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07 septembre 2009

ils vont tous bien, ne nous en faisons pas

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Il n'a échappé à personne que c'était la rentrée. Elle n'a évidemment pas la même odeur selon que l'on aie des enfants ou non, selon que l'on soit de ce côté-ci ou de celui-là du manche.

Une chose est sûre : le plus important se passe ailleurs que du côté de la grippe A.

Mon ami Manu fait à cette occasion un retour tourmenté au bercail. Prof par défaut, mais ambitieux, il livre ses doutes dans deux textes fascinants, une lettre à ses futurs élèves et le récit de sa première journée - qui ont sans doute fonction de le soulager de la pression qu'il s'inflige. Peut-on être prof sans s'interroger sur sa fonction ? La confrontation concrète avec des jeunes en pleine génération peut-elle éclairer plus que toutes les digressions sur la chose ?

Extraits en vrac :

"Dans quelle mesure être prof consiste-t-il à reproduire le système qui nous a façonnés ? À rêver de premiers de la classe qui deviendraient profs à leur tour ? Dans quelle mesure, au contraire, suis-je en train de scruter les programmes de la République en cherchant les sous-jacences et les failles, avec l'envie de vous mener au refus de tout système ?"

"Cette nuit, dans le rêve, un élève te tenait tête. Tu finissais par t'asseoir en tailleur contre un arbre, attendant sans doute que quelque chose se passe."

"Construire en kit, pas à pas, pour amener à l'indépendance."

"Quand ils sortent du collège, ils sourient s'interpellent allument des cigarettes parlent de vélos et de skate. Ils vont tous bien, ne nous en faisons pas."

"Sachez, mes chers élèves, que je ne sais rien. Je vous souhaite d'être les lumières qui me guideront vers le métier d'enseignant. Ou les panneaux rouges vifs qui m'indiqueront que je me suis fourvoyé."

Commentaires

Je n'ai rien contre Manu, que je ne connais d'ailleurs pas. Tu en dis tant de bien que j'imagine probablement quelqu'un de bien.
Néanmoins, se placer en celui qui ne sait pas et d'où tout vient par ses élèves est un poil surréaliste qui à mon avis apporte davantage à l'effet de style qu'à la construction de ses cours.

Écrit par : Olivier Autissier | 07 septembre 2009

-> Olivier Autissier -> Il serait en effet dommage que tu aies quelque chose contre lui, il est mieux que quelqu'un de bien. Mais il écrit. Pourtant, plus que le style ici, ce qui compte c'est la posture... et moi je suis ensible à celle qu'il adopte : je ne crois pas qu'on construise de l'intelligence par la transmission, mais plutôt par le défrichage accompagné. Le savoir ne se transmet pas, ce qui voudrait dire qu'il a quelque chose d'immuable, mais se co-construit, perpétuellement, dans la confrontation au réel.
Ne te contente pas de lire les extraits que je cite ici, va voir les textes en entier, la place qu'y occupe le doute n'y est pas nihiliste, mais salutaire. Je crois qu'on ne peut être bon prof qu'avec un tout petit peu d'audace et beaucoup d'humilité

Écrit par : Oh!91 | 07 septembre 2009

Je suis bien d'accord avec toi, Olivier. Je rebondissais seulement, et gentiment, enfin je crois, sur ce morceau de phrase, sur ce "je ne sais rien" et sur "vous êtes les lumières". L'échange ne pouvant se faire que dans les deux sens ;)

Écrit par : Olivier Autissier | 07 septembre 2009

Je confirme (si je puis me permettre?!) que la métaphore des lumières est juste. Leur regard, leur sourire est à chaque instant un encouragement à poursuivre le dialogue, et quand, parfois, il arrive que rien ne se passe... c'est l'horreur!... la porte ouverte sur le gouffre de la remise en question... Et quand au contraire, on vit un instant d'échange intense... quelle extase! quelle récompense!...

Écrit par : Rouge | 07 septembre 2009

-> Olivier Autissier -> tu es un pragmatique... Laisse-donc Manu exprimer ses utopies, il s'en arrangera toujours avec... pragmatisme ;
-> Rouge -> Le silence m'est souvent un vertige. Je n'ose m'imaginer en classe dans cette situation.

Écrit par : Oh!91 | 09 septembre 2009

Les commentaires sont fermés.