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26 mai 2009

égalité hommes-femmes

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Un curieux point d'équilibre a sauté à ma figure dimanche après-midi, en roulant seul sur l'autoroute A5, livré à la déambulation de mes pensées : aujourd'hui, enfin, ces jours-ci, ma vie sexuelle, ou plutôt mon vécu sexuel, se partage entre deux moitiés égales : une moitié hétérosexuelle - les 13 premières années de ma vie d'adulte, non assumées, où je connus comme par défaut de premiers attouchements avec des femmes et deux longues expériences de vie commune avec elles - et une moitié homosexuelle - 13 ans de relations amoureuses débridées, heureuses ou piteuses, mais vécues dans l'immense soulagement de la sincérité.

Ça me fait un peu bizarre de réaliser ça : deux fois treize ans. D'un côté, quatre femmes : celle d'une nuit, qui me dépucela de sa bouche gourmande ; ma première copine libanaise, qui essuya à peu près toutes mes immaturités six ans durant ; une amie en détresse, qui m'attira à son lit un soir d'égarement ; et ma bretonne, une histoire de huit ans, qui traversa finalement avec moi le séisme du coming out.

De l'autre, des histoires qui se succèdent, se ressemblent, ne mènent nulle part, mais dans l'éclate. De la tendresse à revendre, mais aussi beaucoup de lâcheté et d'inconséquence. Quelques centaines de queues goulûment avalées, d'autres simplement masturbées dans quelque recoin sombre - une porte cochère à La Havane, un jardin public à Budapest, un hôtel de luxe à Tel-Aviv, les toilettes en sous-sol d'un restaurant de La Bastille, des douches publiques d'ici et d'ailleurs - ou en pleine lumière dans des saunas, des clubs naturistes, ou des soirées privées très "open". Assez peu de pénétrations, en fin de compte, ni dans un sens ni dans l'autre. Quelques beaux élans amoureux, de plusieurs semaines ou de plusieurs mois, une vie commune de plus de onze ans qui perdure - ce qui devrait me rendre fier, sauf que je ne lui trouve plus de sens. Et enfin une vraie histoire d'amour, construite dans le partage et le combat, mais en fait sur du sable, qui n'a que faire de mes digues et ne débouche nulle-part.

Cela me fait donc 26 ans de vie sexuelle ! Wouah ! Non, attend, laisse moi recompter... C'est bien ce que je me disais : 25 ans, seulement, 25 ans de vie sexuelle, puisque je me compromis durant toute une année dans une double vie avant de parvenir à sortir du trou.

Cela nous fait donc un quart de siècle, pour une égalité presque imparfaite.

Commentaires

Tu t'est "compromis une année dans une double vie avant de parvenir à sortir du trou"
Curieuse expression!
Ca doit faire mal, non?

Écrit par : JG | 26 mai 2009

L'heure du bilan ?

Écrit par : deef | 26 mai 2009

-> JG -> L'expression est un peu malheureuse, j'en conviens. D'autant que ça ne fait pas mal du tout, bien au contraire. La partie douloureuse, c'est l'entre-deux, l'avant-sortie du trou, quand tu t'enfermes dans le mensonge, et que tu n'en vois plus d'issue. Mais une fois sorti, il n'y a que de l'amour, et de la reconnaissance, même parfois de l'admiration, et là tu ne comprends plus comment tu as pu te fourvoyer si longtemps...
-> deef -> l'heure d'UN bilan.

Écrit par : Oh!91 | 26 mai 2009

J'aime beaucoup cette déclinaison des lieux et des géographies.
Tu me donnes une belle idée.

Écrit par : Olivier Autissier | 26 mai 2009

Dire que c'est sur ces femmes malmenées que je me suis arrêtée ici la première fois ...
Parfois quand je lis tes billets, je me demande si Manu (mon ex, parti pour les garçons) vit des émotions similaires. Il m'avait parlé des saunas, mais je n'avais pas voulu en savoir plus ...
Et maintenant je lis tes histoires à toi. Ça me fait sourire et ça me permet de penser à lui avec toujours beaucoup de tendresse en l'espérant heureux.
En tout cas c'est un bilan qui nous laisse sur une question.
Comment envisages-tu les 13 prochaines années ? Hé ?

