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11 février 2009

la rumba du médiateur

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C'est la nouvelle méthode de gouvernement. Comme elle plaît au Prince, elle est mise à toutes les sauces. Et du coup est déjà usée avant d'avoir servi : nommer des médiateurs.

Naïvement, j'attribuais à la notion de médiation divers attributs, comme l'arbitrage ou la conciliation. La fonction me supposait appeler une certaine neutralité, une implication dans le dossier mais sans parti pris - une règle de base, pensè-je. La nommination même du médiateur me paraissait relever d'une sorte d'autorité morale incontestable - une cour de justice, au pire le Parlement - voire résulter d'un consensus entre les deux parties en conflit.

Eh bien non ! Valérie Pécresse peine à convaincre les chercheurs et les milieux universitaires de l'inocuité de son décret. No problemo, on va lui désigner un "médiateur", choisi par le seul gouvernement - laissant penser que la ministre serait ainsi gentilement déjugée par le Premier ministre ou par le Président - mais dont le mandat se limite à la conduite d'une "concertation" autour d'une charte d'interprétation du décret.

Un "médiateur" en somme, choisi par l'une des parties - la partie au pouvoir - sans marge de manoeuvre, au mandat vide mais impératif.

Yves Jégo, lui, après sa retraite conspuée en métropole, se voit flanqué de deux médiateurs pour retourner en Guadeloupe après trois mois de grève générale. Il est vrai que dans les Antilles, il n'y a pas une île, mais deux. Attends que la Guyane s'y mette aussi après la Martinique, il lui en faudra un troisième.

En situation de crise, le recours à un médiateur peut constituer une voie de sortie. Histoire de préparer des concessions sans perdre la face. Il y faut de la parcimonie. Mais à dévoyer un tel recours, pour masquer une incapacité à gérer le conflit, et surtout une détermination à ne rien concéder, c'est prendre un risque plus grand encore : ne préserver aucun pan de crédibilité.

Commentaires

Si la Guyane s'y met, ça va motiver Tonnegrande ?

Écrit par : Nicolas J | 11 février 2009

Un médiateur usurpateur ouais...
Parfois, je me dis que les caisses ne sont pas si vides quand on voit qu'en période de "crise", l'Etat embauche des "médiateurs" à tout va... des jobs fictifs en somme.

Écrit par : Dalyna | 11 février 2009

Oui :) entre les représentants syndicaux et ce gouvernement entièrement dépendant du président et de son cabinet, ça fait un peu médiateur du médiateur cette histoire. Les syndicats devraient nommer un médiateur pour parler avec le médiateur. Ce serait plus simple.

Écrit par : Ouam-Chotte | 11 février 2009

Mais il en restait des pans ?

Écrit par : Olivier Autissier | 11 février 2009

Entre la violence du fleuve et la violence des digues qui l'enserrent, je choisis toujours le fleuve. C'est ma façon de vivre la liberté.

C'est beau, O. Brave eau. Vous avez peut-être lu le désert des tartares ?

Écrit par : Enzo Berg | 11 février 2009

Excellent Ouam-Chotte , mdr !!!

Écrit par : cultu | 11 février 2009

-> Nicolas J -> Le motiver à quoi ? Il se propose pour faire le troisième médiateur ?
-> Dalyna -> Bah ! il paraît que ce sont leurs propres conseillers qu'ils nomment médiateurs, ça doit pas coûter si cher que ça à la nation...
-> Ouam-Chotte -> Merci de ta visite : à une époque, on les appelait les sherpas, les mecs envoyés en éclaireurs pour déblayer le terrain, et permettre ensuite aux grandes personnes de finaliser le travail ;
-> Olivier Autissier -> Pour moi, non, ni pour toi, sans doute, mais je me dis qu'il doit bien y avoir encore quelques inconditionnels ;
-> Enzo Berg -> Bienvenue à vous. Merci pour le compliment. Aviez-vous reconnu que cette phrase est inspirée de Brecht ? Pour m'a part, je n'ai jamais lu Dino Buzzati, mais vous n'êtes pas le premier à me signaler ce roman, majeur semble-t-il. J'en prend note, je suis à l'aise avec les ambiances kafkaïennes, pour de prochaines vacances, peut-être ;
-> cultu -> tu te proposes comme sherpa de qui ?

Écrit par : Oh!91 | 12 février 2009

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