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01 août 2009

le vrai tramway nommé désir (2) pour tous les goûts

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C'est bien ma veine : pile le jour où je prévois de t'emmener en excursion en ville avec le tramway n° 4-6, dont je te disais là le caractère stratégique , voilà qu'il est à l'arrêt pour travaux. Jusqu'au 19 août. Remplacé par des bus de substitution qui partent en rafale toutes les deux minutes pour absorber une capacité d'accueil équivalente.

Bon, ben il me reste à te proposer de faire comme si. Ferme les yeux, et dis-toi que tu es installé dans une rame confortable, raisonnablement climatisée, qui s'apprête à glisser en silence.

Nous voyageons dans le sens des aiguilles de la montre : démarrage, Place Moscou (Moszkva tér), au pied du quartier du château, le quartier le plus ancien de Budapest, d'où l'on a un point de vue remarquable sur la ville - et accessoirement située à trois minutes de notre appartement de vacances.

Notre premier arrêt : pont Marguerite, côté Buda. Tu peux aller rejoindre, à 500m vers le nord, donc sur ta gauche, la piscine Komjádi, ses trois bassins extérieurs, dont le plus grand a des dimensions olympiques, qui est partie intégrante de l'hôtel Csaszár où nous sommes descendus cet hiver avec Fiso et Yo - à deux pas de l'appartement où je vécus durant près de quatre ans. Ou bien, à droite, juste derrière le ministère des affaires étrangères, les fameux bains Király, dont je te reparlerai très bientôt car j'y ai vécu des choses intenses et inoubliables.

Margitsziget2_800.jpgArrêt île Marguerite : le tram s'engage ensuite sur le pont et marque l'arrêt au niveau de son coude. C'est de là que l'on peut accéder à l'île du même nom par sa pointe sud, et se ballader dans cet immense parc arboré qui est le précieux poumon vert de la ville, assister aux Grandes eaux de Budapest - en musique, et le soir en lumière -, retrouver son amoureux, bécoter, ou entrer dans l'une des installations aquatiques, pour nager ou draguer selon ses envies : la piscine Alfréd Hajós, celle où je fis mes premières armes en natation il y a 14 ans, la strand Palatinus avec sa terrasse naturiste où je fis ma première rencontre d'hommes à peine plus tard, où je retrouvai aussi Zoltan il y a deux ans, et où, ma foi, il fait toujours bon s'ébrouer.

Pont Marguerite, côté Pest : de l'autre côté du pont, c'est vers le quartier du Parlement que tu peux t'engager, avec ses superbes bâtiments qui sigent les heures de prospérité de la Hongrie d'avant la Première guerre.

Plus loin, le tram marque l'arrêt à la Gare de l'Ouest (Nyugati pályaudvar), magnifique construction attribuée à Eiffel, dont le restaurant a été livré en concession à... Mac Donald ! Enfin, je ne dis rien, parce que c'était devenu pour moi, plus par commodité que par goût, un point de rendez-vous fréquent avec Péter, ma première liaison sérieuse, à la fin de nos journées de travail. Ma première déception amoureuse aussi, s'entend. J'aurais du comprendre ce jour-là que les hommes, c'était trop compliqué.

Encore plus loin, c'est Oktogon, un nœud essentiel situé sur l'avenue Andrássy, les Champs-Elysées de Budapest. Sur ta droite, tu peux descendre vers le centre-ville, en croisant, dans l'ordre, le cours Ferenc Liszt où se trouve l'Académie de Musique - je crois bien que c'est là que je pris goût aux grands concerts classiques - ainsi que foison de bars et de restaurants branchés, aux terrasses agréables, la rue Nagymező, la Broadway de Budapest, et l'Opéra - nous irons y voir Rigoletto, de 62767089gSxHPW_fs.jpgVerdi, dans quelques jours.

