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30 novembre 2009

tout pour plaire

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J'ai passé ce week-end, coup sur coup, deux soirées presque identiques. Deux soirées avec trois femmes chacune. Eh oui !...

Trois femmes élégantes, charmantes, séduisantes, trois femmes de caractère. Drôles toutes les trois. Trois femmes en quête d'amour, pas toujours bien servies, ce qui est incompréhensible car elles ont tout pour plaire. Trois femmes à caprices.

Samedi, c'était dans un resto du 14è arrondissement, autour de bonne chère. Hier, c'était devant ma télé, avec Anne Parillaud, Judith Godrèche et Mathilde Seigner.

Ce parallèle n'était évidemment pas prémédité, mais peut-être intuitif : pendant tout le film, dimanche, je faisais des liens dans ma tête, les rapprochant les unes des autres, d'instinct. Du coup, je me suis bien marré. Et mes copines pourront toujours essayer de me torturer, je ne leur livrerai aucune de mes fantaisies.

Tiens, à propos de trois drôles de dame, Charlie et la chocolaterie - dont on a un peu parlé dimanche car ces dames sont fans de Tim Burton - est sorti la même année que Tout pour plaire, en 2004.

J'avais ma petite maman à côté de moi, qui ne comprenait pas toujours les raisons de mon ricanement.

C'est devenu une denrée rare, les soirées télé avec ma maman. Elle repart mardi, après deux semaines à la maison. C'est bien une maman chez soi, pour se faire choyer, pour déguster de bons petits plats, pour retrouver quelques saveurs de l'enfance, pour mettre les pieds sous la table après le boulot... Mais ce n'est pas propice à la tenue d'un blog. Je pense que je vais pouvoir m'y remettre tranquillement bientôt.

Allez ciao bonne semaine !

27 novembre 2009

Roselyne Bachelot, porte-parole des laboratoires pharmaceutiques ?

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Tiens, à propos de vaccination et de grippe A h1n1...

Ce n'est pas que je veuille ajouter du trouble à la confusion. Je ne suis pas un propagandiste anti vaccination, même si la décision me concernant est bel et bien prise. J'ai peu de goût, par ailleurs, pour les thèses complotistes, mais je viens de découvrir des choses intéressantes dont on ne nous avais jamais parlé : le passé de Roselyne Bachelot comme lobbyiste au service de laboratoires pharmaceutiques.

Fakir, dont je ne connaissais pas le blog, mais que je viens de découvrir grâce à betapolitique, a trouvé le pot-aux-roses, a mené sa petite enquête et parle ici de ce passé devenu honteux à notre ministre. Ses révélations, fort intéressantes, ne sont sans doute pas de nature à disperser le brouillard ambiant.

Merci à Gwendal de nous renvoyer sur les belles minutes consacrées la semaine dernière par Là-bas si j'y suis au lobbying pharmaceutique

Bel automne.

26 novembre 2009

la fin du risque zéro

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Le cap des deux millions de contaminations à la grippe A h1n1 a donc été atteint en France. Hier débutait la campagne de vaccination pour les lycéens et les collégiens. J'ai été frappé, en entendant des jeunes interviewés à la radio et à la télé, par la tournure que prenait cette affaire. Une révolte germe. La plupart ne veut pas entendre parler de vaccin, et pas seulement en raison d'effets secondaires encore mal connus. Les plus récalcitrants se sont mis en tête, comme s'ils en faisaient une question révolutionnaire, de pousser les plus dociles à y renoncer également, même contre l'avis de leurs parents. Ils y mettent du challenge. Ca devient un combat, leur combat. C'est étrange, non, de voir ainsi la jeunesse en train de se mobiliser contre... un vaccin ?

A mon avis, cette rébellion en dit long.

Sur l'impatience des jeunes à se mobiliser. Ils en ont gros sur la patate, et les sujets ne leur font pas défaut : réforme des lycées, chômage, précarité, hadopi... Manquait juste peut-être un déclic fédérateur.

Sur la perte totale de crédit de notre gouvernement. Bachelot peut s'époumoner, convoquer les images les plus compassionnelles, évoquer des mourants sur leur lit d'hôpital, leur dire, les yeux dans les yeux et la larme à l’œil "des gens mourront parce qu'ils n'auront pas été vaccinés"... son discours glisse, empreint d'inavouables doutes. Elle et son guvernement sont suspectés de vouloir coûte que coûte écouler un stock déraisonnable de 94 millions de doses de vaccin imprudemment acquis, de couvrir une collusion malsaine avec l'industrie pharmaceutique, ou simplement une bien chère campagne de communication au profit de Sarkozy.

