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29 septembre 2009

ceci est bien une pipe

Evergon - Homage to Michelangelo and David or Tuba Lesson 2005 .jpg

Bon, puisqu'il n'y a pas que Magritte dans la vie, autorisons-nous à dire que la photo ci-dessus est bien une pipe. Même si elle n'a rien d'orthodoxe. Ou seulement une grosse moitié - non, pas grosse, juste un peu enrobée - en habit de cérémonie.

Cette composition est due au photographe canadien Evergon. Elle s'intitule Hommage à Michel-Ange et David ou leçon de tuba. Ce qui objectivement nous ramène - un poil - à Magritte.

L'artiste, qui se met lui-même en scène dans nombre de ses photos - comme celle-ci où il se met également... en bouche - aime à traiter du sexe, à se jouer du genre et des générations. Pourquoi je t'en parle ? Ben juste comme ça. Peut-être parce que je n'ai pas eu l'occasion de prendre de leçon de tuba cette semaine, trop occupé à changer de voiture. Ou alors parce que moi aussi, j'ai droit à mon caprice !

27 septembre 2009

50 ans 50 milliards, bons pour l'arnaque

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Carrefour fête ses cinquante ans. Difficile de passer à côté, la pub s'affiche partout. Sur les murs, en format quatre par trois, en pleine page dans les journaux, peut-être à la télé, je ne sais pas je ne la regarde pas. Et sur ton téléphone portable.

J'ai ainsi reçu un SMS avant hier, alors que j'étais au volant de ma voiture. C'était Carrefour. Mon premier SMS de Carrefour... Le message m'informait que pour ses cinquante ans, ils m'offraient 50 euros pour 100 euros dépensés au cours de ce week-end dans leurs magasins.

Putain, je me suis dit. Ils cassent la baraque en deux. Ils avaient le choix entre les producteurs de lait, et les consommateurs, ils ont choisi leurs clients. Ce n'est peut-être pas le plus équitable, mais c'est toujours bon à prendre. Et quand je dis "bon", c'est bien de celà qu'il s'agit : Pour 100 euros d'achat, ils offraient 50 euros en cinq bons de dix euros, à dépenser chaque semaine à raison de un par semaine. Ou un truc du genre. Pas franchement le chèque sonnant et trébuchant.

Mais ça tombait, bien, j'avais le frigo vide, et depuis que Champion a été racheté par Carrefour il y a quelques années, mon Champion de village est devenu un Carrefour-Express. Ni trop grand, ni trop petit, du choix, des produits bio, un boucher à la découpe, et finalement, une atmosphère presque familiale. Donc j'y ai pris ma carte de fidélité, et quelques fois j'en retire quelques petits centimes de réduction.

Je me suis donc employé, ce samedi en poussant mon caddy, à atteindre les 100 euros. Et hop, deux boîtes de biscuits au lieu d'une, un peu de saumon fumé, une réserve d'huile d'olive, c'était le moment, quelques paquets de chewing-gum, ça peut toujours servir. Des conserves en pagaille pour reconstituer les réserves, et... 115 euros au passage en caisse. J'étais fier de moi.

Sauf que, "et mes bons d'achats ?" "Ah, mais c'est que ça ne marche pas ici, monsieur, ce n'est que pour les hypermarchés, Carrefour Express ne fait pas partie du programme..."

Je m'indigne : "Et pourquoi j'ai reçu un SMS, alors, je ne fais mes courses que chez vous ?..." "Je sais bien, monsieur, on est très embêtés avec ça..."

Alors je suis reparti avec mes un euro quarante-cinq en bons d'achat, 60 centimes pour mon prochain achat au rayon boucherie et volaille, pour un montant minimum d'achat de 12 euros, 20 centimes sur les biscuits pour mon prochain achat de 2 euros minimum, 65 centimes sur le rayon fromage, coupe et libre service, pour un minimum de 13 euros d'achat... Le tout crédité sur mon compte fidélité.

Fidèle, je me demande si je vais le rester fidèle avec ça, justement... En même temps, il faut les comprendre, leurs résultats ont chuté de presque 50 % cette année (oui, ils ont décidé de faire dans le 50 partout, c'est de la stratégie de com !) avec seulement un milliard deux cent soixante-dix millions d'euros de profit net. En chiffre, c'est encore plus impressionnant : 1.270.000.000 €. Il ne s'agit que du profit net.

25 septembre 2009

le vol d'Olympe

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Hier, un tableau de valeur, d'un peintre connu, a été volé dans la maison de l'artiste pourtant bien gardée, dans une grande capitale européenne. Le fait est suffisamment rare pour qu'on s'y intéresse, et pour que j'en fasse un billet, même si le nu dont il s'agit est féminin.

