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30 mai 2010

la bien-pensance et la complaisance

Nous vivons les années Zemmour. Il y a 20 ans, "le bruit et l'odeur" suscitaient l'indignation. C'était, dans la bouche de Jacques Chirac, le prototype de la sortie indigne destinée à capter les voies du Front National. Deux ans avant des élections générales, personne n'était dupe.

Aujourd'hui, dire que ce sont les Arabes et les Africains qui peuplent nos prisons serait un signe de courage et de lucidité, condamner de tels propos serait être un bien-pensant. Nouvelle terminologie, dans la veine de la contre-colonisation qui nous menacerait, de l'euro-mondialisme ou que sais-je encore. La blogosphère pue. On y promet les Africains au sulfatage, on y fustige les fraudeurs du RMI qui roulent dans de belles allemandes et s'achètent des caravanes flambant neuf, suivez mon regard. Quant à ces familles maghrébines qui ne viennent même pas participer à la fête des voisins, hein ? Si ce n'est pas la preuve que ces gens-là s'excluent eux-même...

Cette rhétorique putassassière est vieille comme le monde. Le XXè siècle s'en est gorgé jusqu'à inventer les étoiles jaunes et les convois plombés, qu'il était assez simple de ne pas voir, au fond, derrière ces petites vérités d'évidence ou d'autres légitimes exaspérations populaires.

Le plus triste, c'est que cette merde s'accroche à la semelle de blogs pas vraiment méchants, plutôt gentils même, intelligents peut-être, engagés dans des combats méritoires comme la lutte contre l'homophobie. Mais elle s'accroche fort, au moyen de commentaires flatteurs, et ça pue grave jusque dans des endroits propres. J'en suis triste. Triste, mais pas résigné !

Alors soit, je suis un bien-pensant. J'en suis même le prototype, si vous voulez tout savoir. J'affirme que notre crise économique ne doit rien aux immigrés, la casse de notre système de retraite aux fraudeurs du RMI, l'insécurité aux Arabes ni la saleté aux Africains.

Oui, je suis un bien-pensant s'il vous plait de le dire. S'il vous plait de considérer que face à l'individualisme désespéré de notre société le communautarisme est le seul salut. Qu'il n'y a pas d'alternative aux guerres ethniques, et que mieux vaut les précipiter que de les fantasmer, je suis un bien-pensant.

Je suis un bien pensant si vous chagrine que l'on résiste à l'idéologie dominante, à la déferlante libérale, à une société dont la seule grille de lecture est la compétition entre les personnes et entre les peuples. Où l'écrasement de l'autre est inscrit dans les gènes de l'organisation sociale de la vie, je suis un bien pensant.

Je suis un bien pensant si je refuse l'homophobie au même titre que l'islamophobie, si je considère que nous sommes disqualifiés pour dénoncer le niqab comme le symbole de l'oppression faite aux femmes, non parce qu'il en est un signe de la libération, la belle affaire !, mais parce que notre Grande Europe, notre Grande Nation Française ne sait pas asseoir sur les rangs de son Assemblée Nationale plus de 10 % de femmes, que moins de 20% des tâches ménagères y sont le fait des hommes, et que les violences faites aux femmes y demeurent l'un des grands fléaux de notre société. C'est trop simple, l'arbre d'un voile intégral, pour nous dispenser de voir la forêt de notre forfait séculaire.

Je suis un bien-pensant si je dis que notre société est faite aujourd'hui de cultures différentes, aux origines variées, que c'est un fait, que l'on n'y peut rien, et que cela pourrait même être une chance si l'on savait aller à la rencontre de l'autre, valoriser les savoirs de chacun, ce que j'appelle en bien pensant sa culture, qui est aujourd'hui une composante de notre culture commune. Je suis un bien pensant si je crois dur comme fer qu'un vivre ensemble est possible, serait possible, si chaque personne humaine, chaque jeune, avait face à lui une perspective de vie qui lui rendrait caduque le chaos des trafics et du crime, si au guichet de l'emploi et du respect on lui donnait un rôle, au lieu de lui offrir à chaque porte de la bureaucratie le dégoût et le rejet.

