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14 septembre 2010

le pique-assiette de la fête de l'huma

Dur de me remettre à ce blog. La fatigue de la fête. Maman à la maison. Le travail qui m'astreint. Mes lignes de piscine auxquelles je ne déroge pas... J'ai pourtant tant à t'en dire, de cette fête, de ce plein d'humanité. Je voudrais me défaire de toute langue de bois, mais mon écriture n'a d'autre choix que de se faire à la dérobée, cachée derrière un arbre, dans une forêt, à la recherche d'interstices dans ma vie.

Que te dire ?

Je vais à la fête de l'huma en pique-assiette. Je ne parle pas des stands ou des espaces VIP qui m'ouvrent parfois leurs portes et leurs cocktails - mais je bois peu - ou leur accès à des toilettes privatives - le vrai privilège, ultime indice de mon rattachement à des réseaux d'hier.

Non, je parle de tout ce que j'y picore, de grand et de sublime. Des musiques et des voix, des odeurs et des paroles, des regards complices et des corps gourmands à moitié nus... Les mots de Florence Aubenas sur l'impérieuse nécessité d'en finir ici et maintenant avec la précarité, celles d'Alain Touraine, pour qui la seule limite au combat contre la réforme des retraites n'est pas la réalité démographique ou le carcan économique mais bien la seule faiblesse de l'engagement militant d'aujourd'hui. La grâce fragile d'Alain Souchon - pour reprendre les mots de l'animateur de la Grande scène - le timbre gracile de Klarika chantant Aimer à perdre la raison parmi 50.000 autres voix. La fondue savoyarde partagée avec Yo - plus jeune et beau que jamais - et ses amis, le cassoulet toulousain, précédé d'une tranche de foie gras mi-cuit, autour duquel ma petite famille s'est retrouvée...

Je picore et je savoure les accents retrouvés du grand combat humaniste contre la vision violente du monde que veut nous imposer Sarkozy. Je m'étonne devant la force étonnamment rebelle de la poétique de Souchon, quand il glose sur les parachutes dorés, vilipende la société de consommation, redonne à nos rêves d'étoiles leur intelligence révolutionnaire. Tous ses mots te parlent d'un autre monde, tout près du tien : ses robes des filles, seules choses qui tournent encore, ses rêves d'un Soudan révolté, ses regrets... Mille fois entendu pourtant son Angélus a pris sens et force dans mes oreilles. Et si le ciel était vide, malgré les espoirs qu'y adressent Abderrahmane, Martin et David ?... Et si leur compassion, leur générosité étaient vaines, adressées à un ciel ou en plus, il n'y aurait personne ?...

Et si la violence n'était qu'un leurre ?...

A l'heure où, unis comme un seul homme et dans le sillage du discours sarkozyste, les fascistes, tête relevée, se délectent de chaque crime machiste ou homophobe pour inonder la blogosphère d'une logorrhée raciste déguisée d'islamophobie, Souchon chante avec tact les dérives intégristes, renvoyant les curetons dos à dos, indistinctement de leurs paroisses. Avec un respect préservé mais incrédule pour la naïve quête des croyants.

Il n'a pas chanté Poulaillers song. Dommage parce que je me serais plu à reconnaître dans cette basse-cour à bijoux quelques spécimens de la volaille haineuse toujours prompte à aliéner son prochain - mais comprenez-moi, la djellaba, c'est pas ce qu'il faut sous nos climats - enfermant dans des zoos virtuels les bien-pensants, sortes de gentils tout le temps d'aujourd'hui. Assurément, on lit pas tous le même journal. Ni les mêmes blogs heureusement...

J'ai été touché aussi par l'interprétation que fit Jehan de l'amour est cerise, dépouillé de ses fioritures mélodiques, abordée par son érotisme brut. Par l'interprétation fragile de Nuit et Brouillard que nous fit Francesca Solleville.

Il y aurait plein d'autres émotions ou clins d'œil à livrer. Mais je m'arrête là, histoire au moins de publier quelque chose, avant l'arrivée de mes collègues au bureau, et rêver que j'y suis encore. Rêver, c'est déjà ça...

Commentaires

Un bien joli post qui donnerait presque envie d'aller à la fête de l'H.
Votre description des corps gourmands n'y est pas non plus étrangère.
Ce n'est qu'un début.

Écrit par : xavier | 14 septembre 2010

Je suis pas viendu, mais j'ai une excuse :(

Écrit par : Olivier Autissier | 14 septembre 2010

Mais comment expliquer Oh! qu'avec tant de (bonne) volonté personne n'arrive à gauche à insuffler le changement, à rassembler largement ? Comme s'il n'y avait pas de solution, vous savez la panacée, le remède universel contre les excès de tout poil du gouvernement... Oui rassemblez-vous, buvez des coups, stimulez la réflexion devant Souchon et enfin agissons, tous ensemble, sinon tout cela me parait bien stérile, rassurant sur le mode on n'est pas tout seul, mais stérile non ?

Écrit par : Gicerilla | 15 septembre 2010

-> xavier -> Ce n'est qu'un début... continuons donc le combat ! Merci de votre passage ;
-> Olivier Autissier -> Si elle est bonne...
-> Gicerilla -> Bah ! Pour ouvrir (une perspective, je veux dire), il faut les idées, et il faut la confiance. Rien n'est stérile, mais rien n'est fertile par lui-même, le tous ensemble est indispensable mais ne se décrète pas, je suis d'accord, c'est compliqué, mais dans l'histoire, il est déjà arrivé que les hommes se sortent de situations compliquées, non ?

Écrit par : Oh!91 | 15 septembre 2010

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