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27 octobre 2009

ma première lune

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Une chaîne a été lancée, et je remercie Zoridae de m'avoir invité à m'y associer. L'initiateur importe peu, au fond. Il s'agit de raconter sa première fois. Enfin, tu vois ce que je veux dire.

En fait, j'ai tardé à réagir, parce que je tarde toujours à réagir, attendant le moment propice, ou laissant maturer des choses dans ma petite tête. Et aussi parce que je l'ai déjà écrite, ma première fois, en fait, et encore il n'y a pas si longtemps. Il s'agissait de ma vraie première fois, celle où je rentrais dans une sexualité épanouie, qui me correspondait, où j'entreprenais la grande réconciliation avec moi-même.

Mais avant que l'on me marcha ainsi sur la lune, il y eut bien-sûr cette autre fois, mon so-called dépucelage.

Je n'étais pas précoce. Comment aurais-je pu l'être, alors que je n'avais pas d'attirance pour ce avec quoi le devoir m'obligeait à m'accorder. C'était donc à l'aube de mes 19 ans. Durant l'été, après une première année de Deug poussive en maths-physique, je m'élançais dans les centres de vacance d'un comité d'entreprise bien connu, au sud de la France, pour des animations sur le thème de l'astronomie.

Avec un collègue, pas beaucoup plus brillant que moi en maths, et assurément moins en communication avec le public, nous installions une exposition sur différents objets célestes connus : nébuleuses, galaxies, super novas, etc. Le soir, nous présentions un diaporama, il assurait la logistique et moi les commentaires, puis à l'aide d'un télescope, le temps en général le permettait, nous observions les anneaux de Saturne, les cratères de la lune, Jupiter, et puis nous envoyions tout le monde au lit. Le lendemain matin, nous fabriquions des cadrans solaires en carton avec les enfants les plus vaillants, et puis parfois, nous observions les projections solaires.

L'animation durait deux jours, puis nous partions dans un camp de vacances voisin. Nous avons tourné ainsi tout l'été sur six centres, retrouvant à chaque étape les équipes d'animateurs des fois précédentes, nouant avec eux des relations amicales empruntes d'adolescence.

Un jour de "permission", nous allâmes passer la journée à la plage. Nous étions cinq dans la voiture. La directrice du centre de Six-fours, ou de Sanary, je ne sais plus bien, nous accompagnait, car c'était aussi sa journée de repos.

Ma foi, de cette partie de plage je ne me souviens de rien, mais vraiment de rien. Le seul souvenir qui me reste, c'est le chemin du retour. La directrice - comment s'appelait-elle, déjà ? - avait jeté son dévolu sur moi. Je n'avais rien senti venir, mais sur le chemin du retour, elle s'était mise à laisser sa main glisser sur ma jambe, ou mon épaule, peu importe, et je ne sais plus comment les choses se passèrent dans ma tête, scène d'amour.jpgtoujours est-il que j'acceptais l'idée d'aller ainsi à mon dépucelage. Mieux, j'y voyais l'occasion à ne pas laisser filer. Du coup, tout s'effaça des alentours, les autres personnes qui nous accompagnaient, les paysages, les odeurs de sel, il n'y avait plus que sa main, de plus en plus insistante, la mienne qui maintenant lui répondait, les baisers d'abord intimidés, puis rapidement explicites qui se moquaient des rires gras.

Mon cœur battait à n'en plus pouvoir. Cette fille n'était pas belle, mais elle avait du caractère. Elle avait peut-être deux fois mon âge, en tout cas je le croyais, car avoir 25 ou 30 ans c'était déjà être bien vieux, de là où je voyais les choses, et je dois dire que durant ces quelques heures, je ne fus taraudé d'aucune question sur mon orientation sexuelle.

Une fois arrivés, je crois vaguement me souvenir que c'est moi qui ne la lâchais plus, je jouais le pot de colle, mais elle se noyait dans mes caresses et mes baisers où ma langue explorait de nouveaux horizons.

J'avais l'impression que mon inexpérience lui sautait au visage, et je ne saurai jamais si elle se délectait de mes maladresses juvéniles, ou si elle n'en perçut rien.

Sous sa tente à la nuit tombée, il était évident que je partagerai son lit, mais elle m'annonça qu'elle avait son truc de filles, et que, je comprenais bien-sûr, elle ne pourrait pas me donner tout ce que j'en attendais. En fait, elle me suça. Elle me suça et me suça encore. Et je me perdais en caresses dans ses seins, qu'elle avait généreux. Je me souviens aussi de ce détail qui n'en est pas un : je n'ai pas joui alors, bien qu'elle y mit du cœur - trop concentré que j'étais à la découvrir. Mais ma trique ne me quitta pas de la nuit.

