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15 juin 2009

mon nom est personne

monnomestpersonne.jpg

Je ne suis personne. Un homme sans envie n'est personne. Et il me faut devenir quelqu'un. Me reconnecter à moi-même, comme vient de me dire mon pote WajDi - un expert dans ce domaine, et une des paroles qui comptent pour moi. Voilà peut-être une première conclusion, un point d'étape, comme diraient les gens de mon administration, à laquelle me conduit le travail engagé.

Reprenons. Mon psy m'a lancé l'autre jour, sur un ton amusé, ce : "vous êtes quelqu'un d'appliqué". Bref, rien du tout. Un compliment, en somme. Mais comme d'habitude, ça ricoche sur les parois de ma tête et de ma poitrine. Allons donc, même face à mon psy, je joue donc un rôle ? j'ai quelque chose à prouver ? Je me dois d'être brillant, même en pleine analyse ? Même de lui il me faut être aimé ? Et ça se voit donc tant que ça ?

Je n'ai pas encore repris le sujet avec lui. Pour la première fois lundi dernier, je suis allé le voir en état de détresse, et pour la première fois, on a parlé de ma douleur plus que de ses causes.

Mais cette phrase reste là et résonne. Appliqué...

Je crois que je commence à voir une chose se dessiner. J'ai en moi des milliards de petits capteurs, qui face à l'autre se mettent en alerte, scrutent chaque geste, chaque expression, chaque intonation, qui les calculent, les paramètrent, et me délivrent en continu des micro-verdicts mis à jour, qui me disent : voilà ce que cet autre attend de toi. Voilà ce qu'il aime, voilà ce qu'il désire. Si cet autre m'indiffère, je vais juste me servir de ces informations pour éviter d'entrer en conflit. Mais si cet autre est quelqu'un que j'aime, à qui je désire plaire, alors tout mon moi se mobilise pour répondre à ses attentes supposées. Ses désirs deviennent les miens, la satisfaction de son désir se met à primer sur le reste, ses goûts deviennent les miens, ses choix aussi. Je tombe dans le mimétisme. J'ai parfois pensé que dans une relation amoureuse, j'avais le défaut de me dépersonnifier, et ce faisant, de perdre tous les attributs de la séduction, de ne plus être aimable. Mais en fait, je crois que c'est même pire, ces capteurs sont si puissants, ma porosité est si forte, que je n'ai rien à dépersonnifier. Je n'ai tout simplement pas de personnalité. Ma personne, c'est mon image, c'est ce que je crois l'autre attendre qu'elle soit. WajDi me dit que j'ai perdu le contact avec moi-même. En fait, je ne suis pesonne, je n'ai jamais été personne, je n'ai jamais été en contact avec moi-même. Je n'ai pas d'envie.

On m'a dit que j'étais un caméléon. Aujourd'hui suspendu dans le vide, donc en panique. J'ai l'air fin...

Alors je m'applique. Et oui, je réussis. J'ai tant réussi que je me vois comme un usurpateur, et j'enrage de mon succès, de la confiance qu'on me fait, de la charge que ça représente sur mes épaules, alors parfois je fuis. Ou alors j'échoue, et je ne m'en remets pas.

Il va falloir maintenant que je comprenne comment et pourquoi, et quand, j'ai renoncé à être quelqu'un pour me calquer sur l'autre et m'en remettre à mes capteurs.

Commentaires

D'abord j'ai eu un peu froid dans le dos, à lire cette détresse, cette négation de soi-même.
Et puis ensuite... mince alors ! cela fait maintenant deux mois que je vous lis, et j'ai envie de vous dire que je n'en crois pas un mot !

Après tout, cette envie d'être aimé, ce processus de mimétisme sont assez courant. Cela s'appelle l'adaptation, la socialisation, l'empathie même. Faut-il croire que vous le poussez à son paroxysme ?

Pourtant, vous devez bien AUSSI avoir des moments où vous vous redressez, où vous êtres près à aller contre l'opinion que l'on peut avoir de vous en assumant ou revendiquant des points de vue, des postures, des envies qui vous sont propres ? Pensez à votre engagement : n'est-il pas motivé par des valeurs, des émotions qui viennent du fond de votre personnalité ? Pourquoi ne serait-ce pas la même chose avec ceux dont vous voulez vous faire aimer ?

Écrit par : Artémis | 15 juin 2009

Ma psy disait au début de nos rencontres que j'avais le "regard affamé".
A l'époque j'allais très mal, depuis je suis passée à mal,puis assez bien.
Aujourd'hui c'est "presque bien".
Je suis de moins en moins caméléon"notre animale emblématique".
Enfin je sais dire, non,cela ne me plait pas, je n'aime pas,je ne VEUX pas.
La retraite aide à ce choix,plus de pression "gagne pain" de gamins au foyer.
Mais quand même vivre aussi longtemps pour enfin ÊTRE soi
dépouillé de presque tout,ayant repoussé toutes rêveries...
Sois plus teigneux, un brin vindicatif.
Savoir que le "bonheur" ce n'est que de la poussière qui vole,et des fois nous en attrapons quelque grains....