Écrit par : feekabossee | 26 mai 2009

Jusqu'à présent l'A5 n'est jamais parvenue à m'emmener dans des régions aussi animées; je penserai à toi la prochaine fois que je l'emprunte

Écrit par : Gat | 26 mai 2009

Il est parfois long et plein de détours, le processus de découverte de la vérité (sur soi)... mais c'est le résultat qui compte.

Écrit par : Doréus | 27 mai 2009

-> Olivier Autissier -> J'ai hâte de voir ce que va donner "l'idée de billet", ça promet d'être croustillant ;
-> feekabossee -> C'est vrai, je me rappelle quand tu débarquais sur ce blog... j'y parlais déjà de femmes. Que Manu vive des choses semblables ? Bah ! Chacun vit des choses importantes, c'est ça qui compte, je lui souhaite d'être présentement moins dans la peine que je ne le suis. Les 13 prochaines années ? J'aimerais tellement pouvoir en écrire le roman maintenant, le prince charmant aurait des yeux noisette, jouerait du violoncelle, parfois nu, rien que pour moi, laisserait de temps en temps glisser son archet sur mes épaules, il n'y en aurait qu'un parce que nous nous aimerions et un nouveau chapitre serait ainsi écrit, où le quotidien serait docilement dilué dans les grands sentiments... Hmmm ! c'est parfois bon de rêver ;
-> Gat -> il faut dire qu'il y avait un soleil chaud, dimanche sur l'A5 ;
-> Doréus -> Ouaip ! J'en ai commencé un autre, de processus de découverte de moi. Je m'en vais vous en parler bientôt, tiens !

Écrit par : Oh!91 | 27 mai 2009

Quand on aime on compte pas...

Écrit par : Zarxas | 01 juin 2009

"L'égalité hommes-femmes", je ne la vois pas tellement dans votre article...
J'ai lu votre article sur "ces femmes que vous avez malmenées", et ce sont surtout ces femmes flouées, abusées, qui me font de la peine. Mais après tout si elle ont de la "tendresse" pour cet autre qui les a berné des années durant dans ce cas de figure, et sont contentes de n'avoir eu d'autre fonction que de servir de paravent, grand bien leur fasse.

Écrit par : Floréal | 01 juin 2009

-> Zarxas -> Excellent commentaire ! Toujours l'esprit agile, je vois...
-> Floréal -> On ne peut pas en dire autant avec vous, avez-vous besoin d'une rampe pour accéder au second degré ? Ce que vous dites de ces femmes - abusées, certes, et parce que la société, pudibonde, sans doute celle que vous adorez, ne m'avais pas permis d'être moi même pour qu'il en fût autrement - dénote d'un sacré mépris, pour elles comme pour les histoires humaines en général... Il est vrai que c'est une bave de crapaud qui vous à amenée jusqu'ici... (à propos, soyez attentive à vos accords du participe passé, j'ai eu mal aux oreilles, là).

Écrit par : Oh!91 | 01 juin 2009

bonjour!
je découvre ton blog grâce à ton commentaire chez Celeste...

Il est fort joli ce bilan. Honnête et tendre. C'est un beau parcours de vie....sexuelle ou pas ;))

Écrit par : bellâm | 01 juin 2009

Non, la pudibonderie ne m'a jamais étouffée; je ne viens pas d'un milieu catho ni particulièrement rigide, et puis la pudibonderie chez une ex hotesse du club Med... ça me fait plutot sourire (après les accords du participe passé vous pourrez aussi lamenter le manque de circonflexes que je ne vais pas m'amuser à chercher, d'ailleurs faites attention à vos imparfaits: "la société...ne m'avaiS pas"... il "eut" mieux valu ne pas faire de genre avec l'imparfait du subjonctif, ça crève les yeux.).

Ce n'est pas une question de mépris mais de méfiance. "L'humanité" des femmes toujours pretes à s'attendrir sur ces pauv'zommes (pensez donc, des homos en mal d'enfants, vite, il leur faut des mères porteuses -c'est vrai qu'en cherchant bien ça revient moins cher qu'une adoption) me laisse aussi sceptique que les lamentations de la réacosphère au sujet de l'avortement.

Je dois dire qu'entre l'implicite revendication de mères porteuses de cette extrème-gauche si bonne et si gentille et l'implicite revendication de l'extrème-droite en faveur de la grossesse forcée, il n'y a pas de quoi éprouver une grande sympathie ni pour l'une ni pour l'autre. La bave de crapaud est bien partagée.