Sur le refus de l'injustice, de ce déséquilibre obscène entre les moyens alloués à nous même, au Nord, en raison de risques somme toute limités, face à l'incurie totale dont font preuve les gouvernements des pays riches à l'égard de populations, pourtant confrontées, au Sud, à des fléaux bien plus sûrement mortels comme la malaria ou le sida.

Faut-il que la fracture soit profonde pour que sur un sujet aussi sensible et consensuel que la santé une telle défiance se soit installée. C'est peut-être aussi que la certitude scientifique doctement assénée, se confond de plus en plus avec le pouvoir, comme un de ses symboles brûlants, et se retrouve ainsi emballée dans le même rejet.

Depuis Pasteur, le vaccin représentait le progrès, le geste préventif de base, l'emblème de la fin de la mortalité infantile et de la longévité. Il a donc perdu cette place dans l'imaginaire collectif, il devient atteinte à l'intégrité physique, vecteur de trouble, moyen pour les puissantes corporations pharmaceutiques de se faire de l'argent, fut-ce - les rumeurs les plus folles trouvant écho dans pareil contexte - en inoculant à dessein d'autres maladies plus pernicieuses... Il n'y a plus aucune confiance dans les laboratoires, et moins encore pour ceux qui leur ouvrent les coffres des deniers publics.

Ce qui est intéressant, c'est qu'en refusant les vaccins, les jeunes se départissent d'un mythe devenu structurant dans nos sociétés : le risque zéro. Ils préfèrent accepter l'existence d'un risque lié à une maladie, plutôt qu'être ramenés à un rang de bétail, voire de cobaye. Et ce changement de vision pourrait bien préfigurer, par la jeune génération, un dépassement des pires dérives que connaissent aujourd'hui nos sociétés, faites de normes, de judiciarisation et de bureaucratie... au service de la libéralisation économique.

24 novembre 2009

hommage à Gérard Philipe

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Il mourait il y a cinquante ans. Je n'étais rien, mais je me souviens. Depuis, je rêve grâce à lui de voir une jour Le Cid à la Comédie française...

09:16 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : gerard philipe

22 novembre 2009

retrouver ma symétrie

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Le plus surprenant, avec cette histoire de regard dissymétrique, c'est quand un œil ne peut plus prendre le relais de l'autre. Normalement, lorsque tu regardes un objet, ou disons un spectacle, si quelque chose, par exemple une tête avec un chapeau s'interpose juste à la rangée devant toi, un œil vient à compenser l'autre sans que tu ne t'en rendes compte, ce qui réduit sensiblement l'effet d'écran. Tu connais ce phénomène. Désormais, si un obstacle s'immisce devant mon œil gauche, la scène que j'observe devient floue, puisque l'œil droit qui me la transmet n'est plus programmé que pour la vue de près. Autour de chaque premier plan, il y a donc un halo flou à droite. Idem lorsque je lis : si je me gratte le front du mauvais côté, le droit, d'un coup mon texte devient illisible - puisque l'œil gauche n'a pas été prévu pour la lecture. Tu suis ?

L'asymétrie n'est pas un problème en soi, elle est même souvent un moteur. Nous marchons en mettant un pied devant l'autre. Quand tu nages le crawl, le bras droit prend le relais du gauche, c'est ce qui te permets une glisse fluide, sans à-coup. Et puis tu prends ta respiration une fois à droite, une fois à gauche.

En natation, on peut dire que je suis un nageur confirmé. Avec mes nouvelles lentilles, je ne suis encore qu'un voyeur apprenti.

Et en amour ? Je suis un indécrottable amateur qui marche avec une jambe de bois. J'avance en poussant toujours du même côté, et j'en attrape des points de côté. Ou de violentes crampes. La seule alternative à la symétrie, c'est le balancier ou la coordination, la preuve par le crawl, sinon l'on balance_roberval.jpgn'avance plus, tu es d'accord ? En amour, il faut bien que l'un prenne le relais de l'autre pour absorber les temps de faiblesse ou de récupération. Tout comme dans l'amitié, d'ailleurs. En tout cas, il y faut un point d'équilibre, même si les deux plateaux de la balance ne contiennent pas la même charge.

La vie m'apprends pourtant que dans les relations humaines, la dissymétrie est consubstantielle. Mais qu'en même temps elle est un terrible prédateur des liens affectifs. On peut difficilement donner, donner de l'amour, donner de l'attention, manifester de l'intérêt, apporter du soutien, et ne jamais recevoir en retour, même un peu de réconfort au moment où l'on en manifeste le besoin. Il y a un moment où le fil lâche.

