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04 juin 2009

la fable du périphérique

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Il y a quelque part un long ruban de trente-cinq kilomètres qui sépare Paris de sa périphérie.

C'est dans l'ordre des choses, et du moins cette séparation a-t-elle été ainsi matérialisée par quatre ou six voies de circulation, afin qu'on ne puisse aux aménageurs faire le procès d'hypocrisie.

Mais quand bien même n'eut-elle été ainsi considérée, la vie se serait chargée d'en instaurer les clauses.

Parmi celles-ci, l'une veut qu'à Paris tout soit facile, et que chaque lieu soit accessible, d'un simple ticket de métro, et qu'en dehors tout soit compliqué, tout soit loin, qu'il y faille de bonnes jambes ou du temps devant soi.

Une autre veut qu'à Paris tout soit cher, réservé à ceux qui ont de l'argent alors que de l'autre côté, on s'en sort avec un porte-monnaie plus léger pourvu que l'on soit prêt à en accepter les misères.

Il y aurait au vrai mille et une façon d'illustrer ces préceptes, soigneusement entretenus malgré tous les discours sur le Grand Paris. Je m'en vais te conter une mésaventure qui en dit long ou qui en dit court, enfin, dans le cas présent, qui en dit cher.

Ma voiture a été emmenée à la fourrière. Deux fois en quinze jours. Je passe sur les contextes, d'inattention ou d'inconséquence, qui m'ont conduit à subir ces épreuves. J'ajoute juste, parce que ça a son importance, que j'ai l'imprudente habitude de laisser les papiers de ma voiture dans ma voiture. Ce qui ne prête pas franchement à conséquence à l'intérieur du périphérique, mais qui peut s'avérer désastreux à l'extérieur.

C'était donc un samedi matin du mois dernier, je m'en étais allé participer à un rendez-vous professionnel à la Plaine-Saint-Denis - à quatre ou cinq cents mètres de la frontière nord de Paris. Un aménagement de voirie inhabituel, un marquage au sol inadéquat, une absence, que sais-je, je me suis garé devant un bateau : sortie de garage. En revenant après près de quatre heures de travail assidu, évidemment, de voiture je me vis dépourvu. Hagard, je rentrai dans un troquet à proximoité où un pauvre bougre m'expliqua avoir attendu une heure et demi avant de se résoudre à appeler la police.

Seulement voilà. A Saint-Denis, hors de question de se rendre directement à la fourrière. Il faut d'abord passer par la case railway-stories-22.1185229509.jpgcommissariat, c'est là qu'on te remet habituellement le bon de sortie du véhicule. A condition toutefois d'en présenter les papiers. Sinon, on t'en remet juste un bon de visite pour te permettre d'aller y récupérer les papiers et de revenir les présenter. Mais pour que tout soit simple, la fourrière est à Aubervilliers. Bah ! cinq ou six kilomètres à vol d'oiseau. Mais à vol de bus, via Paris, 45 bonnes minutes. Et voilà comment, sous la pluie, je me suis retrouvé à faire La Plaine Saint-Denis - commissariat de la Plaine - Fort d'Aubervilliers - commissariat de la Plaine - fort d'Aubervilliers pour enfin récupérer ma voiture...! Il me fallut quatre heures pour tout régler, ce qui, soit dit en passant, constitue un temps appréciable pour digérer les 96 euros d'enlèvement et 35 euros d'amende enfoncés en travers du gosier.

Quinze jours plus tard, donc. Hier. Dans le 11ème, je m'étais imprudemment résolu à me garer sur une place réservée aux livraisons, à dessein mais pour une toute petite demi-heure. Avec un message de précaution sur le pare-brise. Rien n'y fit. En vingt minutes, la voiture était repérée, signalée et enlevée. Heureusement, je sortais de chez mon psy (je m'en vais t'en parler bientôt, tiens), et du coup l'incident me glissa dessus comme une pluie douce. Une rapide enquête de voisinage m'apprit que c'est la fourrière des Halles qui était concernée, et sur place où je me rendis illico, au prix d'une carte bleue de 136 euros - quand-même ! (40% de plus qu'en banlieue), je pus récupérer mon bien, et m'offris même le luxe d'un petit 1.500 mètres dans la piscine qui se trouve à proximité.

Pourquoi cette différence ? Parce qu'en banlieue, les fourrières sont concédées à des privés, alors que ce sont des fonctionnaires de police qui gèrent les parisiennes.

Moralité, banlieue tu galères, Paris tu raques, mais rien à faire, ce n'est pas le même monde.

Et c'est la dernière fois que je me livre à cette expérience comparative. Pas les moyens !

