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26 avril 2010

l'âge de raison du RSO

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Ce week-end était encore placé sous le signe du soleil. Nous voilà donc passés d'un hiver tardif à un été précoce, sans autre forme de printemps, et sur la terre dure et sèche de mon petit lopin, la pelouse ensemencée il y a de cela deux semaines, pour raccord, a bien du mal à prendre. Une pluie fine, une simple bruine, sous ce soleil aguichant, n'aurait pas été malvenue.

Note qu'il n'y a eu besoin d'aucune giboulée, ce week-end, pour que les arcs-en-ciel resplendissent. Juste un peu de talent, de la besogne, et des partis-pris artistiques courageux et assumés. Le Rainbow Symphony Orchestra tenait à l'Oratoire du Louvre ses deux concerts de printemps et, comme à l'accoutumée, s'attachait à faire découvrir, derrière une gourmandise alléchante, deux œuvres presque méconnues.

C'est d'ailleurs ce que j'apprécie, avec le Rainbow Symphony Orchestra : ne pas s'en tenir à un répertoire aguicheur, mais inviter à autre chose, demeurer exigent. Les musiciens, amateurs pour la plupart, ont plaisir et fierté à jouer des partitions habituellement réservées à des ensembles aguerris de niveau professionnel, et ça se voit. Force est de constater que leur chef, John Dawkins, les contient et les mène à de belles réussites musicales et techniques.

Le RSO a donc sept ans. S'il n'a pas fait oratoire comble, l'Église réformée du Louvre a bien rempli les deux tiers de ses bancs, en moyenne sur les deux représentations. Sa performance aurait mérité davantage. J'en suis content malgré tout, parce que des soubresauts récents et quelques défections douloureuses l'avaient fragilisé, au niveau des cordes surtout, mais aussi de la confiance, et l'on pouvait craindre une perte d'enthousiasme ou de concentration. Il n'en a rien été et je dois dire, moi qui le suis maintenant depuis deux ans, qu'il a offert au contraire, ce week-end, le plus beau des concerts auquel j'ai eu l'occasion d'assister. Il a gardé toutes ses couleurs, et elles resplendissaient, chatoyantes, sous la haute voûte du temple.

Ma mère l'Oye, de Ravel, ouvrait le bal. John et l'orchestre nous ont offert une petite intro-pédago, pour permettre à l'auditoire d'apprécier les thèmes musicaux, le son des instruments, les phrases clé, et de comprendre les ressorts illustratifs de Ravel.

Le gros morceau, c'était le Concerto pour clarinette de Aaron Copland, mélodieux dans sa première partie, technique et enlevé en seconde partie, à la lisière du jazz, enjoué, sautillant. L'interprétation qu'en a faite le RSO a été bluffante, surtout samedi soir. Tout était raccord. Le clarinettiste, Matthew Hunt, démarche dégingandée et regard de grand timide, contact simple et souriant, a offert une interprétation magistrale, indomptable, dépourvue d'imperfections. Bel hommage à cet orchestre qui a mis tant de cœur à l'accompagner et s'en est sorti avec grand mérite.

Je ne sais pas si c'est moi ou si c'est eux, mais c'est dimanche que la 5ème Symphonie de Vaughan Williams m'est apparue la mrainbow-dec-30-06-2-cc-lulup.jpgieux accomplie. Avec ses enflements, ses dissonances, sa mélodie qui se cherche, tâtonne dans la brume, s'éveille à l'appel des cors, triomphe et s'éteint dans la paix. Avec ses couleurs dépolies, ses contours celtiques, c'était un joli contrepoint à un programme modeste et riche.

Le Rainbow Symphony Orchestra a atteint l'âge de raison, mais il m'a fait l'impression de signer son acte de (re)naissance. Les 12 et 13 juin, il offrira des représentations gratuites à Ivry et Alfortville, dans le cadre du festival de l'Oh!, avec une sélection de pièces symphoniques dédiées à l'eau. Je crois que ça vaut le coup que tu leur réserves une visite.

Avec tout ça, je réalise que je ne t'ai même pas parlé de Messiaen par Boulez, le 12 avril dernier à Bastille, ni même de Siddharta, par l'étoile montante de la chorégraphie contemporaine, Prejlocaj. Je crois qu'il y a prescription, mais c'est dommage. Je t'assure que ces soirées auraient également mérité une chronique, même si je ne connais aucun violoncelliste dans l'orchestre national de l'Opéra de Paris.

Commentaires

Je savais que je regretterais mon absence : -) mais bon faut faire quelques choix parfois. Sinon faut qu'on se voit chouchou, j'ai quelques bricoles à partager avec toi et Igor, tu m'as manqué grave et je t'embrasse

Écrit par : Bougrenette | 26 avril 2010

il y a 25ans j'ai connu une fille qui habitait dans l 18ème, un ancien immeuble... l'étage en dessous elle m'a dit qu'il y avait un vieux musicien qui avait à un autre étage toutes ses partitions.... un jour je l'ai vu dans l'ascenseur....c'étati Olivier Messiaen.... et pendant que je draguais il finissait de composer "un vitrail et des Oiseaux".... et le vendredi il était à l'orgue de la Trinité....mais j'avoue ne pas accrocher plus qeu ça

Écrit par : Francis | 26 avril 2010

-> Bougrenette -> Va pour les bricoles... Quand il faut partager !!..
-> Francis -> L'as-tu entendu interprété par Boulez ? Je dois dire que c'est alors difficile de ne pas accrocher. Elle est devenue quoi, ta copine ?

Écrit par : Oh!91 | 28 avril 2010

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