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24 juin 2010

l'impossible reprise en main

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Je n'étais pas allé manifester depuis longtemps avec pareil sentiment d'utilité. Le coeur léger à l'idée d'une journée à ne pas rater. L'intuition du rendez-vous majeur. Le soleil brille et la randonnée promet d'être agréable. Un peu de communion dans ce monde désuni !

L'affaire Woerth est au fond assez emblématique du parcours de nos hauts-fonctionnaires. Des serviteurs de l'Etat passés technocrates froids, et qui constituent à présent la nouvelle Momenklatura. Leurs rémunérations fricotent avec les 10.000 euros par mois, les plus politiques y cumulent des primes qui les font avoisiner 15.000. Au fil de leur carrière, ils ont perdu tout sens des réalités. Il ne leur reste que le discours, l'usage de la morgue ou de la compassion selon les circonstances. Quand dans leurs mondanités ils approchent l'univers des milliardaires et s'aventurent à y goûter, la tête peut venir à leur tourner. Et dans le naufrage de notre civilisation, seul compte de sauver leur peau et de rivaliser dans l'élite.

Il y a quelque chose d'assez essentiel dans ce combat pour les retraites. Ne se jouent pas seulement une ou deux années de travail en plus. Mais le sens de la vie. Le progrès ou les privilèges. L'exploitation ou l'émancipation. La place des hommes et la place du fric. Ils veulent nous prendre nos retraites ? Et si l'affaire se retournait contre eux, et qu'on en vienne, nous, à leur prendre leurs privilèges ?

La menace gronde. De futiles écrans de fumée sont dressés, mais qui ne feront pas long feu. Les états généraux du foot sur mode de feinte indignation n'occuperont plus très longtemps nos esprits. Pas de bol que la bulle bleue se soit si vite scratchée. Quelques drapeaux français arrachés des frontons de nos mairies, ou quelques voitures brûlées à la faveur de matchs un peu chauds pourraient rendre service, le complot islamiste, c'est du lourd... Mais pas sûr que cela suffise à nous détourner des scandales d'Etat. Reste la victimisation : mais qui en veut tant à des gens si droits, si pleins d'éthique, pétris de bonne conscience et de bonnes manières ? Qu'ont-ils faits pour être ainsi traînés dans la boue ? Voilà ces pauvres gens salis dans leur honneur, ne voudrais-tu pas compatir deux secondes ?

Il faut aller plus loin dans la reprise en main. Stéphane Guillon et Didier Porte chassés de France-Inter, voilà qui épargnera d'inconfortables hontes à Jean-Luc Hees et préparera utilement l'avenir. Je suggère que l'on suspende aussi le Canard Enchaîné de parution, ras-le-bol de la calomnie !

Je ne sais plus trop si l'annulation de la garden party de l'Elysée du 14 juillet vise à afficher l'économie d'une inutile dépense somptuaire, ou à tuer le souvenir de 1789.

Après tout, quand renaît une conscience de classe, quand un peuple se met en chasse des privilèges et flirte avec l'idée de la Révolution, il arrive que des têtes soient coupées.

Commentaires

Oui, sauf qu'en 1789, ils ne le faisaient pas une journée tous les trimestres, donc sans haine et inutilement. Il faudra bien qu'une génération saigne une fois pour que les suivantes vivent. J'y suis prêt.

Écrit par : Olivier Autissier | 24 juin 2010

Je t'admire d'avoir fait ce billet, bravo.
Tu as raison, ce n'est pas un an ou deux, c'est beaucoup plus grave. Et tu as su le dire très bien, merci encore.

Euh, non pas le Canard enchaînté, non alors !

Écrit par : Fauvette | 25 juin 2010

-> Olivier Autissier -> Et, euh !... Vaut mieux une manif tous les trois mois, ou une révolution tous les siècles et demi ? Cela dit, une fois que tu auras saigné pour que la génération suivante vive, faudra qu'elle continue à se battre, la suivante. "Songez qu'on arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien", Aragon...
-> Fauvette -> Bon, OK, je te laisse le Canard six mois encore (pas toutes les censures d'un coup, ça va finir par se voir...)

Écrit par : Oh!91 | 25 juin 2010

Une révolution ? Faire saigner une génération ? Ah, si c'était une solution... Mais quelle nouvelle minorité agissante prendrait la main à son tour. Nous sommes dans l'impasse démocratique comme dans l'impasse révolutionnaire.
S'engager dans la deuxième à 60 millions, dont une belle majorité se plait dans le culte du chef et tient à l'élection du président au suffrage universel direct, me fait réellement froid dans le dos.
Tu y crois vraiment, toi, qu'un jour viendra, couleur d'orange ? Ce soir, je désespère de mes frères sauvages.

Écrit par : estèf | 25 juin 2010

-> estéf -> Disons que je ne peux me complaire de voir l'avenir à genoux. Alors, pourquoi ne pas rêver encore à ce jour d'épaule nue, à ce jour comme un oiseau sur la plus haute branche ? Si c'est un moteur, une façon de ne pas sombrer. Hou la la, je n'aime pas te sentir déprimé, toi...

Écrit par : Oh!91 | 26 juin 2010

si je trouve normal d'aligner fonctionnaires et privés sur la retraite, c'est effectivement un"détail" aujourd'hui dans un bordel innommable...
un jour en déplacement pour ma boite, étant seul, il était trad, j'ai pris une boisson et un grignotage dans le minibar, que j'ai mis sur ma fiche de frais;.. on m'a dit "Mr je paye, mais à l'avenir les notes de minibar sont à vos frais.... "(??!! si j'étais allé au resto j'aurais été remboursé normalement..).... alors voir des notes de cigares, des affrêtements d'avion et j'en passe, ça doit faire plus que rager les "bas salaires" qui abandonnent leurs RTT (Général MOtors...) pour avoir leur travail.... il y a beaucoup de choses à dire, trop trop !!!
je n'ajoute rien sur Guillon (que je n'aime pas du tout) et Porte (que je ne connais pas) mais je croyais en "la liberté d'expression...."

Écrit par : Francis | 21 juillet 2010

-> Francis -> Ma foi, les détails ne se valent en effet pas tous : les RTT des GM et les notes de frais des cadres d'entreprises ou d'administration ne sont pas tout à fait du même tonneau... mais enfin, un truc rassemble toutes ces mesquineries : c'est la bureaucratisation libérale de la société et peut-être son irrémédiable déclin...?!?

Écrit par : Oh!91 | 04 août 2010

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