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03 décembre 2010

papillon d'hiver

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J'aurais aussi bien pu titrer cette note : "facile d'être un champion". Entre la neige qui tombe, le froid qui virevolte, la mélasse peu avenante qui entoure le bassin, et l'heure inhabituelle à laquelle je suis descendu nager - en milieu de matinée quand les gens normaux travaillent -, j'avais une ligne d'eau pour moi tout seul, d'un bout à l'autre de ma séance.

C'est un luxe rare que de pouvoir nager dans un tel confort. Personne à dépasser, mais personne à croiser non plus. Nul besoin de serrer à droite, nulle vague pour perturber ton mouvement, nul courant contrariant. Juste toi, l'eau, et en dessous de toi une ligne noire, longue et épaisse, pour te conduire de l'autre côté du bassin. Et comme ça, crois moi, c'est facile de nager. Facile de performer.

C'est surtout idéal pour te lâcher en papillon : cette nage est trop ample pour s'accommoder d'un trafic engorgé, et le retour des bras vers l'avant affleure trop la surface pour supporter des vaguelettes superflues. Alors je m'y suis donné à cœur joie, sans ménagement, portant mon souffle à ses limites et acculant les muscles de mes épaules dans leurs retranchements. Je me suis fait mon premier kilomètre en papillon.

Alors attention, pas le kilomètre en continue, n'y pense même pas ! Non, deux kilomètres, alternés avec des retours en brasse, par tranches de 50 mètres. Il m'a fallu attendre - atteindre ? - 45 balais pour ça ! Quinze ans après de premiers balbutiements en crawl, qui me faisaient boire la tasse et où je m'épuisais pareil. Et dans la même piscine !

Tiens, puisque j'aime les symboles, que je m'y accroche et que je parle de boire. Si tu passes vers Bastille dans la journée, prends donc un verre à ma santé au Café de l'Industrie, c'est ma tournée ! J'y avais, il y a tout juste trois ans aujourd'hui, mon premier rendez-vous avec un violoncelle aux yeux noisette. Pour le meilleur et pour le pire.

Commentaires

Déjà moi je me noie dans la brasse alors le papillon, bloup ! bravo Oh ! sont où les 45 moi je vois rien ; -)

Écrit par : Bougrenette | 04 décembre 2010

Par principe de symétrie, je n'ai jamais su quitter la brasse. Tu crois vraiment que ça se soigne ?
Tu me donnes bien quelque espoir, mais j'ai bien peur que l'objectif 45 soit difficile à atteindre... Et sans doute me faudrait-il un mentor car entre deux eaux je m'abandonne vite.

Écrit par : estèf | 04 décembre 2010

Tu es adorable...

Écrit par : RPH | 04 décembre 2010

-> Bougrenette -> D'abord, il faut aimer ça. Pour aimer ça, il faut un motif. Il y a quinze ans, quand je m'y suis mis, j'avais une bonne raison. Non, deux : reconquérir mon corps, et accessoirement reluquer les beaux garçons qui, à Budapest, se douchent tous tout nu !! Après, c'est hyper facile : essayer, se planter, essayer, se planter, essayer, boire la tasse, perdre son souffle, essayer encore, reconnaître au milieu d'un sac de nœuds un petit quelque chose, un mouvement qui ressemble à quelque chose, essayer de le reproduire, se planter, essayer encore, boire la tasse, essayer et essayer toujours, retrouver quelques fois la petite étincelle, la retrouver de plus en plus souvent, s'y accrocher, boire encore quelques tasses, mais de plus en plus épisodiques, juste pour te rappeler que tu n'es pas en milieu naturel, peu à peu, trouver du plaisir dans les mouvements qui marchent, avoir une impression de glisse nouvelle, comme les prémisses d'une symbiose, et glisser ainsi tout doucement, tout doucement, vers les 45. Et alors je te jure, en regardant bien dans le fond des yeux, les 45, tu les trouves !
-> estéf -> Mais comment retrouver mieux la symétrie, sinon en s'autorisant à la perdre de temps en temps ? Sûr que ça se soigne. Et à tout âge !
-> RPH -> Tu es étonnant...

Écrit par : Oh!91 | 04 décembre 2010

Mais toi, tu es DINGUE !
Merci, merci, merci !
Je viens de recevoir ma carte postale qui chante et je peux enfin avoir un aperçu de ce que j'ai manqué ...
Tu es un Ange.
Je t'embrasse fort mon potO de trop loin.

Écrit par : feekabossee | 04 décembre 2010

-> feekabossee -> Tiens, à la poste aussi, on a appris à nager vite ? Bon, et tout ça n'est rien, à côté de ce qui vient de t'arriver ! (hé hé !...)

Écrit par : Oh!91 | 04 décembre 2010

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