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02 novembre 2009

Belo, ses si chères longueurs

BeloHorizonteBrazil.jpg

Rentré de Belo Horizonte ce week-end, après un détour par Rouen pour les cinquante ans de ma cousine germaine, je te balance en vrac quelques ultimes impressions brésiliennes.

A Belo, les rues s'affranchissent du relief, pourtant encaissé. Elles forment un quadrillage qui ne connait pas d'écart. Une maille serrée est-ouest-nord-sud, et une maille large qui embrasse la première de grandes diagonales plus espacées. Relier un point à un autre relève ainsi des mathématiques appliquées. Mais les pentes laissent des traces parfois douloureuses dans les jambes. Et sur les moteurs de voiture.

Cette planification a évidemment échappé, sur sa périphérie, aux favelas, y compris les plus anciennes aujourd'hui "régularisées", dont l'organisation respecte la géomorphologie du sol. On y trouve parfois de petites criques sauvages à l'abandon, ou restaurées en jardins publics où l'eau et ses sources naturelles retrouvent leurs droits.

Jeudi, je suis allé nager dans un de ces clubs privés qui sont l'apanage des couches suprieures de la société, le Minas Tenis Clube. Probablement les plus chères minas tenis clube.jpglongueurs que je ne me sois jamais offertes. A trente euros l'invitation sur parrainage, et en donnant de ma personne, ça m'a fait 1 euro les cent-mètres. Les installations étaient impressionnantes, il est vrai. Dans un site indécelable de l'extérieur, presque dans le fond d'une fosse entourée de végétation tropicale, on comptait un bassin olympique extérieur de cinquante mètres, deux bassins découverts de vingt-cinq mètres, et deux autres au rez-de-chaussée d'un bâtiment où l'on trouvait aussi, selon les niveaux, des courts de tennis, de baskets, de volley, de squash, des agrès de musculation...

churrascaria-745146.JPGOutre les buffets "au poids", on est amateur de viande, au Brésil, et notamment de grillades. Les churascarria sont des restaurants populaires, on t'y propose toutes sortes de viandes, et tu peux même y choisir des assortiments à volonté. Les morceaux sont empalés sur de larges et longues épées médiévales, qui viennent défiler avec des morceaux fumant devant ton assiette. On y découpe une tranche ou deux, avant qu'une autre te soit apportée, puis une suivante dans un défilé qui te mène bien au delà de la satiété.

Il y a une marque de pains ou de biscottes qui s'appelle "Maricota". Un jour, une étudiante colombienne qui participait à notre séminaire s'est précipitée pour faire la photo d'un camion qui en arborait l'enseigne. Elle était tordue de rire. Si j'ai bien compris, ça veut dire "tantouze" dans son pays, en tout cas précisa-t-elle, "it is a very bad word". Merci pour elles.

Un jour, une belle femme gracile se tenait dans une rue juste devant nous, le visage délicatement maquillé. Elle portait un petit boléro fuchsia dont les bretelles soulignaient de fines épaules hâlées, où ondulaient de fins cheveux mi-longs selon les mouvements du corps ou sous l'effet du vent. Elle discutait et riait avec la femme, assez insignifiante, qui l'accompagnait. Elle portait la note du restaurant qu'elle s'apprêtait à régler entre son moignon gauche et son sein, et au bout de son moignon droit, à hauteur de coude, son sac à main noir dans un sky très mode, qu'elle relevait, posait, ouvrait, de gestes amples.

Je suis retourné le dernier soir au Sauna Specific, pour me changer de l'impression laissée par le sauna so british du Minas où j'étais allé faire mes longueurs. Il y avait du monde en fin de semaine, pas comme lundi dernier. Des hommes, serviette autour de la taille, jouaient aux cartes sous un vieux tube cathodique qui diffusait des images en couleur, et fumaient leur cigarette. D'autres les regardaient, debout à côté du bar, ou devisaient. Hola Oliver, me fit Pablo en me reconnaisant. L'ambiance était bon enfant. Derrière la porte juste derrière, sous les douches, d'autres encore se jaugeaient. J'y fus convoité et l'on m'y présenta des longueurs d'un autre genre. Et ça m'a flatté. Bruno était là, avec en me voyant un sourire heureux et innocent. Il m'a refait le coup du massage et je n'ai pas su lui dire non.

Petit mémo pour ceux qui s'apprêtent à partir au Brésil : si ton vol n'est pas direct, évite d'acheter de la cachaça dans les boutiques de l'aéroport : elles te seront confisquées lors de l'escale de Lisbonne - rapport aux normes de sécurité aérienne...! - et elle prend alors un goût plus amer.

Commentaires

Aahh le Brésil... que de souvenirs (j'y ai habité, à Rio et à Fortaleza). Joli récit de voyage Oliverzinho! Sinon, ils ont raison, pas de cachaça dans l'avion hein, t'as vu ce que ça a fait à Delarue!

Écrit par : Chantal | 02 novembre 2009

Eh bin dis donc, que les Brésiliens sont accueillants, en particulier ce Bruno. Dommage pour la cachaça...

Écrit par : deftones75 | 02 novembre 2009

Aaahhh, il y avait, ou bien y a-t-il toujours, une churascarria à Montpellier où l'on servait la viande sur des sabres. Vindiou qu'on y mangeait bien ! Et copieux, en effet.

Écrit par : Olivier Autissier | 02 novembre 2009

"Maricota" je ne sais pas ce que cela peut signifier en Colombie. En Argentine ça fait penser à "mariquita" terme péjoratif pour homosexuel, équivalent à "pédale" ou "chochotte". Pas forcement un "gros mot" en Argentine, il faut savoir quand-même quand et avec qui on peut l'employer.
Mais il fera toujours rire à un hispanophone.
Et pour rester dans la langue française, si je ne me trompe pas, on peut trouver le mot "maricas" ou "mariquitas" dans Le journal du voleur de Jean Genet.
Comme d'habitude, c'est très agréable de se promener dans ton blog.

Écrit par : St Loup | 02 novembre 2009

-> Chantal -> Ok, j'ai compris, les scanners, ce sont des dispositifs anti effets Delarue, je saurai m'en souvenir. C'est une chance d'avoir vécu au Brésil, j'en suis sûr ;
-> deftones -> Je doute que tu aurais été aussi enchanté que moi de l'accueil de ce Bruno-là ;
-> Olivier Autissier -> Ah ah ?!? Je ne te savais pas à ce point amateur de viande... C'est bon à savori ;
-> St Loup -> Et tu as le commentaire toujours aussi distingué. Merci de cet éclairage linguistique. J'ai beaucoup pensé à l'Argentine, durant mon séjour, et je me disais que j'aimerais bien avoir une opportunité de voyage là-bas. J'en éprouve une sorte de fascination depuis que j'ai vu el-Norte avec Carole bouquet.

Écrit par : Oh!91 | 02 novembre 2009

Troublant la partie de la jeune femme gracile, je ne sais pas si c'est ton style, ta façon d'écrire, ça parait presque normal ...

Écrit par : Bougrenette | 03 novembre 2009

-> Bougrenette -> La situation était troublante, parce que s'y mêlaient naturel et monstruosité, et que j'aimerais que le handicap soit plus souvent aussi transparent que ça...

Écrit par : Oh!91 | 03 novembre 2009

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