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09 février 2009

blog ! blog ! pas glop ! pas glop !

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Il m'arrive de m'interroger sur l'utilité de ce blog. Sur la nécessité de le poursuivre, sur le plaisir que j'y prends, ou l'esclavage où il me met - le syndrôme du tomagoshi. Et je trouve parfois, au fil de mes déambulations, écho à mes questions. Ça me laisse le temps de gagner du temps, et de trouver matière à rebondir, pour gagner encore du temps. J'ai des choses sur le cœur pourtant, des choses grosses comme ça à te raconter, un objet de désir, clair, vibrant, lumineux. Des sources d'émotion connectées à lui. Des frustrations majuscules, aussi. Mais pour préserver cette source, je m'interdis désormais d'en parler. C'est nouveau. Ce blog, c'était ma vie sans fard. Et le plus important de ma vie n'y a plus droit de citer. Une question bien compréhensible de protection d'une vie privée qui ne m'appartient pas. Alors je remplis, je parle d'inaugurations. D'opéra. De manifestations. Je t'envoie des cartes postales de vacances. Mais la vie est ailleurs. Et je me dis que je dois trouver le moyen de me reconnecter à mon blog.

J'en étais là quand je suis justement tombé sur un commentaire, dont il m'est apparu qu'il aurait fait un excellent billet.

Alors, avec l'autorisation de la Police, et le visa de son auteur, ce qui dans le cas d'espèce revient au même, je le reproduis. Et d'une façon intrusive, me l'adresse au blog - au mien je veux dire - parce qu'il a besoin qu'on le secoue un peu.

_________________________

"Pauvre blog, va.

Je ne te plains même pas, tu peux chialoter sur l’épaule de ton rédacteur, t’es carrément comique quand tu revendiques.
Tu n’es pas grand-chose tout seul, tu sais ça ?
T’es qu’un esclave, faut que t’arrives à imprimer ça dans ton CSS sinon tu vas en chier, j’te le dis.
Autonomie néant.
Un vague miroir au mieux.
La flaque d’eau de ton narcisse pour rester dans la littérature.
Bon, je ne dis pas que tu n’as pas d’utilité puisque je t’ai autopsié. Plusieurs fois, même. T’as senti quelque chose ? Rien. Tu vois, t'es peut-être déjà mort.
Un blog ne peut pas mourir ? Bien sûr que si. Mais faut le tuer.
Pas le laisser pourrir, l’achever.
J’en ai tué... attends je les compte... quatre ou cinq. Au moins. Des blogs que j’avais enfantés pourtant, bah oui. Morts, zigouillés par my-self, ils devenaient chiants, ils avaient leurs petites exigences, ils me faisaient des caprices, j’veux ci, j’veux ça, j'veux toi, ici et maintenant tout de suite, gnagnagna.
L'un après l'autre, je leur ai tiré une balle dans l’en-tête.
Au début, ça m’a fait bizarre.
J’allais les voir, machinalement, et je tombais sur erreur 404.
Tu vois où je veux en venir ?
Ben fais gaffe à toi chouchou, t’es pas à l’abri, ton rédacteur pète un plomb, et il a le profil à ça, et tu deviens une erreur 404 tout pareil.
Et je vais te dire un truc, on s’en remet vachement vite de la mort d’un blog.
Alors sois raisonnable.
Là ça se passe plutôt bien, t’as pas à te plaindre, arrête de râler, t’aurais pu tomber sur pire, regarde autour de toi.
Regarde tes voisins blogs, ces pauvres pages boursoufflées de plaintes et de gémissements, d’ambitions, de prétentions, de tout ce qu’on croit bon à dire même quand on ne sait pas écrire.
Tous ces blogs de la cacophonie internaute qui sont bien plus d’expirations laborieuses que d’inspirations.
Le désastre numérique comme dit si bien celui qui te mène et te malmène.
Parce que c’est quoi un blog ? Une poubelle ? Un crachoir ?
T’aurais pu être le support d’ânonnements bêtifiants, d’opinions pitoyables, de simulacres littéraires, de macro-photos de tournesols, une annexe de dailymotion, que sais-je encore, de la merdasse quoi.
Et là, toi t’aurais peut-être voulu te suicider, faire un gros bug, devenir un point sur l’écran et pfiouuu mourir sans laisser de trace.
Tu n’es pas sa honte si tu préfères, il manie correctement le langage, il fait du beau, il se fait du bien.
Et puis tes plans de clown genre Aaah ! mais c’est quoi ces gens qui me lisent ! T’es pas crédible, t’existes que pour ça, même si y’en a qui s’en défendent. Que pour ça, t’entends ? Sinon, c’est pas compliqué, tu serais un cahier.
Et t’es un blog.
Alors lui pète pas les couilles au blogueur s’il te cause pas pendant dix jours, t’as qu’à te relire en suçant une virgule si tu t’emmerdes.

