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13 août 2009

500 notes pour une sonate

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Cette note est ma 500e note. Jolie partition, déjà, non ? Avec 500 notes, on peut faire quoi ? Un concerto ? Un quatuor ? Disons une sonate. La mienne a compté un premier mouvement allegro ma non troppo - classique du genre -, un deuxième andante molto mosso, puis un troisième lente quasi adagio. En toute logique, je devrais attaquer sur un final allegro vivace. Nous verrons bien, je n'en suis pas au final, il m'y faudra sans doute bien davantage de notes.

Puisque c'est l'occasion d'un bilan, en voici un sur ces petites vacances à Budapest, qui viennent de se finir :

- Je me suis reposé - de longues nuits de sept ou huit heures, des siestes, souvent courtes, sous le soleil ou sur un canapé, parfois au milieu d'amis, j'ai évacué toute pression, c'était le plus important.

underwaterpinkudstrip.jpg- J'ai nagé : 35 km, pile poil la distance qui sépare ma banlieue de Paris. Et pourquoi pas 42, me diras-tu, puisque j'y ai passé 21 jours, à Budapest ? Eh bien parce que je me suis autorisé trois journées de relâche, et que j'ai commencé doucement. Et puis 35 km, c'est une approximation, parce que nul n'a su me dire avec exactitude la longueur du bassin sportif à Palatinus, tantôt 38m, tantôt 40m, voire 42,5 - le décompte des distances était une gageure.

- J'ai baisé, ou plutôt j'ai tâté de la queue, j'en ai mâté, parfois sans en faire grand chose, peut-être juste pour m'assurer que la mécanique fonctionnait encore. Je suis allé pourtant peu aux bains - une fois aux Széchény, une rencontre fulgurante avec un homme marié, un Français, et une première approche avec Attila ; une seule fois au Király, ce qui me valut de rencontrer Federico et Roberto ; une fois aux Gellért (quel luxe ! - mais choux blanc) ; et deux fois au Rudas, où je underwaterbutts.jpgcrois bien avoir réussi à mettre dans mes filets les plus beaux specimens... Au terme de ces visites, je m'autorise à me placer dans la catégorie des beaux garçons qui peuvent choisir leurs victimes. Mais qui ne sont pas à l'abri de deux-trois gamelles. Attila est resté une histoire sans suite...

-
J'ai bronzé, surtout à Palatinus. Et j'ai pu observer à cette occasion que de longues heures de naturisme sous le soleil ne suffisent pas à effacer la fameuse marque du maillot, forgée par des heures de nage au quotidien. Ou alors j'ai passé trop de temps sous les douches ?

- J'ai lu, ce qui allait souvent de paire. 700 pages, quand-même, dont un thriller de Robin Cook, Facteur risque, où se jouait un complot criminel autour de la marchandisation de la santé aux États-Unis. Entre la fin d'un Murakami (Haruki) et le début d'un autre (Ryû).

- Et j'ai écrit, ce qui n'a pas été le pire de mes petits plaisirs : une quinzaine de notes, même si nous étions vraiment entre-nous - je pourrais presque dire rien que pour toi et moi.

J'ai retrouvé Budapest. Au fond, j'y ai toujours nagé, j'y ai appris à aimer, j'y ai parfois lu, j'y ai souvent écrit. Il y règne un art de vivre et une paix propices à ces travers et à une certaine virtuosité, ce n'est sans doute pas un hasard si Liszt, Bartók et Ligeti s'y sont joués de leurs notes avec malice et inventivité...

Les valises sont posées. Le ciel est un peu gris, cela va sans dire. Mais ces petites musiques me restent dans la tête, et je crois que mon adagio est termiiné.

Commentaires

Tu nous a brossé un fort joli tableau qui est le reflet honnête de tes aptitudes. Ta écriture coule, fluide comme l'eau de la piscine ou celle plus excitante des douches, et vient nous rappeler que tu t'abreuves aussi de nourritures spirituelles et livresques. Merci de nous avoir fait partager ton quotidien intime et si séduisant.

Écrit par : arnaud | 13 août 2009

Je te souhaite un brillantissime Allegro Vivace, et plein d'autres sonates qui t'entraîneront vers des symphonies ...
Reste juste à trouver le bon tempo à tout cela ...
Parfois quand tu ne connais pas, ça ressemble à du bruit, la techno, juste à du rythme répété à l'infini, et puis, si on écoute bien les bons artistes, on se rend compte qu'il s'agit d'une vraie musique, qui vient de la soul, du jazz, et on se retrouve en terrain connu (terre inconnue) ...
Biz et bon retour

Écrit par : M. | 14 août 2009

Merci de nous bercer au gré de ta musique intérieure.

Écrit par : Doréus | 14 août 2009

500 notes... des blanches, des noires, des doubles croches, j'en ai lu des biens différentes, signe de ton éclectisme (à ne pas prendre au sens original car si on ne choisissait que la sagesse....on n'irait pas au sauna !).
En tout cas sur cette sonate, d'écriture limpide, plus que jamais, je me permets de noter que tu as oublié de signaler que tu avais bu !!! j'insiste !! bon retour !

