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04 avril 2010

des oeufs et des cloches

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Pâques est - depuis que le commerce est aux commerçants - la fête du chocolat.

Les vrais amateurs vont comprendre ce que je dis : ce qui est bon, dans le chocolat, le vrai, je veux dire, le chocolat noir, c'est le mélange de douceur et d'amertume. Le petit goût de revenez-y, et l'attaque somptueuse et grave qui dit "abus interdit".

J'ai eu ma dose, cette année, cachée au fond du jardin. Un jardin de douceur, de tendresse, d'un être-ensemble qui ne se croyait plus possible, arboré d'épineux derrière lesquels j'ai trouvé un soir la cloche qui ouvrait à moi son beffroi, la musique teintait, elle était belle, puis le lendemain l'œuf, que j'ai pu craquer par l'arrière pour en extraire le trésor.

Le chocolat m'était offert, il venait à moi presque sans que je ne lui dise rien. S'en est suivie une tape sur les mains, puis une seconde, mais j'apprends à ne plus leur donner trop de signification.

Un peu une plongée dans l'enfance, une invitation à revisiter la famille, à défaut de la visiter pour de vrai. Pâques m'a d'ailleurs laissé le temps de préparer un de ces billets-de-la-mort-qui-tue dont j'avais la substance dans les veines depuis huit jours. Je crois que ce sera pour demain - avec dédicace spéciale à ceux qui ont fait fi de la famille et ont gardé un ordi pas trop loin d'eux...

Ceci pour dire que je suis dans un sursis plaisant, du genre haut de la sinusoïde avec le bas qui se profile déjà, et que mon sevrage n'est pas pour demain. Mais au fait : se sevre-t-on de chocolat ?

Commentaires

oui, on peut se sevrer du chocolat...
puis-je te conseiller un livre pour remonter la prochaine vague : Paramour, d'Henri Gougaud. A bientôt.

Écrit par : estèf | 04 avril 2010

Pâques, en famille, mais avec l'ordi à portée de main, je suis accroc, je suis addict... mais je suis bien moins addict à la famille qu'à l'ordi...
Devrais-je avoir honte, culpabiliser? Peut-être. Peut être pas. Tout dépend du contexte, de l'expérience, de l'acceptation, de la vie que je considère. Là, présentement, je ne culpabilise pas, j'ai envie d'être ailleurs, de fuir, de partir, d'être ailleurs. Des sinusoïdes, j'en parcours aussi, 2 en même temps, mais elles ne sont pas en phase et elles ont une période différente. j'arrive à jongler, percevoir, changer les variables pour maintenir un équilibre entre les 2.
J'ai fait fi, je fais fi de la famille, mais la famille ne le sait pas, fait semblant de ne pas le savoir, ça l'arrange peut être.
Je fais fi du risque chocolat, aussi. Le chocolat noir, pur chocolat noir, s'entend. Cette saveur amer et douce en même temps, à l'image de ma vie. La douceur, gâchée par l'amertume en arrière plan. L'amertume, que j'aime aussi, est également gâchée par la douceur. J'ai eu l'occasion de croquer des fèves de cacao, plusieurs fois. Un vrai délice, un vrai délire, j'ai adoré. Mais finalement la douce amertume, ou l'amère douceur, comme on veut, reste un équilibre qui se doit d'être préservée. C'est aussi en partie dans tes écrits que je puise des émotions et même de la réalité qui me renforce
C'est sans doute elle qui me donne la force de repousser les phases basses de la sinusoïdes vers le haut, quelles que soient les circonstances et je t'accorderai toute l'aide possible dont tu aurais besoin pour remonter et repousser vers le haut les phases basses de la sinusoïde capricieuse qui te guette
Demain, retour à la réalité, loin de la famille, j'aurai accompli mon devoir. Oui, j'en suis là, la famille est devenue un devoir
Je l'accomplirai, quoi que cela me coûte
Mais j'ai besoin (je 'en rends compte et bien plus que je le pensais) des autres, dont tu fais partie maintenant

Écrit par : buddy | 05 avril 2010

-> estéf -> Merci de la référence, j'en ferai quelque chose... Henri Gougaud, un nom qui me dit quelque chose, tiens. Un des grands paroliers de Ferrat, si je ne m'abuse.
-> buddy -> Sauter d'une sinusoïde à l'autre, pour toujours être en haut de la vague... Il fallait y penser. Le chocolat n'en finit pas de se prêter aux anthropo-analogies, c'est amusant.

