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14 septembre 2009

comme un grand ciel

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Un tee-shirt a fait le buzz à la fête de l'humanité : on pouvait y lire, sur un fond tout rouge : "stoppons la grippe capitAliste".

On le voyait partout. Ma nièce lui a pourtant préféré cet autre, tout blanc, au graphisme sobre, représentant un cercle en mouvement où était inscrit : "Communiste comme un grand ciel".

C'est vrai que le ciel a été de la partie ce week-end, cela fait même quelques années que les pluies et la boue - qui avaient fini par faire la réputation de la fête -nous font faux bon. Ajoutée à une affiche affriolante, et à l'envie de se retrouver entre gens différents pour incarner une gauche vivante, une gauche à échelle humaine, la clémence du climat a emmené beaucoup de monde à la fête. On n'en avait même jamais vu autant depuis qu'elle a lieu sur ce site de La Courneuve, paraît-il.

Moi, je reviens à ce rendez-vous presque chaque année. J'aime l'esprit qui y règne, en dépit de la foule. J'aime le mélange des genres, des générations, des couleurs, j'aime que l'orthodoxie y croise l'esprit rebelle et j'aime la mixité des accents. C'est une fête de caractère.

J'y retrouve plein d'amis que je ne vois guère qu'à cette occasion. Je n'y ai plus vraiment d'activité, alors je profite enfin de la convivialité et des spectacles. Ce n'était pas le cas à l'époque où j'étais militant étudiant.

Je suis allé avec Armelle, mon ancienne compagne, voir Maxime Le Forestier samedi. C'était incroyable, la prairie de la grande scène si pleine de monde dès 15h30, je n'en revenais pas que tant de jeunes soient venus fredonner son répertoire. Les plus beaux des garçons se plaisaient à montrer leur torse, t'alléchant de leur jeunesse stalactite. Les filles chantaient en se déhanchant. Sur Maxime le Forestier ! Je n'étais pas au concert de Manu chao, ni à celui de Deep Purple - trop de monde - mais je n'ose imaginer l'état de désinhibition où ils les ont mis.

J'étais dèjà conquis par cette rencontre et l'ambiance qui régnait quand il a entonné Restons amants, le titre sur lequel j'avais tant pleuré l'été dernier. Mes yeux se sont laissé embrumés, et même plus que ça si je veux être honnête, tendus jusqu'à l'écorce. Puis l'émotion n'est plus partie : l'éducation sentimentale, mon frère, San-Francisco, mon Dieu toutes ces années déjà, et encore si belles, si claires. Être né quelque part... L'air de rien, ce gars a su déposer une petite marque chez chaque génération, et en définitive a vraiment réussi sa carrière.

Avec Armelle, nous avons avant cela beaucoup parlé. D'amour. Elle de la relation qui la tient, depuis plus de cinq ans, avec un homme marié impétueux, moi de mon chagrin récent, adultère et assumé. Treize ans après moi, elle m'a fait comme un coming out, celui de fréquenter parfois avec son jules des clubs échangistes. C'est décidément plus répandu qu'on ne le croit...

Avec Fabien, on s'est beaucoup cherché sans réussir à nous voir. Avec Véro pareil. On s'est trouvé avec Yo, et qu'est-ce que j'aime croiser sa présence, même lorsque c'est fugace. On s'est fait une omelette aux cèpes, royale, au stand de la Lozère. C'était samedi soir, en compagnie de toute la petite famille de mon frère montée de Carcassonne pour l'occasion. Puis on a essayé de trouver du plaisir au concert d'un de ses potes, mais les décibels ont eu vite raison de nous.

Dimanche au concert de Julien Clerc, en revanche, j'ai trouvé Nicole et Bernard, puis en rentrant Yasmine et ses deux grands enfants, mon Dieu, déjà !... J'ai aussi croisé Sylvie, montée de Rennes, et son... Vincent. Ah! bon, tu es revenu à la fête, toi ? Malgré tous les kilomètres et les rancoeurs ? Je n'aurais jamais cru ça de lui.

Marie-George m'a même interpelé dans une allée, à la stupeur de mon entourage, alors que nous faisions la queue devant le stand de Toulouse pour un cassoulet.

La rumeur disait que Frédéric Mitterrand s'était fait jeté comme un mal-propre par une poignée de militants. C'est un peu dommage, la présence du ministre était aussi une reconnaissance de la qualité culturelle de ce rendez-vous. Et signe d'une capacité à débattre de façon contradictoire des grands enjeux de notre temps. J'ai appris hier soir que la même mésaventure s'était produite avec Eric Woerth. C'est dommage, oui, mais parfois il faut savoir assumer jusqu'à son impopularité. Pas tellement étonnant de rencontrer sur la fête des gens remontés.

Disons qu'il y a juste plusieurs façons de vivre la fête. La mienne avait plein de visages et de prénoms, et un petit air de famille, je me suis laissé emplir de vibrations solidaires, et après tout, vive les émotions !

Commentaires

Ca devait être bien, encore :-) une ambiance si particulière que j'ai découvert l'année dernière avec toi. Visiblement tu as encore passé un très bon week end !

Écrit par : Bougrenette | 16 septembre 2009

-> Bougrenette -> Ouais ! sauf que tu m'as beaucoup manqué.

Écrit par : Oh!91 | 16 septembre 2009

J'aime ton passage sur Mitterrand.
C'est aussi à cela que je me souviens pourquoi nous ne pouvons pas ne pas nous entendre.

Écrit par : M. | 16 septembre 2009

en fait la fête de l'huma c'est très religieux : "j'aime que l'orthodoxie y croise l'esprit rebelle et j'aime la mixité des accents...."... voire très catholique !!! mdr ! tu décris une journée dont je rève, ayant connu la fête de l'huma plus avec la pluie et la boue, mais l'esprit est superbement décrit dans ce post (même je suis loin d'adhérer aux idées de Marie George ou autre...) en tout cas le Maxime en scène c'est quelque chose !

Écrit par : Francis | 16 septembre 2009

-> M. -> Tu y as déjà participé, à la fête de l'Huma ?
-> Francis -> Religieux ? Oui, sans doute, par certains côtés, à commencer par la place des symboles. Mais surtout oeucuménique, je dirais... Maintenant que la fête s'est définitivement débarrassée de la pluie et de la boue, tu vas pouvoir envisager d'y revenir !...

Écrit par : Oh!91 | 17 septembre 2009

Les commentaires sont fermés.