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10 décembre 2009

des humeurs à expurger

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La semaine passée a été chargée, culturellement parlant. De choses ardues, qui plus est : Salomé de Richard Strauss mardi, à l'Opéra Bastille - et j'y reviendrai, parce que derrière l'œuvre, il y a le mythe, et ses significations intimes. Mercredi, c'était Aube, au théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine - autres mythes, autre actualité. Vendredi soir, je remettais le couvert avec les deux pièces qui la précèdent dans la trilogie de Gérard Astor, Le partage des eaux - deux pièces à la suite, exigeantes, qui appellent la même attention, la même participation, même si rassemblées ainsi, elles dévoilent leur sens avec plus de lumière. Et samedi après-midi, Bougrenette m'invitait à découvrir, en trois heures de déambulations dans des allées de cuir, les collections permanentes du musée du Quai Branly.

Je ne sais pas si au terme d'un tel parcours, on gagne en intelligence, en savoir, ce qui est sûr c'est que je me suis retrouvé confronté à un violent besoin, samedi soir, d'aller prolonger la spéléologie au sauna. J'avais en magasin sans doute beaucoup d'humeurs à expurger - et une certaine lassitude à ne trouver depuis des semaines le plaisir que de ma main.

Et ma foi, permets-moi de commencer mes comptes-rendus par cette soirée, car elle m'a été assez divertissante, quoique loin de correspondre à l'idée que je m'en faisais initialement.

Tu le sais, pour moi, le sauna, c'est deux ou trois fois dans l'année, rarement plus. Les images et les sensations que j'en retire ont cette intensité-là, qu'elle suffisent à me nourrir pour tout un trimestre. Et je pense qu'en dépit de tout, j'associe à ces lieux, encore, une image de dépravation suspicieuse, qui suffit ensuite à m'en éloigner pour des mois. J'ai l'incartade sexuelle coupable. Ça t'étonne ?

La soirée de samedi n'a pas échappé à cette règle.

J'avais commencé tôt par une première déambulation, infertile mais envoûtante, dans les vapeurs du hammam. Un peu plus tard, sur la banquette de carreaux émaillés, je trouvais un homme fin aux traits persans, qui délaissa un rival pour se clouer dans mon regard et solliciter d'un membre vigoureux ma bouche avide. Je m'en emplis puis m'en lassai.

mb%2B(8).jpgPlus tard encore, un autre, aperçu dans les douches en chassé-croisé, "Patrick" me dira-t-il plus tard quand je lui savonnerai le dos, le même regard sûr, l'abdomen sec comme je les aime, vint me rejoindre dans les vapeurs auprès d'un éphèbe alangui, entraînant dans son sillage deux autres individus, tous bien faits. Ainsi enveloppés dans la chaleur ouatée, à peine isolés dans un angle ouvert, nous avons partouzé, softement, en caresses et en baisers croisés, en douces fellations. Patrick jouit de ma main en m'embrassant tendrement, tandis que les trois autres nous entouraient d'attentions intimes.

C'est après cet épisode que je rencontrai Manuel. Dans la piscine. Il faut dire que le Sun-city ne manque pas de recoins et de niveaux, je m'y suis plusieurs fois perdu et je faillis même ne pas y retrouver mon casier. La piscine se trouve près du bar. L'eau y est assez chaude, mais on y croise peu de monde. Nous y étions à peine trois, je me dirigeais intuitivement vers celui qui me paraissait le plus beau. Il s'approcha presque immédiatement. Sensiblement plus jeune que je ne l'avais imaginé de prime abord, avec sa barbe d'une semaine, il m'a vouvoyé. "C'est agréable, la nudité, vous ne trouvez pas ?" Je lui dit que s'il aimait la nudité en piscine, il y avait à Paris des nocturnes naturistes à Roger Le Gall, mais il me dit qu'il était timide, que ce n'est pas parce qu'il en parlait, ou qu'il la pratiquait là, ce soir, que c'était forcément quelque chose de simple à vivre pour lui. Nous étions dans l'eau l'un en face de l'autre, il esquivait les mouvements qui pouvaient lui faire penser que je cherchais à le toucher. Il installa entre nous un jeu trouble. Fait de distances et de sourires. Qui dura.

Mais il est tard, je crois que j'en parlerai mieux demain.

Commentaires

"Rien ne m’intéresse plus. Lève-toi, pour me verser du vin ! Ce soir, ta bouche est la plus belle rose de l’univers... Du vin ! Qu’il soit vermeil comme tes joues, et que mes remords soient aussi légers que tes boucles !" Omar El khyam

Peau de nectar et d'ambroisie,
urne de mes désires,
de mon corps enflammé.
Ma langue te visite,
même si mes lèves restent plombés.

Écrit par : Chokri | 10 décembre 2009

Je souris, comme je l'ai fait en te quittant samedi soir :-) quelque part ça donne envie ces endroits où vous vous laissez ainsi portez pour les plaisirs, les désirs, sans trop de limites si ce n'est quelques pudeurs suffisantes pour que cela n'en devienne pas "gore". j'attends la suite attentivement. Je t'embrasse chouchou, ps : j'ai déposé deux photos, mais peut être pas celles que tu espérais ;-)

Écrit par : Bougrenette | 10 décembre 2009

Si c'est pas du teasing, ça...

Écrit par : manu | 10 décembre 2009

Dans ce cas, j'espère que tu en parleras mieux demain ...
Mais je trouve que c'était déjà très bien, à mon goût, si je puis dire ... ;)
Je suis d'accord avec Bougrenette concernant ces abandons tout en retenue ...

Écrit par : Philo | 10 décembre 2009

-> Bougrenette -> "ces endroits où vous vous laissez ainsi portez pour les plaisirs, les désirs, sans trop de limites si ce n'est quelques pudeurs suffisantes pour que cela n'en devienne pas "gore"". C'est assez bien résumé mon approche du sujet... Le gore a toutefois ses adeptes aussi, attention ;
-> manu -> Du teasing pour mon billet à venir sur Salomé de Strauss ?
-> Philo -> très bien à ton goût ? Mais tu peux le dire, tu peux le dire...!

Écrit par : Oh!91 | 10 décembre 2009

Ben mon gars, tu fais pas dans la dentelle aujourd'hui, voyons voir, voyons lire la suite...
Biz

Écrit par : corto74 | 10 décembre 2009

tout ça c'est pour nous mettre l'eau à la bouche et nous faire languir. Mais comme tu sais que nous sommes avides de ta prose, tu peux te le permettre :)

Écrit par : arnaud | 10 décembre 2009

-> corto74 -> Y a-t-il beaucoup moins de finesse que dans la dentelle ?
-> arnaud -> Merci pour l'avidité. Mais ce n'était pas du teasing, juste de la gestion de mon temps !

Écrit par : Oh!91 | 11 décembre 2009

-> Chokri -> Oups...!! Je repensais tout à l'heure à ces beaux poèmes, dans l'esprit de ceux que j'aime, que tu m'avais laissés, celui d'Omar Khayam et celui de... toi ? et soudain, je me suis dit : mais, je ne me souviens pas avoir répondu... Non, vraiment, je ne m'en souviens pas. Et pour cause, une malheureuse disposition, au dessus de la limite supérieure de mon écran lorsque j'étais en position de commentaire, m'y a fait échapper soudain. Je répare en vitesse, espérant que tu ne te seras pas froissé, car j'ai aimé que tu projettes dans mon récit des émotions du corps et de l'âme. Je t'embrasse. Et j'espère un jour croiser ta route, là-bas peut-être, aux Amériques....

Écrit par : Oh!91 | 12 décembre 2009

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