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11 janvier 2010

Veolia et l'axe du mal

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Je viens de payer ma facture d'eau. 201,60 € réglés à Veolia. Je sais que ça couvre six mois de consommation, période estivale incluse, mais il n'empêche, ça me fait toujours drôle de laisser autant d'argent à une multinationale prête à tout pour satisfaire ses actionnaires. D'autant qu'il y a belle lurette que j'ai arrêté d'arroser mon jardin l'été pour ne pas gaspiller inutilement cette ressource si précieuse, avant d'être si chère... Je trouve la facture bien salée.

Ah! Veolia, mon amour ! Joyaux de la technologie française dans le domaine de l'environnement ! Tu parles. Je te renvoie à cet excellent article d'investigation que vient de publier le journaliste Marc Laimé. Où l'on découvre, entre autres, que la multinationale peut spéculer sur la pollution des rivières pour régler ses propres affaires... En voici quelques prémices :

"Veolia, multinationale française leader mondial des services à l’environnement, a construit à Bruxelles à l’orée des années 2000 une gigantesque station d’épuration (STEP), qui épure les eaux usées d’un million d’habitants de la capitale belge. Depuis le début du mois de décembre 2009 cette STEP est au centre d’une véritable affaire d’Etat qui enflamme la Belgique. Aquiris, la filiale belge de Veolia qui gère cette station, en a unilatéralement suspendu le fonctionnement une dizaine de jours durant au début du mois de décembre 2009, avant de se voir enjoindre par la justice de la remettre en route, compte tenu des pollutions gravissimes entraînées par le rejet dans trois fleuves flamands des eaux usées non traitées de l’agglomération bruxelloise. L’affaire est sans précédent, folle, baroque, incompréhensible. La filiale belge de Veolia soutient que les eaux usées charriées jusqu’à la STEP par le réseau public d’égouts bruxellois y acheminent des tonnes de sables et de gravats qui ne permettent pas à la station de fonctionner correctement. Les medias belges relatent qu’Aquiris serait à vendre depuis 6 mois. Le nouveau directeur de Veolia Eau a rencontré toutes affaires cessantes l’avant-veille de Noël les autorités belges.

Veolia vient de mobiliser la plus grande entreprise américaine de relations publiques spécialisée dans la gestion de crise, afin de "gérer" cette affaire, il est vrai sans précédent. Elle pourrait trouver son fondement dans une véritable catastrophe industrielle, qui pourrait demain avoir des échos jusqu’à Milan et Varsovie. Cette terrifiante histoire a en fait débuté dans la banlieue toulousaine à l’orée des années 90. La Générale des eaux, aujourd’hui Veolia, a cru y découvrir le Graal, une nouvelle technologie de traitement des boues d’épuration : l’oxydation par voie humide. La généalogie de cette "innovation" industrielle constitue un acte d’accusation sans précédent contre les multinationales françaises de l’eau qui prétendent promouvoir sa marchandisation sur toute la planète, en excipant de leur supériorité technologique sans égal."

L’enquête publiée dans les Carnets du Monde Diplomatique est ici en lien. Elle a occupé Marc Laimé plusieurs années. Il l'a dédiée à ses amis d’Outre-Quiévrain, aujourd’hui victimes de la folle mégalomanie de Veolia.

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