Écrit par : Oh!91 | 05 avril 2010

Les amours de jeunesse sont sans doute les plus belles ou les plus terribles. Lui, j'ai l'impression de l'avoir toujours connu. ce fut un compagnon essentiel de mon enfance. Un compagnon de jeu d'abord. Combien de parties de cache-cache nous avons mené ensemble ? C'était toujours moi qui cherchait. Lui n'avait pas son pareil pour se dissimuler, quite à se glisser sur la plus haute étagère du placard de la cuisine. Et quand je je trouvais enfin...
Plus tard, c'est pour lui que j'utilisais pour la première fois la douce expression de mon chéri. C'était un régal de le sentir dans ma bouche et de découvrir ainsi son fruit légèrement sucré et acidulé.
Le temps passait, du simple appareil de notre jeune âge, il s'était pris de passion pour des tenues de plus en plus élaborées. Il se parait de toutes sortes de robes, cachait des fruits simples qui en devenaient exquis. Mais c'est simplement drapé de noir que je le préférais.
Lorsque je rentrais, harassé après une journée de travail, j'étais impatient de le retrouver et de m'abandonner en savourant lentement sa peau veloutée, pour faire durer le plaisir. Il renouait souvent avec les jeux de notre enfance, se dissimulant dans quelque recoin où je devais le chercher longuement.
Ce fut un immense amour.
Un jour pourtant, il me poignarda au bas du dos.
Je n'avais rien vu venir. La douleur fut intense. Je me réveillais aux urgences. On enquêta. Ce fut sans appel, c'était lui. Certes il n'a pas agit tous seul mais c'était lui le principal instigateur.
J'ai rompu.
Depuis je le croise souvent, nous avons même flirté deux ou trois fois. Mais le désir s'est envolé.
J'ai arrêté le chocolat.

Écrit par : estèf | 05 avril 2010

En effet, Gougaud est un grand poète et parolier de Ferrat, Picasso colombe, la matinée et tant d'autres, comme celui-ci que j'aime particulièrement
"Pour elle seule je veux être une orange
Un grand bateau un café sur le zinc
Un arbre un fleuve une hirondelle un ange
Un cheval fou dans un grand magasin"

Gougaud est aussi écrivain. J'ai cité Paramour intuitivement car c'est un texte magnifique et plein d'espoir. A la réflexion cette intuition n'était pas neutre (qu'en penses-tu buddy ?)
Cela se passe au XIV° siècle. La peste est sur Avignon. Mathieu quitte la ville avec sa soeur et un troubadour. En passant le pont sur le Rhône, il ramasse un livre échappé du butin de pillards d'un monastère. Ce livre aux belles enluminures va littéralement transporter les trois jeunes gens. Ils vont partir à la recherche de l'auteur. S'en suit un longue quête, ode à l'Amour et à l'élévation de l'esprit.

Quelques extraits :
... les contes sont des femmes enceintes, ils portent la vraie vie en eux, l'oreille est le berceau où ils la mettent au monde, et qui ne les croit pas est plus fou qu'ils ne sont!
... seul le souffle de l'amour peut porter sans dommage d'un être à l'autre les nourritures de l'âme.
...En vérité, nous soupçonnons parfois notre mémoire d'enchanter faussement le passé, alors qu'elle est fidèle à ce qui fut, et que seules sont trompeuses les mélancolies qui nous font douter d'elle.

Laissez-vous transporter...

Écrit par : estèf | 05 avril 2010

-> estéf -> Deux magnifiques commentaires. Je suis heureux que tu aies prolongé la parabole, en la renversant. Le chocolat a donc d'infinies vertus.
Le dernier extrait que tu cites de Gougaud est magnifique : ah! les mélancolies trompeuses. Parfois je me rassure en me disant que c'est à cause d'elles que l'on trouve que c'était mieux avant, pas parce que le monde court à sa perte.
"Mais ceci est une autre affaire..."

Écrit par : Oh!91 | 08 avril 2010

Tu me renvoies dans un rêve équestre. J'aime !

Écrit par : estèf | 09 avril 2010

-> estéf -> pfff ! Imagine-toi que j'ai raté la soirée d'hommage à Ferrat. C'était complet et j'ai appelé trop tard... Voilà ce qui arrive quand on attend trop longtemps les confirmations des copains !...

Écrit par : Oh!91 | 11 avril 2010

Mince, et désolé, j'ai du contribuer au retard. On se peut se faire une soirée d'hommage privé si tu veux !

Écrit par : estèf | 11 avril 2010

-> estéf -> Tu n'y es pour rien, je paye un excès de prudence, ou de négligence. Quant à nous faire notre soirée d'hommage à nous, je suis candidat, évidemment... si toutefois tu n'envisages pas d'en faire une soirée karaoké !!

Écrit par : Oh!91 | 11 avril 2010

Je vais y réfléchir mais rassure-toi ce ne sera pas un karaoké !

Écrit par : estèf | 12 avril 2010

-> estèf -> Dis-moi déjà quand tu es de passage. On verra après ce qu'on fait de Ferrat...

Écrit par : Oh!91 | 14 avril 2010

A bientôt alors !

Écrit par : estèf | 14 avril 2010

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