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20 août 2010

Mada (8) l'amour

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Comment s'étonner, alors, qu'elle soit venue y chercher l'amour. Elle qui porte en elle, si fragile, encore incomplète, mais déjà, les maux de notre société, le souci de l'image de soi, la recherche de la performance.

Elle avait tant à se prouver, et ce voyage loin, loin du temps, loin des parents, loin de sa maladie, loin des pressions malfaisantes lui en offraient l'opportunité. Elle en avait envie. A moitié pour se sentir devenir femme, à moitié pour prouver au monde qu'elle avait en elle cette capacité. A moitié pour se libérer de l'enfance, à moitié pour s'enfermer dans toutes les quêtes qu'elle y avait forgées.

Landri était beau, bien plus que le chauffeur de 4x4 qui roulait des mécaniques, il était jeune et elle le prit comme un sésame, il était attentionné et plein d'esprit, ce qui lui donnait le charme du caractère.

Son rayonnement ne nous avait d'ailleurs pas échappé, ni à Igor ni à moi, comme le trahira nombre de photos prises avant de se douter que...

Ce flirt valait mieux qu'un autre. S. ne tenta pas une seconde de le dissimuler. Au contraitre, elle eut voulu qu'il s'étale aussitôt en première page des journaux. Elle l'avait recherché plus que lui, mais il ne s'y était pas refusé, autorisant de cette histoire une réécriture qui ferait de lui le charmeur. Une fois leurs mains vues, jointes, entrecroisées lors d'un transfert entre deux des sites que Landri nous faisait découvrir, il n'était plus question de reculer. Ni pour elle, qui vit enfler dans son coeur l'étouffant désir de connaître enfin le contact pénétrant avec le corps d'un homme, ni pour moi, le tonton, le porteur de chandelles, qui vacillait comme les flemmes qu'il entretenait au bout de son bras sur le rôle qui devait être le sien. Je me refusai à la coercition - qui étais-je, pour ça ? - et je pris le parti de ne veiller qu'à l'essentiel. Je lui demandais si, dans le cas où ce devait être plus qu'un flirt, elle avait de quoi se protéger. Elle me répondit que justement, elle voulait nous demander si... Nous n'avions rien non plus. Voilà belle lurette que nous ne baisons plus ensemble, avec Igor, et ce voyage en communauté ne pouvait comporter d'opportunité prévisible. Il te reste les Italiennes, lui dis-je. Et elles purent en effet la dépanner. Dès lors, qu'y pouvais-je ? Calmer sa fébrilité quand le soir venu Landri tardait à la rejoindre, trop occupé avec ses clients du lendemain, ou peut-être honteux de m'approcher, malgré le blanc-seing que je leur avais délivré quand, sous les derniers rayons du soleil couchant, je leur avais offert de les photographier ensemble.

La rencontre eut lieu le matin du 9ème jour et la séparation le matin du 10ème. Entre-temps, rien ne s'était passé en apparence : Landri fut un guide affuté, S. une nièce de bonne compagnie. Parfois le temps et les apparences ne comptent pour rien dans les mutations que traverse le coeur. Je me complais depuis à lui dire que ne se connaissant pas, ils sont l'un et l'autre plus amoureux de l'image qu'ils ont l'un de l'autre, de l'horizon qu'ils ouvrent l'un à l'autre, que de ce qu'ils sont vraiment l'un et l'autre. Mais ces paroles sont vaines. Elles me rassurent plus qu'elles n'influent l'avenir. S. ne parle que de retour. Landri a parlé de S. à sa famille. Mais l'avenir reste muet, nous sommes à l'orée de sa mystérieuse spéléologie.

(lire ici Mada 9 : Vévé)

Commentaires

heureusement que cette histoire d'amour n'a pas été gâché pour une "protection" absente.... comem disait une de mes ex, "c'est beau l'amour naissant...."

Écrit par : Francis | 23 août 2010

C'est un conte de fées ?! ...

Écrit par : Bougrenette | 23 août 2010

-> Francis -> Je dois à la vérité de dire que si je me suis assuré qu'elle avait des protections avec elle, je ne sais rien de comment elle les a utilisées. Mais tu sais ce que sont les premières fois...!!
-> Bougrenette -> Ben oui, y'a toujours une fée clochette qui traîne, dans les histoires de Peter Pan ;-)

Écrit par : Oh!91 | 24 août 2010

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