A un moment, au milieu de son sommeil, feignant de me rendre aux sanitaires, je me finis seul. En pleine nature. Éclairé d'un simple croissant de lune montante. (ce détail est une pure invention, ajoutée là pour les besoins du récit, l'état de la lune m'intéressait alors autant que la dernière chemise que mon père avait pu mettre dans le panier de linge sale)

Au matin, j'étais collé encore contre elle, avec cette même vigueur qui ne m'avais finalement pas quitté. Elle me dit : "évidemment, c'est pas comme ça que je vais réussir à me lever". Et c'est drôle, parce que quand je suis bien dans les bras d'un amant, il m'arrive de ressortir cette expression, et de la dire exactement de la même façon...

Quelques semaines plus tard, alors que je devais passer non loin du camp où elle travaillait, j'essayais de l'appeler pour demander à la revoir, sans sons truc de fille, espérè-je. Je crois que sa réponse me refroidit. Je ne la revit plus jamais.

Voilà.

Il y eut ensuite les autres premières fois, déjà partiellement évoquées : celle avec mon premier flirt, qui resta platonique malgré nos mésaventures de Vauvenargues, celle avec ma première compagne, libanaise, bien six mois plus tard : ce fut ma première pénétration. Et ma première fécondation.

Et notre première IVG.

Puis mon entrée sur la grande scène des hommes.

Quant à moi, j'invite mes copines Fiso, Véro, Bougrenette, Princess on Line, Petite Française, Gicerilla, Multi-sourire, et Quine à se lancer dans l'exercice. Et pourquoi pas Dalyna, tiens ? Côté garçons, je crois que j'aimerais bien découvrir la première fois d'Olivier Autissier, et de deef. Mais aussi de Manu, parce que ça fait longtemps que je ne l'ai relié. Ou encore de corto74, parce que quelque chose me dit que je pourrais y croiser quelques uns de mes fantômes...

Allez, les p'tits loups, ça s'appelle être tagué. Au boulot ! (les autres - suivez mon regard - ne me remerciez pas...)

Commentaires

Rien que ça ! Je ne suis pas certain qu'elle soit avouable mais je vais veiller à m'en sortir comme je peux.

Écrit par : Olivier Autissier | 27 octobre 2009

p'tain ... bonjour le cadeau, ça va demander réflexion, même pas sur que cela vaille le coup d'être raconté :-) mais merci à toi d'avoir si bien partagé ta première fois, le défi en parait d'autant plus difficile.

Écrit par : Bougrenette | 27 octobre 2009

Amusant ! Et si toutes et tous relèvent le défi les prochaines lectures de la blogosphère s'annoncent palpitantes... :)

Écrit par : Gaspard | 27 octobre 2009

Désolé mais, 1. comme je viens de l'écrire, les chaînes, ce n'est vraiment pas mon truc ; 2. j'aurais pu, à la rigueur, faire l'effort une ultime fois mais c'est le genre de sujet que je ne peux (ni ne veux) pas aborder son mon blogue parce qu'il est lu (notamment) par ma famille... Ceci étant, à l'occasion, je pourrai te raconter de vive voix — bien que je ne pense pas que ce soit d'un très grand intérêt.

Écrit par : deef | 27 octobre 2009

Comme tu le dis , je muris aussi la chose sans savoir, encore, si je répondrais à ce double ( Le merle moqueur m'a déjà provoqué) tagage. A voir mais pourquoi pas !
L'idéal serait tout de même, afin que je ne restasses (?) point sur ma fin, qu'entends tu par " quelques un de tes fantomes" ?
biz

Écrit par : corto74 | 27 octobre 2009

J'aime cette idée que tu lances de ces premières fois avec les autres. Il arrive de vivre plusieurs premières fois avec le même goût de la découverte.

Écrit par : Chokri | 27 octobre 2009

Et ben ça va être joyeux ! :p

Écrit par : Quine | 27 octobre 2009

Argh, je croyais discrètement avoir échappé au premier appel du pied... enfin, du clavier en me faisant certainement au passage un ennemi pour la vie, et puis paf, le chien ! Voilà que oh!91 me propose de participer. Bon, ben, venant de vous Oh!91 je ne peux pas résister. Mais je vous préviens, comparé aux autres ça risque d'être soporifique ou dramatique, c'est selon... :-)

Écrit par : Gicerilla | 27 octobre 2009

-> Olivier Autissier -> Tout est avouable, suffit de raconter et tu sais très bien le faire ;
-> Bougrenette -> Au contraire, ça vaut plus que le coup et je dois dire que je suis curieux d'entendre ça...
-> Gaspard -> Haletantes, tu veux dire...
-> deef -> Alors toi, quand t'as décidé de faire ton deef !... Alors va pour le coup de la petite famille qui lit ton blog. Soit. Mais la petite famille alors, elle aurait droit aux histoires de prout, mas pas aux histoires de crac-crac, alors !?! je suis sûr que tu saurais manier habilement une façon de dire qui passerait fort bien, même aux oreilles familiales... M'enfin, c'est toi qui voit, hein !...
-> corto74 -> juste une intuition, en passant, je n'en dis pas plus, d'ailleurs, ils sont trop nombreux, mes fantômes, à me poursuivre, ou rangés sous les meubles, pour que je te les livre là, comme ça. Allez, bon courage, hein !
-> Chokri -> Comme tu as raison, il n'y a ou ne devrait y avoir que des premières fois, encore qu'on y laisserai la santé peut-être. Allez, j'aimerais bien que tu nous en écrives une aussi, de tes premières fois, s'il-te-plaît...
-> Quine -> Chic, j'ai hâte de lire ;
-> Gicerilla -> dramatique et soporifique ? Ça s'est passé au cours d'un stage chez l'Arlequin ?

