras-desus bras-dessous, la liberté de poser ma main fébrile quelques instants sur son sexe et d'en éprouver un début d'érection, ou la sensation de sa main qui, quelques secondes à peine, viendra provoquer la mienne et se retirer. L'invitation, parfois, avant qu'il ne s'endorme et que je ne retourne discrètement sur ma paillasse, à accompagner son endormissement d'un chaste enlacement dans son lit.

Les coups... il y a aussi les infidélités, qui n'en sont pas puisqu'il n'y a pas promesse, disons les petits mensonges qui me tiennent à distance pour lui permettre ses excursions favorites, que je désigne du nom de sa copine-alibi, d'un mot qui commence par un M comme mardi, et se termine par un i comme touche-pipi, dont il doit bien se douter que je ne suis pas dupe... Je m'efface alors, le ventre noué, espérant juste que d'une séance de tripotage dans un sauna ou un hammam ne sortira pas la rencontre qui me relèguera définitivement.

Et puis il y a les rencontres, justement, les adresses mail échangées ou les numéros de téléphone, qui le projettent dans un ailleurs où alors ma présence l'entrave. La mise à distance se radicalise. Les gratifications s'espacent ou disparaissent. Plus question de prévoir un week-end quelque part. Ni de toucher son sexe. Il est déjà ailleurs, dans un espoir de séduction qui berce son illusoire jeunesse perdue. Et moi je ne suis plus nulle part, sauf alors dans le néant abyssale où seules reviennent me tenir une compagnie mortifère des larmes, enfouies dans les tréfonds de mon avilissement. Comme durant les préparatifs de ce triste réveillon de Noël où mes spasmes sont enfin revenus exploser, dix-huit mois, oui, dis-huit mois après les derniers des derniers jours du printemps 2009.

Quelqu'un peut-il me dire où se trouve la frontière entre le jardin secret et la trahison amoureuse ? Surtout si, en toute clarté, il n'y a pas promesse d'amour ?

Je connais tout de lui. Au fil du temps, il m'a introduit dans chacun de ses travers, il en a même fait des objets de complicité. Il m'a conduit jusque dans les petits recoins sombres de son quotidien, et m'a témoigné une confiance sans borne, comme pour compenser ce désir qu'il ne peut plus me montrer. Il ne sait pas sans doute que ce faisant, cette image du meilleur ami bon à rien d'autre, de bonne poire en somme, à qui l'on donnerait jusqu'aux codes de son compte bancaire sans confession, nourrit la forte répugnance que j'ai de moi-même et qui m'accompagne dans la douleur.

Je connais ainsi comme personne ses manies, ses névroses, ses obsessions, ses compulsions... Il ne me cache plus rien. Et je lui suis fidèle. Il ne se doute pas du coup, à quel point je décèle tout de ce qu'il me cache. D'un mot, d'une hésitation, d'un objet déplacé, d'un prénom apparu dans la colonnes de ses contacts, d'un usage soudain et inhabituel de son dictionnaire électronique, j'ai tout compris de ses convoitises infidèles.

C'est à chaque fois le douloureux rappel de ce statut bâtard où je suis enfermé. Pas amant. Pas conjoint. Celui à qui l'on ne doit rien, et à qui il est ainsi possible, quelques fois, en fermant les yeux, s'accrochant à d'autres fantasmes, de concéder quelques caresses, voire un bien insignifiant soulagement du corps.

Ce compte-goutte sexuel, qui a fait un retour dans notre relation, n'est que l'achat de sa tranquillité. Je brutos12083.jpgn'en suis pas dupe, victime de son bon-vouloir, à l'affût de son bon vouloir, prenant et souffrant de ce que je prends, parce que jamais je ne m'en illusionne, même si je ne peux me détacher de ce pis aller, dont je ne sais que réclamer - par d'évidentes postures - davantage, et le forcer sans le vouloir à me le refuser.

Tu vois, je suis lucide sur l'état de soumission où je me suis mis. Il ne trahit aucune promesse, puisque je n'en reçus aucune, je n'ai donc même rien contre quoi me soulever. Tu pourrais, comme beaucoup de mes amis, les pieds dans le plat ou en allusions douces, m'inviter à tout lâcher pour enfin m'autoriser autre chose. Mais je ne le peux pas. J'ai essayé, mais je m'enferme alors dans une souffrance plus perfide encore. Je commence à croire que cet état de soumission où je ne maîtrise rien est le contre-poison moral, cérébral, au leader que j'incarne dans ma vie publique. Je crois surtout que j'ai toujours l'espoir qu'à ainsi traverser les ans, m'attachant à garder nos pôles, certes distants l'un de l'autre, mais reliés malgré tout, un jour il se retournera et réalisera que c'est l'amour, seulement l'amour, le plus grand, le plus beau, l'éternel amour, qu'il tenait ainsi dans ses mains, et qu'il ne doit qu'à moi qu'il ne se soit pas corrompu.

