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28 décembre 2009

l'estime de soi

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Ce sera un lundi sans psy, confiseurs obligent. Mon frère et sa famille sont repartis hier de notre maison du Lot. Tout est calme. La bruine dehors. Le tic-tac de la grande horloge du salon. L'occasion de revenir sur ma dernière séance.

C'était mardi, en fait, un contre-temps lié à ce petit accrochage. Je lui avais parlé de l'état paradoxal de sérénité dans lequel je me trouvais, à l'heure de la séance, alors que je venais encore de traverser une série de trois-quatre jours tempétueux, dans l'attente déçue et l'obsession malsaine.

Il me laissait décrire quelques unes de ces manifestations, puis me dit : "Au fond, pourriez-vous me dire pourquoi vous l'aimez de cette façon ? Diriez-vous que c'est, comment dire, par pur amour ?" Je bafouillais une réponse, oui, enfin non..., en fait si... Je crois que je lui dis que, sa situation avait beau ne pas être enviable, j'aurais aimé être lui, voilà, c'est ça.

"Est-ce qu'au fond, vous ne voudriez pas plutôt être aimé de la même façon ? Est-ce que ce n'est pas cette façon d'aimer, que vous poursuivez ?"

Je restais un peu suspendu, je repensais à des hommes qui m'avaient aimé sans que je comprenne vraiment pourquoi, qui me l'avaient montré, mais dont je n'avais pas su accepter l'amour. Je m'apprêtais à lui dire que non, qu'aimé je l'avais été, que j'en étais certain.

"Je voudrais aller plus loin : est-ce qu'au fond, vous ne voudriez pas pouvoir vous aimer de cette façon-là ?"

La question m'était étrange. Je me la suis répétée. Une, deux fois. M'aimer moi-même... En quelques secondes, ce fut comme une lame qui s'enfonçait dans mon gosier. Vouloir, pouvoir m'aimer... Une baudruche s'est mise à y gonfler à toute vitesse, à crever et à déverser des tonnes de larmes.

M'aimer... m'accepter, me donner de l'amour, pourquoi donc avais-je si mal en laissant résonner ces questions dans ma tête ? Pour la première fois je fondais là, sur ce divan. Incapable de me retenir. Une fois, j'avais écourté la séance. Pour ne pas craquer sans doute, car il m'avait touché. Plusieurs fois, il m'avait reproché de ne pas laisser s'écouler mes idées selon leur libre cours, ou mes émotions. Soulignant mon incapacité à perdre le contrôle.

Après un moment, me reprenant, je lui dit une idée qui m'avait traversé la tête quand, quelques jours plus tôt, mon frère avait évoqué l'anorexie de sa fille en me rapportant ce que son psy en avait dit : qu'elle était intelligente, qu'elle résistait étonnamment. Y avait-il quelque chose d'héréditaires dans ces stratégies ? les barrières mentales qui empêchent la spontanéïté, le lâcher-prise, sont-elles génétiques ?

"Génétiques, comme vous y allez !... mais que ce soit un trait familial, assurément, c'est fort probable". Nous en parlions, alors que la muraille venait d'être percée. Alors que je prenais conscience brutalement de ce que je me traînais de moi une image hideuse, et que les constructions de ma vie, toutes, ce blog, tiens ! étaient de simples paravents derrrière lesquels je n'avais de cesse que de dissimuler cette absence totale d'estime de moi.

Si la difficile traversée dans laquelle est engagée ma nièce lui permettait, plus précocément, de gérer ça mieux, de se retrouver et de s'accepter sans fard, au bout de son tunnel il y aurait peut-être de jolis prés verts.

Commentaires

"ce blog, tiens ! étai(en)t de simples paravents derrrière lesquels je n'avais de cesse de dissimuler cette absence totale d'estime de moi".
Pas certain que tu dissimules. Pas certain que ce soit un paravent (certains paravents sont d'ailleurs des oeuvres d'art). Je me souviens de billets - non sélectionnés au récent palmarès - où tu laissais poindre, au contraire, cette absence.
Et je me dis que tes mots font aussi partie du chemin qui aide à construire la compréhension. Ta compréhension de toi, oui, et celle que nous trouvons de toi et de nous en te lisant jour après jour.
De bonnes fêtes à toi et aux tiens

Écrit par : manu | 28 décembre 2009

Mon mascara ne te dit pas merci, là.

