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01 avril 2010

état de catastrophe

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Au détour d'une conversation entre Fabrice Luccini et Frédéric Taddéi, avant-hier soir sur France 3, où il était question d'altération, j'ai mis mon nez dans un texte auquel je suis impardonnable de ne m'être pas intéressé plus tôt. Ou bien plutôt, auquel je m'étais intéressé trop tôt, à une époque où les figures de Barthes ne me parlaient pas - j'avais sans doute alors le coeur insuffisamment déchiré.

Les fragments ont désormais été écrits pour moi, c'est évident.

Tiens, juste trois figures, parmi toutes, parce que dans l'amour, le discours n'est pas seul à finir en fragments :

"ABSENCE.  Tout épisode de langage qui met en scène l’absence de l’objet aimé – quelles qu’en soient la cause et la durée – et tend à transformer cette absence en épreuve d’abandon." C'était le thème de ma dernière séance, à peu de choses près.

"ALTÉRATION.  Production brève, dans le champ amoureux, d’une contre-image de l’objet aimé.  Au gré d’incidents infimes ou de traits ténus, le sujet voit la bonne Image soudainement s’altérer et se renverser." Ça, c'est ce qui m'est arrivé sans m'en rendre compte. Le coup du point noir sur le nez, d'une érection instable ou d'une haleine chargée de fin de soirée, ou même d'un excessif altruisme qui confine à une apparente faiblesse, voire à la transparence... On remonte difficilement ces pentes-là.

Ah! et puis celle-ci, qui dit tout de là où j'en suis : "CATASTROPHE.  Crise violente au cours de laquelle le sujet, éprouvant la situation amoureuse comme une impasse définitive, un piège dont il ne pourra jamais sortir, se voit voué à une destruction totale de lui-même."

Tu as dit rechute ?

Commentaires

Le cheminement de mon esprit face à ces mots, tu me connaîtras un peu plus
Et j'attends la même chose de toi!

ABSENCE : néant, vacuité, vide, blanc, place, espace, immensité, inactivité, virginité, dormance, semence, germination, déploiement, idée, projet, futur, moi, toi, nous

ALTERATION : dégradation, décomposition, simplification enfin, réflexion, paramètres simples, binaire, données objectives, regard de soi, projection, nettoyage du bruit, briques, empilement, simplicité-complexité-efficacité, projet, construction, reconstruction, moi, toi, nous

CATASTROPHE : non non et non! non non non! tu vaux infiniment plus que ça, je le sens!
destruction, annihilation (non! si oui, de quoi?), le pire, (le mieux?), décomposition, (les-choses-étant-ce-qu'elles-sont-que-vais-je-faire-maintenant), activation, stabilisation, stationnaire, calme, présence, pulsation, battement, faible, moyen, fort, futur, projet, toi, moi, nous


et s'il le faut, je viens te secouer!

Écrit par : buddy | 01 avril 2010

toi qui rêvait d'être à quelqu'un ou quelque chose utile
je te lis désormais tous les jours
je parcours les chemins de cet espace et j'erre sur sur tes mots
je découvre un monde infini de sensibilité et d'amour
je m'évade dans tes liens - hier je découvrais les mosaïques d'Igor - avant-hier j'étais à Budapest,
puis je tourne quelques pages du cobaye
je reviens plus tard sur tes cris et sur les traces amicales des commentaires
je me ressource dans ces échanges
je puise de la force dans tes pensées et dans ton vécu, moi qui n'ai pas osé vivre
je quitte alors ma solitude de co-voitureur d'un amour étrange, altéré
la catastrophe, c'est de ne t'avoir trouvé plus tôt,
et quand j'écris celà,
tu vois pas comme mes mains tremblent
bien amicalement

Écrit par : estèf | 01 avril 2010

L'état de catastrophe est ainsi décrété...
Sache qu'un immense mouvement de solidarité est en marche ... de mon côté. Mille pensées vers toi, que je n'aime pas savoir ainsi. J'ai moi même quelques craintes de voir ce genre de cataclysme s'abattre sur mes frêles épaules. Les mots que tu lâche ici ("impasse", "piège" ou "destruction totale") me font simplement trembler... Je pense bien à toi, oserais je même dire "fort"...

Écrit par : πR | 02 avril 2010

-> Buddy, estéf et πR -> Ce n'est pas tellement dans mes habitudes de faire une réponse groupée. Je paye un prix à l'attention individuelle, c'est bien le moins que je puisse faire en retour, parce que je veux marquer le respect, ne pas laisser le moindre doute sur le fait d'avoir reçu la délicatesse. Mais là, à tous les trois, chacun à votre façon, avec votre histoire, vous avez mis la barre haut : vous m'apportez une bouffée d'affection enivrante, si intense, si rare, si bienvenue, qui sens si bon la sincérité...
Moi aussi, j'ai des déferlantes de mots qui me viennent à vous lire ainsi, entre croire, croire encore et malgré tout, ou accepter, et œuvrer, dents serrées, à remettre peu à peu de la légèreté dans cette acceptation, entre voir le monde tel qu'il est au delà des limites que j'ai voulu lui croire, et ne voir mon monde à moi que comme la fin du tout, entre me replier sur un amour déçu et me tourner, bras ouverts, vers des amitiés qui ne seraient que d'autres formes de l'amour... si seulement ces options relevaient de mes simples volontés...
Il me reste à penser que les oscillations douloureuses sont l'apanage de la vie, que c'est grâce à elles qu'existent les lendemains.
Buddy oui, viens me secouer, je t'attends. Estéf, mais nous nous connaissons depuis toujours, sois-en sûr. Je n'en reviens pas que des récits, ou des émotions déposées là il y a déjà plus de deux ans puissent être aujourd'hui recueillies comme tu les reçois, et me vaillent pareil regard. J'en tremble avec toi. πR, elle vibre, votre armée en marche, agitée par ta pensée que j'ose entendre "fort" depuis tes bords de mer en famille.
Je vous aime.