Dans la tristesse, on a besoin de rêves, non ? Pour accompagner les insomnies, à défaut de les combattre.

Puissè-je simplement nourrir à moi seul la force de cette éternité, pourfendant dédaigneusement ses amourettes vaines et infidèles, pour les laisser à l'état de guenilles sur le bas côté de notre histoire.

- Parti sans laisser d'adresse, sans doute.

22 décembre 2010

avoir vaincu

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"Songez qu'on n'arrête jamais de se battre et
qu'avoir vaincu n'est trois fois rien"
Aragon

J'étais sans doute en proie à une langoureuse carence amoureuse, lorsque je créais mon blog, il y a un peu plus de trois ans. A défaut de la combler, je cherchais à la compenser, et il n'est pas si étonnant que très vite, l'amour vint y trouver une place. Une place d'abord éthérée, diffuse, cachée derrière des caresses et des rendez-vous dérobés, puis claquante, cinglante au moment de la rupture, où un inconsolable chagrin vint s'installer. Une place occupée depuis par l'impatiente reconquête d'une amitié faussement amoureuse, plutôt d'une fausse amitié amoureuse, où je me mens, me perds et m'avilie.

Il jouait du violoncelle, et cela suffisait à mon admiration. Il venait de recevoir une menace d'expulsion du territoire, au motif d'une baisse de salaire de 50 euros par mois, et cela suffisait à ma révolte. Il était pétri d'angoisses, comme un oiseau recroquevillé et impuissant, pris dans le mazout de la politique Besson-Hortefeux, et cela suffisait à éveiller en moi tout le maternement dont j'étais capable, sans doute ma seule marque de puissance, et ma seule façon d'aimer.

C'était il y a quasiment trois ans, ce blog venait de naître, et déjà tu partageais cette histoire d'un regard solidaire. D'autres histoires, pareillement révoltantes, égrénaient l'actualité et mon blog, des couples séparés sur lesquels des préfets jetaient l'opprobre, le discrédit et la suspicion, sans doute pour faire du chiffre, marquer les esprits, et au passage empocher plusieurs dizaines de milliers d'euros en prime de résultat. Corruption moderne. Corruption d'Etat.

Tu participais à ce combat, tu envoyais des lettres de soutien, mon blog racontait les procédures que nous avions engagées et les rendez-vous en préfecture, relayait les alertes diffusées par les Amoureux au ban public, te donnait le lien vers des pétitions. RESF dénonçait les rafles de gamins avec leurs parents, parfois à la sortie même des écoles.

Ce blog vivait d'amour et de révolte. Au début de l'été 2008, il gagnait la bataille de la régularisation mais perdait, trop frivole et désinvolte peut-être, celle de l'amour.

cello player.JPGIl lui fallut des mois, il me fallut des mois pour refaire surface. Mais surnageant enfin au printemps 2009, je tentais, patient, de recoller des morceaux, d'inscrire notre épave à peine restaurée dans la durée, et lui sa situation administrative. Il fallait au violoncelle quitter l'univers des sonates pour gagner celui des symphonies. S'installer dans la fosse d'orchestre sans plus être menacé à chaque entracte de quitter la scène. La demande de carte de résident ne fut pas une sinécure. Il a fallu monter le dossier, bâtir un argumentaire, mobiliser, à commencer par des élus locaux, puis des parlementaires, mettre en avant les incidents administratifs pour légitimer le droit à la sécurité administrative. Lui dut retrouver un emploi, s'acharner à obtenir un CDI, serrer parfois des dents pour y rester et donner des gages de stabilité.

Pendant dix huit mois, les réponses furent incertaines. Les rendez-vous en préfecture se rapprochaient, de trois mois en trois mois. D'un récépissé à l'autre, l'angoisse renaissait et une fois, il y a un peu plus d'un an, la déception suprême fut même au rendez-vous. Nous reverrons tout cela à votre prochaine demande de renouvellement...

Il a donc fallu rebondir, retrouver l'énergie, ramasser les tessons épars de la confiance.

Les Amoureux au ban public ont lancé moins d'alertes, tout au long de l'année écoulée. Mon blog n'en a plus relayé aucune. Est-ce donc que la tension s'était adoucie sur le front des expulsions ? Est-ce que la politique vis-à-vis des Roms avait suffit à marquer les esprits, et à faire du chiffre, ou est-ce que l'injustice et l'inhumanité s'étaient juste encore banalisées ?

A défaut d'amour ou de désir, à défaut de manque, le besoin le liait toujours à moi. Et nous avons pendant toute cette année encore cheminé ensemble selon un délicat crescendo, riche, dense, immensément fourni en musiques et donc en découvertes. Avec parfois des fracas pour me remettre à distance, et parfois des espaces de tendresse, de douceur et même... d'un peu de plaisir.

