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23 juin 2009

la montagne

Frédéric Gaillard - Peser.jpg

Bon ben voilà, je suis triste, là !

La belle affaire ! Tu ne t'en étais pas aperçu...

Oui, je sais, la tristesse, ça pue et ça dérange. Parfois aussi ça miroite. Je te jure, je préfèrerais faire la mariolle et te raconter quelques conneries bien senties, une partie de pattes en l'air ou la dernière pétition à la mode contre la vacuité destructrice du discours de Sarkozy au Congrès... Seulement voilà, je suis triste.

Cette nouvelle vague dépasse une simple bouffée, sans doute parce qu'elle résulte d'une conjonction : les un an d'une journée sous le signe de la musique où culminait l'amour, les un an d'un billet imbécile, où je racontais une partouze assassine, les un an de sa carte de séjour, fruit d'une bataille chargée d'angoisses et de solidarités, les un an de sa rencontre avec l'autre, par vengeance et pour se libérer, les un an de sa décision d'arrêter notre liaison, les un an du début d'un chagrin par lequel je n'aurais jamais pensé pouvoir me laisser à ce point submerger... les un ans d'une confluence qui a vidé de tout sens les signes les plus explicites de l'amour, de la confiance et fait du monde une illusion mortelle.

Alors voilà, oui, je suis triste, là ! Et plein de regrets hauts comme une montagne, impossible à escalader.

Pourtant, je reste en guerre auprès de lui contre les sinistres lois de l'immigration qui le cantonnent encore et encore dans l'éternelle prison des récépissés et des attentes administratives humiliantes. Hier, nous étions encore à la préfecture, et cette histoire là... elle est sans fin.

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(image d'illustration empruntée à Frédéric Gaillard)

Commentaires

C'est vrai que la tristesse ça pue et ça dérange.

C'est une étape obligée pour passer à la colère et ensuite au repos de l'âme. Moi je crois à ces vieilles sornettes que me racontait ma grand-mère parce que ça s'est toujours passé comme ça dans ma tête, dans mon corps. Tristesse et dépression, puis colère contre autrui ou moi même ou tout le monde, et enfin apaisement. Paraît que c'est ça la résilience.
Faut juste continuer à se lever, aller bosser, mettre un grand coup de pied aux anniversaires, et un jour ça reviendra, forcément, FORCEMENT. Tu dois le croire.

Quand tu ne seras plus dans cette tristesse, tu transformeras tes regrets en richesse du vécu, et ce sera bien plus chaud dans ton coeur, on fait rien sur les braises des regrets, rien de bien.

Et puis je m'en fou qu'on trouve que ça pue le chagrin, moi j'aime pas quand ceux que j'estime sont dans la souffrance !

Je t'embrasse fort.

Écrit par : feekabossee | 23 juin 2009

la tristesse ça pue ni ne dérange
ça se partage
ça ne l'atténue pas, mais ça fait un peu de chaleur, et des fois, c'est pas rien parce qu'on a très froid et qu'on a super mal
Je t'embrasse

Écrit par : Manue | 23 juin 2009

-> feekabossee -> C'est sage, ce que tu dis, c'est un peu à ce type de fonctionnement que je m'accroche, d'ailleurs : le coup du coup de pied aux anniversaires, c'est plus dur. Tiens, encore un souvenir, la semaine qui précédait mon festival, l'an dernier, je rentrais chez lui tous les soirs, et pour ne pas me laisser tourner seul avec la voiture pour chercher une place, il descendait quand j'arrivais en bas de chez lui. Il était 22h, 23h, ou minuit, et nous passions ces 10 à 20 minutes de voiture ensemble, dans les caresses. Et là, à une semaine de mon festival, je rentre seul tous les soirs, vers ma banlieue lointaine, à 23h, à minuit, sans un genoux où poser ma main, comment veux-tu vivre sans regret avec ça ? C'est vrai que c'est une braise, tu vois d'ailleurs, il me suffit d'un commentaire pour que je souffle à nouveau dessus... Mais je ne veux pas que ces souvenirs s'éteignent, parce que ce sont des souvenirs tout simplement heureux. C'est pas déjà quelque chose de bien, un souvenir heureux ?
-> Manue -> ...et je sais que tu n'es pas avare en réconfort. Mais tu sais, je crois que si, une tristesse partagée est déjà un peu atténuée, un peu...
Bises à toutes les deux.

Écrit par : Oh!91 | 24 juin 2009

J'aime bien ce que t'écris Feekabossée.
Tu as le droit d'être triste, de le dire, de l'écrire, et nous de te lire mon cher.

Écrit par : Fauvette | 25 juin 2009

-> Fauvette -> Merci de m'autoriser les accès de tristesse, j'ai besoin de cet espace pour m'épancher

Écrit par : Oh!91 | 30 juin 2009

Les commentaires sont fermés.