Écrit par : mume | 15 juin 2009

Tu vois, c'est typiquement le genre d'exercice auquel je ne veux pas être confronté, et qu'importe pourquoi, que je n'y sois pas prêt ou que je n'en ai pas envie. Je ne veux pas avoir à m'auto-disséquer.

Écrit par : Olivier Autissier | 15 juin 2009

Je me sens proche de cette problématique de "caméléon"... je n'en dis pas plus, bon courage ! ;)

Écrit par : balmeyer | 15 juin 2009

En même temps, être personne, ça peut être très agréable. Ce qui fait que peu de caméléons recourent à la psychanalyse (à moins qu'une psychanalyse réussie, ce soit celle où tu deviennes psy à la fin ? Vérifie, la prochaine fois que tu le vois, si ton psy n'a pas un oeil tout rond et ne gobe pas les mouches à 50 cm de distance).

Et puis il était si beau, Terence Hill, dans Mon nom est...

Écrit par : manu | 15 juin 2009

-> Artémis -> "Cela s'appelle l'adaptation, la socialisation, l'empathie même"... Vous avez raison, je ne manque pas de tout cela, et pourtant, ça ne me prémunit pas de la détresse. Pour le reste, j'ai une culture du conflit et de l'engagement, dans la mesure où la lutte des classes constitue et a constitué un outil précieux pour comprendre le sens du monde. J'ai donc des valeurs, comme un caméléon a un squelette. Et je sais me battre. Mais honnêtement, c'est un truc cérébral, ce n'est pas un ressort profond, je ne sais pas si vous en percevez la différence. merci en tout cas de vous pencher à ce point sur le cas Oh!91 ;
-> mume -> teigneux et vindicatif... c'est drôle, ces mots. Je le suis sans doute quelques fois. Disons que l'amour, c'est ce qui me désarme le plus...
-> Olivier Autissier -> Oh la la ! Alors là, mon grand, ne sois pas si sûr de toi, ni si fier ! Je disais ça, au mot près, il n'y a pas si longtemps... Tu fais quoi, avec le blog, sinon t'auto-disséquer, de toute façon, et disséquer ton rapport au monde ?
Non, tu sais, je me croyais fort, solide et outillé. Robuste pour affronter les épreuves de la vie, celles des emmerdeurs de tout poil, au boulot ou ailleurs, celles des briseurs de rêves, celles des velléités sentimentales... et puis un jour, j'ai vacillé, j'ai tâtonné seul pendant un an, j'ai posé des jalons pour me comprendre et m'en sortir, mais j'ai vu ce crabe de tristesse s'acharner à me dévorer de l'intérieur, alors j'ai décidé de franchir le pas. Ça n'a pas été un chemin facile. Ce n'est qu'une fois la décision prise, que cela m'est apparu simple, simple et déconcertant, et évident (sauf pour le porte-monnaie, mais nous nous en remettrons, lui et moi !...). Presque comme le jour de mon coming out ;
-> balmeyer -> Je sens chez toi de cette sorte de pâte, qui, veut dire aussi, comme le suggère Artémis, "adaptation, socialisation, empathie". Et toi, tu gères comment ?
-> manu -> Putain, t'as raison, qu'est-ce qu'il était beau. J'adorais ce film. On y riait, mais il y avait cette atmosphère, cette tension, c'est un magnifique souvenir d'adolescence, ce film... Et la musique d'Ennio Moricone !...

Écrit par : Oh!91 | 15 juin 2009

Un jour, je disais à mon amie "je suis vraiment fatiguée de chercher ma place sur la photo", elle m'a juste répondu : "Mais pourquoi tu cherches ? Elle est là, ta place, parfois devant, parfois derrière, en lumière ou dans l'ombre, mais elle est là, arrête de chercher."
Essaie de t'aimer un peu plus pour ce que tu es Oliv', tu verras, t'es un mec chouette, tu mérites de te connaître.
Des bisous inquiets.

Écrit par : feekabossee | 15 juin 2009

Oh! D'abord, courage.
Ensuite, j'ai seulement de te dire ceci: malgré les apparences, tu ES quelqu'un d'unique. Cependant, il te faut te découvrir pour te mettre en valeur à tes propres yeux.
Ça pourrait être long et douloureux, mais le jeu en vaut largement la chandelle.

Écrit par : Doréus | 16 juin 2009

-> feekabossee -> Je crois que le regard que j'ai sur moi est perverti par la sensation du manque. Deux yeux se sont détournés, et ils suffisent à me rendre répugnant pour la terre entière. C'est drôle, parce que je ne crois pas manquer d'amour propre en général, certains pourraient même me trouver un tantinet arrogant, à toujours vouloir être au centre de la photo... Mais bon, j'ai sans doute besoin de me retrouver, ça s'est sûr, à m'affranchir d'une forme de servilité où je me suis mis, à retrouver aussi l'énergie de l'engagement, qui pourra me rassurer sur moi-même... Merci d'être toujorus là ;
-> Doréus -> Je veux bien que ce soit long, j'y suis prêt, mais s'il-te-plait, si ça pouvait ne pas être douloureux... Je suis trop sensible à la douleur !