As-tu remarqué que nous, les humains, nous étions totalement symétriques : deux mains, deux yeux, deux jambes, etc. Sauf pour nos organes vitaux : un foi, un cœur, une bite... Un peu de symétrie nous est vital, c'est notre eau de source.

Moi j'aime retrouver ma symétrie à la fin d'une séance de nage : faire mes dernières longueurs en dos brassé, propulsion symétrique, poussée symétrique, sans pression, sans puissance, en me laissant porter par l'eau pour me reconnecter à moi-même. Ne laisser aucune chance à une douleur musculaire qui en aurait l'idée de s'installer d'un côté, confondre ma symétrie et mon intégrité. Pour la même raison, je m'autorise toujours de longues séances d'étirements sous la douche chaude après l'effort.

C'est ce qui me manque en amour : je n'ai pas encore trouvé les gestes du décrassage.

20 novembre 2009

l'asymétrie du regard

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Je suis à un âge où ma myopie, souffrant sans doute d’un peu de solitude, a fait appel à la presbytie pour lui tenir compagnie. La salope ! Sa nouvelle copine s’était d’abord faite discrète, je la croisais de temps en temps, entre deux portes du quotidien. Puis elle s’est mise à s’inviter au salon, à la cuisine aussi, à l’heure de lire les conseils de cuisson sur des emballages. C'était alors juste drôle.

Comme je l’ai expliqué l’autre jour à mon ophtalmo, elle vient désormais m’accompagner jusque dans mon bureau, notamment lorsque j’ai des choses à écrire à la main. J’ai constaté qu’elle agissait sur mon instinct, qu’elle m’obligeait par exemple à me redresser sur le dossier de ma chaise, comme si je me prenais pour un manche à balais.

Etant utilisateur de verres de contact, mon ophtalmo m’a proposé la solution suivante : plutôt que me corriger la vue de loin pour les deux yeux, et porter des lunettes pour la vue de près (à quoi bon des lentilles si je dois utiliser des lunettes !), essayons donc de corriger mon œil directeur pour la vue de loin, et l’autre pour la vue de près. Cela se fait, paraît-il. J’ai accepté et me voilà donc en phase d’essai.

Mon œil gauche distingue avec clarté et détail tous les objets de l’horizon, et le droit supporte désormais que j’y approche à vingt centimètres les clauses les plus secrètes des contrats d’assurance…

J’ai donc perdu la symétrie du regard.

Je ne peux pas encore te dire si je finirai par m’y habituer ou non. Le premier jour, j’avais le doigt continuellement fourré dans mon œil droit, cherchant à réajuster la lentille pour tenter d’y voir net. Je me suis déjà débarrassé de ce réflexe, mais il n’empêche. Avant, j’avais l’impression de mal voir dans certaines circonstances, d’être handicapé pour certaines choses. Désormais, j’ai l’impression d’être tout le temps dans la gène.

Le pire, c’est avec l’ordinateur sur les genoux. Juste là, à une quarantaine de centimètres du regard. Trop loin pour ma myopie, trop près pour sa copine. Elles se chamaillent, elles se crèpent le chignon, elles se refilent le bébé… et en attendant qu’elles décident quel œil fera le messager, l’information me glisse entre les doigts. C’est commode !

photo_1258645940913-3-0.jpgC’est comme pour la main de Thierry Henry. C’est vrai, quoi. Mon œil gauche l’a absolument vue, la tricherie est incontestable, et ils ne l’emporteront pas au paradis. Mais mon œil droit n’y a vu que du feu : une bousculade, un geste réflexe, et au bout un petit but qui ne fait parler que parce que c’est le dernier but de la dernière action du dernier quart d’heure du dernier match de la qualification. La même chose en d’autres circonstances, même mon œil gauche ne l’aurait pas remarquée.

Par contre, net ou flou, on ne pouvait pas rater le forêt de drapeaux bleu-blanc-rouge, dans le stade de stade-de-france-12-juillet-2008-france-98-drapeau-bleu-blanc-rouge-france.jpgFrance, mercredi. Un changement radical, par rapport à la couleur bleue traditionnelle de nos sélections nationales et de leurs supporters. Une image savamment orchestrée, en plein débat sur l’identité nationale. Nicolas Sarkozy en avait même déjà le poster en arrière fond de sa petite interview d’après match !

Myopie ou presbytie, j’y ai vu une façon singulière de la porter, la France, comme repliée sur ses couleurs, comme exclusive de la diversité. Curieusement, le drapeau algérien porté par ces jeunes Français d’origine algérienne, en liesse après la qualification - incontestable, elle - de l’équipe d’Algérie, avait au contraire un vrai goût de diversité culturelle. Il était non seulement plus rayonnant, mais il était plus riche, porté par ces épaules-là, que notre bien triste drapeau tricolore. Il faut croire que de l’eau bien sale a coulé sous les ponts, depuis juillet 98…

Ah! j'oubliais de te dire, je me traîne aussi un léger astigmatisme à l’œil droit.

