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26 mars 2009

le cobaye (10) "meetic-mé-ki-marche"

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Donc puisque tu me l'as demandé, je poursuis la publication des entretiens consacrés à l'introspection bloguesque. Je commence à ressentir des difficultés à répondre sans avoir le sentiment de me répéter. Tes commentaires, par contre, sont rentrés dans le champ de l'étude : voici ce que m'en dit notre socilogue dans son dernier mail : "Encore une fois, merci pour vos réponses précédentes Oh!91. Et même pour votre réactivité…ainsi que celle de vos lecteurs dont j’ai en effet lu les  commentaires. Notre entretien avance à vitesse grand V."

9ème partie :

Le Prof : Je vous cite : « Mais en l'occurrence, en créant un blog anonyme pour lequel je n'entrevoyais pas - du moins à l'origine - qu'il m'ouvrât des portes dans la vie  sociale, je ne peux pas dire que j'y voyais un moyen de reconnaissance sociale ». Alors, ce rapport avec les lecteurs, au centre de l’activité de blogueurs :
-    Pour vous Oh!91, qu’est-ce qu’un rapport avec les internautes réussi ?
-    Qu’est-ce qui est modifié dans les relations avec les internautes au fil du blog?


Oh!91 : Un rapport réussi, c'est un rapport qui s'établit. Parvenir à "en faire quelque chose", c'est une autre histoire, parce qu'il y faut de l'envie, un peu de disponibilité, et de la réciprocité. Peut-être aussi  faut il en accepter la fulgurance.

Dans ce domaine, le terme de réussite a plusieurs résonances. Il y a réussite, quand au bout d'un rapport inter-bloguesque, une amitié se construit. Un blogueur - aujourd'hui un grand ami - s'amusait au début de nos échanges à me dire : "un blog, c'est Meetic-mé-ki-marche". Une amitié est donc certainement une preuve de "réussite". Mais il n'y a pas que ça. Tout  en demeurant dans la sphère virtuelle, des tensions de même ordre peuvent se créer, presque amoureuses. J'enlève le presque. Parfois elles durent, se transforment, parfois non. A la faveur d'une note, une projection peut s'opérer. La découverte de points communs, de convergences d'intérêt, que l'on a envie de prolonger.

Et puis des choses se passent aussi sans intrusion dans la sphère amicale. Parce qu'il y a un débat sur un sujet qui vous intéresse, et qui va
vous animer durant plusieurs jours. C'est aussi une réussite.

Mais si je devais dire les choses avec une totale sincérité, la réussite se mesure surtout à l'aune du narcissisme qui vous anime : donc aux indices de l'intérêt que vous suscitez : les fréquences de visite, l'abondance des commentaires, leur régularité, les marques d'approbation, voire d'admiration. Je ne crois pas que quiconque soit libéré de ça, c'est même le moteur, comme j'avais eu l'occasion de vous l'écrire précédemment.

Au fil du blog, qu'est-ce qui s'est transformé dans mes relations avec les internautes ? Probablement y a-t-il moins de passion qu'au tout début. Dans les premiers mois, quand  un lecteur venait à passer, et à me laisser un commentaire flatteur, je mettais beaucoup de cœur à entretenir cette relation naissante, j'y plaçais d'emblée beaucoup d'affect, pour peu qu'il ou elle fut lui-même blogueur, je m'investissais assez intensément dans le suivi de son propre travail... Et puis avec le temps, avec la répétition des schémas, un peu de lassitude ou de routine s'est installée, et je crois me situer aujourd'hui davantage dans le fond des sujets abordés et moins dans la forme de l'image que je construis à travers un échange.

Ce qui se transforme, ce sont aussi les commentateurs. Les plus réguliers d'aujourd'hui ne sont pas les plus réguliers d'hier. En dehors de ma "marraine", qui ne m'a jamais lâchée depuis le premier jour. Et je vis cela sans drame étant moi-même un peu papillon dans l'exercice.

Le Prof : je vous cite : "Je ne suis pas du tout dans une logique de confrontation. J'y ai été conduit à mon corps défendant, deux fois je crois, parce que j'ai été confronté à des attaques, bêtes et réactionnaires. Puis finalement j'ai préféré l'ignorance toute simple."
-    Y a-t-il des réactions que vous ne publiez pas ? pourquoi
-    Si oui, Pouvez-vous me donner un exemple ?