Alors vois-tu, je préfère mille fois être ce bien pensant, ce résistant, celui qui garde au plus profond de lui l'envie de se lever, même en proie à son plus grand découragement, tant la période est sombre, qu'être le complaisant.

seine-saint-denis-294259.jpgÇa ne veut pas dire que la vie est belle dans nos cités. Ça veut juste dire qu'il n'y a pas de raccourci possible. L'exaspération peut se parer du joli mot de populaire, ou s'affubler de cet attribut alambiqué de Français pauvre, elle n'a pas le droit de prendre pour cible un groupe, ni ethnique, ni sexuel. Surtout si elle s'exprime dans la blogosphère, et qu'elle n'est pas le fait de gens modestes à qui la misère pardonnerait beaucoup, mais d'intellectuels, d'élites qui disposent d'une presse et d'une cour.

Corto74, au blog élégant et à qui je ne veux que du bien, sans qu'il sache pour quelle délicieuse raison, écrivait cela, il y a quinze jours, sur son blog :

"Et oui, sur le net, bien à l'abri, des individus à la plume bien trempée s'en prennent ouvertement à l'islam, considèrent le musulman comme un grand malade, tentent de démontrer, non sans talent car nombreux sont ceux qui adhèrent à ce discours, que le beur est un personnage dégénéré, anormal, inacceptable. Plus inquiétant, c'est que ces mêmes individus, par des effets de plumes ou de rhétoriques adroits, tentent par ces discours de théoriser l'islamophobie, la rendre acceptable. Qu'un con s'en prennent aux arabes, ce n'est pas si étonnant, c'est un con. Que certains intellectuels cherchent à théoriser, justifier, voire sacraliser l'islamophobie, oui, c'est bien plus dangereux (sentez-vous venir comme des relents d'épuration…), et ça m'oblige à sortir de ma réserve."

Je signe des deux mains. Même la vraie version qui en fait ne disait pas "islam", mais "homosexualité", pas "beur", mais "PD", pas "islamophobie" mais "homophobie".

C'est pourquoi ce week-end, j'ai été triste d'y lire de ces "relents d'épuration" nauséabonds, pas sous sa plume, Dieu merci, mais de commentateurs habiles, confortés par sa complaisance. Vas-y voir si tu veux, mais je te préviens, ça sent vraiment très mauvais.

Face à un pouvoir raciste et réactionnaire, qui casse les acquis sociaux, jette des millions de personnes dans la pire précarité, dilapide la retraite à 60 ans, fabrique des travailleurs pauvres à la pelle, abandonne sans aucune perspective des millions de jeunes, certains continuellement stigmatisés en raison d'origines qu'ils n'ont pas choisies, je crois que le courage, c'est de dénoncer les idéologues sans vergogne qui concentrent le débat sur la sécurité, l'immigration, et cherchent perpétuellement à lier l'un à l'autre. Le courage c'est de refuser que l'on désigne à la vindicte une communauté. C'est de dénoncer les pitoyables mises en scène qui visent à faire de ses représentants les plus médiocres, salafistes mercantiles, leur étendard, en les victimisant, en les menaçant bêtement dans leur nationalité pour une polygamie impossible à prouver et en leur offrant toutes les tribunes. Le courage, c'est refuser d'être assimilés aux dérives intégristes parce que l'on refuse la politique de la stigmatisation..

Appelle-le bien-pensance si tu veux. Cela ne justifie pas la complaisance. Que je crois gravement coupabe.

J'en reste à ma démarcation républicaine.

Il y a des week-end, comme ça, où l'on regrette que RadioLofi se soit tue. L'art, la légèreté et la poésie de l'être humain aussi sans doute étaient-ils bien pensants.

Joyeux et vert, mes fils, mes fils, joyeux et vert, sera le monde, au-dessus de nos tombes...

