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17 octobre 2010

une journée bien remplie

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Tiens, je vais te raconter mon samedi...

Souvent, le samedi est une toute petite journée. Tu as travaillé assez tard le vendredi, tu finis ta semaine sur les rotules, en proie à un stress résiduel sournois. Au réveil, tu restes dans le coltard jusqu'à l'heure des courses, la sieste te conduit à la fin de l'après-midi, et tu es encore à moitié déchiré à l'heure d'honorer un dîner.

Mais au lendemain d'une RTT, tu rentres dans ton samedi avec vaillance, et ton week-end a une autre allure. Entre parenthèse : cette expérience me confirme à chaque fois que la société a tort de vouloir minimiser le temps qu'elle consacre à autre chose que le travail, le temps libre n'est pas coupable ! C'est le temps de la vie. Je ne sais pas combien d'années de vie on a gagné en 15 ans, bien qu'on nous en rebatte les oreilles, mais je sais qu'on a gagné bien plus de points de productivité, tous empochés par les seuls grands fortunés, et que cela suffit à ne pas me faire accepter le recul de l'âge de départ en retraite. Comme on lit dans les manifs, on n'a qu'une vie !

Vendredi s'était fini par un moment improvisé au Théâtre des Champs-Élysées. Pierre-Laurent Aimard jouait Bartok, Maessian, Liszt et Ravel dans, non pas un récital, mais un parcours musical d'une exceptionnelle virtuosité, où le piano, exploré de fond en comble, poussé au-delà de ses limites, pla2.jpgdonnait un son ample, épais, entêtant dans les graves, léger dans les trilles aigües, suspendu ou immergé en apnée, limpide ou accroché, souvent haletant. Aimard est paraît-il un grand spécialiste des musiques contemporaines, et c'est sur un coup de tête, car nous passions non-loin de là à la sortie du travail de mon ami, que nous avons décidé de chambouler notre programme pour nous offrir celui-ci. Dans un théâtre à moitié vide, nos places à 10 euros sont devenues des sièges à 65 euros, au premier rang du premier balcon, côté cours de trois-quart  : vue imprenable sur le pianiste et son clavier ! Voilà un miel que l'on aimerait goûter sans fin...

Bref ! Lancé sur de pareils rails, samedi fut donc gaillard.

Entre petit déjeuner tardif et déjeuner précoce, la matinée fut courte et s'est passée en cuisine. Puis ce fut une virée épique, à soixante kilomètres de ma lointaine banlieue, autant dire dans les confins de l'Ile-de-France où je devais laisser mon ami et son violoncelle pour quelque obscur séminaire de répétittion. Ah! la vie des musiciens !

J'avais prévu d'être de retour à Paris assez tôt, pour ne surtout pas manquer cette nouvelle manif, mais je n'avais juste pas prévu que mon réservoir serait vide, qu'il me faudrait réaliser un plein de gazole, et que cela me vaudrait près d'une heure d'attente devant la station service d'une grande enseigne de distribution.

Finalement, j'ai rejoint la place de la Nation à 16h 10 et ai trouvé sans difficulté une place où stat201010171446_zoom.jpgionner. Je fais ça désormais, les jours de manif : je me gare au point d'arrivée, et rallie la tête du cortège par le métro ou à pied selon l'état des perturbations : ça marche très  bien, dans tous les sens du terme.

Bon, à l'heure où j'arrivai, il était inutile de me rendre à République. J'ai donc remonté l'avenue Faidherbe et rencontrai bientôt la tête de l'un des deux cortèges, puis j'ai continué presque jusqu'à Bastille pour retrouver Yo, avec qui nous avons pris l'habitude de manifester ensemble, ce qui nous permet de nous signaler l'un à l'autre les beaux garçons du défilé. Il n'en manque pas, et la SNCF est plutôt bon pourvoyeur, soit dit en passant...

Mon Dieu, quel monde ! Les manifs en sens inverse, pour le coup, c'est spectaculaire. Je n'avais pas fait celle du samedi précédent, avec ces jeunes qui sont là en couple, ces familles, cette présence paisible mais déterminée qui rend si dérisoire l'arrogant déploiement des brigades de CRS dans les rues adjacentes. Rien semble ne pouvoir arrêter ce flot simple. Ce pouvoir est face à un os imprévu, je ne sais pas comment il va s'en sortir.

Revenu à Nation avant 17h 30, j'ai eu le temps d'aller à ma piscine de prédilection, juste à côté, de me faire un petit 1.200 mètres avant l'évacuation du bassin - dont six cents mètres d'un papillon dont je brutos12844.jpgmaîtrise de mieux en mieux la fluidité, quand-même ! - et de ne pas résister, lorsque le grand métis athlétique qui se douchait juste à côté de moi s'est dévêtu complètement dans la claire intention de s'offrir à ma vue, à la tentation de laisser aboutir une petite caresse, vite-fait bien-fait, sans un mot ni même un regard échangé, exactement comme j'aime.

J'étais ainsi repu, un océan de sérénité, en me rendant chez Fiso rencontrer quelques amies blogueuses et amis tout-court. Au milieu d'une ambiance chaude et sympathique comme elle en a le secret, le meilleur ami de son frère, cerise sur le gâteau, a fait une irruption aussi intense que fulgurante, magnétisant les convives du regard qu'il porte sur la vie depuis la capitale du grand pays d'Amérique centrale où il officie comme correspondant d'un quotidien du soir. J'aurais pu gober la cerise toute crue ! J'aurais pu.

Je pouvais rentrer chez moi tranquillement, sans avoir abusé du petit Sancerre blanc de derrière les fagots, ravi de toutes ces choses utiles et inutiles qui avaient empli ma journée.

As-tu remarqué que dans la vie, plus on se vide, plus on en ressort plein ?

Commentaires

"plus on se vide, plus on en ressort plein": c'est pleinement évident..

Écrit par : RPH | 17 octobre 2010

note pour plus tard : mardi après la manif, aller à la piscine ...

Écrit par : feekabossee | 17 octobre 2010

Moi aussi, je n'ai retenu que ça, la piscine...

Écrit par : estèf | 17 octobre 2010

J'ai envoyé le lien vers ton blog à la cerise ! :)

Écrit par : Fiso | 18 octobre 2010

-> RPH -> Visiblement, tu t'es vidé y'a pas longtemps, toi...
-> feekabossee et estéf -> Vous prenez vraiment ce qui vous arrange, vous, alors...! Un violoncelliste nu qui fait le poirier, ça ne vous fait ni chaud ni froid ?
-> Fiso -> La cerise appréciera, j'espère, que je n'ai évoqué aucun de ses vices cachés... Le gâteau, cela dit, ne manquait pas d'onctuosité !

Écrit par : Oh!91 | 18 octobre 2010

Ha ben nan, ici tout semble tellement normal, que même ça, j'avais pas fais gaffe dis donc, tu vois où tu nous mènes !
Tiens ça me fais penser que je vais préparer mon maillot pour demain ;-)

Écrit par : feekabossee | 18 octobre 2010

Ben j'ai du mal à regarder une telle image, par contre imaginer le vestiaire de la piscine, ça va tout seul.

Écrit par : estèf | 18 octobre 2010

-> feekabossee -> Alors ? La séance ?
-> estéf -> Tout est question de position...

Écrit par : Oh!91 | 20 octobre 2010

Les commentaires sont fermés.