Sur ta gauche, tu peux au contraire remonter vers la Place des héros et son somptueux statuaire qui retrace mille ans d'histoire de la Hongrie. Le mieux est d'y monter en métro, au moyen de la plus ancienne ligne d'Europe continentale, simplement creusée sous l'avenue. Une fois là-bas, tu peux t'arrêter au choix chez Gundel, probablement le meilleur restaurant de Budapest, à la Gallerie nationale, au zoo ou dans les installations de l'Exposition internationale de 1896. Moi, si tu permets, je vais aux bains Szechényi : ce complexe thermal au style 12hours.3-782308.jpgnéo-classique comprend un grand bassin extérieur à 37 degrés. On y voit immanquablement de vieux Hongrois jouer aux échecs ou s'amuser à faire jaillir des petits jets entre leurs pouces, en comprimant leurs paumes l'une contre l'autre. Et puis, que ce soit dans les douches du sous-sol ou sur la terrasse naturiste située sur le toit, les sensations ne manquent pas pour les indécrottables comme moi.zsinagoga.jpg

Poursuivons notre voyage. Si tu descends à l'arrrêt de la rue Wesselény, tu peux t'enfoncer par la droite dans des ruelles étroites, et pénétrer l'ancien ghetto juif de Budapest, t'y perdre jusqu'à la synagogue, la plus grande d'Europe aujourd'hui, magnifique (photo ci-contre).

Puis juste avant d'arriver à la Place Luiza Blaha, nous allons dépasser le café New-York. Impérial ! Il vient d'être refait à neuf. Durant les presque quatre ans de mon séjour à Budapest, entre 95 et 99, je ne lui connaissais qu'une informe façade noire, dissimulée derrière un épais échafaudage de poutres larges comme des troncs d'arbre. Le bâtiment avait été ébranlé par la construction du métro, et il a fallu le désosser totalement pour recouler ses fondations. Il a désormais retrouvé ses ors et ses colonnades en marbre torsadées, ses couleurs chargées typiques d'un art nouveau tortueux au point qu'on l'appelle aussi l'art nouille. On y boit d'excellents cafés viennois. J'y ai retrouvé mardi soir Federico et Roberto, deux napolitains rencontrés l'après-midi aux bains Király, mais c'est une autre histoire que je te conterai plus tard, je te l'ai promis.

37museum_of_applied_arts.jpgEnsuite, le trajet perd de son charme. Arrivé à l'intersection avec l'avenue Üllői, tu y as le Musée des arts appliqués, dont l'intérêt est variable selon les expositions du moment, mais dont le bâtiment, caractéristique de l'art nouveau, mérite le détour avec son grand escalier blanc torsadé. Ça me rappelle aussi les premières leçons de hongrois que j'allais prendre chez une étudiante francophone. Que devient-elle, Zsuzsa, tiens ?

Puis tu retrouves le Danube à hauteur du Pont Pétőfi, mais il n'y a là plus aucun attrait. Le mieux est donc de descendre, et de remonter vers le nord le long du fleuve, pour t'offrir un instant de simple contemplation.

A moins que tu ne préfères le prendre dans l'autre sens ? Mais alors je te préviens, ce sera sans mes commentaires !

Commentaires

J'applaudis c'est génial de pouvoir ainsi faire un tour avec toi, et p'tain ça donne envie de le faire pour de vrai.

Écrit par : Bougrenette | 01 août 2009

-> Bougrenette -> le prochain coup, ce sera moins virtuel...

Écrit par : Oh!91 | 03 août 2009

un bonheur de faire ce voyage... mon hotel était près de la place des Héros, donc on était assez vite dans le centre... et puis cette façon de visiter, avec les gens de la ville.... se méler... et en plus j'ai bien envie de sauna...

Écrit par : francis | 03 août 2009

-> Francis -> C''est vraiment sympa de ta part de faire ce voyage avec moi, même si tu sembles déjà bien connaître les lieux... Allez, va ! Offre-toi un sauna. C'est lundi, c'est permis !

Écrit par : Oh!91 | 03 août 2009

Les commentaires sont fermés.