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05 novembre 2009

mes sales rêves

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Sans plus trop savoir ce que je cherche à soigner, et même si je ne t'en ai plus parlé depuis longtemps, je poursuis mes séances hebdomadaires chez le psy. De toute façon, ça ou autre chose, je finis mes mois dans les ultimes recoins de mes découverts autorisés...

J'ai (presque) arrêté d'avoir peur des silences. J'ai (quasiment) réussi à ne plus préparer mentalement mes séances, à ne pas me laisser (complètement) envahir la tête par leur échéance. Il est (toutefois) un symptôme qui se manifeste à une ou deux nuits de chaque lundi : je fais des rêves, ou plutôt des cauchemars, dont je parviens à ne plus effacer les traces.

Une fois, je roulais dans un marais, à bord de ma toute nouvelle voiture, et bien que le temps fut clair, je me déportais sur ma gauche, et me précipitais irrémédiablement vers le bas côté, mon bras paralysé ne parvenant à redresser la trajectoire. Une autre fois, Paris devenait un musée géant à ciel ouvert, chaque fenêtre haussmanienne une toile de maître, et le bus dans lequel j'avais pris place pour une visite un bolide fou qui dévélait sans retenue les larges rues en pente, derrière le Panthéon je crois, et partit se perdre dans le vide abyssal de ma nuit.

La dernière fois, ce n'était pas vraiment un rêve, mais une séquence courte qui se répétait, lancinante, alors même que je n'étais pas en état de complet sommeil. Une femme enceinte se tenait debout, nue ou à moitié nue, j'en distinguais juste le buste et son gros, très gros ventre rond. Une main s'approchait de ce ventre, pas à proprement parler dans une position de caresse. Elle s'avançait par le haut, à la verticale, et les doigts, au contact de ce ventre, le pénétraient, un peu comme s'ils traversaient sa peau. Ou plutôt comme s'ils dissociaient le ventre de son buste et l'en écartaient à la façon d'une coque. Et la main s'enfonçait ainsi profondément dans ce corps. Puis mon image se focalisait sur le ventre, qui à ce moment-là se transformait en nez, ou plus précisément sous la paroi duquel un nez, un très gros nez s'agitait comme pour s'en libérer au point de se confondre avec lui. Tout cela se passait très vite évidemment, et se répétait deux ou trois fois avant que je réalise qu'il s'agissait d'images irréelles dont j'étais l'auteur et la proie. Je tenais mon rêve pour la séance à venir.

Alors sans vraiment me réveiller, une autre image venait me hanter : j'étais dans une pièce de petite taille, on aurait dit un moulin peut-être, ou un atelier, une sorte de réduit. Un incendie se déclenchait de l'intérieur et je cherchais à m'enfuir.

Le nez ? Je n'eus aucun mal à reconnaître qu'il s'agissait du mien : ce sacré nez que je ne supporte pas de croiser dans un miroir. Et le ventre, êtes-vous sûr qu'il ne s'agit pas non plus du vôtre ? J'ai évoqué les questions de parentalité qui sont venues me visiter à la faveur de rencontres familiales à mon retour du Brésil. Il a parlé de ma façon d'appréhender les autres, mes amants notamment, dans un rapport de maternement.

L'incendie ? On n'en a pas parlé, j'ai juste rappelé qu'en branchant mon ordinateur un soir à même son sac, l'idée de provoquer ainsi un incendie m'avait traversé l'esprit.

Reste à nous expliquer pourquoi il semble vous falloir y mettre la main...

Ce sera sans doute pour une prochaine séance.

Commentaires

Il y a pâture à réflexion dans ton illustration (modifiée depuis hier!)
Femme enceinte, j'ai connu très récemment hein!
Et j'en ai fait des rêves qui au matin me laissaient la cervelle en vrac(!)
Dont un où je voyais ma nièce enceinte, perdant l'enfant qui était une fille...
Et je criais,tempêtais,pleurais(vraiment)
Sachant que nous sommes TOUS les personnages de nos rêves...
Et qu'une période de mutation semble s'ouvrir...cherchez docteur!!!

Écrit par : mume | 06 novembre 2009

Même si l'on cherche à comprendre, une grande part des rêves restera un mystère, et c'est surement mieux ainsi, non ? :-) je penserais à toi cette après midi. Je t'embrasse.

Écrit par : Bougrenette | 06 novembre 2009

Même si tout cela est fort joliment écrit, C'est donc clair, il faut que tu continues ton analyse...
biz

Écrit par : corto74 | 06 novembre 2009

Magnifique, la photo...
Pour tes rêves, l'interprétation est évidente, et je m'étonne que ton psy ne l'ait pas vue : le nez/le ventre représentent le capot de ta nouvelle voiture, l'incendie la flambée des cours du pétrole.
Il s'agit donc bien de changement : tu as inconsciemment décidé de devenir mécanicien chez Norauto afin de te payer une intervention chirurgicale sur tes lobes.
J'ai juste ?

Sinon, la phrase "un très gros nez s'agitait comme pour s'en libérer au point de se confondre avec lui" me laisse perplexe.

S'en libérer au point de se confondre - c'est marrant, comme formule (non, pas marrant, mais si j'écris "intéressant" ça sonne trop psy).

