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05 octobre 2009

en pièces détachées

pieces_moteurs.jpg

Sylvain explore de nouvelles techniques. C'est un massage de relaxinésie qu'il m'a délivré l'autre soir. Rien à voir avec ses massages énergisants à l'huile essentielle qu'il m'avait prodigués les fois précédentes. Sauf ce contact exceptionnel, d'une paume, d'un doigt, d'un avant-bras, qui ne se laisse jamais échapper et te procure un sentiment de sécurité sans pareil.

Cette fois, le corps est au sol. Le contact est parfois très étroit, intime, par d'habiles jeux gravitaires avec les parties de ton corps, le massage traverse les tissus pour atteindre les articulations et les membranes osseuses.

Le massage dure une heure. Il commence par les membres du bas et se termine par un massage facial assez étonnant. Tu restes étendu sur le dos d'un bout à l'autre. Normalement habillé d'un linge fin, pour faciliter le glissement des mains sur le corps, mais j'étais nu - une façon de m'en remettre complètement à Sylvain, il m'en avait laissé le choix. Lui évolue autour de toi à genoux, près du sol.

massage_essentiel_photo_2.jpgLes jambes légèrement soulevées sont d'abord prises en main d'une caresse simplement enveloppante, mobilisant les bras du masseur dans leur longueur. Puis il leur imprime une petite vibration pour obtenir ou vérifier leur relâchement. Une fois que tu as lâché prise, s'instaure un jeu de balancements, lents, d'abord étroits puis de plus en plus amples. Tu sens le masseur te guider, mais c'est le poids de tes propres membres qui fait le travail. Tu ressens comme de l'air s'insuffler jusqu'à tes os.

Le travail sur les jambes se termine par une série d'étirements, en extension ou en flexion. Le masseur s'engage de son corps et fait contre-poids. Sylvain m'avait expliqué que dans ces phases, il fallait que j'essaye d'être en expiration. Il m'a semblé que les étirement se faisaient par trois, les deux premiers assez courts et rapprochés, puis le dernier plus lent, plus lourd, où le masseur se suspend à toi et se laisse aller jusqu'à la limite qu'impose ton corps. Tes poumons se vident alors complètement mais tu n'es pas essoufflé, car je crois que si l'on te prenais le pouls, tu serais alors à un niveau exceptionnellement bas.

Une fois traitées, les jambes sont délicatement déposées sur un coussin, abandonnées à leur flexion naturelle, puis dans ce confort vient le tour des bras. Mêmes cycles, vibration, relâchement, préhension, tension, balancement, étirement...

Ce dont je me souviens de la phase faciale, c'est l'usage des avant-bras resserrés qui s'écartent devant ton nez, effleurant à peine les parties saillantes de ton visage, puis s'éclipsent au delà des oreilles. Tu penses à une naissance. A la tienne. Et de fait, c'est une naissance.

C'est difficile de décrire en ingénue une séance de massage reçue en ne pensant à rien, il y a pourtant quelques mots clé qui me sont assez rapidement venus à l'esprit.

Dissociation : à un moment, Sylvain me balançait les deux jambes en les soutenant au niveau du talon. Il effectuait des mouvements de jel_savatofski_massage_allong.jpgrotation, alternant petits et grands cercles, tantôt symétriques, tantôt déphasés. En fait, cette coordination aléatoire crée une sensation assez étonnante. Tu sembles perdre la symétrie du corps, et tu te retrouves dans un état de vertige, presque, avant de te rassembler à toi-même et de retrouver ton unité. Accepter de s'éloigner de sa propre symétrie, c'est aller loin dans un état de don, ou de soumission.

Unisson : dans les phases d'étirement, le masseur inspire et expire au même rythme que toi, les souffles se confondent, et cet unisson de la respiration est intensément intime.

Balancier : de tous les mouvements chaloupés imprimés aux différentes parties de ton corps, c'est encore le balancement du bassin qui m'a le plus atteint. C'est le seul moment où le masseur se tient debout. Il te soulève le bas du dos en t'élevant les pieds, et lui imprime un mouvement de balancier. Tu deviens une horloge et c'est toute ta colonne qui respire.

buttwork31.jpgImmobilité : à la fin du massage, ton corps est reposé, ou plutôt chaque partie de ton corps est déposée, éparpillée, tu n'as plus la force de te recoller à toi-même, n'en ressens nul besoin, d'ailleurs. Tu as tout reçu, mais c'est toi qui t'es donné. C'en est extrêmement étrange. L'immobilité totale est habituellement un état insupportable. Prolongée, elle peut être une torture. Mais là, c'est le contraire, tu n'as non seulement pas envie de bouger, mais tu voudrais surtout que rien ne t'y oblige, tellement tu y es bien.