Oh!91 : Chez moi, les commentaires ne sont pas modérés. Ils sont donc tous publiés. Il m'en arrive d'en effacer, mais lorsqu'il s'agit de spam, pas en raison de leur contenu. Cela dit, cela ne s'est pas présenté, mais il y a des propos que je ne tolèrerais pas au delà d'une certaine barrière républicaine, touchant au racisme, notamment.

(la suite)

Commentaires

Moi j'aime bien cette analyse des blogs. Elle m'éclaire sur pas mal de sensations perçues il y a quelque temps (dans mon propre espace). Cette forme de lassitude, qui va et vient au gré des nouvelles rencontres ou du retour d'anciennes, qui font vraiment plaisir.
On a quand même tous le même gros besoin d'être aimé.
Tu sais, moi parfois, je suis ravie de voir que certains billets sont peu fréquentés, parce que je les avais écrit en catimini, comme au tout début du blog, quand je pensais écrire pour mes amies parties trop loin, et puis d'autres fois, je suis bluffée par la teneur si douce de certains commentaires d'inconnus.
Ca fait vraiment, mais vraiment du bien au fond, tout au fond.
Il m'arrive même de rougir seule derrière cet écran en prenant le compliment, sans savoir qu'en faire ...
Elle est vraiment intéressante cette analyse de la blogatittude et peut être encore plus dans notre univers de quadras ;-)

Écrit par : feekabossee | 26 mars 2009

Oui très intéressante, ça me fait penser au miroir dans un autre genre, trouver ici certaines choses en écho, qui parlent à l'inconscient, ce qu'on devine sans trop savoir quoi en dire. Toi tu fais cet exercice, difficile je le redis, de trouver les mots, d'analyser, froidement, quelque chose qui finalement n'est au départ que spontané, pour voir, le plus souvent, et c'est ce coté spontané qu'on oublie régulièrement.

Écrit par : Bougrenette | 26 mars 2009

Il y a effectivement dans cette étude quelque chose qui nous rejoint tous. Tu arrives à mettre des mots sur une réalité que nous partageons mutatis mutandis d'un bout à l'autre de la blogosphère. J'appuie ce que tu dis de la dynamique propre aux commentaires et aux échanges virtuels et réels qui s'y passent.

Écrit par : Doréus | 27 mars 2009

"Un rapport réussi, c'est un rapport qui s'établit."
"Peut-être aussi faut il en accepter la fulgurance."

Tout à fait, comme dans la vie, certaines magnifiques rencontres ne durent que le temps d'un regard.

Et pourtant, on ne les oublie jamais.

"La découverte de points communs, de convergences d'intérêt, que l'on a envie de prolonger."

avec certain(e)s blogueuses ou blogueurs, dont toi :-), je sens, je sais une communauté de pensée, une même sensibilité sur des sujets essentiels, c'est précieux.

Je sais que tu es là et que nous sommes d'accord.

Parfois je viens souvent te rendre visite, parfois non, peu importe, le lien existe même s'il est virtuel.
Un lien qui n'attache pas, qui ne retient pas, qui relie tout simplement.

Et c'est bon de se sentir relié à d'autres, qu'on ne connait pas mais avec qui on sait partager quelque chose d'humain.

Comme pour toi, mes relations avec les internautes se sont modifiées avec le temps.

et puis les relations évoluent, changent, c'est bien.

en 3 ans beaucoup de visiteuses et visiteurs de mon blog ont changé et moi je découvre toujours de nouveaux espaces, je fais toujours des rencontres virtuelles dont certaines on donné lieu à des rencontres réelles.

papillon, c'est ça!

dans la vie non virtuelle, c'est plus difficile de papillonner!
(pour moi)


Par contre, au sujet de la dernière question, j'ai dû bloquer des IP, pour insultes et surtout propos racistes répétés.

ça m'a vraiment contrariée mais les personnes en questions déversaient des flots ininterrompus de haine.