Écrit par : feekabossee | 28 décembre 2009

Continue Oh!, tu sais j'ai l'impression d'avancer moi aussi quand je te lis...
Raison de plus pour que tu acceptes de t'aimer bonhomme !

Écrit par : Fauvette | 28 décembre 2009

S'accepter, s'aimer, est surement difficile, voir impossible souvent, et c'est pour ça qu'il est si important de pouvoir ce percevoir au travers d'autres à qui on peut se dévoiler totalement sans logiques ni limites, tel que l'on peut être vraiment. Tu te dissimules assez mal Chouchou ;-) je t'embrasse fort au passage.

Écrit par : Bougrenette | 29 décembre 2009

tu te dévoiles et te mets à nu très souvent ; tu nous livres les détails les plus intimes de ta vie et tu nous as apprivoisés. L'étape suivante une fois que tu avais ferré les lecteurs, c'était de les rendre dépendants parce qu'à travers ton blog, ils se sont identifiés à toi, j'ose dire qu'ils ont tissé des liens d'amitié durable. Alors, ce que tu as réussi avec nous, il n'y a pas de raison que tu ne le "transfères" pas sur ta propre personne, sans doute avec plus de difficultés, mais nous sommes tous là pour t'y encourager.
Bonne année 2010 !

Écrit par : arnaud | 29 décembre 2009

-> manu -> Merci à toi, tiens, d'être toujours là quand il faut. C'est vrai que j'ai évoqué, quelque fois des choses qui disent mes complexes, qui dépeignent la façon noire que j'ai de me voir. Mais pourquoi alors ai-je ainsi craqué quand il m'a posé cette question ? Je venais de lui dire que j'avais traversé 15 jours étonnants, où parmi des amis, au cours de soirées, avec mes collègues, au sauna même, je n'avais reçu que des messages flatteurs, des marques fortes d'amitié, de reconnaissance, d'attrait, et malgré tout je me retournait vers ce que "lui" me refusait pour finalement me sentir seul et délaissé, je venais de lui dire ça, et d'un coup sa remarque m'a fait prendre conscience que les heures passées à l'accompagner dans des démarches, à transporter son instrument, à approvisionner son garde-manger, à rédiger des CV n'était qu'une façon d'échapper à mon incapacité... N'ai-je pas appelé la rubrique consacrée à notre relation "mon miroir magnifique ?"
-> feekabosse -> Dis à ton mascara d'être un peu moins sensible, la ! Tune te reconnaitrais pas un peu là-dedans, toi, des fois ?
-> Fauvette -> ça, c'est un peu le truc qui m'échappe... je continue et s'il y a une chose certaine, c'est que ce blog s'écrit sans fard. Il est aujourd'hui, de loin, bien au delà de ce que mes amis ou ma famille croient connaître de moi, la partie la plus authentique. Bonnes fêtes !
-> Bougrenette -> Ben si, je crois que je me dissimule assez bien, notamment en faisant de ce blog un moyen encore d'accaparer de l'amour, voire un peu d'admiration, alors que je suis incapable de m'en accorder à moi-même, en érigeant mes propres faiblesses au rang d'un courage ou de je ne sais quel talent, alors que je n'ai que le fiel du rejet qui coule dans mes veines. Je crois que je m'empêche d'aller au bout de la haine de moi pour m'empêcher de la comprendre, et de la résoudre. Je me dissimule, je te dis... (même quand je dis à Fauvette exactement le contraire. Plein de bises, tu me manques ;
-> arnaud -> merci arnaud. Cette forme de présence dont tu parles est un peu étrange, inattendue, je veux dire, mais elle est palpable, et tu vas loin dans cette sorte de "retour", que j'escompte, en fait, que j'espère au plus profond de moi. Même si elle me surprend. Moi aussi, je suis devenu dépendant de vous. Et si je pouvais grâce à vous réussir une amitié durable avec moi-même, je retrouverai sans doute un peu de paix... Ce que tu me dis est très gentil. Bonne année !