Écrit par : Oh!91 | 28 octobre 2009

C'est fait ;-)

Écrit par : Quine | 28 octobre 2009

c'est fait :)

Écrit par : corto74 | 28 octobre 2009

aussi :-)

Écrit par : Bougrenette | 28 octobre 2009

-> Quine, corto74 et Bougrenette -> Vus ! Vous vous en êtes sortis comme des chefs ! (et je vous ai commenté chez vous, c'était plus cool - chez toi, ça prend pas, corto, ton antispam ne ma laisse pas commenter chez toi, c'est rageant !)

Écrit par : Oh!91 | 29 octobre 2009

ton commentaire a été déloqué et grand merci pour ton point of view.
biz

Écrit par : corto74 | 29 octobre 2009

Ayé pour moi aussi. Merci (?) et bisoux.

Écrit par : manu | 29 octobre 2009

-> corto74 -> me v'la déloqué, à présent ! Mais qu'est-ce que c'est que cette expression ?
-> manu -> Comme d'hab, à l'économie, et d'un coup on se dit pourquoi nous être encombrés des états d'âme, des couleurs de voiture ou de l'âge des capitaines, alors que l'essentiel est ailleurs, et dans la fugacité d'une phrase, toute l'intensité d'une histoire, dont on se fait les contours. Çà doit être ça le miracle de la poésie. Bravo ! (peux pas commenter chez toi, mon IP brésilienne est bloquée par tous les serveurs de messagerie et toutes les plateformes d'échange...)

Écrit par : Oh!91 | 29 octobre 2009

Je venais te dire que tu me manquais et là, tout de suite, je te hais (bon, juste un peu et avec le sourire, c'est vrai).
J'ai encore ouvert ma gueule trop tôt chez Boug', moi ... :(
Maintenant c'es toi qui va être décu. Je suis vierge.

Écrit par : Fiso | 31 octobre 2009

-> Fiso -> Ben voyons, et moi on m'appelle Miss'France... T'avais qu'à pas l'ouvrir si vite... Si t'as déjà raconté, offre-toi donc un petit copier-coller !

Écrit par : Oh!91 | 01 novembre 2009

Mais mon cher Oh ! vous savez bien que je n'écris plus...

Je suis néanmoins flattée de votre intérêt. Alors peut-être que...

B

Écrit par : petite française | 01 novembre 2009

Mission accomplie. Ou à peu près.

Écrit par : Olivier Autissier | 02 novembre 2009

-> petite française -> C'est pour ce "peut-être que", que j'ai tenté l'affaire, ma chère B...
-> Olivier Autissier -> A beucoup près, tu veux dire. Merci et bravo (que j'envie cette précocité, qui m'aurait tant évité de me fourvoir durant des années...)

Écrit par : Oh!91 | 02 novembre 2009

Bon, je rentre de vacances, reposée et voilà que des devoirs m'attendaient...!!
J'aime beaucoup comme tu racontes cette première fois entre envies et gaucheries, émouvant, je trouve.
Bises de papillon

ps : je m'y colle mais pas tout de suite...

Écrit par : VéroPapillon | 03 novembre 2009

-> Véropapillon -> Allez, n'essaie pas de me flatter pour gagner du temps.. Au boulot !

Écrit par : Oh!91 | 03 novembre 2009

je crois bien que l'animation auprès des jeunes est une agence matrimoniale déguisée (enfin j'parle pour moi en prem's!) ou alors c'est parce que c'était l'époque de nos environ vingt ans... et il semble que les souvenirs restent intacts... ou presque... ce qui serait drôle c'est d'entendre la version de l'"autre"!!! (en même temps il vaut sans doute mieux pas!)
ça n'a rien à voir (et je défie quiconque d'y voir un lien!) : suis connectée sur France Musique> c'est splendide... merci! :)

Écrit par : Rouge | 04 novembre 2009

-> Rouge -> Suis content que tu sois sensible à cet enregistrement de Beethoven. Ça prouve que t'as toujours vingt ans, va !...

Écrit par : Oh!91 | 04 novembre 2009

déloqué: néologisme cortonien signifiant enlever le loquet :)
biz

Écrit par : corto74 | 05 novembre 2009

-> corto74-> Moi pour me l'enlever, l'hoquet, suffit qu'on me fasse peur... Biz itou.

Écrit par : Oh!91 | 05 novembre 2009

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