19 novembre 2009

de la fidélité

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Il y a quelques jours - mais elle n'écrit plus si souvent, c'est donc sa dernière note - feekabossee livrait ses réflexions sur la fidélité prédatrice. Je t'invite à lire son papier, mais aussi certaines des réponses laissées en commentaire. Où l'on découvre que la fidélité se définit souvent par défaut, et que l'infidélité en amitié est souvent la plus blessante.

Moi, je suis fidèle. Fidèle en amour. Fidèle en amitié, quoi que parfois négligent. Fidèle en valeurs et en engagement, même au delà des doutes. Fidèle en adultère. Fidèle en fautes et en chagrins. Fidèle à moi-même, indifférent aux leçons de la vie. Je m'accroche aux mêmes yeux, aux mêmes mains, aux mêmes soupirs consentants. Fidèle à mes héros imaginaires, à leurs apitoiements ingrats, je m'avilie dans les mêmes humiliations, et me désespère des mêmes égoïsmes.

Fidèle à ma mémoire, à mes symboles, à mes travers. Comme l'ombre de moi-même.

Fidèle à mes fardeaux. Je me défonce à la même came de l'inutilité amoureuse, me relève des mêmes KO, m'épuise dans les mêmes rêves.

Et si je meurs un jour, ne cherchez pas docteur, ce sera de fidélité !

17 novembre 2009

l'après-midi d'un faune

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Le Rainbow Symphony Orchestra a atteint une sorte de maturité. Musicalement, s'entend. Il donnait deux concerts le week-end dernier, à l'Oratoire du Louvre, et nous nous y sommes retrouvés ce dimanche, en famille et avec quelques amis, grâce à l'invitation de notre violoncelliste préféré (suivez mon regard).

Les églises ne sont pas des enceintes spécialement adaptées à l'acoustique symphonique. Aux chœurs, elles sont des caisses de résonance exceptionnelles, ainsi qu'à certaines emphases, mais les instruments ont tôt fait de se confondre les uns avec les autres, et les instrumentistes de ne plus s'entendre les uns les autres. Il faut donc reconnaître la performance de l'orchestration.

Suivant le RSO depuis bientôt deux ans, je dois dire que j'ai perçu une symbiose nouvelle entre le chef et ses musiciens, une maîtrise mieux accomplie, et si parfois l'on aimerait que les violons soient plus puissants, plus enveloppants, il y a dans l'ensemble une justesse de jeu tout à fait réjouissante.

nijinski.jpgLe Prélude à l'après-midi d'un faune ouvrait le programme, suivi de la création d'une œuvre inédite de Diana Cotoman, Les Tableaux, une sorte d'hommage à des peinture de sa cousine Andreea Tincu, qui étaient judicieusement projetées durant le concert. Une composition dont on ne peut pas dire qu'elle soit excessivement contemporaine - je lui ai plutôt trouvé une filiation expressionniste - avec une belle et prenante montée en tension sur la deuxième moitié.

Après l'entracte, le RSO nous offrait rien moins que la 1ère Symphonie de Brahms (que je m'en vais écouter à nouveau ce soir au Théâtre des Champs-Elysées, par l'Ensemble orchestral de Paris cette fois - quand on aime, on ne compte pas). Et je dois dire qu'ils s'en sont plutôt très bien sortis ! Avec beaucoup d'application dans les deux premiers mouvements et un final enlevé.

Ma nièce, qui sait de quoi elle parle, avait apprécié le solo de flûte sur le Debussy, et a décelé quelques imperfections, qui m'ont totalement échappé, sur Brahms. Et puis Bougrenette, Bruno, son fils, Brigitte, tous peu habitués à la musique classique, y ont pris pas mal de plaisir, c'est du moins ce qu'ils en ont dit. Igor s'est à moitié endormi, et l'on ne sait si c'est sous l'effet de la musique ou du massage de la nuque dont je le gratifiais.

Une collègue, venue avec un ami, a apprécié cette après-midi, même si leurs enfants, qui n'avaient rien de faunes, après avoir fait craquer légèrement, par leurs babillages, leurs voisines de devant, ont finalement craqué eux-même au milieu du troisième mouvement de Brahms. C'est déjà méritant... Moi j'aime l'idée que la grande musique puisse être aussi populaire et familiale. Merci le RSO !