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19 mars 2010

loge 68

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Parmi les salles de spectacle que je fréquente le plus, depuis ces derniers mois, le Théâtre des Champs-Elysées tient un place à part. En partie à cause de son cachet particulier : grande salle en style art nouveau, façade aux bas-reliefs déjà art-déco, la patine désuète des boiseries d'intérieur, de la rosace du plafond, de l'embrasure des loges.

Dans le registre classique, il propose une programmation assez éclectique, dans laquelle je me retrouve souvent, et pourrais me retrouver plus souvent encore, s'il n'était question de temps et d'argent.

sr2.JPGEt puis j'y ai connu mes plus grandes émotions musicales, avec celui que je n'en finis pas d'aimer. Et des déceptions aussi, il faut le dire.

Il y a deux semaines environ, il accueillait, cent ans après leur passage fantasque à Paris, une reconstitution des ballets russes de Diaghilev, aussi fidèle que possible. L'oiseau de feu, de Stravinsky, était dansé dans une forêt vierge redessinée. Des figures démoniaques au déhanchement obscène laissaient poindre, au milieu d'un ensemble toujours emprunt de classicisme, les prémices de la chorégraphie moderne. C'est le Prélude à l'après-midi d'un faune, de Debussy, dans la fameuse mise en scène de Nijinsky, qui témoignait le mieux des promesses de la transition en cours, tandis que l'œuvre d'un obscure musicien russe, Nikolaï Tcherepnine, qui n'a rien laissé à la postérité - n'est pas Tchaïkovsky qui veut - nous ennuyait dans un excès de bluette mielleuse. Entre classicisme et modernité, le tout respirait un kitsch de circonstance, la musique, pré-enregistrée, altérant sensiblement la musicalité du projet et sa capacité à émouvoir.

J'avais acheté d'excellentes places, premier rang premier balcon, du genre qui mettent la soirée au prix de trois aller-retour Paris-Budapest sur des compagnies low-cost. J'ai apprécié avec délectation tout l'intérêt de cette plongée dans le siècle précédent, essayant de me figurer et l'enthousiasme et le parfum de scandale qui avaient pu accompagner l'événement. Mon ami n'a pas pu dépasser sa lassitude devant la forme excessivement classique du ballet d'époque, et sa fine-bouche m'a, il faut bien le dire, gâché la soirée.

Nous nous sommes rattrapés mercredi dernier. Barbara Hendricks y chantait le Voyage d'hiver, de Frantz Schubert - un long poème musical - sublimement accompagnée au piano par Love Derwinger, un Lieder auquel s'attaquent en général des barytons. Un pur bonheur.

Pour l'occasion, nous avions des places plus ordinaires, à la dernière galerie, tout près du plafond. Mais dans l'intimité de cette même loge 68 où nous avions été, en octobre dernier pour entendre le violon de Goto Midori dans le concerto de Beethoven. Mes plus belles larmes.

Commentaires

Moi aussi, la salle de spectacle que je fréquente le plus. Ce soir ET demain soir, deux fois le même concert (et j'ai la chance d'être deux fois à l'orchestre) pour un gala Haendel avec des grosses pointures ! Youpiiihhh !

Écrit par : Kigou | 19 mars 2010

j'ai vu les ballets russes cet hiver en retransmission directe depuis l'opéra Garnier qualité HD au cinéma et je n'ai pas boudé mon plaisir. Tout concourait au plaisir des sens : l'orchestre, les décors et costumes... et la plastique des danseurs, tout cela pour un prix modique. Mais je m'en voudrais de te faire regretter le prix de ta place !

Écrit par : arnaud | 19 mars 2010

Ras d'accord avec Arnaud (sans que cela ne retire rien au plaisir qu'il a pris, et à la réalité du prix des billets au TCE, mais les concerts Madonna c'est pas donné non plus !) Rien ne vaut le spectacle vivant ! il y a une communication scène/salle qui est inexplicable.

Écrit par : Kigou | 19 mars 2010

-> Kigou -> Je t'envie... Moi, je crois bien que je n'y ai plus de spectacle en attente d'ici la fin de la saison. J'aurais voulu aller écouter Joshua Bell, le 24, mais plus de place !
-> arnaud -> J'avais vu ça, mais un peu tard. Par contre, je n'ai pas raté, pour le nouvel an, la diffusion du ballet sur France 3, je crois. Mon écran plat HD 102 cm a bien restitué la chose, mais évidemment j'aurais aimé pouvoir être à Garnier ce soir-là.

Écrit par : Oh!91 | 20 mars 2010

je n'ose te dire que ce fut sublimissime vendredi... arce que samedi (hier soir) ils se sont lâchés (petite fête prévue d'ailleurs après derrière le rideau) : ce fut au delà de ce qu'on peut imaginer ! Jaroussky en grande forme, Lemieux excitée comme une puce et grandiose, Sandrine Piau comme si elle avait pris de la coke, Lehtipuu hélas un peu sur sa réserve comme il est souvent en concert. (Par charité je ne parlerai pas de la direction d'Haim, j en'aime pas)
Une bonne nouvelle pour toi : France Musique le 1er avril... évite d'être trop loin du poste. A vos K7 comme disait l'autre !

Écrit par : Kigou | 21 mars 2010

-> Kigou -> Merci pour le tuyau. Je t'envie pour ta soirée. T'es une vraie fan, toi !...

Écrit par : Oh!91 | 22 mars 2010

Juste pour signaler qu'il est de style art Déco comme la salle Pleyel et non art Nouveau (qui est très reconnaissable: pas de géométrie, ferronneries en forme de plantes).
c'est un vieux poste mais si qqn tombe dessus ça n'aura pas servi à rien. :)

Écrit par : Monge | 27 décembre 2011

-> Monge -> Merci pour la précision, qui aura au moins servi à m'éclairer et me corriger. Va donc pour l'art déco, qui, à bien y réfléchir, correspond en effet mieux, même si à certains détails de l'aménagement intérieur, les boiseries de loges, notamment, on se sent un peu à la croisée des deux styles...

Écrit par : Oh!91 | 29 décembre 2011

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