Le peintre est Magritte. Je visitais il y a moins de huit jours le musée qui lui est désormais dédié (j'en faisais une note ) mais pas la maison où il vécut. Question de temps plus que de goût, puisque les maisons d'artistes ont été une thématique des visites de fin d'été que je me suis offertes pour prolonger l'illusion des vacances : Triolet et Aragon à Saint-Arnoult, Millet à Barbizon, Van-Gogh à Auvers sur Oise... j'aurais pu faire Magritte à Bruxelles

Je n'ai donc pas vu cette Olympia-là. Je m'en serai souvenu, même si d'autres toiles m'ont saisi au Musée, par la puissance de la poésie surréaliste. Ainsi que de nombreuses citations de l'auteur.

Tiens, en voici une pour agrémenter ce court billet, et te laisser méditer pour la journée : "Le mot Dieu n'a pas de sens pour moi, mais je le restitue au mystère, pas au néant".

23 septembre 2009

l'homme qui a vu l'homme qui a touché les pépètes

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Tu connais le truc du comédien, habillé et peint de la tête aux pieds, monté sur un piédestal et prenant des poses statiques pour simuler une statue de bronze ou de plâtre ? Forcément, tu connais, puisque le procédé fait fureur depuis quelques années, et il y a peu de capitales où des artistes - de pacotille quoique méritants - ne viennent pas ainsi tenter de rafler quelques miettes de la manne touristique.

En général, lorsque la pièce tombe dans le chapeau placé au devant de la fausse statue, celle-ci, à la façon d'un automate, active une discrète révérence qui impressionne les enfants.

Eh bien dans les rues de Bruxelles, je suis tombé sur mieux. Ce n'est plus l'homme qui joue à la statue, mais la statue qui joue à l'homme qui joue à la statue. Ça se passe non loin de la Grand'place, dans la rue qui mène au Manneken-Pis. En début de matinée, nous avons observé le curieux manège d'un grand homme noir, qui a d'abord placé un socle sur lequel était inscrit le nom de Van-Gogh, avec une date de naissance et une date de mort. Puis il a positionné un mannequin de la taille d'un homme, presque un épouvantail, avec un grand manteau peint de terre grise, un masque réaliste surmonté d'un chapeau de paille censé représenter le peintre et passé à la même glaise. Puis il a fiché une grande canne au sol pour y poser la main gauche de l'effigie. Le bras droit était tendu vers l'avant, avec un gant de laine noire, le tout légèrement incliné.

Il a pris le temps d'ajuster au mieux la position de sa poupée déguisée, a déposé devant une petite caisse métallique à fente, fixée d'une chaîne à l'ensemble, ainsi qu'une bouteille d'eau minérale.

Puis il est reparti en voiture.

L'effet sur les badauds a été incroyable. Moins cette poupée bougeait, plus ils étaient saisis. Évidemment, à chaque pièce déposée, le IMGP1326.JPGpersonnage n'esquissait aucun mouvement, ce qui sidérait encore d'avantage la foule rassemblée. Les porte-monnaie s'ouvraient à tout va, les gens s'approchaient, tentant de lire une lueur dans les yeux du mannequin, ou serraient la main gantée, certains avec hésitation, d'autres avec vigueur. Il étaient sciés par l'impavidité de ce qu'ils croyaient être un comédien tenant un rôle.

Pire : lorsque, amusé par cette scène nous nous sommes aventurés à raconter l'installation à laquelle nous avions assisté, à expliquer que ce n'était qu'une marionnette vide de toute présence humaine, personne ne voulait nous croire. Nous avons même entendu des "tiens, il a bougé les yeux", ou "c'est incroyable, on dirait un vrai"...

Je ne sais pas combien cette simagrée rapporte à son instigateur, à la fin d'une journée, mais j'ai été personnellement totalement scotché de voir l'efficacité de ce subterfuge.

Un peu plus loin, sur les marches des jardins royaux conduisant aux Musées des Beaux-Arts, c'était des hordes de pétitionnaires qui s'affairaient à te faire signer une déclaration en faveur de je ne sais quels enfants victimes des guerres, et qui réussissaient à extorquer à quasiment chaque signataire un billet de dix ou de vingt euros...

Est-ce en raison de la crise économique ? Mais ce sont encore les mirages en ce bas monde qui semblent remporter le plus l'adhésion du public, et accessoirement rapporter un peu de fric. Et les fausses évidences ont plus de poids que les faits dans leur crudité... L'histoire se serait passée en France, j'aurais dit que Nicolas Sarkozy avait de beaux jours devant lui.