En tout cas, j'aime bien lire tes rêves

des bises

Écrit par : manu | 06 novembre 2009

Juste pour la photo modifiée que je trouve vraiment très intéressante (Non, non, je ne suis pas psy)
Pour le reste, je prends toujours plaisir à te lire mais quant à l'interprétation des rêves...euh...la psychanalyse n'est pas une science même si elle aide à dénouer, creuser pour vivre survivre ;-)

Écrit par : sissi | 06 novembre 2009

-> mume -> "nous sommes TOUS les personnages de nos rêves" ? Ma foi, c'est donc sans doute ça que le psy cherchait à m'expliquer... Oui, j'ai changé l'illustration, il fallait que ce soit plus conforme au titre de ce billet... (et un peu comme en référence aux "sales habitudes" dans l'Etranger de Camus) ;
-> Bougrenette -> Pourquoi t'as pensé à moi cet après-midi ?
-> corto74 -> Comment je dois le prendre ?
-> manu -> je crois que t'as bon sur l'interprétation, mon psy disait juste Midas, au lieu de Norauto. Je me donne quelques leçons pour éclaircir ça...
-> sissi -> Oh la la, y'a longtemps que tu n'étais plus passé, toi... ça me fait plaisir. Bravo pour avoir remarqué la modification de l'illustration en cours de route et à bientôt.

Écrit par : Oh!91 | 06 novembre 2009

Les rêves...
Lorsque j'étais en analyse je rêvais beaucoup et très souvent je les notais. ce qui n'est pas facile, il faut le faire tout de suite, à peine réveillé, sinon le rêve se modifie alors on le bricole avec ses peurs ou ses obsessions.

J'ai trouvé plein de choses dans mes rêves, plein de clés, c'était fascinant. Démarche solitaire, personnelle, tu es le seul à pouvoir "décrypter" tes rêves, les interpréter, le seul à pouvoir leur donner sens, ou non.

baci bel uomo :-)

Écrit par : céleste | 07 novembre 2009

Je me suis toujours demandée si les rêves étaient vraiment la traduction de peurs ou autres sentiments, exprimés symboliquement, que nous hébergeons ou que nous refoulons et dont il faudrait toujours avoir la clé pour avancer. Je n'en suis pas persuadée. Certains des rêves étranges que j'ai faits et que j'ai disséqués jusqu'à plus soif ne m'ont pas donné de réponse. Eux-mêmes ne disent rien au fond, seule notre interprétation leur donne du sens et elle est souvent biaisée. On tente de mettre du rationnel où il n'y en a pas. QUand je rêve que je perds toutes mes dents, je me dis quoi ? Quand je sursaute parce que je glisse d'une balançoire, je me dis quoi ? Quand je vole dans le ciel en faisant la brasse, je me dis quoi ? Ne peut-on accepter les rêves pour ce qu'ils sont : un espace de créativité sans bornes et sans censure que notre cerveau nous donne enfin, sans nuire à personne, ni à la morale ni aux biens ?

Écrit par : Gicerilla | 08 novembre 2009

Au sujet des rêves, j'aime bien comprendre d'où me viennent les différents éléments qui les composent: quand je fais le lien avec un truc ou deux qui me sont arrivés la veille, je ne sais pas pourquoi, je me sens moins sotte, comme si j'avais tout compris! en fait, je ne les comprends jamais très bien, mais ça me suffit de connaître la source des différentes pièces du puzzle!!! (et souvent je m'aperçois que ce sont de tous petits riens du tout qui m'ont marquée: un mot, une image qui seraient passés inaperçus s'ils n'avaient pas ressurgi dans mon rêve justement!)
Et en fait, sur les rêves je voulais faire court!
Parce que quand j'arrive sur cette note, c'est ce montage photo qui me fait un drôle d'effet! La première fois je me suis dit "tiens c'est bizarre!" (notons le côté superficiel de l'analyse!) et puis après j'ai trouvé ça "bien vu"! (nous progressons!) et en fait maintenant je me dis que l'analogie est vraiment très bien trouvée! à la fois provoc et pas du tout! elle est presque belle! et en même temps très déstabilisante... de toi?

Écrit par : Rouge | 08 novembre 2009

-> céleste -> L'analyse me déclenche aussi cette capacité nouvelle à produire des rêves, ou en tout cas à les mettre en conserve. Je note deux mots clés dans mon demi sommeil pour ne pas les oublier; c'est assez drôle que cela survienne le samedi ou le dimanche, comme si une inquiétude sourde grandissait en moi à l'approche de la séance si je n'ai pas de rêve à exposer. Je crois aussi que les interprétations sont forcément personnelles, et je me méfie des rapprochement un peu capilotractés... Bisous !
-> Gicerilla -> Un espace de créativité, sans doute. Mais je crois qu'ils disent plus que cela, i ly a quelque chose de riche parce que le sommeil est le moment où les inhibitions lâchent, où vous perdez enfin le contrôle mental sur vous-même, et il y a donc forcément des messages. En tout cas des rapprochements d'idées, souvent impossibles en état de pleine conscience deviennent possible dans cet état, je crois donc que j'y trouverai un jour certaines réponses. A quelles questions ?
-> Rouge -> Aucune des deux images n'est de moi : elles sont prélevées sur le net, un peu au hasard. Mais le rapprochement est de moi, ainsi que le traitement couleur sépia pour chercher à les confondre. C'est drôle, celle de droite, je l'ai déjà publiée, il y a très longtemps, pour un billet... pas très recommandable. Mais en publiant celle de gauche, le rapprochement s'est imposé. Tu crois que je dois en parler à mon psy ?

Écrit par : Oh!91 | 08 novembre 2009

Tiens? le sépia rend plutôt rose violine sur mon écran!
Donc bravo pour ce montage! Joli coup d'oeil! vraiment!
Euh... pour le psy, je t'encourage à n'en rien dire parce que vous auriez au moins trois séances pour y voir clair! ;)

Écrit par : Rouge | 08 novembre 2009

-> Rouge -> On a encore quelques douzaines de séances programmées, t'inquiète !

Écrit par : Oh!91 | 10 novembre 2009

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