Commentaires

Je partage ton billet à la lettre près. Je suis allé lire chez Corto, il y effectivement des choses à vomir. On y trouve aussi une vraie détresse mais comme souvent à partir d'un vrai constat, la dérive s'en suit. Et les responsabilités de l'État ne sont pas vraiment abordées, or qui a laissé se construire cette situation depuis des lustres, et dans quel but ? Chaque époque cherche ses boucs émissaire dans les minorités visibles.
Une autre réalité est que la France s'est construite depuis deux siècles dans le refus de la diversité. Je ne vois pas comme cela pourrait changer dans le contexte actuel de repli sur soi, sur sa petite nation, et sur ses valeurs dites universelles qui n'en finissent pas de s'étriquer.
Quand à la bien pensance, j'en finis par regretter presque la période de la censure. Au moins, tout était clair... on pouvait alors chanter "je m'en fous de la France, on m'a menti" avec Marianne Sergent et Maxime le Forestier....
Mais tu as raison... Joyeux et verts...

Écrit par : estèf | 31 mai 2010

J'ai cessé, il y a déjà un moment, d'aller commenter sur ce blog: j'ai été vite découragé d'aller argumenter contre ses "groupies". J'ai eu aussi droit au surnom de troll et suprême honneur j'ai été censuré. Donc bienvenue dans le club. Nous somme au moins trois maintenant...

Écrit par : RPH | 31 mai 2010

le lien du troisième : http://conscaducs.blogspot.com/2010/02/en-avoir-ou-pas.html

Écrit par : RPH | 31 mai 2010

Je vis seule, dans mon quartier je m'implique autant que je le peux.
C'est ainsi que mercredi dernier j'étais de sortie avec un groupe de 63 personnes de "cultures" très diverses.
Bien plus jeunes que moi tous.
Nous avons BEAUCOUP échangé, dans le car la discutions allait de l'économie africaine du nord et du centre, de l'islam aux chrétiens, de la géographie de Paris à l'Histoire de France.
Tous étaient là et s'exprimaient, des femmes voilées, des tuniques asiatiques, des saris, beaux tous nous étions.
Heureux d'être ensemble.
Je m'oblige à survoler les "infos" distillées par les médias.
Il y a une dizaine de jours , j'offris l'hospitalité à une inconnue, elle découvrit le marché qui se tient le mercredi après-midi tout près de mon nid, elle en revint "troublée"
C'est très "mélangé" ici fut son constat!
Hé oui répondis-je, j'aime ce brassage de tout, ouvrir sa porte ce n'est pas grand chose, ouvrir son cœur ça c'est un travail constant par les temps qui courent,où l'on nous chante que l'européen est le fin du fin de l'humanité, le français en particulier!
Bref, j'ai lu ton billet, tu y exprimes mes propres constats, rages, désenchantements mais aussi l'espoir que nous ne sommes pas SEULS pour avancer vers le meilleur.

Écrit par : mume | 31 mai 2010

Coucou,

J'aimerais bien savoir, curieux et ouvert comme je le suis, pour quelle raison délicieuse tu ne me veux que du bien...
Ceci dit, j'eus aimé, 3 ou 4 petites choses:
- Puisque tu reprends une partie de ma prose, cela aurait été sympa de demander, je le fais toujours qd cela est possible.
- "intelligent, peut-etre", j'ose esperer que tu as voulu ainsi te moquer gentiment:)
- je concède volontiers avoir laissé passer le com odieux sur la sulfateuse, ceci dit, connaissant, de par ses écrits le lascar, il faut parfois relativiser. Venant d'autres, il ne serait pas passé. Pour les autres commentateurs, interroges toi plutôt, ce que j'essaie de faire, sur les raison qui les amenent à écrire ainsi. La vie est loin d'être rose pour tout le monde. L'exaspération peut parfois etre un justificatif.
- La vie m'aurait été sans doute plus facile si j'avais su faire preuve plus souvent de complaisance.

Enfin, c'est assez curieux car sur le fond, et tu le sais, je suis assez en phase avec ce que tu dis. Et sincèrement, je pense que ton billet a surtout été motivé par ce "fameux" commentaire, le reste de tes allusions aux autres commentateurs me semble le fruit de ton tourbillon colérique ou désabusé que je comprends bien volontiers.

Pour finir sur à RPH, dont je ne souhaite aucune relance, il fait partie des 2 personnes qu'effectivement, je censure systématiquement sur mon blog, en près de 2 ans de blogs et 5100 commentaires déposés, c'est peanuts mais justifié, crois moi si tu le veux.

Et rassures toi, tu demeures dans ma dérouleus, toi, j'aime trop tes billets !