Écrit par : Oh!91 | 29 décembre 2009

S'aimer assez pour pouvoir faire confiance, pour pouvoir s'abandonner, pour être enfin sûr qu'on est digne de l'amour que les autres nous portent ... sans doute ce qu'il y a de plus difficile à atteindre ... mais de plus motivant aussi ... Je te souhaite le chemin le plus court possible pour y parvenir (et ce que tu laisses transparaître ici le justifie amplement !)

Écrit par : Quine | 30 décembre 2009

A moi aussi, vivement ton retour : -) et puis le père noël est passé, forcément. Je t'embrasse fort.

Écrit par : Bougrenette | 30 décembre 2009

Retour de noël dans la maison familiale, en Bretagne celle-ci,
je viens de rentrer.
Soulagement, c'est ainsi, hélas.
Je viens de rentrer, de te lire, te relire,
L'héritage,
les prés verts,
je réagis,
je ressens,
ça déclenche.

A très vite.

πR

Écrit par : pi.air | 30 décembre 2009

-> Quine -> la "dignité" dont tu parles et l'amour propre sont des termes qui se font souvent écho l'un à l'autre. Je te souhaite aussi des chemins courts vers les bonheurs que tu poursuis. Bonne et heureuse année !
-> Bougrenette -> Et c'est un bon coup, le Père-Noël ?... (nan !, c'est pour rire !...)
-> πR -> J'en ai passé des Noël en Bretagne ! Et c'est drôle, mon ancienne copine, qui y avait sa famille, et qui y était encore ce Noël, vient de passer le réveillon du nouvel an chez nous. Je suis plutôt content qu'elle ait conservé ce lien avec moi. Je te souhaite le meilleur pour 2010, et pourquoi pas un tournant majeur dans ta vie ?...

Écrit par : Oh!91 | 01 janvier 2010

"...ce blog, tiens ! étaient de simples paravents derrrière lesquels je n'avais de cesse que de dissimuler cette absence totale d'estime de moi..."

petite séance de rattrappage après quelques jours d absence .
là encore tes mots sont justes ,et résonnent fortement, font écho.
stupéfaction
c'est violent ce que tu dis là , et toi seul peux savoir si ce sont des paravents ..
paravent ou non , tu donnes beaucoup dans ce blog , Rendez vous intense et profond.
beau , bon 2010 !

Écrit par : Gilles | 03 janvier 2010

-> Gilles -> Ah ! Tu es revenu... J'ai eu un peu peur. Bonne année pour toi aussi. Pour ce blog, tu sais, je ne fais pas de mon mieux, je fais la seule chose que je sache faire : essayer d'être authentique. Abattre les paravents, c'est donc tout un projet. Je suis le Don Quichotte des paravents, il n'y en a plus beaucoup, mais j'en vois toujours, j'en vois d'autres, et il me faut aller toujours plus loin dans la sincérité. D'abord avec moi-même, et avec toi, eux, vous tous qui m'accompagnez. Et en jonglant avec une vie qui m'absorbe et qui ne me laisse guère de temps pour vivre autant que je le voudrais cette expérience. A bientôt.

Écrit par : Oh!91 | 03 janvier 2010

L'estime de soi : s'autoriser à s'aimer, pour chérir l'autre
la clé de beaucoup de blocages - effectivement
mais ce n'est pas "donné" à tout le monde, c'est un travail permanent, c'est une construction, une renaissance ?
Je souhaite pour toi & tes proches que 2010 soit un peu meilleure, plus sereine, plus accomplie
En tous cas, pour nous - la communauté invisible - qui te lisons avec un plaisir toujours renouvelé, il n'y a pas de doute, nous te portons en très haute estime.
Chaleureuses pensées

Pour 2010, souhaitons-nous le meilleur

Écrit par : Olivier | 05 janvier 2010

-> Olivier -> Merci à toi de ce commentaire chaleureux. A propos de vœux, j'en ai entendu un ce matin qui m'a plu et amusé : que le meilleur de 2009 soit notre pire de 2010 ! Ainsi soit-il...

Écrit par : Oh!91 | 06 janvier 2010

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