Hier, sur le parvis de Notre-Dame, le ciel était clément. A la sortie du parking souterrain, côté crypte, un jeune homme asiatique enlaçait par le dos sa jeune compagne, et embrassait sa chevelure ambrée tandisqu'un appareil photo immortalisait leur sourire amoureux sur fond de Cathédrale. Quelques minutes plus tard, de l'autre côté de la rue de la Cité, dans un bureau de la Préfecture, une fonctionnaire malicieuse, après avoir réclamé tous les papiers dont son dossier avait besoin, a fini par dire "oui".

Oui, vous aurez votre titre de résident, pour dix ans, j'ai reçu des instructions pour mettre votre carte en fabrication. Signez ici, sans toucher les bordures vertes !

Le mois prochain, trois ans presque jour pour jour après avoir reçu le coup de semonce qui l'enjoignait au bannissement, le violoncelle, mon violoncelle aux yeux noisettes va donc recevoir le sésame qui l'autorisera enfin à prendre pied ici autrement qu'en mal-propre, dans une sérénité nouvelle, mais dans un enthousiasme, hélas, bien amoché.

Y a-t-il jamais eu de l'amour ? Il n'y a plus chez lui de désir depuis longtemps, plus de manque, non plus. Il n'y aura bientôt plus de besoin. Tout pourrait donc s'arrêter là. Maintenant. A cette minute même où je t'écris. Sans plus de culpabilité aucune.

Ou alors - qui sait si j'aurais cette nouvelle patience ? - il y aura un projet, une envie malgré tout, juste une idée pourquoi pas, pour nous garder proches, encore un peu, l'un de l'autre ?

Les Amoureux au ban public sont exsangues, ils ont besoin d'argent pour poursuivre leur veille salutaire. Pour payer juste un salaire. Ils lancent ici un appel aux dons : va donc y faire un tour, tu peux les aider. Et encore, aux dépens de l'Etat car les donnations sont déductibles des impôts à 66%, et c'est de l'argent mieux placé que la prime des préfets et des recteurs !

Mais surtout, crois-moi, parce que c'est encore dans le combat pour la justice que l'amour trouve son meilleur terreau.

20 décembre 2010

un violoncelle égaré dans les douches

 

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J'aurais été dans tous les plans pour éviter les pièges de l'hiver. Après Budapest au début du mois, j'étais ce week-end (version prolongée), dans le Sud, où je rendais une petite visite à ma maman avant les fêtes de Noël. Et si le mistral glacial n'a pas accompli sa promesse de ciel bleu, au moins n'aura-t-on pas vu la couleur de la neige.henri-demarquette.jpg

Puisque j'ai du nez, je me suis dégotté, d'abord, un petit concert classique de derrière les fagots, avec - entre un Oiseau de feu (Stravinsky) et une Rhapsodie espagnole (Ravel) - je te le donne en mille : un concerto pour violoncelle, celui de Dvorák, fort agréablement charpenté, interprété avec énergie par Henri Demarquette et l'Orchestre français des jeunes, actuellement en résidence au Grand Théâtre de Provence.

Et puis aussi une piscine olympique. Yves Blanc est un bassin rapide, à fond plat et peu profond. Hors-mis dimanche, les lignes d'eau étaient clairsemées et l'on y nageait avec agilité. Si les vestiaires, face au personnel de cabines, sont strictement cloisonnés, les douches y ont aussi leurs recoins où un peu de réconfort viril peut venir récompenser les efforts accomplis dans l'eau. Ça soulage, mais ça ne compense pas un violoncelle. Je me comprends.

Météo France annonce le redoux. Je vais donc pouvoir remonter tranquillement, et faire semblant d'aller travailler ces prochains jours, dans le calme des confiseurs, sans la pression des collègues et de la hiérarchie. J'adore.

Quand à mon trouble, dont tu te soucies, il est là, profond, sourd, inquiétant, nourri de défiance, il gronde dans les basses sans trouver encore à se structurer sous ma plume, mais j'y viendrai, bientôt. En contre-ut des fêtes ?

15 décembre 2010

faire un bond (ou plusieurs)

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rebondir, verbe intransitif

Sens 1 Faire un ou plusieurs bonds. Synonyme sauter Anglais to bounce, (contre un mur) to rebound
Sens 2 Connaître un nouveau développement [Figuré]. Synonyme renaître Anglais to come to life
Sens 3 Retrouver de la force après une période difficile [Figuré]. Synonyme repartir

Conjugaison voir la conjugaison du verbe rebondir

Tu crois que je vais savoir comment rebondir, hâpé que je suis par le travail et le trouble, plus sûr de rien, et en pleine inconsistance mentale ? Ou alors, c'est le poids des ans qui m'engloutit ainsi ?