Écrit par : Floréal | 01 juin 2009

mais abusées de quoi? Enfin, faut parfois savoir être honnête. Peut-être qu'elles ont passé de belles années. Peut -être qu'elles gardent de la tendresse.

C'est curieux cette manie de positionner les bonnes femmes en victime. En l'occurrence victime du "méchant homosexuel terrifié". Parce que c'est compliqué de s'assumer. Je pense qu'au final (sauf cas extreme) c'est toujours du 50/50. Elles n'ont pas voulu voir. Ou deviner au détour d'une phrase, d'un geste. Parce que , encore une fois, c'est compliqué de s'assumer et aussi d'assumer.
Bien sur qu'il y a l'amour. Mais il y a aussi ce qu'on y met dedans : des nevroses, des peurs, des désirs cachés. Et on ne me fera jamais croire qu'une longue relation entre une femme (ou un homme d'ailleurs) et un partenaire de sexe different qui n'assume pas encore son homosexalité engendre un positionnement victime/ arnaqueur. C'est pas aussi simple que ça. En général, on se doute, et on fait taire ses doutes. A partir de ce moment là, on devient co-responsable de la situation. C'est un peu comme un secret de famille. On se doute, on se tait, parce qu'on a peur du changement, du bouleversement. Et c'est comprehensible. Pour autant, ça ne dédouane pas d'une certaine responsabilité.
Pardon, j'ai tartiné.

Écrit par : bellâm | 01 juin 2009

Pour le victimisme, je n'ai pas la vocation.
Mais je trouve vraiment curieux qu'on demande toujours aux bonnes femmes ce qu'on ne demande jamais aux hommes: de la compréhension, de l'empathie, comme si c'était un du, pour ceci pour cela, les homos, "la stigmatisation du garçon arabe", bref pour les pauv'zommes dans toutes leur déclinaisons, sauf pour les femmes quand on sait bien que ce sont les plus mal loties sous tous les cieux. Et la chose drole, c'est qu'on trouve toujours un tas de bonnes femmes pour compatir aux misères du monde, occupées à exorter le monde à la compassion surtout s'il s'agit d'en avoir pour les bonzommes.
J'appelle ça de la bave de limace. Et je me méfie des belles ames autoproclamés.

Écrit par : Floréal | 01 juin 2009

effectivement, en ce qui vous concerne, on en est loin ;)

Navrée de vous contredire mais on demande la même chose aux hommes! De la compréhension, de l'empathie vis à vis de nous. Comme on demande implicitement aux homosexuels de comprendre certaines réactions violentes vis à vis d'eux au nom de l'évolution lente des mentalités. Comme on demande aux garçons arabes (vous avez des exemples assez bizarres quand même...) d'encaisser les petites notes de racisme ordinaires....

En bref, tout le monde demande de la compréhension.

En ce qui me concerne, ce sont les enfants quels que soit le sexe qui sont le plus mal traités sur cette planète. Et heureusement qu'on trouve un tas de "bonnes femmes " pour compatir ! Et heureusement qu'elles ne sont pas seules, il y a des hommes près d'elles....

Effectivement, vous êtes apparemment tres tres loin de la belle âme autoploclamée. Votre truc, dans ce que j'ai pu lire, c'est plutot "ancienne hôtesse du club med". Je ne porte pas de jugement. On a les proclamations qu'on peut ;)))

Écrit par : bellâm | 01 juin 2009

chouette! du sang, de la chique et du mollard... le tout assaisonné de grammaire! j'aime bien chez vous m'sieur Oh! le lundi soir! ça me fait sourire!
(un jour je te raconterai comment mon petit copain de quand j'avais dix huit ans m'a annoncé qu'il était bi et comment j'ai réagi... avec le recul, je pourrais même faire ça drôle comme récit!)

Écrit par : Rouge | 01 juin 2009

Vous avez raison de ne pas porter de jugement, au club Med vous trouviez aussi bien des institutrices geo mini-club pour arrondir leurs fins de mois et passer des semi-vacances que gm en goguette aux frais d'entrepreneurs de PME.

Loin de la compassion pour les petits nenfants là quand meme.

Écrit par : Floréal | 01 juin 2009

C'est bizarre, en vous lisant j'ai l'impression d'un négatif au travers duquel vous regardez la vie et vous me la décrivez. La vie hétérosexuelle pétrie de convenances, de banalité, de politiquement correct, comme une fatalité. Et puis la vie homosexuelle où l'impermanence des choses marque plus que tout. La fugacité, la rapidité, des baisers, des étreintes, comme une fatalité.
Je suis perdue. N'existe-t-il nulle part un équilibre qui ne soit pas seulement compromis et compromissions ?