Écrit par : Oh!91 | 03 avril 2010

Qu'il est doux cet échange qu'on ose à peine déranger ...

Je m'en retourne dans mon impasse définitive non sans déposer sur tes pensées toute ma tendresse par brassée ...

Écrit par : feekabossee | 03 avril 2010

Oh, je voudrais te rassurer. Je n'ai pas encore parcouru tout ton blog, je l'ai fait de manière décousue, mais profonde, en sautant et papillonnant de liens en billets. Un peu en suivant une inspiration, une envie, un chemin émotionnel.
Une certitude à mes yeux, quand je m'immerge dans les billets, les commentaires et les échanges, c'est que tu es devenu utile à quelqu'un, et même à quelques uns, et ça semble évident. Au moins à moi
Je me surprends depuis un moment déjà, quand je déroule ma liste de flux de blogs à suivre, le premier vers lequel le curseur se déplace est "entre deux eaux" et je guette fébrilement toute activité
Oui, tu es utile. Je sais ce que tu ressens, ton attention est sans doute déplacée vers un autre désir. Je sais, je comprends ce que tu ressens, j'ai vécu un épisode similaire récemment
Tu es important

Écrit par : buddy | 04 avril 2010

-> feekabossee -> Toi, il n'y a pas de risque que tu déranges quoi que ce soit. Tu y es dans ces échanges, même à ton corps défendant. Avec en plus la vraie rencontre, le vrai toucher, la vraie ouverture à la famille et au reste du monde, grâce à quoi naissent les promesses...
-> buddy -> utilité, importance... c'est fou ce que j'ai besoin d'entendre ce genre de choses en ce moment. Tu ne te doutes pas de comment comptent ta présence, ton témoignage, ton intérêt. Merci de tout ça et du reste.

Écrit par : Oh!91 | 04 avril 2010

c'était sympa de nous répondre à tous collégialement, nous sommes tant en phase (un clin d'oeil à buddy).
Ne sois pas étonné que que je sois aussi sensible à tes écrits même anciens, pour moi ils sont présent. Par contre, je n'oserai pas commenter ceux qui m'ont beaucoup touché, de peur de te ramener en arrière.
Ce livre ouvert, qui n'en fini pas de s'écrire, à plusieurs plumes, est rêvé : dérouler l'histoire à l'envie et ne jamais refermer le livre. Tu nous sauves des affres de la fin et de devoir abandonner des êtres devenus chers...

Écrit par : estèf | 04 avril 2010

Oh, c'est sincère. Je réitère une conclusion et un état de fait de mon précédent comment : à l'inverse, en complément, j'ai besoin d'entendre et d'être entendu. D'être important et utile, de la même manière que chacun, et toi surtout en ce moment tu es utile et important. C'est bien de s'en rendre compte. On ne se rend jamais assez compte de l'importance que l'on a pour les autres
estèf: la vie est un roman qui ne peut s'écrire qu'à plusieurs. C'est d'autant plus riche, bien que complexe et simple à la fois
Vous savez pas quoi, vous 2? et bien je me sens moins seul
ça compte
et je vous remercie pour ça

Écrit par : buddy | 05 avril 2010

-> estéf et buddy -> J'en connais qui vont encore nous traîter de bisounours. Mais c'est pas grave, hein ?!?... Si on est bien comme ça.

Écrit par : Oh!91 | 05 avril 2010

Non ce n'est pas grave, et même j'en rajoute. Hier soir à relire cet échange avec le dernier billet de buddy, ce sentiment de partage s'est traduit par une émotion très particulière, rarement rencontrée.
Et tant qu'à être pris pour un bisounours, j'en profite pour remercier la fée qui s'est penchée sur nous...

Écrit par : estèf | 05 avril 2010

J'en remets une couche : j'assume!
Merci encore, vous 2
Je suis rassuré

Écrit par : buddy | 05 avril 2010

-> estéf, buddy et tous les bisounours assumés -> Cette fée-là, vous la connaissez pas encore, mais c'est une vraie de vraie, qui te transforme toutes les citrouilles de la terre en carrosses. Et bien au-delà de minuit !
Excusez mon retard à vous répondre. Je ne vois plus guère le jour en ce moment, au travail comme dans les autres petites obligations de la vie.

Écrit par : Oh!91 | 08 avril 2010

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