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10 mai 2009

un accordéon dans la philharmonie

Seiji-Ozawa-conducts-the-Bo.jpg

Seiji, imagine-toi. Seiji Ozawa. Pour la création mondiale de l'intégrale du "Temps l'Horloge", de Henri Dutilleux au Théâtre des Champs-Elysées. C'était jeudi soir.

Avec mon ami d'amour - celui qui vit toujours tant dans mon cœur et dans ce blog, au gré de mes joies et de mes peines, celui qui me fait osciller de l'ombre à la lumière, celui qui s'est ouvert à la France par sa musique contemporaine, par Dutilleux, justement - avec l'amour de ma vie, donc, qui s'échappe sans cesse d'entre mes doigts mais toujours trouve les moyens de revenir m'envelopper, nous n'avions pu avoir de place. Mais in extemis, il avait dégoté des billets pour une avant-première de gala au profit d'Amnesty international, la veille. Avec le même programme et la même affiche. Juste un peu plus de paillettes et un peu moins de mélomanes dans la salle.

Il est vrai que mercredi, l'atmosphère était bizarre sur le trottoir du Théâtre des Champs-Elysées : une rangée de paparazzi sur le devant du tapis rouge qui conduisait à l'entrée, des dames en robe de soirée qui prenaient la pose : "encore une, Alexandra, pour Voici, encore une !", "Eve, Eve, pour VSD s'il-vous-plait !" Curieux spectacle que ce crépitement de flash pour des présentatrices de télé ou des princesses - mon ami d'amour récupèrera d'ailleurs en fin de soirée, abandonnés sur un fauteuil, le programme et le carton d'invitation au nom de "la Princesse Nesrine Toussoun d'Egypte" - alors que ni Stéphane Hessel, ni même Henri Dutilleux, le vrai roi de la soirée, ne furent reconnus ou photographiés par ces charlots... Carole Bouquet toutefois, présidente de ces 15èmes Musique contre l'oubli, illumina le tapi dans sa robe de tulle fleurie et son tout petit sac à main qui lui caresait l'aisselle.

Le spectacle était, lui, à la hauteur de l'affiche. J'étais ému de voir Seiji Ozawa à la baguette, ses longs cheveux poivre et sel couvrant sa nuque, son profil raffiné, et des mouvements amples et gracieux qui n'appartiennent qu'à lui. Le Monde en parle comme d'une coqueluche parisienne, mais c'était ma première et je n'ai pas boudé mon plaisir.

La première partie fut constituée de Ravel : Ma mère l'Oye dans sa version ballet symphonique, composée d'après les contes de Perrault. On est encore à une charnière avec la musique contemporaine, la mélodie est souvent atonique, mais elle est là, il y a un thème, un rythme, et des jaillissement impressionnistes.

Depuis notre troisième balcon, la vue sur l'orchestre est splendide, on distingue chaque instrument, la harpe, juste, est un peu cachée sur la gauche, mais son grain est tellement reconnaissable. J'apprécie l'acoustique, plus transparente qu'à l'Opéra Bastille.

anniversaire_dutilleux.jpgAvec Henri Dutilleux, on ne cherche plus vraiment la trame, on est dans l'affranchissement des codes, il reste des répétitions constamment transgressées, des balancements saccadés, des basculements du haut vers le bas et réciproquement, de brusques changements de rythmes, des interruptions impromptues... Et même un accordéon au milieu de l'orchestre. On n'est plus dans l'esthétique, mais dans le sens. La poésie n'est plus inspiratrice, mais point de départ, source d'eau libre. Et pour être honnête, c'est surtout la voix de Renée fleming, au chant, qui m'a aidé à rester en éveil jusqu'au bout - bien que je n'en compris jamais le texte pourtant français. Et la curiosité pour ce compositeur qui m'était obscur mais qui fait tant référence. Et l'amour, cela va sans dire...

Après l'entracte, quelques jus de fruit gracieusement offerts - gala oblige - et une partie de cache-cache avec mon compagnon de soirée, la deuxième partie fut un retour à des choses plus mélodiques quoique de moi méconnues : Roméo et Juliette d'Hector Berlioz.

Sur le chemin du retour, mon ami était partagé entre l'excitation de cette rencontre, et la déception de l'avoir davantage partagée avec des mondains qu'avec d'authentiques amateurs. Je crois qu'il était content de m'avoir permis cette découverte. En tout cas moi je l'étais. Autant pour Ozwa que pour lui.

Et c'est ainsi que mon amitié amoureuse s'est remise sur une légère pente ascendante. Le carton de la Princesse est entre de bonnes mains.

Commentaires

pas eu de places... je suis jaloux :)

Écrit par : zvezdo | 10 mai 2009

Très heureuse pour vous, même s'il y avait des paillettes !
Pour Nathalie Dessay, elle nous réjouira à l'Opéra Bastille cet automne, notamment La Bohème.

Écrit par : Fauvette | 11 mai 2009

-> zvezdo -> quelque chose me dit que tu es plus jaloux pour la musique que pour les paillettes. Je me trompe ?
-> Fauvette -> Ah ! J'aimerais bien, tiens, partager un moment pareil avec toi...

Écrit par : Oh!91 | 11 mai 2009

Bizarre... j'ai du mal à t'imaginer dans une soirée de gala.... mais une soirée avec Ozawa... quel rêve !!!

Écrit par : Francis | 12 mai 2009

-> Francis -> Sauf que nous n'y étions pas pour le gala, mais bien pour la musique, et c'était vraiment un rêve...

Écrit par : Oh!91 | 14 mai 2009

Les commentaires sont fermés.