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16 mai 2009

les eaux basses

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Ce blog se morfond dans les basses eaux. Il a aujourd'hui 18 mois. Pile poil la moitié de celui d'une fée carrossée que j'affectionne. Et il n'a jamais enregistré aussi peu de passage, autant d'indifférence, et finalement de questions sur sa raison d'être.

Il y a pourtant tout juste un an, il pêtait le feu. Pour ses six premiers mois de subversion, il jubilait : je publiais quatre ou cinq billets de célébration. J'avais alors le sexe pétillant, le verbe haut - à moins que ce ne fut l'inverse - l'amour ouvert, le combat généreux, je me projetais dans la vie sans précaution, je vivais comme jamais, et j'étais fier de le faire à nu devant toi. Même quand il s'agissait d'exposer mes doutes, mon inculture et mes usurpations.

Je recevais six roses rouges à jamais plantées dans mon coeur - les plus belles fleurs jamais reçues, pleines d'épines pourtant, mais à la signification inscrite dans mon histoire.

Et l'anonymat de la blogosphère commençait à dégueuler de vraies rencontres, de promesses, dont peu m'ont en fin de compte déçu.

Valérie, qui s'est offert de me dire avant-hier qu'elle me trouvait beau, de plus en plus beau, même je crois, m'explique que tous les blogs sont en ce moment au bord de la panne, frappés du sceau de la désertion et d'une certaine apathie.

Je ne saurais dire si elle a raison, je surfe sans excès, à la limite de la négligence, sans doute, je commente peu, absorbé par mes activités, et obnubilé à l'idée de ne pas laisser malgré tout ces pages - les miennes - en cale sèche. Je suis toujours surpris pourtant par la beauté, l'intelligence et les traits spirituels que je remarque chez les autres. Et veux-tu que je te dise ? Cela me rassure.

Alors je me contente aujoud'hui de ce pot au noir. Il correspond à l'entre deux où je me suis construit, où je me fige en attendant des vents meilleurs, et au fond, c'est moins le nouveau souffle de mon blog, que j'escompte, que celui de ma vie.

Merci d'être là. Un vieux proverbe japonais dit : "Avec du temps et de la patience, la feuille du mûrier devient soie". As-tu un mûrier près de toi pour finalement ne pas m'abandonner ?

00:05 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : blog

Commentaires

Oui... y'a comme une chape de plomb qui est tombée sur la blogosphère depuis quelque temps. Ici, je pourrais expliquer ça par le temps plutôt pourri que Dame Nature nous impose, mais je ne sais pas ce qui se passe ailleurs... Haut les coeurs!

Écrit par : Doréus | 16 mai 2009

Je confirme, les stats sont au plus bas depuis depuis des mois, et nos articles moins prolifiques peut être.
J'ai constaté cette baisse il y a à peu près un an. L'effet découverte est passé ? Je ne sais pas.
En tout cas dans le petit milieu des blogueurs que je connais, plus de la moitié de ceux que je fréquentais n'existent plus (mais je garde des contacts avec quelques uns des auteurs) un tiers produit bien moins et un tiers continue de se faire plaisir dans cette forme d'écriture.
Il me semble que beaucoup se sont noyés dans l'envie d'être "connus" ou reconnus, ailleurs, dans d'autres sphères (l'édition) que d'autres n'ont pas géré la chute de fréquentation (fréquentation en chute ne veut pas dire désintérêt). Que là encore, la consommation agit, on veut du neuf, du mieux, du plus performant !

Moi, j'aime bien mon petit univers de blogs qui durent, ça me rassure, et quand l'un d'eux, en sommeil depuis 4 mois, se réveille, ça me rend vraiment heureuse.
Mais est ce le reflet d'une manière de vivre ? d'être ? J'aime les endurants plus que les performants, alors bon ...
Parfois j'ai été prise d'euphorie quand les stats affichaient des 500 ou 600 passages jour, mais je préfère de loin et depuis longtemps mes 70 ou 80 passages. Ça me rassure moi, les gens qui restent, qui continuent d'écrire même si je ne commente pas tout, ils me font toujours du bien ...
Et puis c'est aussi dans l'air du temps de ne plus savoir où on en est, non ?
Tu sais, ça me fait le même effet quand je reprend la moto aux beaux jours, je regarde autour de moi qui relance la balade, je plante quelques perches pour partager cette balade, et au final, à part avec mon fidèle Fab, je roule souvent seule, parce qu'on est tous SEULS au milieu de nos autres, mais je me demande si ce n'est pas ce que je préfère finalement ... Écrire c'est pareil, est-ce pour se faire du bien ou est-ce partager et transmettre ?