Écrit par : Francis | 14 août 2009

-> Arnaud -> Si tu y a perçu de la fluidité, de l'écoulement chaleureux, c'est donc que j'ai réussi ce partage. Merci d'en avoir été ;
-> M. -> C'est joli, ta métaphore, cette musique qui nous est toujours terre inconnue (terrain connu). C'est vrai qu'en définitive, toutes les musiques s'écrivent avec les mêmes notes, et qu'il faut de la patience, de l'écoute, pour en reconnaître la mélodie. J'aime d'ailleurs quand les mélodies sont enfouies, dissimulées, et qu'on ne les distingue que lorsque l'éclairage est rasant. Je ne sais pas s'il y a un bon tempo, le tout est d'en trouver un dans lequel on se sente bien ;
-> Doréus -> Et merci de te laisser bercer... de si loin ;
-> Francis -> C'est vrai que j'y ai bu, et de bonnes choses. Du Tokaji, une seule fois, un soir d'opéra, lors du deuxième entracte de Rigoletto. Il n'était pas frais, hélas ! Il faut rappeler que le Tokaji Aszu doit TOUJOURS se boire autour de 13°, c'est à dire qu'il doit passer une heure au frigo si la bouteille était à température ambiante, ou qu'il faut le sortir une heure avant de le consommer s'il était au frigo. C'est pourtant simple !!...

Écrit par : Oh!91 | 14 août 2009

Le gars dans l'eau, là il a un superbe tatoo mais il est en train de perdre sa culotte j'te f'rais dire !

Oui voilà, c'est tout ce que je voulais dire.
Nan parce que si je dis que de ces 500 notes y'a largement de quoi faire une livre, tu vas encore dire que je galèje ... ;-)

Écrit par : feekabossee | 14 août 2009

Je passe régulièrement en lecture seule et ...B R A V O !

Écrit par : sissi (cultu) | 15 août 2009

-> feekabossee -> Merde, pour le maillot, tu fais bien de me le dire ! Je te promets de faire plus attention au choix des photos, à partir de dorénavant !... Autrement, 500 notes, je te jure que ça fait sacrément plus qu'une livre !...
-> sissi -> Ton nouveau nom, c'est en référence à l'Impératrice ? En tout cas... M.E.R.C.I !

Écrit par : Oh!91 | 15 août 2009

A l'instant je reviens de Budapest...!
Hélas ce n'était qu'un bon documentaire sur la 5
Hier un voyage le long du Danube sur Arté.
Je fais avec ce que j'ai.
Ligeti, tien donc cela me rappelle une de mes employeuses, hongroise, dont c'était le nom, sans parenté disait-elle ou alors tellement lointaine.

Écrit par : mume | 16 août 2009

Pas vraiment, en fait Cessey = sissi !
Un jour, tarmine, m'a baptisé ainsi et j'ai trouvé ça drôle ;-)

Écrit par : sissi (cultu) | 16 août 2009

-> mume -> Une bien belle destination de voyage, Budapest... Si tu pouvais te l'offrir autrement que par le canal d'Arte ou d'Entre2eaux...!
-> sissi -> Impérialement drôle, votre Altesse !

Écrit par : Oh!91 | 17 août 2009

Vous lire me donnerait presque envie de partir moi aussi en vacances. Seraient-les bains ou la douceur de vivre, la musique ou la culture qui m'attirent ? Hum, j'ai du mal à choisir, alors pourquoi ne pas prendre le tout ?
"Bonne arrivée" comme ils disent en Afrique !

Écrit par : Gicerilla | 18 août 2009

-> Gicerilla -> Prenez le tout, ou ne prenez rien ! Laissez-vous pénétrer de toutes les sensations, oubliez vos clichés égarés, redonnez leur place à vos sens !... Partez, oui, vous ne le regretterez pas.

Écrit par : Oh!91 | 19 août 2009

Merci pour tes évocations d'une ville d'eau si envoûtante
réminiscences, résurgences, souvenirs
j'y ai effectué un séjour, il y a presque longtemps déjà
j'attendais avec appréhension ton récit
je craignais que la bourrasque libérale n'ait déferlé sur elle
en ayant tout détruit sur son passage
mais tout n'est pas perdu, la ville résiste,
les bains K notamment, quel bonheur
(encore merci pour le partage)
c'est une invitation au retour, à la renaissance
Au plaisir toujours renouvelé de te lire
Chaleureuses pensées
Olivier

Écrit par : Olivier | 24 août 2009

-> Olivier -> Merci pour ces mots, Olivier. Budapest a à la fois beaucoup et peu changé. Beaucoup de rues gardent un charme désuet, le tram ajoute à son ambiance romantique, ainsi que quelques traits culturels superficiellement évoqués dans ces billets. Mais les mentalités évoluent, une certaine arrogance se manifeste, perceptible surtout dans cette tranche que l'on appelle les nouveaux riches. Sinon, entre lassitude et résignation, les gens simples s'adonent à des plaisirs simples, leur colère est sourde et désabusée, parfois emprunte de relents xénophobes, et il ne fait pas bon être gitan dans ce pays.
Mais il te faut y retourner, oui, la bourrasque libérale n'a pas encore tout détruit, elle a juste dénaturé parfois, fragilisé souvent, et généré une sorte de vertige obscure.
A bientôt.

Écrit par : Oh!91 | 25 août 2009

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