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17 janvier 2010

une histoire d'hommes

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Pour moi, Budapest est avant tout une histoire d'hommes. Je conçois que cela puisse t'ennuyer à la longue, ou t'offusquer, car cette ville a bien d'autres attraits. Les bains, j'en parle - même si c'est sous un angle intéressé -, la musique - je suis ce dimanche soir à une représentation de La flûte enchantée -, la littérature - il faut absolument lire Être sans destin, de Imre Kertész -, la gastronomie - même si j'ai cette fois opté pour des buffets bon-marché, plutôt que pour des restos devenus hors de prix -, la pierre - et Dieu sait que le patrimoine classique, néo-classique, néogothique, art-nouveau, art-déco, donne à cette ville et à son front de Danube un cachet sans pareil... Mais que veux-tu. C'est là que j'ai connu mon premier homme, là que j'ai accepté de les regarder, de les toucher, là que j'ai rencontré mon premier amant, que j'ai sucé ma première bite, transpercé mon premier fion, et là que je me fis la première fois sauter la rondelle. C'est là que j'ai rencontré l'homme avec qui je vis, celui avec qui je voudrais vivre, là que je me ressource, que je me trouve beau.

Alors à Budapest, il n'y a guère que des hommes dont je puisse te parler. Ils sont mon sel magyar. Je n'expose pas ici un palmarès, ces hommes ne sont jamais des trophées. Sinon, pourquoi auraient-ils tant, le plus souvent, ce goût d'inachevé qui te laisse la bouche sèche ?

Hier, pour mon dernier bain au Király, c'est István, un comédien ex-chanteur d'Opérette, revenu, aprés un détour par la vie économique - "parce qu'il faut bien vivre" - dans le monde du spectacle - "parce que la vie ne doit pas se laisser guider par l'argent" - qui a embelli ma matinée.

L'atmosphère y était exceptionnelle. Le soleil brillait dehors, et de la fenêtre jaune au verre dépoli pénétrait une lumière crue qui, se heurtant au mur de vapeur, sous la grande voûte byzantine, réfractait les silhouettes nues et les sublimait. J'ai cru retrouver les chocs sensuels de mes premières fois.

Une barbe à ras, d'un grisonnant qui démasquait ses 42 ans, les cheveux droits, très noirs, qui lui tombaient sur la nuque et dissimulaient des oreilles onctueuses, l'oeil noir et profond, je l'ai massé, d'abord, dans le bain de vapeur. Puis nous nous sommes longuement caressés, sans rechercher d'achèvement, les yeux dans les yeux et c'est ce qui était doux. Et nous nous sommes quittés. Puis Mike, qui m'avait d'abord pris en sandwich tandis que j'enlaçais István, s'est occupé de moi. Je l'ai conduit à l'extase avant de m'enfermer, seul, dans une cabine de douche pour, à l'écart des regards - quelle obscénité ! - me concentrer sur moi-même. Et que veux-tu, c'est en pensant à l'homme que j'aime, à des attouchements dans une cabine d'essayage, que j'ai éjaculé. Dans un fantasme et dans un spasme.

Tel est mon Budapest, que je quitte demain. Le coeur chagrin, mais heureux de ce ressourcement, et conscient de mon privilège.

Commentaires

La première fois, c'était donc un fion non troué ? ;)
Diantre, ce que tu me fais écrire.

Écrit par : Olivier Autissier | 17 janvier 2010

Rooo oui t'as raison, c'est obscène !

Écrit par : feekabossee | 17 janvier 2010

Je n'ose même pas commenter, tellement ça l'est. D'ailleurs, je n'ai pas lu.
:)

Écrit par : manu | 17 janvier 2010

-> Olivier Autissier -> Moi aussi, ça m'a déchiré les doigts d'écrire ça sur mon clavier, j'ai pas trop l'habitude d'employer ces termes, mais quand il faut, il faut, effort de crudité oblige !...
-> feekabossee -> Oups ! j'en profite pour corriger l'orthographe de l'obscénité immédiatement !!...
-> manu -> désolé pour la vierge effarouchée qui sommeille en toi (d'un sommeil profond profond, d'ailleurs...!)

Écrit par : Oh!91 | 18 janvier 2010

hum toi tu vas rentrer dans un drôle d'état : -)

Écrit par : Bougrenette | 19 janvier 2010

-> Bougrenette -> En bon état, ma belle, en bon état... Et puis on va se voir bientôt, non ?

Écrit par : Oh!91 | 19 janvier 2010

C'est jamais assez tôt. Par contre tu as peut être des infos que je n'ai pas encore ... tu me diras.

Écrit par : Bougrenette | 21 janvier 2010

Les commentaires sont fermés.