Sans rancune et biz a toi

Écrit par : corto74 | 31 mai 2010

puisque je fit parti des " infâmes...." depuis maintenant 15 années, j'ai crée et je dirige un centre social recevant 150 familles par semaine, afin qu'elles se nourissent ,s'habillent et puisque vivre normalement en toute décence....nous les aidons à faire leurs démarches, à écrire leurs lettres au pays etc.....je suis largement à l'heure de la retraite et je continu bénévolement mon travail de fourmi...je veux bien prendre des leçons..mais il faudrait aussi peut-être que ceux qui veulent m'en donner viennent voir le quartier où nous vivons et travaillons....il est toujours plus facile de montrer du doigt que d'agir..je vous attends sur le terrain quand vous voudrez......

Écrit par : boutfil | 31 mai 2010

-> estéf -> D'abord merci de ton commentaire, merci d'avoir eu le courage de plonger le premier dans ce bourbier, et merci de ton soutien : il est des sujets où il est parfois plus inconfortable d'intervenir.
"les responsabilités de l'État ne sont pas vraiment abordées, or qui a laissé se construire cette situation depuis des lustres, et dans quel but ?" Il est bien là, le problème. Dès lors que la politique n'est pas questionnée, ni le système économique, alors il y a toute la place à la désignation des boucs-émissaires.
"Une autre réalité est que la France s'est construite depuis deux siècles dans le refus de la diversité. Je ne vois pas comment cela pourrait changer dans le contexte actuel de repli sur soi"... Et pourtant, il faut travailler à ça, toujours, et toujours. Plus que le repli sur soi, c'est peut-être l'absence dans la société des ressorts d'un vivre ensemble. Fut une époque où l'entreprise était un lieu de partage, le syndicat, l'association de quartier. Il y avait du travail et la seule question était de réussir ses études pour échapper à la condition d'ouvrier, pas se choper un boulot précaire pour échapper à celle du délinquant. Comment écarter durablement des mômes de l'attrait des trafics, quand la société n'a rien, mais vraiment rien à leur offrir. Et on ne sortira pas de ce problème en se contentant de dire : "Mais regardez ceux-ci ou celles- là, ils s'en sont bien sortis, eux !!..." Lé réussite de quelques uns ne peut suffire à dédouaner la société et les politiques.
"Est-ce qu'on peut avoir le droit au désespoir le droit de s'arrêter un moment ?"
-> RPH -> Quant à moi, je viens de me faire qualifier de "troll de première grandeur". Venant du troll fasciste en chef, je le prends surtout comme un compliment. Mais rassure-toi, je ne m'userai pas longtemps à me frotter à ces groupies, que je connais par cœur, ce sont les mêmes à qui je me suis déjà frotté ailleurs. Et d'une certaine façon, c'est rassurant de voir qu'elles ne font pas tant de petits que ça, même si elles s'y essayent avec ardeur et glanent quelques fois, à tout le moins... la complaisance !
-> mume -> mais non, voyons, la mume ! Tu vis dans ces cités, tu souffres, cesse-donc immédiatement de vouloir t'ouvrir à l'autre, et arrête de faire mine d'y réussir. Tous des sauvages, je te dis, ou des sauvageonnes sous leurs fichus !!
Bah ! Ne baisse pas la garde. Si on s'y prend bien, la solidarité sera peut-être bien la plus forte...
-> corto74 -> La "délicieuse raison" est d'ordre privé, tu n'en sauras donc rien, mais elle suffit à ce que je te pardonne beaucoup de choses. Cela dit... Le com que tu as laissé passer n'est pas odieux - il y en a par ailleurs de nombreux autres qui sont odieux, je les évoque à mots non-couverts - il est criminel. Si j'avais le temps de m'en occuper, et aucun autre chat à fouetter, j'en ferai sans aucun doute un signalement aux autorités judiciaires. Cela s'appelle ni plus ni moins que de "l'incitation à la haine raciale". La violence est telle que je m'interdis de la reproduire ici, mais tu as un devoir impérieux de censure face à de tels contenus. Et la réputation de fanfaron provocateur de son auteur n'en est en aucun cas une circonstance atténuante, ni même sa supposée exaspération qu'il faudrait comprendre - car le Monsieur n'est nullement incommodé dans son quotidien - mais de la circonstance durement aggravante.
Je n'ai aucune rancune envers toi, mais je ne cesserai de te mettre en garde si je sens que tu te fourvoies, peut-être - mais ça c'est insidieux de ma part et je ne connais pas assez pour l'affirmer - parce que tu aimes trop être flatté. Pense au coup de l'étoile jaune. Quand elle fut imposée, personne ne savait où elle nous mènerait. Ne soyons pas aujourd'hui, comme nos pères hier, des voyageurs sans bagage !
-> boutfil -> J'ignore tout de vos activités. Je n'ai lu sous votre plume que des propos de droite ordinaires, un dépit banal, quelques sous-entendus douteux, mais bon... Disons que je ne crois pas avoir une folle envie d'initier un dialogue avec vous. Sachez juste que la banlieue et moi, ça fait simplement... 35 ans de vie commune !

