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21 janvier 2010

l'envie et la contrainte

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Ça, c'était lundi : en réponse à mon invitation du vendredi : "Prends ton après midi, racontes nous TON hammam, s'il te plaît" (...)

"Tu sais, la culpabilité qui l'emporte sur l'envie ... et bien j'en suis là. Vendredi, je n'ai pas abandonné les dossiers à même le bureau, je n'ai pas cliqué sur « Arrêter », je n'ai pas suivi la tentation...
Du coup, ce matin ton «
s'il te plaît » m'achève.
Car oui, il me plairait de dire ce que j'ai coutume d'enfouir.
Ça m'attire même gravement si tu veux savoir...

Alors, certes, ça ne date pas de vendredi, mais voici tout de même ...

Mai 2009 :
Je franchi pour la première fois la limite du phantasme : le sas d'entrée d'un sauna gay. Comment dire? C'est un peu comme plonger de dix mètres, et moi, je suis juste le champion du monde du plat.Je ne sais pas bien comment, ce jour là, je suis parvenu à faire le pas qui me sépare du vide. Disons juste : parce que oh! hé! hein! ça suffit comme ça !!!

A l'entrée, ce que, les sites gays imagés qualifieraient de « pur bogosse » me souhaite la bienvenue. Il me taquine, il m’a vu hésiter dans la rue, ... et d'autres fois aussi. Il dit qu'il se demandait si j’allais oser, que j'ai bien fait, que je ne regretterais pas, que c'est treize euros (et oui, plus de trente ans). Il me tend une serviette, la clé d’un vestiaire et un sourire comme c'est pas permis.
Un sourire que j'emporte avec moi.
Et je découvre le sauna, le hammam, les salles de projection, le labyrinthe noir, les cabines, les pièces thématiques.
Tout ne me fait pas envie, et tout me décomplexe.
Dans la cohorte des corps beaux, secs, gras, multicolores, plus ou moins jeunes et usés, je me sens étonnement à l'aise. J'expérimente en cherchant celui-là qui s’isole avec deux autres. Je m'éloigne poliment des avances de celui-ci. Je mate. Je suis regardé. J'aime ça. Et puis, je ne tiens plus. Sans conviction, j'en teste un qui accepte. Il fera bien l'affaire. Autant pour moi. C'est rapide. C'est agréable. Ça faisait tellement longtemps. Un peu plus loin, un peu plus tard, je frôle volontairement un corps plus à mon goût, je prend le temps de sourire, de caresser, d'inviter. Il me prend par la main et me guide jusqu'à une cabine. C'est plus long, plus contrôlé, forcément. Je décolle.

Toutes ces années d'hétérosexualité prétendue font que l'apaisement est immense. Tout comme le sentiment coupable qui me taraude depuis ... c'est une autre histoire.

Septembre 2009 :
La satiété m'a tenu jusque là. Puis l’appétit a grandit, jusqu’à une fringale qui me pousse à réitérer ... Je suis déçu. Déjà, à l'accueil le sourire qui tue sa mère n'est pas là. Ce jour là, je ne plais pas à ceux qui me plaisent. Je me contente des bienfaits du hammam. C'est déjà bien.

brutos6430_Alex_ChaosMen.jpgOctobre 2009 :
Cette fois, ça s'annonce bien, je reconnais le sourire qui fait mouche, ainsi que tout ce qui est au dessous. Il profite des services de l'établissement comme n'importe quel client. Je le croise dans une grande salle de projection, où il entame une discussion avec un salopard que je jalouse en songeant qu'ils finiront par jouir ensemble ... Inaccessible. Même pas en rêve. Je m'éloigne.
Je dérive au gré des couloirs, il est là.
Je fait une pause près du bassin à remous, il se tient à distance mais à portée de mes yeux.
Ma chance?
J'entre dans une cabine.
Il m'emboîte le pas, referme la porte sur nous.
M'offre à nouveau son fameux sourire, sa langue, sa peau ferme, sa bouche ...
Il est juste superbe, et à ma portée, alors ... je prends.
Nous restons les yeux dans les yeux, même après la petite mort. Je suis étonné.

Sur le chemin de la douche, il m'explique qu'il doit prendre son service, au bar. Il me propose de l'y rejoindre dans quelques minutes, histoire de m’offrir un verre et un numéro de téléphone.

Voilà.
Je n'y suis pas retourné depuis et j'en crève souvent, comme vendredi dernier.
"

Et ça, c'était mardi : πR

Il s'est lancé. En quelques semaines à peine, il s'est engagé, engrainé, mon filleul. Drainé par l'eau, courant vers l'air. Vas-y voir, encourage-le : il est sur un sentier caillouteux... mais je pressens qu'il va avancer vite.

Commentaires

Je n'en reviens pas!
Cette place que tu me donnes.
Cette attention.
Ca me secoue chaleureusement!

Je me suis lancé oui, sans trop savoir ou j'irai.
Je veux le faire comme ça vient. Comme c'est venu.

Et crois moi, me savoir accompagné, par toi est apaisant et important.

Putain! J'en reviens pas ;-)))))

Écrit par : πR | 21 janvier 2010

Joli billet, tout cela est si réel et si bien décrit tout au moins pour le coté sympa des saunas... reste la face sombre et glauque, si, si.
Bonjour à Nr :)
biz

Écrit par : corto74 | 21 janvier 2010

Chic une nouvelle naissance !

Écrit par : Bougrenette | 21 janvier 2010

Hou là là, ça me rappelle le jour où je me suis arrêtée ici, tu te souviens ? J'avais trouvé un écho à mon passé.
Il y a quelques similitudes dans les vécus on dirait ...
Alors bienvenue à πR et longue vie à son blog tout neuf.
Quelle chance d'avoir un parrain comme toi !

