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27 avril 2010

la deuxième saison

 

divan.jpg

Le 27 avril, l'an dernier, était un lundi. Au matin, j'avais accompagné l'objet de mes chagrins répétés à l'aéroport, je m'étais posé dans un petit café, pour un petit déjeuner copieux, puis j'étais allé sonner à sa porte. Déjà allégé d'avoir simplement osé prendre ce rendez-vous. Il m'avait reçu chaleureusement, m'avait offert son meilleur fauteuil. Au début, j'avais été timide. C'est de mon chagrin, que je lui avais d'abord parlé, de mon incapacité à le dépasser, de ma peur de voir s'installer en moi la tristesse, et sa copine la dépression. Je lui avais dit ensuite que je n'avais qu'une crainte : qu'il me suggère comme porte de sortie de rompre ma liaison, fut-elle douloureuse. Puis j'avais parlé de moi. Évoqué l'impression que j'avais d'avoir continuellement une dette à régler. Il m'avait écouté, m'avait posé quelques questions, peu, son regard était profond, je le soutenais, je m'y réfugiais peut-être, son écoute n'était pas de la compassion, déjà ses yeux devenaient miroir, je ne savais pas encore qu'à la fin de l'été suivant, il me proposerait d'opter pour un divan afin de m'affranchir du poids de son regard, et de se soulager du mien.
Notre premier entretien avait duré une heure. Il me prit 60 euros. Il m'expliqua que nos prochaines séances dureraient une demi heure, qu'il ne me ferait pas de feuilles de maladie, ne décelant en moi aucune pathologie.

La machine était enclenchée. Elle tourne depuis un an, grève mon budget, bouleverse mes priorités, je ne sais plus bien à quoi me servent ces rituels, mais je ne vois pas davantage à quoi me servirait de les interrompre.

Alors lundi, j'y retournerai. Je commencerai ma saison 2 avec lui.

Commentaires

Moi, c'était en mai.
Je me dis toujours que je ne suivrais pas la saison 2, et puis, et puis, le suspens me tient tellement que... je crois que je vais replonger aussi.

Écrit par : πR | 28 avril 2010

Je mefies toujours un peu des psy. Toutes les personnes que j ai rencontré ayant suivi ou suivant une analyse me semblaient un brin plus torturés de la touffe qu'avant; ce que bien evidemment je ne te souhaites pas ! :)
biz

Écrit par : corto74 | 28 avril 2010

c'est un long voyage vers soi , qui m a tenté ..

puis , pendant 14 ans , ( douloureuse rupture il y a un an ) j ai eu une relation amoureuse avec un homme qui est en analyse depuis plus de 25 ans ,
qui porte malgré tout son homosexualité comme une verrue , s'écartèle entre ses 2 vies , l officielle et l officieuse .. Amoureux fou , j acceptais l inacceptable pour le garder .
ah j oubliais ... il a sa plaque de psychanalyste depuis une dizaine d années !

Écrit par : gilles | 28 avril 2010

2 ans 1/2 que l'entreprise a commencé. Je peux désormais dire que la dépression est derrière moi. Qu'un réel processus de libération continue de progresser. Et quand il sera question d'en finir avec les cachets (possiblement cette année), j'accepterai volontiers d'espacer les rendez-vous jusqu'à avancer enfin seul vers la possibilité d'un retour au bonheur. Comme avant, voire mieux qu'avant, cette époque où j'ignorais qu'on pouvait perdre durablement la joie de vivre du jour au lendemain.
Contrairement à toi, je ne paie rien, étant pris en charge du fait de l'alcoolisme et des crises d'angoisses sévères liés à ma décompensation. À ta place, je me sentirais presque "heureux" de devoir débourser ces 60 € ^^ (Je blague, loin de moi l'idée de mettre en concurrence les mal-être !)
Je comprends également les sceptiques. Ni la psychanalyse ni la psychothérapie ne sont des sciences exactes (je dirais même que ça tient du pari). Moi-même j'avais dès le départ formuler mes a priori. Il se trouve que dans mon cas le psy m'a convenu et que j'ai observé les bienfaits de nos séances sur le temps. Je ne regrette donc pas de m'y être plié.
La démarche est tellement personnelle qu'il me semblerait vain, sinon idiot, de la promouvoir aveuglément.

Écrit par : Kab-Aod | 28 avril 2010

Je crois aussi que la démarche est très personnelle et qu'il n'y a pas de généralisation possible. J'ai parfois été tenté et pour le moment je crois - mais est-ce bien sûr - que je m'en suis sorti sans. J'ai une personne dans mon entourage qui a franchi le pas et le résultat a été impressionnant, ça a changé sa vie et celle de ses proches. Elle avait choisi ne n'aborder qu'une seule de ses fêlures, et j'ai souvent pensé qu'elle aurait du faire un lot !

Écrit par : estèf | 28 avril 2010

Un petit salut en passant, juste pour te dire que de temps à autres je pense à toi :-)

C'est un "travail" de longue haleine que tu as entrepris...