Écrit par : Oh!91 | 16 juin 2009

Tu as bien fait d'avoir eu le courage de commencer.
Te dire que cela ne sera pas douloureux, ça mon petit vieux ce n'est pas possible !
Mais tu vas voir cela vaut le coup !
Enfin malgré tout, même si tu ne l'avais pas fait je t'aimerais quand même !

Écrit par : Fauvette | 16 juin 2009

Qu'est-ce qu'on se ressemble, toi et moi :-)


"ma porosité est si forte"

J'appelle ça autrement, je dis: "le facteur de pénétration des autres en moi est très élevé"

J'en ai souffert, je me sentais "sans personnalité", malléable, dépendante des désirs ou des caprices des autres.
Et plus je les aimais, plus j'étais une ombre.

sur le point précis des "capteurs", l'analyse de m'a pas changée mais j'ai compris (c'était vital) que ce que je considérais comme un "défaut", une "faiblesse", ne l'est pas.

C'est une particularité, c'est "ma particularité". Je "ressens" très fort les autres. Je devine leurs désirs, leurs chagrins, les petites ou grandes stratégies qu'ils mettent en œuvre pour exister, pour s'imposer. Je perçois leur gentillesse, leur tendresse ou au contraire la haine, la fureur, l'envie qui les habitent.

Tout cela mes capteurs me l'indiquent et souvent je calque mon attitude sur celle de l'autre.

Je le sais, c'est ainsi.

Mais je préfère, et de loin, être ainsi qu'indifférente aux autres.

Ce qui a changé, par contre, c'est le choix des personnes qui me sont proches.
J'ai renoncé, avec bonheur, à créer des liens ou à les subir, avec celles et ceux qui me "faisaient du mal", volontairement on non.

J'ai pris mes distances avec beaucoup, je suis très souvent 'en dehors" des relations. J'observe. J'écoute. Je ne "m'investis pas affectivement".

Par contre, ces fameux "capteurs" me permettent d'avoir, avec d'autres, de très belles relations, immédiates, affectueuses, confiantes.

Tu n'es pas personne.
Par contre tu es dans une zone de turbulences, ça arrive.

Et puis, un jour, le soleil se lève dans l'azur du ciel et on recommence à voir, à sentir, à être au monde.

Baci Olivier

Écrit par : céleste | 16 juin 2009

Céleste, tu as les mots pour le dire.

Écrit par : Doréus | 17 juin 2009

-> Fauvette -> Ne me dis pas que ce sera douloureux, s'il-te-plaît, même si ça doit l'être. Je serai bien à temps pour le découvrir... Pour l'instant, la seule chose qui me fait du mal, c'est mon chagrin, et la démarche que j'ai engagée m'aide à en espacer les crises...
-> céleste -> Comme quoi, on ne ressemble jamais à ce que l'on est vraiment. Je n'aurais pas cru que tu puisses, toi, te reconnaître dans ce que je décris de moi. Décidément, Artémis doit avoir raison, il y a quelque chose de l'ordre de l'empathie qui résulte de cet effacement derrière nos capteurs...
Merci de me dire tout cela, avec autant de naturel et de sérénité. Et de me promettre un soleil levant ;
-> Doréus -> ben oui, elle est balaise, et elle n'a pas oublié d'"être au monde", comme elle l'écrit.

Écrit par : Oh!91 | 17 juin 2009

ouha t'es fort(d'avoir trouvé ça) et il y a du vrai dans ce que tu dis, j'ai senti que t'étais le genre de mec qui est trop attentif à l'autre, c'est sympathique mais qqfois on a pas envie d'etre trop investi par l'autre.

Écrit par : kris007 | 23 juin 2009

-> kriss007 -> Peut-on être "trop" attentif à l'autre ? Je ne crois pas que cette "attention" soit en cause, mais ce que j'en fais. Il faudrait que je sache mieux me confronter plutôt que me fondre, m'affirmer plutôt qu'imiter... Et c'est pour ça que, d'abord, il me faut me reconnaître. Merci de ton passage. Y'avait longtemps !

Écrit par : Oh!91 | 24 juin 2009

売春婦 Oh 、なんという言語(言語)かについて、あなたが(親切で)、そして称賛に値して美しくて、大きくて、感じが良い、そしてあなたが何も恐れていなくてもよいことはあなたにそれを言うために必要です!

Écrit par : estèf | 10 janvier 2011

-> estéf -> ありがとうございます。 それは美しい賛辞です。

Écrit par : Oh!91 | 11 janvier 2011

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