J'ai interviewé un auteur russe il y a 2 jours à ce sujet ? Pourquoi écrivez vous ? Pour transmettre les horreurs de la guerre, pour dénoncer un régime diabolique ?
Il m'a répondu, sûr de lui " NIET !" " j'écris, vite, comme si je vomissais les faits, j'écris pour ne pas oublier ce que j'ai vécu, pour ne pas oublier ce que j'ai fait, pour me souvenir toujours !"

Je t'embrasse fort l'ami.

Écrit par : feekabossee | 16 mai 2009

Ho la vache, pardon pour la longueur, mais j'étais inspirée là !

Écrit par : feekabossee | 16 mai 2009

:) les angoisses du jeune blogueur.
Si tu veux savoir la suite Vinvin à fait un billet qui resume bien tout ça aujourd'hui.
Un jour tu verras tu ne regarderas plus tes stats, tu auras eu envie de tout plaquer de recommencer ailleurs plus intime et aussi plus abouti pour au final revenir a tes premieres amours: ici.
Le blog est un animal qui meurt rapidement s'il n évolue pas. Tu es sur le bon chemin, oublie la courbe des gens qui passent.

Écrit par : Cécile 6 ans de blog | 16 mai 2009

"...Je suis toujours surpris pourtant par la beauté, l'intelligence et les traits spirituels que je remarque chez les autres..."

merci,

Hey, un coup d'Calgon ?
Oh, Oh.91, moi, comme d'autres, passent, certainement , lisent (moi souvent et entièrement même si je ne pige pas toujours), parfois en diagonale ou zappent vite, mais il y a du passage, certainement.

Le pire, c'est l'approche de l'été !
Il me parait interminable parfois, sur la planète nombril je veux dire :-)

Bon week-end si...

Écrit par : cultu avec un p'tit c | 16 mai 2009

Et je confirme, tu l'es :-) et magnifique quand tu donnes à cœur ouvert, pour les reste les autres avant moi en on parlé bien mieux que je pourrais le faire.

Écrit par : Bougrenette | 16 mai 2009

Mon blog suit son cours tranquillement. Commencé en novembre 2004, il va tranquillement sur ses cinq ans. Je me suis souvent questionné sur sa pérennité, il y a eu des hauts et des bas, mais il est toujours là. En même temps il n'a jamais été très à la mode, il tourne lentement à 200 pages lues par jour, et je n'en fais pas une promotion éhontée. On tombe un peu dessus par hasard, et on y revient ... ou pas!
Mais comme toi je constate autour de moi une baisse de production dans les blogs que je lis, une sorte de morosité ambiante...

Écrit par : patrick antoine | 16 mai 2009

Il y a de la morosité dans l'actualité,partout,pour tous.
Des soucis familiaux,professionels,des coups de calcaire...
Qu'importe,comme le dit l'auteur russe de Feekabossée.
"Ne pas oublier ce que j'ai fait, ce que j'ai vécu"
Même utilisation des photos,me prouver que je n'ai pas "rêvé"!
Des stats!pourquoi faire?
Elles sont aussi minces que je suis grasse!

Écrit par : mume | 16 mai 2009

Bloguer, c'est un loisir, un plaisir et ça doit le rester, enfin, à mon sens, et ce, quel que soit le thème du blogue en question.
Pourquoi se sentir obligé de poster ? Si le plaisir n'est plus au rendez-vous, si on n'a plus envie, plus d'inspiration, ou que la vie fait en sorte qu'on ne peut pas, qu'on n'a plus le temps, eh bien, on ne poste pas. Point.
Ça va, ça vient : lorsque tu auras à nouveau des choses à raconter, l'envie et le temps de le faire, tu posteras à nouveau, plus régulièrement, plus souvent.
Au début de mon blogue, je suis resté quatre mois sans poster. So what ? Je ne m'en suis pas excusé, ni justifié, puis j'ai recommencé à poster. J'ai trouvé un rythme de publication, que je respecte plus ou moins et quand je pars en vacances, je ne poste pas (puisque je suis en vacances). Et personne ne m'en tient rigueur...

Écrit par : deef | 16 mai 2009

PS. J'ai deux énormes mûriers dans mon jardin, dans le sud, si tu veux je te ramène un cageot de feuilles que tu pourras grignoter tranquille ;))

Écrit par : deef | 16 mai 2009

En attendant, j'voulais dire :
Qu'il est beau ce p'tit cul !