Écrit par : feekabossee | 21 janvier 2010

Ce fut un réel plaisir de découvrir ce nouvel espace
qui a la pudeur, la tendresse et aussi l'angoisse
Un baiser doux (sur la joue) au parrain et son fillot
merci pour vos deux blogs SENSuels et si beaux

Écrit par : Multi-sourires | 21 janvier 2010

Tu sais quoi?
Je suis bien chez toi.
C'en est troublant.

Écrit par : πR | 22 janvier 2010

-> πR -> Disons que tu as chez moi un pied à terre, ou une chambre réservée. Ca se passe comme ça entre un parrain et son fileul, non ? Donc il me plait que tu t'y sentes bien. Pourquoi cette attention ? Va savoir. Avec mon psy (car moi aussi, je suis en travaux depuis quelques mois, comme tu as pu le voir), nous avons identifié comme un trait de ma personnalité (dont je n'ai pas encore découvert les causes ou les ressorts) le besoin de "prendre sous mon aile". Donc je suis comme ça, et c'est peut-être la principale raison.
L'autre raison, c'est que tu me plais. Parce que si nos histoires sont différentes, si leurs séquences sont différentes, il y a une multitude de résonnances, un écho un peu assourdisant entre elles, et une sorte d'identitfication s'opère. Et puis aussi, ta démarche, depuis ton premier commentaire m'a touché. Et un peu bouleversé. Voilà. Ca vaut en effet un "Putain !" un peu tonitruant.
Tant que mon aile te tient chaud, c'est bien. Ta présence me réchauffe aussi. Dès que tu la sens un peu étouffante, prends un peu d'air. Un peu d'R (mais tu en as déjà avec toi une baudruche de 3,14 litres, ce qui devrait t'aider à tenir un petit moment...) Je souhaite à ton blog un bel envol. Mais je n'oublie pas que derrière le blog, il y a un autre challenge...!
-> corto74 -> Le côté glauque des saunas, c'est un peu pour ça qu'on n'y prend pas racine. C'est quand même une sacrée chance que nous avons que de tels lieux existent, et qu'on puisse parfois aller nous y perdre ;
-> Bougrenette -> Bon, va falloir que tu me donnes des leçons de "marrainage", toi qui es ma marraine depuis le tout début (27 mois déjà, tu te rends compte ?). J'ai beaucoup à apprendre, et je compte sur toi. Bises ;
-> feekabossee -> Tu parles si je m'en souviens !... Je parlais de mon histoire avec les femmes ("ces femmes que j'ai malmenées"), et tu as débarqué. Et j'ai déboulé chez toi et me suis toujours laissé atteindre par la tendresse exigente que tu y montres pour les tiens, par la force de "ton muret". Toi aussi tu es de celles qui changeront le monde par le simple goût des gens. Bises ;
-> Multi-sourires -> pudeur et tendresse, oui, on la voit, il nous la livre. Angoisse, elle est plus sous-jacente, mais peut-être nous en parlera-t-il davantage. Maintenant qu'il a une résidence principale qu'il nous a ouverte...

Écrit par : Oh!91 | 22 janvier 2010

Pour bloguer comme pour entrer au sauna, il suffit d'y être amené, emmené... pour notre plus grand bien être... un plaisir de découvrir πR ...

Écrit par : Francis | 22 janvier 2010

J'ai lu avec beaucoup de souvenirs et d'émotions.Merci.

Écrit par : sissi | 23 janvier 2010

-> Francis et sissi -> Content que vous vous soyez laissés séduire par mon filleul...

Écrit par : Oh!91 | 23 janvier 2010

Après un long silence depuis le 25 août, le blog de ton filleul n'est plus en ligne. Peut-être as-tu des nouvelles, peut-être en aurons-nous ?
L'extinction d'une étoile est toujours un phénomène extraordinaire, d'autant qu'on ne le comprend que bien après la fin finale.
J'espère qu'il brille ailleurs, sous d'autres cieux. Qu'ils lui soient bien cléments !

Écrit par : estèf | 21 octobre 2010

estèf > je ne brille pas... Mais ça roule gentiment. Pardon pour ce manque d'explications... et merci pour tes précieux commentaires déposés souvent. J'ai filé en douce. Mais sans être bien loin. On se croisera ici et ailleurs forcément, tout ne s'efface pas aussi facilement qu'un blog. Heureusement.

Écrit par : πR | 22 octobre 2010

-> estéf -> Et voilà ! La blogo est volatile, mais l'homme est consistant. Je lui souhaite aussi des horizons cléments. Il les mérite.
-> πR -> Cinq mois. J'ai connu sur ce monde des tentatives plus expéditives, des passages plus fulgurants. Tu t'es attelé à la tâche avec application, avec substance, trop peut-être... Je suis heureux si le chemin que tu y as tracé t'y a été utile. Et tu restes évidemment le bienvenu de ce côté-ci, tant qu'on y roucoule encore.
Tu y as même une place au chaud au salon VIP. A bientôt.

Écrit par : Oh!91 | 22 octobre 2010

-> nR : Vraiment content d'avoir eu de tes nouvelles. Je trouve ça terrible les disparitions des connaissances virtuelles. J'ai erré quelques temps dans ta maison vide, où on a passé un très bon moment avec toi. Mais ainsi va la vie et ses étapes... Bonne route et super si on se croise ici.
-> Oh : tu es un sacré lien !

Écrit par : estèf | 11 novembre 2010

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