21 septembre 2009

ceci n'est pas une pipe

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Je rentre d'un séjour à Bruxelles. Il fut un temps où j'y allais souvent, à Bruxelles. Pour le travail, aller-retour dans la journée. La commission européenne, le Conseil européen, le Parlement européen... j'en avais rarement vu autre chose que la gare du midi, le métro et des bureaux dans le quartier des bureaux. Une fois si, participant à un séminaire de deux jours et logeant sur place, nos hôtes belges, qui assuraient la présidence de l'Union européenne, nous avaient emmenés dîner près de la Grand' Place, et j'avais pu me rendre compte que Bruxelles était vraiment une ville. Avec son centre de caractère et ses travers touristiques. Mais j'étais trop préoccupé par quelque négociation délicate pour y prêter vraiment attention.

Je me suis donc offert une excursion culturelle pour profiter de la conjonction d'une RTT avec un programme musical rare à la Monnaie, le théâtre royal de Bruxelles. Je crois n'avoir plus d'amour pour mon ami-d'amour, mais autre chose qui s'affranchit de ses caprices. Lui n'a du coup plus d'oppression, et de telles virées semblent redevenir possibles. Tant mieux.

J'aime la musique sans en conaître beaucoup, et je dois admettre que l'oreille s'affûte avec le temps et les rencontres. Il était question de musique française, à la charnière des 19è et 20è siècles. Légèreté, transparence, délicatesse... Sous la direction de Marc Soustrot, l'Orchestre philharmonique de la Monnaie interprêtait des extraits de Pelléas et Mélissande, de Gabriel Fauré, dont la célèbre Sicilienne, le Poème de la mer et de l'amour, de Chausson, chanté par Measha Brueggergosman à la métisse exhubérance, puis une oeuvre de jeunesse de Debussy, l'Enfant prodigue, encore académique dans sa composition, mais déjà admirable dans la rupture de certains équilibres.

D'une loge à peine surélevée, presque à hauteur des derniers violons, nous étions dans une proximité exceptionnelle avec l'orchestre. J'ai perçu pour la première fois, accompagné par des textes écrits dans le programme acheté à l'entrée, les spécificités d'interprétation qu'appelait cette musique, qui ne craint ni la lenteur ni les pianissimo parce qu'elle cultive la clarté acoustique. Peu de percussion, des timbales courtes et une caisse claire assourdie, des cuivres et des bois au son lent, fragiles, à l'improbable maîtrise, et des harpes pour dispenser sur l'orchestre des notes virevoltantes en confétis. Bien loin des grands élans romantiques russes parfois assommants de Rachmaninov, entendus le week-end précédent à la fête de l'Huma.

Encore sous le charme, nous avons concédé quelques moules chez Léon de Bruxelles - oui mais l'original, donc un incontournable - une petite balade dans les vieilles rues pavées sous la lumière de lampadaires à l'ancienne, au milieu de tablées dégueulées par la myriade de restaurants qui envahissent ce quartier. Puis un retour nocturne à l'hôtel pour remarquer que nous étions, par hasard, au coeur du centre gay.

magrittepipe.jpgLe lendemain, nous avons visité le tout nouveau Musée Magritte et voyagé au coeur du surréalisme. Avant juin, Magritte n'avait encore ni musée ni site de référence. GDF-SUEZ y affiche avec ostentation son "mécénat de compétence" à qui l'on doit les travaux de rénovation et d'aménagement de l'hôtel qui abrite le Musée, une dépendance des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Mais disons que ceci n'est pas une publicité.

Dans le hall principal des musées royaux, qu'il faut traverser pour rejoindre le Musée Magritte, j'étais saisi de me trouver face la La fontaine de l'inspiration, de Montald Constant, dont je n'aurais jamais imaginé qu'elle puisse être si grande.

Le Musée Magritte se visite à l'envers. Du troisième étage au rez-de-chaussée. Et de droite à gauche. La salle d'ouverture est agrémentée d'une musique de fond qui te plonge dans l'époque, les salles sont sombres, la lumière concentrée sur les oeuvres. L'exposition est parsemée de textes de l'auteur, qui expriment mieux que de longs discours les moteurs de son travail et lui donnent sens.

J'ai surtout été captivé par l'oeuvre de dissociation des objets et des mots par laquelle naît la poésie. Il y aurait des livres à écrire sur le sujet. D'ailleurs, il en fut écrits de nombreux.

A la fin du séjour, comme pour parachever la découverte culturelle de Bruxelles, il y eut une visite à un sauna gay. Ma foi, mauvais plan, question garçons, à peine une poignée, surtout des laiderons ou des snobs. J'ai du tripoter, quoi ? Trois quéquettes qui en valaient la chandelle - dont deux absolument pas à la façon d'une pipe, Magritte oblige.

Par contre, question convivialité, voilà un lieu qui assurait vraiment : pour 18 euros l'entrée, le patron offrait buffet à volonté dans une salle à manger vaste et aménagée avec goût à partir de 19h. Histoire sans doute de remplir les murs. Hélas, après quelques tranches de haddock et de saumon, il était l'heure de rentrer.