Écrit par : Oh!91 | 31 mai 2010

@Oh

Total accord!

en tant que bienpensante non complaisante je te souhaite une bonne soirée et plaque sur tes joues deux énormes baci :-)

Écrit par : céleste | 31 mai 2010

35 ans ! Mais c'est que tu es vieux ! :)
Pour le reste, j'ai choisi de ne pas réagir, pourtant tu sais combien j'aime la polémique, parce que ça impliquait au moins un texte de la taille du tien. Là-bas et ici. Je ne m'en sentais pas le courage. Mais tu connais mon point de vue.
J'ai déjà été attaqué, ici ou là, par ces groupies infernales. Tu ne verras jamais un tenancier de blog les remettre en place par peur de perdre un lecteur. C'est aussi tout petit, mais c'est la vie de ces blogs qui se croient influents (mon cul !), et peut-être même celle de leurs auteurs qui n'existent peut-être pas ailleurs.

Écrit par : Olivier Autissier | 31 mai 2010

et cette ' bien-pensance ' est salutaire, ce genre de billet n'est jamais inutile , laisser le moins d'espace possible à la haine , allumer la réflexion quand les idées chancellent. . .
BRAVO & MERCI Oh.

Écrit par : Gilles | 31 mai 2010

De tout ce débat qui se déroule dans une société fort différente de la mienne, je retiens surtout qu'il y a quelque chose de sain à ce que ces débats se déroulent ouvertement plutôt que de vivre une certaine "bien-pensance conformiste" qui dit publiquement que "tout le monde il est gentil" mais qui ferme les portes à l'un et à l'autre pour des faux prétextes. De ce côté-ci de l'Atlantique, l'illusion de la tolérance cache souvent des courants très forts d'intolérance; c'est particulièrement le cas dans certaines régions de mon beau pays, le Québec et l'Alberta entre autres... Malheur à moi! J'ai passé le plus gros de ma vie dans ces deux provinces. L'Ontario me manque parfois... même si là aussi, il y a beaucoup plus d'illusion que de réalité, mais au moins il y a plus d'authentiques "bien-pensants".

Écrit par : Doréus | 31 mai 2010

-> céleste -> Tu tombes à pic, j'avais justement besoin de sentir ton soutien, là. Plein de bises à toi aussi ;
-> Olivier Autissier -> Je crois qu'il est pris à son propre piège, dragué par une cour droitière, flatté, il ne peut plus se dispenser de l'alimenter, ça continue de plus belle sur ses billets d'hier et d'aujourd'hui : c'est de l'immaturité blogosphérique, et je jette l'éponge. Il aurait des choix à faire, des partis à prendre, mais il n'en a ni le courage, ni le background politique. Il est condamné à s'y enfermer. Il finira vieux réac, j'en ai peur. Au moins, j'aurais tenté de lui sonner un tocsin...
-> Gilles -> Merci Gilles. Dans cette résistance, surtout quand les temps sont troubles, on n'est jamais trop nombreux ;
-> Doréus -> Et qu'en est -il, chez toi, du sort réservé aux populations indigènes ? N'y a-t-il pas un racisme latent, qui les condamne, plus ou moins, à une sorte de marge ?