Les blogs, c’est vraiment des gros cons.
"

Ecrit par : bénédicte, le 6 février 2009, chez La Misamour.

Commentaires

Je viesn chez toi depuis peu mais j'ai très naturellement pris l'habitude de te lire... je pense que ton "lectorat" ne se froissera pas si tu ne fais pas un papier (non froissé) pendant quelques jours !!!

Écrit par : Francis | 09 février 2009

Des sentiments,des colères,des ronchonnages,des joies,des peines,des souvenirs.
C'est bien pour cela qu'un blog voit le jour!
Comment mettre en forme toutes ces émotions chaque jour?
Impossible!
Manger,digérer la vie quotidienne, enfin l'exécrer en jolis paragraphes de blog ce n'est n'est pas si facile!
Bénédicte l'exprime très bien.
L'ENVIE qu'il faut garder, me semble le seul moteur de cette aventure entre le clavier et le Net.

Écrit par : mume | 09 février 2009

Salut Oh!

Merci ! :o)
Mais fais gaffe, y'en a qui n'ont pas aimé.
Faut pas bousculer un blog. C'est très susceptible et ça t'envoie son faiseur de phrases dans les pattes.
Et puis, c'est tellement culturellement incorrect de dire que ce qui est mal écrit est illisible...

Je t'embrasse :o)

Écrit par : bénédicte | 09 février 2009

Oh, bénédicte,

vous êtes vraiment une belle bande de. Ecrire qu'on ne va pas écrire parce qu'on aime écrire, c'est tellement pervers que.
Et puis mettre le blog à distance parce qu'il est trop près, ça aussi c'est particulièrement.
Bon, si tu te retiens pendant un temps, j'irai lire chez Bénédicte. Ou même des livres, tiens.

Ceci dit, c'est un peu comme si le crayon en avait marre du taille-crayon. Ca fait pas du bien tous les jours de se faire peler le bout, mais ça laisse appointé. Du coup quand on éviter, on peut (se) désappointer.

Sinon, tu dessines ?

bises

Écrit par : manu | 09 février 2009

J'espère que Béné et toi ne m'en voudrez pas...

Écrit par : Boby | 09 février 2009

-> Francis -> Trop tard, c'est déjà fait : cinq jours sans billet la semaine dernière... et le pire, c'est que ça ne m'a même pas manqué. La seule fois où je me suis connecté à Internet pour regarder ce qui se passait, je m'en suis mordu les doigts dans la même minute. C'est la première fois que s'immisce une distance, et cette déconnexion m'a troublé. Je n'ai rien froissé. Et j'espère personne ;
-> Mume -> Je crois aussi que l'envie est le plus important. Sans assigner au blog des buts irréels ou fantaisistes, échapper à la pression en s'en tenant au plaisir. Encore que la quête du plaisir, la griserie, ça peut suffire à faire monter la pression ;
-> bénédicte -> Même pas peur ! Tu bouscules, t'étonnes pas de recevoir des retours de bâtons, mais n'aies pas de regret, tous les équilibres ont le besoin d'évoluer ;
-> Manu -> Je suis tout à fait. Encore que. Me faire peler le bout tous les jours, je crois que si. Tu ne m'as jamais laissé désappointé, c'est déjà ça. Dans la famille, à Aucamville comme ailleurs, on dessine, on peint, on expose, on crée. Il n'y a que moi qui. (putain, c'est vachement drôle ta technique qui.)
-> Boby -> On a un point commun : dans un lieu public, quelqu'il soit, dans un sauna par exemple, je ne vois en général que ce qu'il y a de beau. Quand j'entends se plaindre à la sortie sur ceci ou cela, sur untel ou sur un autre, je ne sais pas de quoi on me parle, je ne me souviens que du beau. Le reste m'a glissé dessus. Et j'y retourne là où d'autres n'y retournent pas. Ce n'est pas qu'une question d'exigence.
J'ai repris ce texte de Bénédicte, parce que j'en apprécie le ton, l'impertinence, le rentre dedans, l' outrance, donc la clarté. C'est une clameur qui me bouscule, au moment où j'ai besoin d'être bousculé. Je ne prends pas pour moi les compliments qu'elle adresse à l'auteur du blog auquel elle s'adresse. Et ne reprends pas à mon compte la dénonciation des boursouflures ou de la cacophonie. Mais c'est un appel à relativiser et à rester libre. Et maître. C'est à cet appel que j'adhère.
Mais je vais avoir, bientôt, l'occasion de revenir sur mon blog et ce qu'il m'apporte. Tu comprendras.