Sylvain m'avait recouvert le corps d'un linge durant le massage facial. A la fin, il s'est installé à genoux près de mon visage. J'ai longtemps gardé les yeux fermés. J'étais partagé, au vrai, entre garder pour moi cet état d'extrême bien-être et lui dire d'un regard immobile ma gratitude.

Quand j'ai ouvert les yeux, il s'est penché, doucement, tout doucement, et m'a embrassé. C'était doux. Il sentait bon, sa bouche était moëlleuse. Dix minutes, un quart d'heure, une demi heure... je n'avais pas bandé durant toute la durée du massage, même au moment des contacts les plus intimes, mais la saveur de son baiser a eu raison de mon aplasie. Mes mains sortirent peu à peu de leur état léthargique, je me mis à lui caresser le visage, à l'enlacer, à éprouver son érection derrière le coton de son sarouel noir.

Du linge qui me couvrait, il se joua de mon sexe puis de sa main, alors que je n'en pouvais plus, en quelques mouvements, il me fit jouir.brutos5151.jpg

Eh bien vois-tu, de toutes ces émotions qui ont émaillé ma semaine -  mon psy qui m'a en substance gratifié d'un "vous êtes un bon élève" parce que je n'avais pas préparé ma séance mais que j'en ai, du coup, mieux laisser se dérouler le fil naturel de mes idées ; la voiture que j'ai vendue, et celle que j'ai récupérée, presque neuve et flambant de mille feux ; le rôle de héros parisien que j'ai incarné, faisant la queue avant six heures du matin pour des places d'opéra ; un opéra, justement, Wozzek, qui m'a émerveillé, et presque ouvert les yeux sur la puisance de l'opéra contemporain ; les recherches quasi spéléologiques dans le grand marché nauséabond du logement étudiant, pour ma nièce, qui monte de Toulouse intégrer un conservatoire de la région parsienne... - de tous ces moments qui m'ont absorbé et un peu éloigné de toi, qui me font prendre un retard impardonable pour répondre au caprice déposé par madame de K, c'est le massage de Sylvain qui aura été le plus intense, et qui m'aura donné l'énergie de traverser tous les autres.

Commentaires

Sans être pour autant intime avec ma masseuse, je dois avouer que j'ai du mal à rester concentrer durant son travail ;-)

Écrit par : Homer | 05 octobre 2009

Sans le vivre, rien qu'à te lire, ça détends. Alors j'imagine en situation.

Écrit par : Olivier Autissier | 05 octobre 2009

Pareil, à te lire j'ai l'impression d'en avoir profité aussi, et du coup je m'en vais prendre un rdv pour mon massage intégral tiens ! Moi j'aimerais bien qu'il me fasse un baiser doux à la fin le masseur .... pfff.

Écrit par : feekabossee | 05 octobre 2009

Bon ben je comprends que tu n'aies pas eu le temps / l'envie de t'occuper de mon caprice !...
Il cherche toujours des cobayes féminins ton ami Sylvain ? parce que ça fait drôlement envie ! (sauf la dernière phase qui je pense n'est réservée qu'aux intimes ;-)

Écrit par : madame de K | 05 octobre 2009

Il semble avoir du bonheur au bout des mains Sylvain :-)

Écrit par : Bougrenette | 05 octobre 2009

-> Homer -> S'oublier, il faut s'oublier, pendant le massage, sinon tu passes à côté de l'essentiel ;
-> Olivier Autissier -> imagine, imagine...
-> feekabossee -> Pour le baiser doux, tout est dans le regard, à la fin. Mets-y de la conviction après ton massage intégral (je me souviens d'une note sacrément sensuelle, par chez toi, à ce propos, tiens...
-> madame de K -> Ouaips ! A ma connaissance, il cherche toujours des cobayes féminins. Je peux t'orienter si ça te tente... Quant à ton caprice, c'est pour minuit cinq ce soir !
-> Bougrenette -> une baguette à bonheur au bout des doigts... elle est belle, ton expression, elle lui plaira, tiens.
->

Écrit par : Oh!91 | 05 octobre 2009

Testé et approuvé

Écrit par : zachary | 14 octobre 2009

-> zachary -> Testé quoi ? testé qui ? Sylvain ? Tu connais ?

Écrit par : Oh!91 | 14 octobre 2009

Les commentaires sont fermés.