Une fois les IP bloqués elles ont continué par mail, je n'ai jamais répondu et ça s'est calmé.

mais c'est très agaçant, je pense même que ça peut complètement déstabiliser quelqu'un qui doute car le but évident était de me réduire au silence.

ça a pas marché :-)


baci baci bel uomo!

Écrit par : céleste | 27 mars 2009

-> feekabossee -> "On a quand même tous le même gros besoin d'être aimé" : le tout c'est d'admettre que c'est en grande partie à cette question-là qu'on répond en bloguant. Mais y a-t-il dans les autres pratiques sociales d'autres ressorts, au fond ? En bloguant du moins, on stimule plein de choses en soi, on se met à l'épreuve, parfois aussi en danger parce qu'on s'expose, on aiguise des talents sans doute. On se nourrit, en tout cas ;
-> Bougrenette -> C'est vrai que cet "interrogatoire" c'est un peu l'introspection de l'introspection. Je ne sais pas s'il y a une limite à ce "toujours plus dedans". Manu Causse a une expression qu'il a employée sur son blog : faire du vélo autour de son nombril. Y'a un peu de ça, je l'assume, je veux juste faire attention à ne pas tomber dedans. Le nombril...
-> Doréus -> "mutatis mutandis", j'aime bien cette expression ;
-> céleste -> Tu es trop forte pour que ça ait pu marcher, mais certains échanges peuvent être déstabilisant, c'est vrai. J'en ai connu aussi, dans des registres différents. C'est forcément lié à cette mise en danger : ça ne peut pas toujours être un long fleuve tranquille. Merci de tout ce que tu dis. Tu sais que je peux t'en dire mot pour mot la même chose. Et j'ai hâte que l'on puisse se rencontrer.

Écrit par : Oh!91 | 28 mars 2009

Juste pour ajouter que j'aime beaucoup l'illustration.
C'est de qui ?
merci
beau bon week-end
:-)

Écrit par : cultu | 28 mars 2009

Le tout est d'admettre et d'assumer, avec simplicité, qu'on aime ça, les commentaires, en tant que blogueur...
Et c'est vrai aussi que tenir un blogue peut mener à faire, dans la vie réelle, de belles rencontres — je confirme.
Quand j'ai commencé, je n'aurais jamais imaginé ça, moi non plus, comme feekabossee : je postais essentiellement pour mes amis, pour partager, à l'origine, des photos de vacances. Et puis, en trois ans, beaucoup de choses ont changé, et c'est tout aussi bien ;))

Écrit par : deef | 28 mars 2009

-> cultu -> C'est volé sur le net, c'est pas bien, je sais, je n'ai même pas pris la peine de rechercher qui c'était...
-> deef -> Je n'imaginais rien de ce qui se passe. Peut-être dans cette réponse à mon introspecteur, je semble me complaire dans une dimension quantitative. Et puis ma réponse tourne autour de la notion de réussite : il se trouve que c'était la question. Un billet de Boby, ce matin, qui grince des dents à la lecture de ce texte, me le reproche - à juste titre ? Peu importe. Dans ce titre : "meetic-mé-ki-marche" - j'essayais d'exprimer aussi quelque chose qui relève du qualitatif, la réussite n'est pas dans le nombre, et nous ne recherchons pas tous exactement la même chose : mais qui pourrait dire qu'il n'y a pas une forte composante narcissique, dans cet exercice harassant et exaltant qu'est la tenue d'un blog ?

Écrit par : Oh!91 | 30 mars 2009

Ta réponse au Prof était pertinente, très juste.
C'est ce que je voulais te dire : évidemment, que c'est une forme de narcissisme. Dont aucun blogueur intellectuellement honnête ne peut prétendre qu'il s'est libéré.
Moi je n'en suis pas libéré, j'y suis complètement accro, à cet aspect des choses. Que j'assume totalement et que je ne trouve absolument pas répréhensible.

Écrit par : deef | 30 mars 2009

-> deef -> D'accord avec toi : cet espace nous permet d'assumer notre part de narcissisme, et quiconque dit autre chose ment. Ce qui ne veut pas dire que l'on y recherche tous la même chose...

Écrit par : Oh!91 | 01 avril 2009

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