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12 avril 2009

chantier arrêté

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Je suis avec mon ami d'amour dans l'état où je m'étais mis avec Menem il y a vingt cinq ans. Une sorte d'effacement, de soumission, d'incapacité créatrice, je suis canibalisé de la même manière, avec comme seul horizon destructeur de me rapprocher et de me rapprocher encore de lui, de ne rien perdre de ce qu'il peut me donner mais sans espoir de toucher un jour une quelconque destination. Menem est devenu pourtant un ami d'éternité. Voilà plus de quinze ans que je ne cherche plus à l'atteindre. Il est désormais de la famille, et ses trois fillettes sont mes autres nièces. Il a fallu que j'aille loin, jusqu'à faire de sa langue mes études de fac, de ses chansons ma culture, de son pays ma mire, et alors il a cessé d'être un astre violent dans mes entrailles.

9023f.jpgPeu de temps après qu'il soit monté à Paris, il a habité à Arcueil, dans la grande barre de la Vache noire (ci-contre). Il y est resté vingt ans. Il en a eu des copines, des fiancées, des femmes. Je pense lui avoir connu toutes ses vies.

Sa famille a été relogée l'année dernière, et la Vache noire est en cours de démolition (photo du haut). Il n'en reste presque plus rien. Seule l'extrêmité Est de la barre est encore debout, sans doute le temps de la trêve pascale. Au onzième étage, sous la parabole, on y distingue ce qui fut son appartement.

C'était étrange hier, cette vision de dévastation, avec juste, comme porté en Mausolée, ce vestige de vingt ans de vie, à qui les maçons avaient accordé un délais de grâce. Mon coeur est à peu près dans cet état. Jonché de gravats, mais porté à bout de bras, il cherche dans cet ephémère sursis son mausolée.

Commentaires

Je pense a toi ...

Écrit par : manue | 13 avril 2009

J'ai envie de commenter, et en même temps c'est difficile de dire quelque chose, tes textes parlent d'eux-mêmes. Alors je viens ici te dire qu'ils me touchent, simplement.

Écrit par : Dalyna | 13 avril 2009

Le commentaire ci-dessus résume bien des moments où on voudrait dire, te dire, et que.
Et que plus c'est inaccessible, plus notre coeur bat fort. Saloperie d'amour, tout de même.

Écrit par : manu | 14 avril 2009

-> manue -> merci. je sais que tu me comprends loin ;
-> Dalyna -> merci. Je suis un peu désolé de vous embourber ainsi dans les tréfonds vasouillards de mon cœur, je préfèrerais écrire des choses plus joyeuses, me poser fier devant tous, mais c'est vrai qu'il y faut une flamme intérieur, et des fois, la flamme, elle en mène pas bien large... enfin. Merci d'être là, et de me donner ce petit signe, il est réconfortant.
-> manu -> Je voudrais bien tenir l'enfant de salaud qui l'a inventé, d'ailleurs, ce satané amour !...

Écrit par : Oh!91 | 14 avril 2009

Me sentir impuissante face à ton chagrin, c'est tellement personnel l'amour et les tristesses qui vont parfois avec, malheureusement ou heureusement je ne sais plus vraiment, cela semble tellement logique de croire qu'il ne peut pas être heureux. Même ceux qui l'ont trouvé lui donne une touche désespérée, désespérante :-) je t'embrasse fort.

Écrit par : Bougrenette | 14 avril 2009

Je passe parfois au carrefour de la Vache noire, encore en travaux...D'Arcueil à Accueil, juste une histoire d'R...à respirer, un moment à franchir comme le pont d'Arcole... pont sous lequel l'eau coule, saine, calme ou vaseuse, tumultueuse....l'eau du temps qui passe....que rien n'efface....même les constructions neuves à la place....

Écrit par : Francis | 15 avril 2009

-> Bougrenette -> Et pourtant, je l'ai tellement cru possible, l'amour. Et cet amour-là. Je l'ai vu tellement éternel, tellement réciproque, tellement riche et plein !... C'est à désespérer de l'espoir. Je t'embrasse aussi ;
-> Francis -> "...que rien n'efface....même les constructions neuves à la place...". Si vrai. Et pourtant trouver de l'air, quelque part. Il doit bien y en avoir...

Écrit par : Oh!91 | 15 avril 2009

Courage mon garçon... Tu connais le truc un coup de pied dans le fond de la piscine, on remonte, tout doux, tout doux...

Je t'embrasse.

Écrit par : Fauvette | 15 avril 2009

Bonjour!

je n'étais pas passée depuis plusieurs jours et je te trouve en petite forme :-(

Fauvette a raison, un bon coup de pied au fond de la piscine, et hop, on remonte;

j'espère que tu vas déjà mieux.

baci

Écrit par : céleste | 17 avril 2009

-> céleste -> Je ne sais pas si je vais mieux, je ne crois pas, non, enfin, il y a des hauts et des bas, de belles choses auxquelles on s'accroche pour essayer d'oublier les moins belles, mais qui te rattrapent quand-même, enfin, je gère, quoi !...

Écrit par : Oh!91 | 18 avril 2009

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