19:25 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (15)

12 décembre 2010

sous le signe du lac

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J'ai bravé la neige vendredi matin, et les grands froids, pour remplir mes obligations à l'Opéra de Paris et prendre ma place dans la queue devant le guichet. C'était le premier jour de la vente de Francesca Da Rimini, un Opéra totalement méconnu de moi, d'un obscur Riccardo Zandonai, un compositeur italien du début du 20ème siècle dont je ne sais rien. Après mon retour mouvementé de Budapest, la veille au soir tard, et la découverte de ma voiture prise dans la neige et la glace, j'aurais probablement jeté l'éponge si je n'avais pris l'engagement auprès d'un ami blogo-mélo-prosélyto-maniaque comme moi - ou pire - mais empêché, de lui prendre une place.

En même temps, l'expérience m'a permis de rentabiliser en une fois mon investissement hongrois dans un bonnet et un cache-nez, qui m'ont été les plus valeureux compagnons. Et puis Gilda, fidèle à ses horaires, m'a rejoint un peu plus tard, ce qui nous a permis de deviser sur les méthodes commerciales de banquiers peu scrupuleux à l'égard de leurs clients ou du service public.

J'avais obtenu le numéro 12, qui devint un numéro 13 en passant à la caisse - selon la règle qui voit s'intercaler les personnes handicapées toutes les dix places -, "le numéro de la chance", me faisait remarquer le chef des caisses dans un petit sourire narquois qui me mit de bonne humeur.

Et en effet, overbooké depuis le premier jour, le Lac des cygnes vit sortir de ses eaux trois places comme par magie, libérées de ses profondeurs pour la matinée de ce dimanche. Le célèbre ballet de Tchaïkovsky, dans la chorégraphie de Noureev, va donc déployer ses ailes tout spécialement pour Bougre, Fiso et moi tout-à-l'heure, et ce sera une façon pas plus désagréable qu'une autre de déclarer ouverte la saison des fêtes !

Et puisqu'une fée n'arrive jamais seule, j'ai le grand plaisir de vous annoncer (roulement de tambours et quelques trompettes), que la mienne de Fée, vient de dégeler. Et de libérer quelques unes de ses belles pensées.

10 décembre 2010

toi aussi, offre-toi un bain de jouvence pour moins de 50 € par jour

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Je suis donc rentré, après une petite journée de rab aux frais de la Princesse. Je ne m'en plains pas, j'aurais juste du me la jouer comme d'autres voyageurs, et prolonger les festivités à Budapest un ou deux jours encore, en pension complète dans un hôtel de luxe. Mais enfin, le confort douillet de ma petite maison, ce n'est pas mal non-plus...

A priori, ça a l'air bien, comme ça, Budapest, mais pire que ça : c'est excessivement abordable. Surtout en cette saison, appelée hors-saison, ou basse-saison. EasyJet propose des aller-retour à 54 euros entre janvier et mars - évidemment, il faut être un peu flexible sur les dates du voyage.

L'hôtel Császár, où je suis descendu, propose lui-aussi des tarifs imbattables, à 33 euros la nuit en single, ou 35 en twin, avec accès gratuit à la piscine (magnifique bassin olympique de 50m), au WIFI, prise en charge du transfert à l'arrivée depuis l'aéroport, demi tarif pour la nuit du dimanche, et petit-déjeuner copieux d'où tu peux te confectionner et t'embarquer ton sandwich au salami pour ton déjeuner sur le pouce avec un yaourt au fruit !

Quant à la place d'opéra, elle te coûte autour de 30 euros en première catégorie.

Les entrées aux bains varient entre 8 et 15 euros selon l'établissement.

Attention, il y a aussi ceux qui flairent le touriste à des kilomètres, et peuvent lui filer un coup de bambou, notamment dans les restaurants branchés, ou dits "traditionnels". Mais avec un peu de préparation, et de mise en garde, des repas dans des "fast-food" hongrois, des restaurants de buffet à la cuisine fraiche, ton séjour peut s'avérer particulièrement économique.

Tout compte fait, pour un voyage de cinq jours (quatre nuits et trois jours pleins), avec une entrée à l'opéra, deux bains thermaux, un concert au Palais des arts (le tram de Noël - photo ci-dessus - t'y conduit direct), un stage intensif de natation, tu peux t'en tirer seul pour 225 euros, ou pour 180 euros par personne à deux ! (soit le prix à Bastille d'un billet d'opéra en première catégorie - oui, je sais, on a les références qu'on peut !...)

Et si jamais l'envie t'en prenais, compte sur moi pour te refiler les bons tuyaux...

00:05 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (8)