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14 octobre 2009

le blogueur n'est pas qu'un animal paranoïaque (3)

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(Suite d'une semaine de voyage en blogosphère)

C'est donc à nouveau aux aurores - l'horloge affichait 5h50 - que je me présentais devant l'Opéra-Bastille, vendredi dernier. Il s'agissait d'acheter des places à bon prix pour Salomé, de Richard Strauss, d'après l’œuvre d'Oscar Wilde. J'obtins le n°19 au rang des fous de service, ma meilleure performance depuis que je participe à ce rite. Encore un effort, et je serai bon pour Sainte-Anne.

 J'ai observé que le numéro 1, échappé sans doute de cette institution, ou détenteur d'une permission hebdomadaire puisqu'il avait été numéro 3 la semaine précédente, passait ses entre-appels, d'une heure sur l'autre, à faire de la marche à pieds dans les alentours de la Bastille... En ce qui me concerne, j'en suis resté à la farandole des petits cafés. La première heure, passa vite en compagnie de Joël. On évita le sujet des maths, ce qui facilita les choses. Je lui parlais de mes stratégies pour éviter d'arriver fatigué ou mal préparé à un opéra, il me racontait qu'au contraire, un certain état de fatigue l'avait conduit, un soir, à se laisser profondément chambouler par la puissance d'une émotion musicale.

C'est drôle car dès le lendemain, peut-être en raison de cette anecdote, je laissais les larmes s'écouler à grand flots devant une interprétation du concerto pour violon et orchestre de Beethoven par la virtuose japonaise Midori, au théâtre des Champs-Elysées. Je te reparlerai de ce moment intense.

Gilda nous rejoignit à l'appel de 7h, nous parlâmes coïncidences. Joël a une théorie très arrêtée sur ce point : un scénario, pour être crédible, ne peut pas comporter plus d'une coïncidence. Il en faut bien une, soit, pour qu'il y ait intrigue, mais au delà, on est dans la triche. Gilda elle nous raconta comment un jour elle rencontra un auteur dans le métro, alors qu'elle tenait justement sous son bras l'un de ses livres. Moi, je relatais ma rencontre avec Clara au milieu de la mer de Chine...

Au cours de l'heure suivante, alors que je retrouvais une connexion internet, j'évoquai la cyber-attaque dont je venais d'être l'objet la veille, et Gilda fut stupéfaite : elle avait été elle-même, à une autre époque, victime du même cyber-délinquant en mal de bouc-émissaires. Ce n'était sans doute pas qu'une coïncidence : homophobie, racisme et misogynie ont des racines communes.

On se mit à parler blogs, blogueurs, communautés de blogueurs, l'incompréhension que suscite parfois cette activité chez les autres, les fâcheries qui peuvent en découler. Ou au contraire de la propension des blogueurs à se sentir visés par un texte qui ne les concerne pourtant pas... Les exemples fusèrent, et l'on n'en conclut que le blogueur était un animal sacrément paranoïaque. D'où... le titre en contrepoint de cette série de billets. Car il n'est malgré tout pas que cela, le blogueur.

Une fois dans la file d'attente, entre 9h et 9h30, je pouvais confronter avec un autre mélomane mes impressions sur Vozzek, vu la semaine précédente. Je dis que j'avais apprécié la mise en scène, la puissance musicale, le jeu admirable des chanteurs, notamment de Waltraud Meïer, mais qu'il m'avait semblé que les partis-pris scénographiques avaient porté préjudice à l'intensité dramatique dans la scène de la mort de Marie. Le vieil homme, épris d'opéra depuis dix ans à peine et déjà éclairé, détenteur du numéro 17, m'approuva. Entre nous, la numéro 18 avait interrompu sa lecture. Elle avait l'air moins folle que nous. Quand je lui demandais si nous la dérangions, elle répondit qu'elle trouvait notre échange intéressant, mais qu'elle ne se sentait pas en capacité d'y prendre part. Moins dingue, je te dis !

Le vieil homme nous raconta alors son Barbier de Séville, vu l'avant-veille sans décor en raison d'une grève des machinistes de l'Opéra, mais en costumes, avec des chanteurs-comédiens qui s'impliquaient avec plus de cœur encore en raison de la situation. Ce rendez-vous matinal autour de l'Opéra vaut bien des sorties entre amis. Je te jure que j'y prends goût.

Les ami(e)s, justement, blogueuses elles aussi, c'est le dimanche autour d'un brunch, que je les retrouvais. Et quoi qu'elles en disent, c'était bien un rendez-vous de filles, j'en apporte la preuve demain.

à suivre

Commentaires

Ca c'est dingue, mais je dois reconnaitre que tu m'a donné l'envie d'y participer au moins une fois à cette attente matinale.

Écrit par : Bougrenette | 14 octobre 2009

Ben moi ça me donne le tournis cette valse des rencontres. Quelle santé vous avez les parisiens !

Ah au fait ! J'ai couru après toi toute la nuit dernière !
Ben oui, t'avais le dernier de mes nains en garde et tu m'avais dit de vous rejoindre à la piscine, mais t'avais juste oublié de dire laquelle, gros malin ! Ha ha !
Bon je pense que je dois arrêter de lire ton blog le soir avant de me coucher, ça m'évitera des rêves qui me laminent et font de moi un chose immonde le matin au réveil (putain d'réveil!)

Écrit par : feekabossee | 14 octobre 2009

à propos de bloggeurs
bonne nouvelle Wajdi est revenu !
(Je ne t'avais d'ailleurs jamais remercié de ton conseil de lecture) donc Merci pour ce plaisir éprouvé à la lecture
C'est étrange d'ailleurs ce sentiment de proximité, rien qu'en lisant des textes, sans jamais vraiement connaître l'autre
Comme certaines rencontres fortuites, regards échangés, gestes ébauchés ...
Le plaisir de découvrir l'autre ...
à+

Écrit par : olivier | 14 octobre 2009

Oh ! comme c'est passionnant, j'aime beaucoup cette série (tu me fais rêver), tu parles de coïncidences et de Gilda... comme c'est bizarre... je vous assure cher cousin... je rêve un soir d'aller à l'Opéra...

Écrit par : Lucia Mel | 14 octobre 2009

-> Bougrenette -> Tu veux la date de la prochaine queue ?
-> feekabossee -> La santé ? Ben justement, je me disais que c'était peut-être plus de mon âge, ces sorties à répétition. D'ailleurs, tu ne sais pas encore dans quel état tu vas me trouver dimanche... Garder tes mouflets dans tes rêves, quelle belle idée, tiens, surtout si c'est pour jouer à l'eau. Mais ne fais pas trop de cauchemar d'ici-là !...
-> Olivier -> Bah ! Il revient doucement doucement, le petit père... La rencontre, ben oui, c'est une des choses les plus belles, forcément ;
-> Lucia Mel -> Tu me raconteras un jour cette coïncidence à propos de Gilda. Autrement, l'Opéra, j'y étais encore hier soir : La Ville Morte, de Korngold. Je t'assure, il n'y a rien de plus simple. Et c'est beau. Si tu as besoin d'un coup de pouce pour franchir le pas, tu peux compter sur moi.

Écrit par : Oh!91 | 14 octobre 2009

prochaine queue ? ....

j'ai eu comme un moment de flottement là, bon alors oui je veux bien :-)

Écrit par : Bougrenette | 15 octobre 2009

-> Bougrenette -> OK, je note : et si tu tiens le rencart, j'te paie des frites.

Écrit par : Oh!91 | 16 octobre 2009

Les commentaires sont fermés.