Écrit par : Oh!91 | 09 février 2009

Bénédicte, quel coup d'oxygène! Tous ces blogues qui se prennent parfois trop au sérieux... qu'ils en deviennent des pensums (à lire ou à écrire, je suppose).

Oh! Merci de nous avoir partagé ce petit texte fait de beauté dans la forme autant que dans le fond. Et j'avoue que la technique de manu a quelque chose de. J'en reste tout.

Écrit par : Doréus | 10 février 2009

@ Doréus :
Merci à toi aussi d'avoir compris le message à travers le cynisme du ton employé et le décalage. Je m'adressais en fait à un blog qui venait de faire une scène de ménage à son rédacteur, c'était marrant de le mettre en garde. En plus c'est un super blog ^^
Mais voilà, y'en a qui se sont sentis baffés par le propos. J'ai évoqué des "gémissements" et j'ai provoqué les vocalises d'un choeur de pleureuses, j'ai parlé d"ambitions" et me suis retrouvée la star-putasse de mon propre blog, si c'est pas malheureux...
Et puis tu vois, faut surtout pas avoir d'opinion sur ce qu'on lit. C'est péché mortel dans la blogo-ego-sphère. Pour évoluer peinard, et avoir plein d'amis inconnus qui te laissent des bises flatteuses dans ton blog, faut te libérer de ton sens critique, le censurer, éviter des généralités aussitôt happées par les souffreteux de l'ego, et aider la médiocratie à accéder au pouvoir d'internet. Sinon t'es qu'une salope arrogante.

@ Manu : C'est à dire que.

@ Oh! : Même pas mal.

Écrit par : bénédicte | 10 février 2009

@ Bénédicte... je suis plutôt du genre à me taire si je pense que la critique serait mal prise, mais lorsqu'une critique peut être utile, je ne m'en prive pas... même si c'est parfois avec délicatesse. Mais bon, que serait la vie humaine sans quelques montées de lait?

Écrit par : Doréus | 10 février 2009

Bah... il ne s'agissait que d'une généralité, une vue d'ensemble, un cliché quoi.
Il y a des trucs exceptionnels dans les blogs, je ne dis pas le contraire.
Mais t'as raison, faut être délicat.
La prochaine fois que je vois un truc écrit avec les pieds, je ferai la gentille suggestion de lâcher le blog et de se mettre à la peinture sur soie. J'ai bon là ?

Écrit par : bénédicte | 10 février 2009

Ah les blogoïds, vous m´faites marrer mais j´vous aimes bien...
Bon tranquille, relaxe tes p´tits électrons, assieds-toi. Tu prends quoi?

Écrit par : zarxas one more time | 10 février 2009

heu rien sinon que j'avais déjà apprécié la version originale, je m'offre une re lecture, pour le plaisir. C'est vrai que je t'ai imaginé sur le télésiège avec la doudoune en cache soleil ;-) si si, mais on a parfois mieux à faire, heureusement !

Écrit par : Bougrenette | 10 février 2009

-> bénédicte -> pas peur, pas mal, on doit faire une bonne brigade...
-> Doréus -> Content que tu te sois laissé séduire par la technique qui ;
-> zarxas, le retour du héros perdu -> Pour un revival, c'en est un. Et de poids. Et t'as vu ? On n'a pas changés. Bon t'as raison, il me faut un petit remontant, sers-le moi, bien fruité, aux agrumes....
-> Bougrenette -> Mieux à faire que m'imaginer avec la doudoune en cache soleil ? Non, je vois pas, vraiment...

Écrit par : Oh!91 | 10 février 2009

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