Écrit par : feekabossee | 16 mai 2009

ce message a été supprimé par l'administrateur du blog

Écrit par : administrateur | 16 mai 2009

Et moi aussi j'ai un mûrier, tu le sais. Il est couvert de fruits, en ce moment. Si tu veux venir grignoter...
Tu étais réticent pour ouvrir ce blog, et te voici accro... Ne t'occupe que de toi. Comme beaucoup d'autres, je pense, c'est ce que j'aime lire. Hé, c'est un support ! Pas une fin en soi !
Je le sais bien : ce n'est pas si simple d'écarter l'interactivité pour retrouver le cheminement intérieur. Pour réussir à extraire cette fleur, odorante ou vénéneuse et la faire s'épanouir au grand jour.

Écrit par : Boby | 16 mai 2009

PRoverbe chinois (ou aveyronnais, je ne sais plus) : qui écrit qu'il écrit peu, écrit.

Et aussi : faut-il devenir mûre pour devenir soie, ou l'inverse ?

Et puis aussi : l'important, aux jeux de l'égo, c'est de désassembler pour mieux recommencer.

E puis j'arrête : visiblement, tu n'es pas le seul à ressentir de la fatigue...

bises du ravi

Écrit par : manu | 17 mai 2009

-> Doréus -> Dame nature est intraitable, elle agit aussi sur les cœurs et sur les âmes, à ce qu'il semble ;
-> Feekabossée -> Tu peux parler, toi, avec la peur que tu nous a faite, tout un mois, plus même, sans qu'on sache où et comment tu allais nous revenir. Autrement, pour moi, il est difficile de dissocier le plaisir et le partage. Je crois que je n'ai pas de plaisir à vivre des choses intenses seul, je crois même que je n'ai pas de désir qui me soit propre, et c'est d'ailleurs une partie de mon problème... Alors écrire pour le plaisir, rien que pour le plaisir, certes, mais à condition qu'il y ait du par-tage. C'est pour cela que le blog m'est cher, au fond. ;
-> Cécile 6 ans de blog -> Wouah ! bravo la perf ! Ça me fait drôle de m'entendre traité de p'tit jeune de la blogosphère, j'ai l'impression d'être déjà un vieux de la vieille, d'avoir usé la chose jusqu'à la corde tellement je m'en sers. Pour le reste, la courbe, je m'en fous un peu, je crois, en tout cas je digère. C'est peut-être d'avantage l'interaction que je recherche, ou même plus précisément l'effet miroir. Merci d'en être aussi régulièrement ;
-> cultu avec le p'tit c -> merci pour le remontant... moi, mon premier été, je l'ai traversé en aveugle, le chagrin venait de me faucher, et j'étais à ce moment là totalement indifférent à toi, aux autres, à tous les lecteurs. Pourtant j'écrivais je crois des choses à la fois tristes et belles, et ce sont des compagnons - ou plus précisément des compagnones - de tristesse qui me tenaient alors la tête hors de l'eau. J'espère traverser ce second été qui approche plus réceptif à la vacuité des heures langoureuses. Merci de ta fidélité ;
-> Bougrenette -> Bon, le coup du "les autres en parlent mieux que moi", c'est un peu facile...!!! Disons que tu as des circonstances atténuantes. Toi aussi tu es magnifique ;
-> patrick antoine -> Pfff ! cinq ans bientôt ! En fait, c'est vrai que je suis un petit jeune, alors... Bravo pour ta ténacité, ton blog est toujours agréable à visiter, et j'y apprends souvent des choses. Au fait, tu tiens bon sur la natation ?
-> mume -> époque morose, oui. Je crois que ça pèse vraiment sur une certaine façon d'écrire. Vivement qu'on retrouve les chemins de l'utopie ;
-> deef -> Je ne me force pas vraiment, je force les choses, et le temps, pour réussir à écrire dans un emploi du temps chargé, où les sollicitations rivales ne manquent pas, mais je ne me force vraiment pas, j'ai au contraire chaque fois l'impression de répondre à un besoin. Le blog me soulage, c'est ça. Va pour le cageot de feuille de mûres ! Ça fera un petit souvenir du sud ;
-> au monsieur supprimé par l'administrateur du blog -> Si les eaux sont parfois basses, par ici, elles ne sont jamais vaseuses ni nauséabondes. Je vous laisse à vos effluents putrides ;
-> Boby -> Ouais... Je ne sais pas comment tu trouves l'énergie de continuer sans l'interactivité... Disons que c'est une autre démarche, moi j'y perdrais à coup sûr le plaisir de l'écriture. Je prends note pour les mûres (mais celles du platane sont-elles vraiment comestibles ?)
-> manu -> "désassembler pour mieux recommencer", c'est un peu ce que je me suis engagé à faire, mais plus derrière une porte fermée, face à un monsieur qui m'écoute, qu'ici où je m'efforce surtout de créer de nouvelle pièces au puzzle. Dis, Manu, c'est égoïste de jouer au jeu de l'égo ?