Un jour, le monsieur assis dans son fauteuil qui m'écoutait en silence m'a dit:
" Je pense qu'après la prochaine séance vous arrêterez de venir."
J'ai répondu que je le pensais aussi puis je lui ai demandé pourquoi, lui, il me le disait:

"On estime que les séances sont finies quand la personne qui est en analyse est à nouveau capable de travailler, de créer et d'aimer".


Baci

Écrit par : céleste | 28 avril 2010

Coïncidence - c'est mardi que j'ai dit à mon cher sherpa "bin ayé, je ne vais plus venir." Pour les raisons citées ci-dessus par céleste, qui me paraissaient suffisantes.
C'est donc ici qu'on remercie nos psys (ou praticiens gestalt dans mon cas), et qu'on te remercie de l'oh/netteté avec laquelle tu nous livres tes séances, et nous aide aussi à mieux vivre les nôtres.

bises, donc, et vivement la saison 2 (qui est en fait la saison 4 de ton blog, non ?)

Écrit par : manu | 28 avril 2010

Tout ce que je peux dire c'est que ça prend du courage pour amorcer cette démarche qui creuse au plus profond de tes blessures... mais aussi que c'est une démarche qui peut prendre du temps à porter fruit. La patience et l'honnêteté sont ici tes meilleures alliées.

Écrit par : Doréus | 29 avril 2010

-> πR -> Ah ah, c'est donc tout récent pour toi aussi. Tiens, je me rappelle encore du billet que tu avais fait là dessus. Excellent !...
-> corto 74 -> De toute façon c'est évident : la psychanalyse, c'est un truc de gauche !?!
-> gilles -> Apparemment, tu y as laissé des plumes... et quelques apostrophes !! Les psy ne tourmentent pas forcément moins que les autres, j'en sais quelque chose... On peut connaître et reconnaître ses troubles obsessionnels et refuser de s'y attaquer. Mais 25 ans d'analyse pour rester homophobe contre soi-même, quand-même, je ne suis pas sûr que j'irai le consulter...
-> kab-aod -> Merci de ce beau témoignage, si intime. C'est beau ce que tu écris, sur le refus du prosélytisme, sur la non-concurrence des mal-être, sur la confiance accordée au temps. Je te souhaite de continuer à avancer comme tu le décris là, aujourd'hui aidé, et demain seul, tu m'as l'air bien parti pour retrouver un bonheur, ou du moins un équilibre ;
-> estéf -> peut-on vraiment choisir, dans ce travail, de ne se concentrer que sur un fêlure ? Il me semble que l'une appelle l'autre, et qu'une autre en révèle encore une autre et que c'est cela qui permet d'atteindre les nœud et de les relâcher un peu...
-> céleste -> merci de ce passage et de ce clin d'œil : redevenir "capable de travailler, de créer et d'aimer". De travailler, ça va, j'y arrive bien, mes obsessions ont cessé d'être paralysantes ; créer, ça fait un peu parti de mon job. Bon, je me trouve parfois un peu sec, mais je ne suis pas non plus reclus, disons que ça va... Quant à aimer, qui peut dire que je n'aime pas ? J'aime sans fin. Sans limite. J'aime comme on verse une eau douce dans un puits sans fond. j'aime et ça se perd, j'aime d'un amour inutile, d'un amour qui se dilapide en sortant de moi, mais j'aime. Peut-être pour moi, les séances pourront cesser quand je saurais faire de mon amour meilleur usage...!! Autrement, il faut qu'on se parle, j'aurais peut-être besoin de tes sciences sur l'Inde...
-> manu -> Hou la la, non, pas encore la saison 4. Pour le blog, nous en sommes à peine au milieu de la saison 3. Mais ça rame. Faudra trouver un truc pour relancer la quatre... Si t'as des idées ?!?
-> Doréus -> C'est marrant, parce que je ne sais pas dire si c'est avec le blog ou avec le psy que je me suis le plus attaqué à mes démons. Le blog était peut-être déjà une façon de régler certains comptes avec moi même. Puis en allant voir le psy, j'ai remarqué qu'ils ne jouaient pas exactement le même rôle. Pas tellement qu'il a des commentaires plus intelligents, ou plus pertinents que les commentateurs. Mais peut-être à cause de ces fichus 60 euros, qui suffisent à faire de lui quelqu'un d'à part...

Écrit par : Oh!91 | 30 avril 2010

Ah bon ? Pourquoi dis tu cela ?

Écrit par : corto74 | 30 avril 2010

Je suis bien d'accord avec toi, et je ne comprends pas bien comment ça a pu se passer. Traiter avec succès la relation aux parents et à la fratrie en passant volontairement à côté de la relation aux enfants et au conjoint me parait surprenant !

Écrit par : estèf | 30 avril 2010

-> corto74 -> Ben non, c'était une blague, mais au 378è degré, oublie ! Encore que, j'ai remarqué qu'il y avait, dans la culture de gauche, chez les cocos que je fréquentais en particulier, un regard bienveillant sur Freud, comme une résonance avec "l'homme nouveau" de Marx, peut-être aussi à cause de cette vision non essentialiste des caractères humains, une certaine rationalité humaniste, je ne sais pas...
-> estéf -> bah, la vie est longue... mais elle me rappelle un peu ma belle-sœur, ta copine...

Écrit par : Oh!91 | 01 mai 2010

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