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20 février 2009

l'horizontale plénitude du vivant...

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"Alors voici notre vision :
Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant....
"

Dans un texte qu'ils ont titré Manifeste pour les "produits" de haute nécessité, neuf intellectuels antillais (*) viennent de produire une contribution majeure à la pensée de l'émancipation humaine, un regard intellectuel et politique parmi les plus novateurs de ces derniers temps, inspiré et nourri des luttes en cours, un retournement des valeurs qui nous projette intelligemment dans l'après-société-de-la-marchandisation.

Soucieux d'une issue durable à la crise actuelle dans les DOM, c'est toute la vision d'une autre construction du monde, intrinsèquement portée par le mouvement actuel, qu'ils expriment. Les propositions de Nicolas Sarkozy, ses petites concessions sous l'effet de la trouille, semblent si dérisoires, si rkiki à côté de ce que suscite cette prose.

Il faut le lire car c'est un souffle. Si l'utopie a un pouvoir, c'est dans ce texte qu'il se trouve, et les extraits que j'en cite ci-dessous n'en reflètent rien de la fécondité. Le poétique y dépasse le prosaïque, on y revendique "une nourriture de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime".

(...) "L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme" (...)

(...) "Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du "Marché", mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....
"

_________________________

(*) Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard De Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar et Jean-Claude William.

Commentaires

Je l'avais reçu au boulot, et franchement j'ai été bouleversée.
Et l'injustice qu'on ressent encore une fois me fait frémir.
C'est bien que tu publies un morceau de ce manifeste si poétique. et si réaliste. Bel exercice littéraire aussi, qui devrait servir de réflexion au monde entier. Un beau cours de philo en tout cas ...
et ça "Si l'utopie a un pouvoir, c'est dans ce texte qu'il se trouve" c'est vachement beau.
Bisous.

Écrit par : feekabossee | 21 février 2009

-> feekabossee -> ...et Dieu sait que notre monde a besoin de philosophie, si l'on veut redonner un peu de sens à nos existences. Je savais qu'un texte pareil t'aurait touchée et concernée. Bises à toi.

Écrit par : Oh!91 | 21 février 2009

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