Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17 août 2009

retour vers un certain bonheur

IMG_3913.JPG

La soeur d'Igor habite avec sa famille au Sud de Buda, dans un secteur qui, bien qu'étant toujours en ville évoque une banlieue résidentielle, avec son calme, ses friches et ses vallons. Pour s'y rendre, il faut aller jusqu'au terminus de la ligne de bus N° 7, et puis rejoindre une petite colline de l'autre côté de la voie ferrée en empruntant un tunnel piétonnier. Un bien long tunnel, en fait, auquel on accède par une rampe en béton à faible pente pour les vélos et les poussettes.

Je ne peux jamais descendre vers ce tunel sans penser à la scène du viol dans Irréversible. On est pourtant loin du chahut de la ville, les newsirreversible1.jpgenvirons sont tranquilles, seules des odeurs d'urine et les graffitis sur les murs évoquent une sorte de déserrance et un imaginaire violent.

Irréversible... comme beaucoup, ce film, sorti en 2002 je crois, m'a profondément perturbé. Un des films les plus crus, les plus haletants qu'il m'ait été donné de voir, d'une violence inouïe, mais qui se termine par sans doute la plus belle scène d'amour du cinéma français : un long plan séquence, Vincent Cassel et Monica Bellucci se réveillent d'une sieste tardive, se préparent pour sortir à une soirée, se jouant d'intimité et de complicité sans fausse pudeur, ils jonglent d'une pièce à une autre, fluides, d'une danse à une autre, d'une pomme à une cigarette, avec un rideau de douche, et pour finir avec ce que l'on devine être un test de grossesse... Cette scène contient en elle un merveilleux devenir, mais le irreversible.jpgspectateur sait déjà qu'il n'éclora pas, brisé par un événement criminel quasi accidentel, d'où en naîtra l'exact négatif, la mort, la folie vengeresse, la rage. La fin du film mais le début de l'histoire, la promesse, mais dite après son abortion.

Chaque fois que je traverse ce tunnel, je repense à ce bonheur demeuré vrai possible, mais uniquement possible. Parce que les destinées parfois s'anéantissent avant de se réaliser.

J'aurais tenté, durant ces vacances hongroises, de rassembler dans ma besace imaginaire quelques fragments d'un bonheur éparpillé au cours de ces dernières années, pour au moins me convaincre qu'il n'était pas inconsistant. Et qu'avant de se laisser réduire en poussière, les destinées s'écrivent vraiment quelque part. En chemin, j'ai retrouvé Igor et il m'a retrouvé. Libres.

Est-il est vrai que, tant que l'on n'a pas sur sa route croisé celle du malheur, certains égarrements peuvent être réversibles ?

Commentaires

La vie, elle-même, est irréversible. À nous de vivre chaque instant avec la plus grande intensité possible. D'ailleurs, je viens de voir les photos de ton ami sur son site; le mot "avenir" y est partout...

Écrit par : St Loup | 18 août 2009

Jamais voulu voir ce film qui a la réputation de filer la nausée même aux cœurs bien accrochés. Mais peut-être ai-je tort.

Bon sinon, je ne fais aucune déprime de mère-grand ;-), bien au contraire, je veux croquer la vie à pleines dents (avant d'avoir un dentier, huhuhu).
Pis, entre nous, les petites rides du coin de l'oeil, ça va encore (bien que je sois pas fan), mais le body qui s'avachit, moyen-moyen. Et tu n'as rien remarqué parce que j'étais habillé (encore heureux, nous n'avons pas cette intimité-là) :p

Écrit par : deef | 18 août 2009

-> St-Loup -> Que tes paroles sont sages... Mais les retours ne sont jamais de vrais retours. On peut revivre quelque chose, mais on est différent, forcément. Les retours ne sont jamais d'authentique retours ;
-> deef -> Moi, je l'ai vu sur un enregistrement DVD, et donc par bribes, avec de la distance dans les scènes les plus insoutenables. Je crois qu'il est à voir, mais chacun gère comme il peut le rapport à sa gerbe.
Pour le reste, n'oublie pas que j'ai un regard qui déshabille !...

Écrit par : Oh!91 | 19 août 2009

kô-chon, va :-))

Écrit par : deef | 19 août 2009

Moi aussi je suis marquée à jamais par ce film... dont je n'ai pas vu la fin, puisque je n'ai pas pu suivre. La scène du viol m'a trop perturbée, choquée, et même si je me suis forcée à tenir, je suis partie 5 min après même pas. Trop violent pour moi. En fait je regrette de l'avoir vu! Car je n'arrive pas à m'ôter ces images de la tête.

Écrit par : Dalyna | 19 août 2009

-> deef -> C'est parce que c'est Ramadan, que tu l'écris comme ça ?
-> Dalyna -> C'est dommage - et en même temps je le comprends si bien - parce que la fin du film, si belle si sublime - donne seule son sens à tout ce qui précède, non pas pour en atténuer la violence, au contraire, mais au moins pour pas avoir l'impression d'une totale gratuité...

Écrit par : Oh!91 | 20 août 2009

Les commentaires sont fermés.