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16 février 2009

le cobaye (1) l'approche

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J'aurais pu être chercheur. Tu imagines ? Un Mister Tournesol, spécialisé dans l'Histoire des sciences chez les Arabes. J'aurais étudié des livres, des revues, j'aurais examiné avec une loupe les biographies des uns, des autres, j'aurais identifié au microscope des courants de pensée, je les aurais étiquetés, confrontés, étalonnés, disséqués, étuvés, j'aurais produit des grilles, des outils d'analyse pour comprendre un petit bout du mouvement du monde... donc le monde.

Mais bon, j'expliquais là que, en l'absence d'allocation, je renonçais à ce projet pour m'engager dans une vie plus ordinaire, plus extraordinaire, et que si je n'ai aucun regret quant à mon parcours, je gardais pour le monde de la recherche un mélange d'affection et d'admiration.

Mercredi dernier, alors que je me trouvais à l'Institut de géographie, pour y rencontrer les auteurs d'un ouvrage instructif sur l'eau, il y avait,  scotché sur l'ascenseur,  un appel à une "réunion d'information sur les conséquences de la grève" pour le 20 février - nous étions donc le 11 - avec cette précision : "en cas de fin de grève d'ici-là, il va de soi que la réunion sera automatiquement annulée". En fait, c'est là que j'ai compris que le mouvement actuel des enseignants chercheurs n'était pas anecdotique, mais était un mouvement profond, qui s'organisait pour durer. Le gouvernement aura fort à faire, à mon avis, avec cette histoire... Il faut dire que notre président, comme à son habitude, était allé les titiller avec le tact qu'on lui connaît :

J'ai avec quelques chercheurs des échanges réguliers. Eux comme experts, moi comme organisateur d'événements. Ou alors avec certains de mes anciens co-étudiants en arabe.

Mais voilà que l'un d'eux m'a écrit l'autre jour, depuis une université du centre de la France, pour me proposer d'être l'objet de sa recherche. Fichtre. Moi, cobaye ! Oh, pas tout seul. Ce monsieur, sociologue, a entrepris un travail sur les blogs. Il me sollicitait pour, comment disait-il ?, évoquer "les thèmes les plus fréquemment abordés par les internautes/lecteurs, l’intérêt que (j'apporte) à ces interactions mais aussi le type de réaction qui (m')agace, la façon dont les échanges ont évolué entre (moi) et les (certains ?) internautes/lecteurs, si (je tiens) compte ou non de ces remarques dans l’évolution de (mon) blog, et si oui de quelles façons, si ces réactions (m')aident dans (mon) écriture, voire dans (ma) réflexion sur (moi)-même, etc."

Eh bien figure-toi que j'ai accepté son offre, et que nous sommes, depuis trois semaines, dans des échanges qui me conduisent à un retour critique sur le blog, mes motivations, ses incidences sur ma vie... et sur mes relations avec toi.

Avec son autorisation, je m'apprête donc à reproduire, dans les prochains jours, de larges extraits de nos échanges. Et tu n'as rien à craindre, car tu m'as déjà vu les entrailles à l'air. Et que peut-être tu t'y reconnaitras.

(la suite)

00:05 Publié dans le cobaye | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : blog, recherche

Commentaires

Ah mais nan je t'assure, je ne t'ai pas vu les entrailles à l'air. :)

Écrit par : Matoo | 16 février 2009

Je suis curieuse de lire ça, mais tu le sais ;-) et t'es gentil tu gardes tes entrailles pour toi, non mais des fois.

Écrit par : Bougrenette | 16 février 2009

Vu du point de vue d'un chercheur universitaire (c'est de moi dont je parle), cette analyse sociologique est d'un intérêt certain.

Quant à l'intérêt pour l'histoire des sciences... eh bé, là, on tombe plutôt dans mes cordes. Ma spécialité est l'histoire de la médecine, mais bon... les racines arabes sont les mêmes.

Bonne étude (dont il semblerait que je fasse partie indirectement)!

Écrit par : Doréus | 16 février 2009

-> Matoo -> Je t'assure que si !
-> Bougrenette -> Ben, les entrailles, bon, t'as compris, je veux dire l'intérieur de moi, quoi. Toi aussi t'en connais à peu près tout ;
-> Doréus -> Mister Professeur, respect ! Historien de la médecine, avec ça... Merde, faut que je fasse gaffe à ce que j'écris, alors.

Écrit par : Oh!91 | 16 février 2009

Surtout pas! Quand je suis sur (ou dans?) la blogosphère, je m'amuse. Alors, sens-toi libre d'écrire ce que tu veux!

Écrit par : Doréus | 16 février 2009

Mirde alors ! Faut qu'on fasse gaffe à ce qu'on dit maintenant ? Faut qu'on te vouvoie peut être ? Mais alors, si je te vouvoute, tu le tututes ?
Faut plus qu'on parle de zizi à l'air, tout ça ?
Punaise, chais pas si ça va être possible ça.

Écrit par : feekabossee | 16 février 2009

-> Doréus -> De toute façon, je ne triche pas, ce que je m'apprête à publier, c'est déjà écrit, envoyé, et dans la machine à analyse du Professeur... Tu vois, je me sens libre ;
-> feekabossee -> si si, de tout. Finalement, si on change quelque chose, l'analyse sera fausse Faut pas que l'observation change l'observé, sinon c'est la science qui sera dans le pétrin .

Écrit par : Oh!91 | 17 février 2009

Les commentaires sont fermés.