Commentaires

La rue des Rosiers à St Ouen!Connue pour son marché aux Puces,était aussi le lieu de résidence de ma Tatie.
Hors donc un soir j'y allait pour dîner,en mai ou septembre bref un temps doux fleurant bon l'orage à venir.
La chaussée était en réfection certes,mon envie de pipi urgentisisme,je laisse ma petite AX fleureter avec le trottoir, grimpe les 4 étages,bisous, toilette, ça va! ça va.
Je retourne vers ma chère bagnole et ho! partie la belle,le troquet du coin littéralement, abritait une troupe de gens rigolards, ils m'expliquèrent que le "plateau d'enlèvement stationné dans la rue perpendiculaire avait œuvré TRÈS vite.
Comme toi,je courus chez les flics,les trouvai là bas, là bas!
Un peu rassérénée que ma trottinette fut entre leurs mains.
Mais pour retourner à St Cloud,à 11h du soir, sous une pluie battante, hein que c'était chouette!
Allée le lendemain à la fourrière de Gennevilliers pataugeant dans la gadoue après 2 heures d'un périple en transport en commun et se faire alléger de 100 francs de l'époque.
J'appris que ce soir là 3 plateaux attendaient le "client.
Une petite entreprise bien florissante!"

Écrit par : mume | 05 juin 2009

Mouais.... enfin facile à dire depuis que j'ai vendu ma voiture.
Mais franchement, à Paris, ou tant se stationnent comme ils l'entendent, y a quand même des coups de plateau qui se perdent. C'est une sorte d'anarchie que le stationnement à Paris et chacun a de bonnes raisons.

Écrit par : Olivier Autissier | 05 juin 2009

Je n'ai plus de voiture depuis 1999!d'abord pour cause de bus et métro au pieds de l'immeuble où je logeai, ensuite pour l'économie réalisée!
D'où l'achat de l'appartement quelques années plus tard!
Seule et sans personne à convoyer,c'était LA solution.
Le permis de conduire était indispensable dans mon boulot, le précieux document avec tout ses points ne quitte pas mon porte feuille!

Écrit par : mume | 05 juin 2009

Franchement je suis pas convaincu par ta démonstration !!! j'aimerais que tous les gens de banlieue puissent se balader en voiture dans Paris, sans démagogie... et supporter en 2 semaines plus de 250 euros d'amendes... gloups... franchement tu aurais pu t'éviter tout ça non ???

Écrit par : Francis | 05 juin 2009

astuce banlieusarde: mettre un ticket de parcmètre, peu importe la somme, du moment qu'il y a un ticket qui s'exhibe voluptueusement derrière la pare-brise! depuis une dizaine d'années, jamais eu de prune... ça semble donc fonctionner!

Écrit par : Rouge | 05 juin 2009

-> mume -> ça me rassure de voir qu'au moins, ça fait des souvenirs à 100 balles
-> Olivier Autissier -> Je n'ai pas dit que j'étais fier. Si seul le stationnement était anarchique, mais tout le trafic l'est, et defait, stationner devient un vrai calvaire !
-> Francis -> Ce n'est pas une démonstration, c'est une expérience, du vécu... et en deux semaines, ça m'aura fait 300 euros, amendes et enlèvement cumulés ! Dire que j'ai mégoté sur bien moins que ça pour des projets de vacances !
-> Rouge -> Fini ce subterfuge, dans Paris : tolérance zéro désormais... Y'a qu'un truc, sur une place payante, les larges débordement de temps sont rarement pénalisés, mais un simple arrêt sur une place livraison, c'est la cata.

Écrit par : Oh!91 | 06 juin 2009

Un peu chérot l'expérience ! Je ne connais pas la vie de la banlieue, mais c'est vrai j'ai l'impression que tout est plus compliqué dès que tu passes le périph.
Et que surtout la voiture est indispensable, c'est un gros problème non ?

Ben pourquoi ne pas garer aux portes de Paris, et prendre le métro ensuite ? Tu as sans doute une bonne raison...

Dans le quartier où je travaille lorsque je vois les mères venir en gros 4 x 4 chercher leurs enfants je me dis qu'ils pourraient aussi marcher un peu, et cela m'agace un peu !

Écrit par : Fauvette | 06 juin 2009

Drôle de politique de la circulation à Paris : on fait tout pour nous empêcher d'utiliser la voiture sans rien prévoir pour favoriser le stationnement. Ubuesque...

Écrit par : deef | 06 juin 2009

-> Fauvette -> Compliqué, et voiture obligatoire, c'est exactement ça. Et ça ne va pas en s'améliorant...
-> deef -> Absolument. Il serait utile, je pense, de calculer un jour quelle proportion du trafic est constitué de voitures qui sont justes en train de tourner pour se trouver une place. Je pense que c'est l'un des principaux facteurs de congestion.

Écrit par : Oh!91 | 06 juin 2009

Les commentaires sont fermés.