Écrit par : Gicerilla | 01 juin 2009

-> bellâm -> bienvenue sur ces pages... ravi que tu viennes y animer une polémique quand je me trouve tout engourdi par la torpeur de Pentecôte. Sache toutefois que ces lieux sont habituellement paisibles, il y traîne peu de crapauds et l'on n'y trouve pas de bave. A peine un peu au coin des lèvres, mais le stimulant n'a rien à voir.
Après, moi, je ne suis pas fier pour deux ronds, à propos de mon parcours. Pas fier de ce que j'ai fait endurer à ces femmes, à simuler du désir, à espérer sans plus y croire que ce désir finirait par s'installer, et à les laisser souvent seules avec leurs doutes sur leur propre capacité de séduction... non, je ne suis pas fier. Mais c'est ainsi. J'ai fini par trouver le chemin pour sortir du placard, et j'essaie de comprendre ce qui en moi a empêché que je ne m'assume plus tôt, leur épargnant alors cette infamie. Et il est à peu près évident que le discours ambiant, à l'instar de celui que professe, tout en se croyant moderne, notre professeur réaco-floréal, la stigmatisation sourde ou tonnante, m'ont inhibé, m'ont enfermé dans un espoir vain, celui de "changer", et que j'en ai payé un prix fort, en leur faisant assumer à elles des dégâts collatéraux que j'ai aujourd'hui l'honnêteté de reconnaître et qu'elles m'ont pardonnés, elles, avec amour.
Voyez-vous, madame, si je n'avais lu dans un ouvrage moderne hérité de 68, "l'encyclopédie de la vie sexuelle" - que mes parents nous gardaient à portée de main - que "l'attirance homosexuelle est fréquente à l'adolescence, mais qu'elle passe en général", tout comme la masturbation, du reste, j'aurais peut-être trouvé d'autres soupapes et assumé plus vite.
Je ne digère pas le coup du paravent. Mais peut-être avez-vous été ou êtes vous vous-même, à votre insu, un bien habile paravent, ne vous êtes-vous jamais interrogée ?
-> Rouge -> j'aimerais bien entendre ton histoire de quand t'avais 18 ans, un petit effet miroir et un bain de jouvence ?
-> Gicerilla -> Votre résumé n'est sans doute pas loin de la réalité, sauf que la vie ne se cantonne pas aux généralités censées la décrire, et les frontières ne sont pas aussi étanches. Je vis moi-même, au fil de ces treize années "libérées", des phases extrêmement dissemblables, j'explore, je construits, je me projette, et je crois ne me livrer qu'à des physionomies accessibles à tou(te)s

Écrit par : Oh!91 | 01 juin 2009

Ce message a été supprimé par l'administrateur de ce blog en raison de son caractère insultant à l'égard d'un tiers.

Écrit par : administrateur | 02 juin 2009

et pourquoi l'autoroute A5 ??? nous savons bien que ce n'est pas là où se trouve des l'Aire des Champs d'Amour !!!

Écrit par : Francis | 03 juin 2009

Rebonjour!

"Je ne digère pas le coup du paravent. Mais peut-être avez-vous été ou êtes vous vous-même, à votre insu, un bien habile paravent, ne vous êtes-vous jamais interrogée ?"

Je n'ai pas compris pourquoi vous m'avez dit ca ? Remarquez il est tôt, je ne suis peut etre pas réveillée ? ;)

Écrit par : bellâm | 04 juin 2009

-> Francis -> A5, parce que Langres, Langres, parce que obligation professionnelle... et puis, il n'y a pas que des champs d'amour, dans la vie...
-> bellâm -> oups... cette partie de ma réponse concernait Floréal... je m'excuse, je croyais que c'était clair.

Écrit par : Oh!91 | 04 juin 2009

Non, je ne sers ni n'ai jamais servi de paravent à personne, et pas davantage "à mon insu" (je ne suis pas tombée de la dernière pluie).

Écrit par : Floréal | 05 juin 2009

-> Floréal -> restez bien accrochée à vos certitudes, la pluie ne vous emportera donc ni votre insu ni le reste...

Écrit par : Oh!91 | 06 juin 2009

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