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15 août 2009

une nuit à dompter le plombier

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J'étais installé à Budapest depuis près d'un an déjà quand je décidais de prendre des leçons de hongrois. Jusque-là, je m'étais concentré sur ma nouvelle mission et, travaillant pour une organisation internationale, sur la langue anglaise dont il s'avérait que mes notions essentiellement scolaires étaient gravement aléatoires. Et puis ayant échoué à Budapest par accident de parcours, j'avais eu durant cette première année du dépit plus que de la curiosité, et il me fallut goûter aux charmes d'un premier été, et de premières amours, pour finalement apprivoiser la ville et trouver un intérêt dans cette langue obscure.

Nous étions un groupe d'une quinzaine de personnes, de tous âges, dans une petite salle de l'Institut français. Notre professeur se présenta, et suggéra qu'à l'occasion d'un rapide tour de table de prise de connaissance, chacun propose un nom de métier, afin qu'elle en donne une traduction. Une sorte d'entrée en matière.

Pris au dépourvu, sans malice, mon tour venu je proposai "plombier", la simplicité est toujours gage de discrétion. Le plombier polonais n'avait pas encore fait parler de lui, loin s'en faut, mais j'avais des problèmes d'eau à la maison qui sans doute m'orientèrent. Ce serait donc le premier mot hongrois que j'allais apprendre, après jó napot et köszönöm, évidemment (*).

Notre professeur devint blême, bafouilla, afficha un petit rictus gêné. Les propositions précédentes s'étaient bien passées : professeur, tanár, coiffeur, fodrász, policier, rendőr... mais plombier... Bon, il fallait bien s'acqitter de son salaire, plombier, ce serait donc vízvezeték-szerelő !

J'ai passé la nuit à me le répéter, un petit papier à côté de mon oreiller. Au petit matin, échevelé, j'était fier de connaître mon premier nom de métier hongrois, et le nommais à qui voulait l'entendre...

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(*) "bonjour" et "merci"

Commentaires

J'ai eu peur, je m'attendais à une vague histoire de siphons ;)
(hé au fait t'as raté, j'ai passé la soirée à retourner mon salon, tu veux pas venir dîner demain soir pour me dire ce que t'en penses ? ;))

Écrit par : Fiso | 16 août 2009

Pourquoi est-elle devenue blême ? Elle ne connaissait pas le mot ou bien était-ce déjà un "gros" mot ?

Écrit par : deef | 17 août 2009

-> Fiso -> T'as vu, je t'ai pris à contre-pied, sur ce coup-là... Bon, pour dîner, pas ce soir, mais on peut s'en parler en dehors d'ici, si t'es d'ac ! Même si ton nouveau salon vaille qu'on y invite le beau monde qui réside en ces lieux !!...
-> deef -> Elle connaissait, et ce n'était pas un gros mot (mot à mot, ça veut tout simplement dire "réparateur de conduites d'eau"), c'est surtout qu'elle avait proposé un exercice simple, et qu'elle s'est retrouvée à nous livrer un mot de pas moins de sept syllabes !...
Bon, mais mon effet fonctionne pas, tant pis ! L'anecdote me fait quand même toujours beaucoup rire.

Écrit par : Oh!91 | 17 août 2009

Je viens de comprendre la difficulté des traducteurs de chansons... j'imagine le Pierre Perret hongrois....qui chante je suis le vízvezeték-szerelő , relo, relo....

Écrit par : Francis | 18 août 2009

-> Francis -> Cocasse, en effet. Et t'as pensé à Fernand Reynaud, avec une voix de perroquet, criant : "c'est le vízvezetéééééék-szerelőőőőőőőőőőőő !"

Écrit par : Oh!91 | 19 août 2009

eh non ! faudrait prendre le temps de réécouter ce sketche... d'il y a ...euh.... quelques années !

Écrit par : Francis | 19 août 2009

-> Francis -> Autant que je me souvienne, ce sketch fut l'un de mers plus grands fou-rires d'enfant !

Écrit par : Oh!91 | 20 août 2009

Les commentaires sont fermés.