Écrit par : Oh!91 | 17 mai 2009

>O!91. Mon dos refait des siennes, je suis arrêté pour deux semaines, maudite hernie. Mais je suis accro, et il me tarde de retourner nager...

Écrit par : patrick antoine | 17 mai 2009

Comme toute chose, il y a des moments d'envie, d'autres de calme...faut il se forcer ? je ne pense pas... en revanche parfois je me force à laisser ma trace chez des amis (pas ici, c'est si naturel...)... en tout cas, comme a écrit féekabossée, quel beau petit cul !!!

Écrit par : Francis | 18 mai 2009

J'ai honte de m'insérer dans ces commentaires de blogueurs expérimentés.
Je ne sais pas s'il est normal que l'excitation retombe au bout de 6 mois, 18 mois ou 6 ans (Docteur suis je normal?) ou si la blogosphère souffre de cette chape de plomb dont certains commentateurs parlent.
Je sais que j'ai du plaisir à te lire, moins à commenter car ton travail d'introspection en cours n'a pas besoin de mes scories ou de mes fantasmes.
Alors continue s'il te plait et ne mesure pas ton apport aux nombres de commentaires mais à l'émotion dégagée et là tu fais exploser mes compteurs...
Je t'embrasse.

Écrit par : JG | 18 mai 2009

Les mûres du mûrier-platane commestibles ou non ?
Demande à mes locataires ! Ils s'empiffrent avec entrain !!
Sérieux. Elles sont délicieuses.
Bises.

Écrit par : Boby | 19 mai 2009

-> patrick antoine -> fais vite. J'ai hâte de me confronter à toi dans un bassin pour une nage amicale ;
-> Francis -> Merci pour le naturel. Le petit cul n'est hélas pas le mien, et c'est bien dommage d'ailleurs, car je l'aurais bien troqué. Encore qu'il est des culs qu'il vaut mieux avoir sous le nez qu'au derrière. Pfff ! Excuse ses considérations oiseuses, c'est la fatigue..
-> JG -> N'aie pas de honte : le repli de la blogosphère sur elle-même, ça fait partie des risques que je guette, que je redoute. C'est la présence désintéressée qui compte le plus, et celle des non-blogueurs est sans doute la plus pure qui soit. Mais commenter, influencer le blogueur, l'inspirer, lui sortir la tête de l'eau, épancher sa soif, le rassurer, l'aimer simplement - enfin, simplement... - n'est-ce pas déjà un peu bloguer, au fond ?
-> Boby -> Quand je pense que j'ai vécu 15 ans sous un mûrier platane, et que j'ai toujours pensé que ses fruits étaient toxiques...!

Écrit par : Oh!91 | 19 mai 2009

Certes, il y a l'approche des beaux jours... les interruptions de connexion (!)... la vie qui va trop vite... les journées qui sont trop courtes... et ces quelques minutes où je viens te lire (moment choisi parce qu'on ne te lit pas sur un coin de table mais plutôt dans un fauteuil avec du temps devant soi...) et où je prends le temps de déposer ce commentaire (juste pour te signifier mon passage)...
bonne soirée m'sieur!

Écrit par : Rouge | 19 mai 2009

Le blog est un organe vital ?
P'tain... j'vais mourir alors...

Écrit par : bénédicte | 21 mai 2009

-> Rouge -> Merci, m'dame, de me compter dans ta petite collection - tes mots font chaud au coeur ;
-> bénédicte -> le blog, il occupe surtout pas la même fonction à toutes les étapes de sa vie, n'est-ce pas. Nous sommes tous nés sans, on a vécu des enfances et des adolescences sans. Et même nos premières années d'adulte. Sans doute le blog ne nous conduira-t-il même pas jusqu'à l'âge de la retraite... Bref, je ne sais pas si c'est un organe vital, c'est en tout cas une parenthèse, plus ou moins longue, dont on ne peut nier qu'il ait des fonctions... vitales ? Pourquoi pas, après tout.

Écrit par : Oh!91 | 22 mai 2009

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