Je te reparlerai de Bruxelles, il y a encore beaucoup à en dire.

18 septembre 2009

la preuve du forfait

Je te parlais des actes de maltraitance dont je m'étais récemment rendu coupable à l'égard de mon téléphone portable. C'était sans compter sur le fait qu'il y en a une qui laisse traîner son appareil photo partout. Voici donc la preuve irréfutable de mes habitudes malignes, avec dans les rôles principaux, en second plan, la tasse et son Nokia... On notera au passage dans des rôles secondaires : un kit fumeur qui renferme le bip du parking, une alimentation de GPS branchée sur l'allume-cigares, un sopalin pour absorber les éventuels débordements, un stylo qui se cache et quelques petites poussières que la lumière au flash vient délicatement souligner.

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Ça me fait tout drôle, d'un coup, de te sentir dans mon intimité de mon habitacle.

00:05 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (6)

17 septembre 2009

en panne d'essorage

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Les piscines ont donc réouvert. C'est la fête. Toi tu te dis : quinze jours de fermeture, c'est bon, au moins, ils auront eu le temps de réparer la douche obstruée, de replacer les porte-manteaux arrachés, de recoller quelques carreaux descellés... Deux looooongues semaines de fermeture, au moins, on va repartir à neuf !

Que nenni : une fermeture pour vidange, c'est une fermeture pour vidange, faudrait pas tout confondre. Pour la douche, l'appel d'offre doit être en cours. Pour le carrelage, sans doute une mise en concurrence infructueuse. Et pour les porte-manteaux, peut-être faut-il attendre l'exercice budgétaire à venir : plus de crédit pour les fournitures... Les travaux auront donc lieu plus tard, et si possible au milieu des nageurs.

Tu sais, c'est le coup des ouvriers de l'assainissement qu'on appelle toujours une fois que la voirie vient d'être refaite à neuf, histoire de tracer immédiatement dans le bitume rutilant sa tranchée baptismale.

Donc à Roger Le gall, si j'ai retrouvé dès lundi, puis mardi et encore hier, le chemin de mes lignes d'eau favorites, si j'ai renoué à l'heure de la douche avec les petits péchés fugaces qui finalement me suffisent, si j'ai renouvelé mon abonnement trimestriel pour seulement 37 euros, avec une photo toute neuve que je dois à Mlle Cigüe, l'essoreuse à maillots, eslle, est bel et bien toujours en panne.

L'essoreuse, c'est une petite machine toute simple, une centrifugeuse dans laquelle tu places ton maillot pour le récupérer, après une dizaine de secondes, presque sec. Ca évite qu'il traine tout mouillé dans ton sac, ça allonge sa durée de vie, et c'est bon pour les odeurs.

Je n'en ai jamais vu qu'à Roger Le Gall.

Mais va savoir. Y aurait-il eu un cadre administratif, dans un bureau, qui aurait émis une réserve d'ordre hygiénique sur cet appareil avant de signer l'ordre de réparation ? Se pourrait-il que quelque part une note, un rapport, ait soulevé un problème, jeté une opprobre, conduisant le Directeur de la piscine à préférer la suspension de la réparation, dans l'attente du résultat d'un audit complémentaire sur les vertus de l'essoreuse ?

Je m'attends à tout. Et je remballe mon maillot en le pliant soigneusement dans ma serviette, jusqu'au soir, où je peux enfin l'étendre.

16 septembre 2009

l'affiche rouge

affiche rouge.JPGC'est aujourd'hui que sort L'armée du crime, le nouveau film de Robert Guédiguian, qui raconte l'histoire de ces jeunes immigrés engagés dans la résistance française et assassinés par l'armée allemande. L'armée d'occupation avait pensé qu'avec leurs gueules sombres et leurs noms à consonnes multiples, ils seraient la preuve tangible de ce que la résistance n'était que banditisme, complot et terrorisme.

Si l'affiche rouge est l'expression matérielle de cette propagande, le poème d'Aragon, mis en musique par Ferré, témoigne de l'un de ces retrounements idéologiques dont les peuples sont parfois capables. Ces hommes devinrent des héros, et le symbole de la faillibilité de l'oppression fasciste.

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
        Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
        Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
        Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
        Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

Ce refrain a bercé mon enfance et nourri mes valeurs. Une incapacité à voir l'immigré d'abord comme un étranger, mais plutôt comme un double, échoué là par un aléa de la vie, par une sorte de chance pour offrir une rencontre. Alors quand j'entends des choses comme "c'est quand il y en a plusieurs que les problèmes commencent", j'ai froid dans le dos et l'Affiche rouge résonne dans le fond de mon oeil. Heureusement que Brice Hortefeux n'est pas venu à la fête de l'Huma : ce n'est pas à coup de yaourt qu'il aurait été reçu !