Écrit par : Oh!91 | 31 mai 2010

Oui. Je me suis peut-être mal exprimé: en fait, ce que je dénonce, c'est justement ce racisme et autres formes d'exclusion qui ici s'expriment de manière latente... et qui font surtout surface dans la façon dont, par exemple, certains sont exclus de privilèges sociaux ou légaux à cause de leur différence de statut.
Mon partenaire est amérindien. Il me rappelle presque quotidiennement combien le regard dédaigneux que les gens ont sur lui lui fait mal au quotidien. Et nous nous prétendons la société la plus ouverte du monde... Bullshit.

Écrit par : Doréus | 01 juin 2010

Ton dernier commentaire à Olivier est pour le moins curieux, limite incorrect, mais passons. Il prouve néanmoins 2 choses de manière éclatante:
1) tu ne me connais pas, ce qui est somme toute logique et tu juges bien facilement
2) il est curieux de voir que tu ne sembles pas ouvert à ceux qui ne pensent pas comme toi.

Je ne sais pas comment je finirai, ce n'est pas ma préoccupation première, ce que je sais, c'est que je suis quelqu n d ouvert, de réaliste et pas de place chez moi pour les utopies; ce qui est certain, c'est que les jugements à l'emporte pièce ne m'interressent pas. J'accorde trop d'importance au débat pour refuser l'ouverture d'esprit et n'ai jamais refusé la prise de parole à quelqu'un sur mon blog ou ailleurs tant que la politesse et la courtoisie et cette même ouverture d'esprit demeurent.
Enfin, je ne fais jamais de commentaires sur quelqu'un publiquement ou sur mon blog sans qu'il en soit prévenu.
Allez cordialement, tout de même et fais attention, si je peux me permettre a ne pas t enfermer ds tes certitudes
corto

Écrit par : corto74 | 01 juin 2010

-> Doréus -> Décidément, j'espère avoir un jour la chance de vous rendre une petite visite, dans votre Amérique si fascinante, malgré tout...
-> corto74 -> Ce que j'écris à Olivier ,'est pas écrit dans ton dos, je sais que tu passes et que tu lis un billet où tu es en cause. Je lui dis au fond la même chose que je te dis à toi, et que je pense profondément : tu te pièges toi-même, et dans le pire des étaux. Vois-tu, la diversité des opinions, j'y crois. Mais vraiment très dur. Elle est indispensable, surtout à une époque où aucune solution n'est simple à trouver. Je crois en l'échange, en la confrontation, je peux même dire que je m'y plais. Pour ou contre le capitalisme, discutons-en. L'homoprentalité, discutons-en. La place du sport à l'école, discutons-en... Discutons de tout. Il y a juste une chose, qui ne relève pas de l'opinion et qui ne se discute pas : c'est la haine. La haine de l'autre. L'alimentation de la peur de l'autre. Le pluralisme n'a pas le droit de laisser place à la haine de l'autre, pas en dehors du café du commerce, en tout cas, pas sur un espace aussi public qu'est un blog. Il t'a fallu quand même 48 heures et plusieurs avertissements pour considérer que les mots "sulfater tout Africain qui pointe le bout de son nez" ne pouvait finallement pas être toléré sur ton blog. Cette défaillance de ta part est coupable, je le crois, et elle relève d'une complaisance dont les ressorts m'échappent, mais que je préfère mettre au compte de l'ivresse blogosphérique, d'un narcissisme mal contrôlé que d'une réelle dérive idéologique.
S'il n'est pas trop tard, corto, si le piège n'est pas encore refermé, je te conseille de te dégager de cette emprise sectaire, elle t'empêchera d'avancer. Tous les commentaires qui afflueunt chez toi ces temps-ci relèvent de ce marigot. Moi, j'y suffoque. Les alliances de circonstance avec les PDs lorsqu'il s'agit de bouffer de l'arabe ne sont de toute façon pas très solides. Les PDs aussi, on a fini dans les camps !...

Écrit par : Oh!91 | 01 juin 2010

"Les alliances de circonstance avec les PDs lorsqu'il s'agit de bouffer de l'arabe ne sont de toute façon pas très solides": pas très solides, mais tout à fait sordides...

Écrit par : RPH | 01 juin 2010

-> RPH -> Absolument. Même en état d'ivresse !...

Écrit par : Oh!91 | 03 juin 2010

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